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Homme politique suprêmement doué, il fut l'incarnation de la volonté de puissance.....perversion des postures nietzschéennes. en io-relation .... pouvoir, ego ...
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et 9 autres pages....
 
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Venise est-elle toujours Venise ?

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Par Nicolas Ungemuth
Mis à jour le 25/08/2017 à 11h43 | Publié le 25/08/2017 à 09h00

EN IMAGES - Face au tourisme de masse, la grandiose cité peine à rester sérénissime. Dix mois par an, c'est un paradis. Mais, en juillet et août, le tourisme de masse la transforme en enfer de l'Adriatique. La résistance s'organise pour trouver des parades.

Partout, une masse humaine avance péniblement, parcourant 100 mètres à l'heure. Il règne une vilaine moiteur asia-tique, la température n'est pas loin de 40 °C et le taux d'humidité avoisine les 100 %. Les gens, hagards, marchent comme les zombies de The Walking Dead. Sauf qu'ils dégoulinent de sueur et que leurs vêtements, transparents, leur collent au corps. C'est l'enfer. C'est Venise au mois d'août.

La ville la plus belle du monde est pourtant un paradis près de dix mois sur douze, à condition d'éviter le carnaval et la Mostra. En novembre ou en janvier, ses rares lampadaires se parent de bulles de brouillard. Après la pluie, le sol devient un miroir. Il fait nuit tôt et les touristes sont rares: la ville est presque pour soi, et, pour peu qu'on l'arpente après 21 heures, on s'attend à tout moment à voir surgir Casanova… En octobre ou en avril, le soleil permet de fréquenter les terrasses et de rester sec. Le ciel peut être très bleu et les ruelles encore quasiment vides. C'est une autre forme de bonheur, d'autant qu'on peut, très rapidement, se déplacer d'ouest en est, et gagner tranquillement ces quartiers fabuleux délaissés par les bipèdes que sont le Ghetto, San Polo, Santa Croce, Castello ou Cannaregio. Mais là, en cette semaine d'août, tout devient cauchemardesque, et nul besoin d'être agoraphobe pour souhaiter fuir à toutes jambes…

Saint-Marc, le Rialto et l'Accademia: les touristes ne voient rien d'autre

Des hordes de touristes asiatiques ont décidé de réduire votre tête en bouillie à violents coups d'ombrelle. D'ailleurs, tout le monde vous bouscule car personne ne vous voit: chacun est bien trop occupé à regarder son téléphone. Ici, un homme tient une poussette d'un bras, et avance, tel un robot, son autre bras filmant avec son smartphone ; partout ailleurs, c'est une forêt de perches à selfies. Venise n'est plus une ville sublime qu'on visite en état de grâce, c'est un décor dans lequel on met en scène sa propre gloire. Partout, absolument partout, des êtres humains fixent leurs écrans et, même dans les vaporettos, plutôt qu'admirer le somptueux défilé des palais, les touristes jouent à Candy Crush ou regardent les photos (d'eux-mêmes) qu'ils viennent de prendre. Partout, vraiment? C'est à relativiser: des milliers de touristes évoluent en un triangle balisé dont ils se gardent bien de sortir. A l'ouest, la place Saint-Marc ; à l'est, le pont du Rialto ; au sud, le pont de l'Accademia sur lequel ils se massent puisqu'il ne viendrait à l'idée de personne de visiter le merveilleux musée du même nom.

La ville devient un décor dans lequel on met en scène sa propre gloire.
La ville devient un décor dans lequel on met en scène sa propre gloire. - Crédits photo : Eric Vandeville

Pour se rendre de l'un de ces trois lieux à l'autre, un parcours fléché, comme pour les enfants, indique le chemin. Et c'est là, dans ces ruelles étroites, que chemine péniblement le troupeau touristique. Impossible d'avancer à une allure normale: le temps des trajets, par rapport à l'hiver ou au printemps, est à multiplier par deux, voire trois. Progressant en ahanant avec force sudation, ces grappes de touristes ne trouvent rien de mieux que de s'arrêter en plein milieu des rues pour regarder… leurs téléphones. Il faut s'armer de patience, ou faire du rugby, pour avancer, d'autant que toute cette masse n'est pas jolie à voir: des jeunes hommes avancent torse nu, une canette de bière dans chaque main. Des femmes qui n'ont pas exactement une taille de mannequin progressent en jupette, tongs et haut de maillot de bain. D'autres, un peu effrayantes et qui auraient plus leur place au carnaval, transpirent sous leur burqa alors que leurs maris déambulent en short. Dès que surgit un pont, et ils sont nombreux, les veaux s'arrêtent,purement et simplement, pour regarder, émerveillés, les embouteillages de gondoles. L'enfer, c'est les autres.

Arrivé à l'hôtel, un message sur la table de nuitprouve que quelque chose ne tourne pas rond: «Il est interdit de sortir nu sur la terrasse». Que se passe-t-il? Il se passe que les Vénitiens sont excédés par le comportement des touristes, qui sont sans cesse plus nombreux (+ 5% en 2016) depuis que les Asiatiques affluent, que les croisières se multiplient, comme les vols low cost et les bed & breakfast bon marché: la petite ville de Venise est contrainte d'absorber près de 30 millions de touristes chaque année, et toutes les estimations prévoient une nette augmentation pour les années qui viennent.

Comment protéger cette cité si fragile? La ville (comme d'autres en Italie) a lancé une grande campagne: «#EnjoyRespectVenezia» qui contient, entre autres, un code de bonne conduite en douze règles à l'attention des visiteurs («Marchez sur la droite», «Ne pique-niquez pas sur la place Saint-Marc», «Ne vous promenez pas en maillot de bain», «Ne plongez pas dans les canaux», etc.). Des règles tellement élémentaires qu'on s'étonne même qu'elles doivent être rappelées… Paola Mar, adjointe au maire chargée du tourisme, est formelle: «On ne peut pas dire que le comportement des touristes ait empiré. Mais, ce qu'on peut dire c'est que, comme ils sont plus nombreux, il y a plus d'incidents. Il y a deux semaines, six Belges ont plongé dans le canal depuis le pont à côté de la gare. J'ai écrit à l'ambassade! Un peu avant, un homme est mort en faisant la même bêtise. Les habitants n'en peuvent plus et, alors qu'il y a quelques années ils se contentaient d'observer avec regret, désormais, ils appellent la police lorsqu'ils assistent à des comportements déplacés.» L'adjointe au maire n'évoque pas un autre fait divers assez piquant: un couple d'Anglais trouvé sur les quais copulant dans le plus simple appareil. «Nous avons donc lancé cette campagne sur les réseaux sociaux et sur le site de la mairie. Mais notre but est aussi d'inciter les touristes à mieux choisir leur moment pour se rendre à Venise et nous publions le calendrier des 12 journées de l'année durant lesquelles, chaque jour, plus de 100 000 visiteurs affluent. Venise est merveilleuse à d'autres saisons que l'été. Enfin, nous combattons les locations abusives en indiquant, sur notre site, si telle ou telle offre est légale ou non. Quant à Airbnb, nous ne sommes pas contre, mais il va falloir que nous ayons une discussion. Il ne faut pas que les appartements disparaissent et que la ville se vide de ses habitants.» La question est vitale, dans la mesure où ils ne sont plus que 54 000 aujourd'hui, contre 170.000 dans les années 1950.

Les habitants excédés

Et puis, il y a le problème, épineux et très médiatisé, des gigantesques bateaux de croisière aux allures d'immeubles flottants. Le phénomène a été décrit de manière apocalyptique par les reportages télévisés: en abusant du téléobjectif et en pratiquant l'arrêt sur image, on donne aisément l'impression que ces villes flottantes stationnent devant la place Saint-Marc et y déversent leurs occupants. En réalité, elles passent assez loin et disparaissent en quelques minutes pour s'engouffrer plus loin dans le canal de la Giudecca et rejoindre le port, au bout du Dorsoduro. En haute saison, ces bateaux sont en moyenne 70 à passer chaque mois, et principalement le week-end. C'est une offense pour les yeux - en particulier pour les habitants de la Giudecca -, mais cela représente surtout des risques écologiques potentiels et la crainte d'une véritable catastrophe en cas d'accident, qui pourrait bien ruiner durablement la précieuse lagune. Paola Mar semble sûre d'elle: «Notre programme électoral (les prochaines élections auront lieu en 2020, ndlr) prévoit que plus aucun bateau de croisière ne passera devant la place Saint-Marc d'ici à trois ans. C'est aussi simple que cela.»

Le très énergique Pino Musolino, président du port de Venise (ou plus précisément de l'«Autorité portuaire de la mer Adriatique septentrionale»), du haut de ses 39 ans, détaille plus en profondeur la complexité du problème des bateaux de croisière: «Il faut d'abord statuer sur le tonnage. Il est actuellement fixé à 96 tonnes et l'objectif serait de le faire descendre à 40. Mais le tonnage ne nous dit rien sur les capacités polluantes des navires. Il faut par conséquent également statuer sur la manière dont les bateaux sont conçus. Mais nous avons fait d'énormes progrès: depuis la résolution de “Venice Blue Flag”, en mars dernier, le taux de soufre accepté dans le fuel est passé de 3,5 % à moins de 0,1 %. J'en suis très fier. Mais il reste à régler la question la plus importante: par où passeront les bateaux? Le canal de la Giudecca est suffisamment large à mon avis pour les laisser circuler, mais les habitants, avec le mouvement No Grandi Navi (pas de grands bateaux, ndlr) ne le veulent pas. Ils sont d'autant plus excédés que, durant cinq ans, mes prédécesseurs n'ont trouvé aucune solution alternative, et il est bien normal qu'ils en soient ulcerés.»

Le problème n'est certes pas seulement écologique, convient Pino Musolino. «Il y a également la question esthétique, qui est faussée, car ce qui est laid pour les uns peut être beau pour les autres. J'ai grandi à la Giudecca, donc je comprends. Le but est donc de diminuer progressivement le passage par le canal, puis, à terme, de faire passer les bateaux derrière la Giudecca et, éventuellement, de les faire accoster sur le continent, vers Fusina. Il y a un projet de chenal entre Fusina et le port maritime de Venise mais, avant cela, nous devons tout tester sur des simulateurs très perfectionnés et faisons appel à des équipes scientifiques du monde entier afin de ne pas endommager notre précieuse lagune, sa faune et sa flore, même si, évidemment, le risque zéro n'existe pas. Je ne veux pas être l'homme dont on se souviendra parce qu'il aura pris la mauvaise décision. 

«Je pense qu'un jour cette ville, bien trop chère par rapport à la qualité très médiocre de ses services, finira par ne plus intéresser personne.»

Pino Musolino, président du port de Venise

Pour être juste, il convient de rappeler quelques chiffres. A l'heure actuelle, les croisiéristes qui descendent de leurs navires le temps d'une journée (et dépensent en moyenne 160 € lors de leur passage) ne représentent que 3 à 6 % de la population de touristes globale - soit 1,7 million de croisiéristes pour 28 millions de touristes en tout. On ne peut par conséquent pas les accuser de tous les maux. D'autant que le business des croisières fait travailler 5000 Vénitiens et constitue 3,5 % du PIB de la ville. Ce n'est pas rien dans une ville qui se vide, car il n'y a plus de travail en dehors du tourisme. «Nous devons avoir une réflexion portant sur le long terme pour savoir ce que deviendra notre ville dans vingt ans. Si nous ne réagissons pas rapidement, notre cité se transformera en une nouvelle Pompéi»,assure Pino Musolino. Mais pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour se poser des questions aussi importantes devant une issue aussi prévisible? «Parce que beaucoup de Vénitiens n'en voient pas l'intérêt. Ils ont hérité de leur famille d'une boulangerie? Ils en ont fait un mauvais restaurant! Ils ont également hérité de quelques appartements? Ils en ont fait un bed & breakfast bas de gamme! Ou ils se sont acheté un bateau-taxi. En un rien de temps, ils sont devenus très riches. Pour eux, tout va très bien comme ça, et il s'agit de ne rien changer. Mais moi, je pense qu'un jour cette ville, bien trop chère par rapport à la qualité très médiocre de ses services, finira par ne plus intéresser personne. Voulons-nous d'autres magasins de souvenirs minables fabriqués en Chine? En voudriez-vous à Montmartre? Il faut se ressaisir.»

Enlaidissement de la ville

Pino Musolino n'a pas tort.Hôtels «3 étoiles» épouvantables, mauvais restaurants trop chers aux pizzas infectes (normal, il n'y a pas de four à bois puisqu'il n'y a pas de bois), magasins aux souvenirs «authentiques» - masques, gondoles et «verre de Murano» - fabriqués en Chine pullulent, tandis que les commerces de proximité ferment les uns après les autres. Un autre Vénitien partage l'avis de Pino Musolino… Andrea Barina, propriétaire de l'excellent restaurant de vraie cuisine vénitienne La Palanca, sur l'île de la Giudecca, qui voit défiler les bateaux de croisière, est très investi dans la préservation de sa ville. C'est lui qui a eu l'idée de l'association Poveglia per Tutti, dont il est l'actuel trésorier. Lorsque l'Etat a décidé de vendre l'île de Poveglia (72 500 mètres carrés) qu'un certain Luigi Brugnaro, devenu l'actuel maire de Venise, proposait de racheter pour une somme dérisoire, Andrea Barina a eu l'idée géniale d'un crowdfunding pas comme les autres: dans le monde entier, 4500 personnes ont payé 99 € pour être propriétaires de l'île durant 99 ans. Le problème est donc ponctuellement réglé pour Poveglia. Mais pas pour Venise même. «Depuis cinq ans, dit-il, nous avons assisté à une expansion de l'enlaidissement de Venise sans précédent: des marchands de kebabs sont apparus, des dizaines de restaurants infects ont ouvert là où il y avait avant des petits commerces. Des écoles ont fermé, c'est désolant. L'actuel maire ne pense qu'à faire de l'argent, toujours plus d'argent à court terme, mais c'est l'argent qui va tuer notre ville.

Des touristes sur la Place Saint Marc.
Des touristes sur la Place Saint Marc. - Crédits photo : Eric Vandeville

Notre gestion est catastrophique. Rendez-vous compte que 6 milliards d'euros ont été dépensés pour le projet Moïse (des digues géantes pour protéger Venise des eaux, ndlr), qui n'a jamais fonctionné! Il faut impérativement changer de politique pour repeupler la ville. Certaines pistes sont tout à fait envisageables: de nombreux Vénitiens possédant deux maisons, il est évident qu'il faut plus taxer celle qui se transforme en bed & breakfast que celle que l'on pourrait louer à des étrangers. Le but est de faire venir du monde pour s'installer à Venise et y rester plusieurs mois, si ce n'est plusieurs années. Nous avons par exemple de très bonnes universités et devrions encourager les étudiants de tous pays à venir étudier ici le design, la mode, le cinéma, l'économie, etc., et faire de Venise un endroit dont la force attractive serait unique au monde. Il faut aussi diversifier l'activité professionnelle puisqu'aujourd'hui tout est concentré autour de l'hôtellerie et de la restauration. Savez-vous, par exemple, que l'Arsenale et l'Ospedale, qui comptent plusieurs hectares, sont vides?! Que compte en faire la mairie?De nouveaux hôtels? Ce serait idiot. Il y a également près de 1 000 logements inhabités. Espérons qu'ils ne seront pas loués aux touristes. Enfin, il me semble qu'à certains moments de l'année, nous devrions tout simplement interdire les grands groupes, faciles à identifier en amont, lorsque l'affluence est trop importante. D'autres villes, comme Dubrovnik, le font. Je ne veux pas que Venise devienne un nouveau Disneyland.»

Lorsqu'il parle de «certains moments de l'année», pense-t-il à l'été? Andrea Barina sourit: «Le reste de l'année, les touristes visitent les musées, les églises. Ils s'intéressent à la peinture, à la sculpture, à l'histoire, à l'architecture. Ils aiment Venise et, souvent, s'y sont rendus à plusieurs reprises. L'été, c'est une autre population: des gens qui viennent sans connaître la ville et qui ne s'y intéressent pas. Je suis pour la mise en place d'un questionnaire préliminaire pourvérifier la connaissance des touristes!dit-il en riant. Ce qui éviterait les questions stupides récurrentes que me posent les touristes, comme celle-ci, qui m'a été adressée il y a quelques semaines: “Savez-vous à quelle heure ferme Venise?”»

 

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« Volonté pure » et « volonté de volonté ». Critique et métaphysique du vouloir

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"Lorsque la volonté cherche la loi qui doit la déterminer n’importe où ailleurs que dans l’aptitude de ses maximes à être sa propre législation universelle, lorsque, en sortant d’elle-même, elle la cherche dans la constitution de n’importe lequel de ses objets, alors l’hétéronomie * en procède à chaque fois." KANT

............l’idéalisme allemand réalise la fusion de deux sources indépendantes : celle, leibnizienne, de la promotion de l’efficience ou efficace (Wirksamkeit), qui donnera lieu à celle de la volonté, et celle, kantienne, de l’interprétation de l’être de l’étant comme objectivité dans un cadre transcendantal. Kant est alors l’une des sources de l’idéalisme allemand, ......

Dans mon autonomie même, je me reçois toujours comme un tu (comme un « tu dois »), sans qu’aucune troisième personne ne m’interpelle

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1840, Franz Liszt livre le premier récital de piano

Par Thierry Hillériteau
Publié le 24/08/2017 à 16h40

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LA TOUTE PREMIÈRE FOIS (5/6) - Le 9 juin 1840, à Londres, le compositeur et pianiste virtuose entre dans l'histoire en donnant le premier «récital». Un terme aujourd'hui consacré, mais qui, à l'époque, suscita bien des interrogations.

Mille! C'est le nombre de concerts donnés par Franz Liszt durant la décennie 1840, si l'on en croit le musicologue Alan Walker, dont les recherches et publications sur le virtuose hongrois font autorité. À cette époque, le compositeur romantique est au sommet de sa gloire. Et de son art d'interprète. Il n'a pas 30 ans, mais a déjà parcouru l'Europe à plusieurs reprises. Les tournées de concerts auxquelles il se plie depuis l'âge de 12 ans sont presque son pain quotidien. Malgré les facilités de transport dont nous disposons aujourd'hui, aucun musicien, encore moins classique, ne saurait rivaliser avec l'appétit féroce de ce showman avant l'heure pour la scène.

C'est dans la frénésie de cette «vie de saltimbanque» - comme il se plaira à la décrire dans l'une de ses lettres à sa chère Marie d'Agoult - que l'insatiable pianiste débarque sur l'île d'Albion, en ce début juin 1840. L'Angleterre est loin de lui être une destination étrangère. La première fois qu'il en foule le sol pour les besoins d'une tournée, il n'a que 13 ans. Le roi George IV en personne est subjugué par les talents du jeune garçon, qu'il ose alors placer au-dessus de la star de l'époque, Ignaz Moscheles.

Invention du récital

Ironie du sort, Liszt et Moscheles se disputeront plus d'un siècle plus tard, par biographes interposés, l'invention de l'un de ces rituels immuables, devenus constitutifs de la musique classique aujourd'hui: le récital de piano. Car jusque-là, et depuis plus d'un siècle, les pianistes sortaient rarement du cadre des salons. Lorsqu'ils le faisaient pour des concerts publics et payants, c'était toujours accompagnés d'autres musiciens, et de chanteurs.

Une chose est sûre. Moscheles donna des concerts exclusivement consacrés au pianoforte solo dès 1837. Mais le terme «recital», lui, est bien né ce 9 juin 1840, à la faveur des représentations données par Franz Liszt aux Hanover Square Rooms, à Londres. Ou plus précisément quelques jours avant, sur les affiches placardées en devanture de ce qui était à l'époque la salle de concerts la plus importante de la capitale anglaise. On pouvait y lire - en anglais - l'équivalent de l'annonce suivante: «M. Liszt donnera, à 14 heures en ce mardi 9 juin au matin, des RÉCITALS sur PIANOFORTE des œuvres suivantes: Scherzo and finale de la Symphonie pastorale de Beethoven, Serenade de Schubert, Ave Maria de Schubert, Hexameron, Tarentelles napolitaines, Grand galop chromatique

«Figurez-vous que, de guerre lasse, ne pouvant parvenir à composer un programme qui eût le sens commun, j'ai osé donner une série de concerts à moi tout seul, tranchant du Louis XIV, et disant cavalièrement au public : “Le concert, c'est moi.”»

Franz Liszt

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la paternité du mot «recital» ne revient pas directement à Liszt. C'est en réalité l'éditeur et facteur de pianos Thomas Frederick Beale, l'une des personnalités les plus influentes du monde musical londonien, qui le suggère à l'intéressé au cours d'un dîner, quelques jours avant le concert. Liszt accepte immédiatement. Il cherche depuis des années à réformer le concert classique, tant sur le fond et sur la forme que dans son appellation.

Le 4 juin 1839, presque un an jour pour jour avant son concert londonien, il écrit ainsi à son amie la princesse Cristina di Belgiojoso: «Quel contraste avec les ennuyeux “soliloques musicaux” (je ne sais quel autre nom donner à cette invention de ma façon), dont j'ai imaginé de gratifier les Romains, et que je suis capable d'importer à Paris, tant mon impertinence devient incommensurable!» Une lettre passée à la postérité pour les mots qui suivront: «Figurez-vous que, de guerre lasse, ne pouvant parvenir à composer un programme qui eût le sens commun, j'ai osé donner une série de concerts à moi tout seul, tranchant du Louis XIV, et disant cavalièrement au public: “Le concert, c'est moi.”»

Cette volonté de mise en scène du soliste, Liszt l'a poussée plus loin que personne. Changeant la position du clavier, ouvrant le couvercle de l'instrument, n'hésitant pas à convoquer deux pianos pour mieux montrer comme il lui était facile de les user les uns après les autres.

«Piano hero»

Le mythe du «piano hero» était né. Une mythologie forgée dans l'ombre de Niccolo Paganini, autre virtuose tout aussi diabolique. Franz l'a découvert pour la première fois le 22 avril 1832 à Paris, lors d'un concert de charité pour les victimes du choléra. Il n'oubliera jamais ce moment. Cette virtuosité hypnotique, qui l'avait cueilli comme elle avait envoûté l'assemblée, le hantera toute sa vie. Au point que le peintre Josef Danhauser ne peut s'empêcher, lorsqu'il peint son fameux Franz Liszt au piano en cette même année 1840, de placer le diable d'Italien au milieu des illustres qui écoutent religieusement le jeune compositeur. Son compatriote Rossini enserre le violoniste émacié, presque décharné, de son étreinte de colosse. Danhauser aurait pu le représenter au bras d'un autre génie créateur, qui partageait avec Liszt un même amour pour Paganini: Hector Berlioz.

«C'était l'ombre de Beethoven, évoquée par le virtuose, dont nous entendions la grande voix. Chacun de nous frissonnait en silence, et après le dernier accord on se tut encore… Nous pleurions»      Hector Berlioz

Ce dernier décrit mieux que personne, dans son recueil d'«études musicales, adorations, boutades et critiques» À travers chants, la capacité de Liszt à transfigurer, diviniser, sacraliser l'interprétation au piano. Même loin de la foule, des dames en pâmoison, dans l'intimité d'une soirée entre amis. «Comme il venait de finir, la lampe qui éclairait l'appartement parut près de s'éteindre ; l'un de nous allait la ranimer. “N'en faites rien, lui dis-je. S'il veut jouer l'Adagio en ut dièse mineur de Beethoven, ce demi-jour ne gâtera rien. - Volontiers, dit Liszt, mais éteignez tout à fait la lumière, couvrez le feu, que l'obscurité soit complète.” Alors, au milieu de ces ténèbres, après un instant de recueillement, la noble élégie (…) s'éleva dans sa simplicité sublime. (…)C'était l'ombre de Beethoven, évoquée par le virtuose, dont nous entendions la grande voix. Chacun de nous frissonnait en silence, et après le dernier accord on se tut encore… Nous pleurions.»

Difficile, après ces mots, de mettre en doute la qualité de «diseur» du poète derrière son piano. Car c'est bien de cela dont il est question à travers le mot «récital». Déclamer une musique par cœur, comme on récite un texte. Mais aussi le faire vivre, comme le fait un «récitant».

Amoureux des belles lettres, comme en témoigne l'assemblée convoquée par Danhauser où figurent Victor Hugo, Alexandre Dumas, George Sand et lord Byron en arrière-plan, Liszt saisissait mieux que personne la portée de ce mot que l'on venait de lui souffler au hasard d'un dîner.

La presse anglaise, elle, en fera des gorges chaudes, s'interrogeant sur ce que réciter au piano peut dire… N'anticipant pas que quinze ans plus tard le mot serait passé dans les mœurs… Au point d'être repris par Clara Schumann lors de ses concerts londoniens de 1856.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 25/08/2017. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

 

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«Comment le tourisme de masse a tué le voyage»

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Par Eugénie Bastié
Mis à jour le 17/08/2017 à 13h02 | Publié le 17/08/2017 à 12h50

FIGAROVOX/REDIFFUSION - Du tour d'Italie de Lamartine au Club Med, Marin de Viry, auteur de l'essai Tous touristes, nous raconte l'avènement du tourisme de masse et comment celui-ci, en tuant la possibilité d'un ailleurs, a rendu le voyage impossible.

 Marin de Viry est écrivain et critique littéraire. Il est l'auteur d'un essai sur le tourisme de masse: Tous touristes (Café Voltaire, Flammarion, 2010). Il a publié récemment Un roi immédiatement aux Éditions Pierre-Guillaume de Roux.

Cet entretien a été précédemment publié en juillet 2014.

FIGAROVOX. - Vous écrivez dans Tous touristes: «Si le monde est un vaste dance floor sans frontières, quel sens a le mot tourisme?». Pouvez-vous expliquer ce paradoxe? La mondialisation, en tuant la possibilité d'un «ailleurs» par l'uniformisation du monde, aurait-elle tué le tourisme?

Marin DE VIRY. - Le tourisme n'a plus rien à voir avec ses racines. Quand il est né au XVIIIe siècle, c'était l'expérience personnelle d'un homme de «condition», un voyage initiatique au cours duquel il devait confronter son honneur - c'est-à-dire le petit nombre de principes qui lui avaient été inculqués - à des mondes qui

Là où le voyage était un besoin, au XVIIIe, pour devenir un homme, il devient quelque chose de statutaire au XIXe, puis une simple façon de « s'éclater » aujourd'hui.

n'étaient pas les siens. Il s'agissait de voir justement si ces principes résisteraient, s'ils étaient universels. Un moyen d'atteindre l'âge d'homme, en somme. Le voyage, c'était alors le risque, les accidents, les rencontres, les sidérations, autant de modalités d'un choc attendu, espéré, entre le spectacle du monde et la façon dont l'individu avait conçu ce monde à l'intérieur de sa culture originelle. Au XIXe, tout change: le bourgeois veut se raccrocher à l'aristocrate du XVIIIe à travers le voyage, qui devient alors une forme de mimétisme statutaire. Le bourgeois du XIXe siècle voyage pour pouvoir dire «j'y étais». C'est ce qui fait dire à Flaubert lorsqu'il voyage avec Maxime Du Camp en Égypte: mais qu'est-ce que je fais ici? - C'est-à-dire qu'est-ce que je fais à me prendre pour un aristocrate du XVIIIe siècle-? Avec l'époque contemporaine, on a une totale rupture du tourisme avec ses racines intellectuelles. Même chez ceux qui aujourd'hui veulent renouer avec le voyage, pour s'opposer au tourisme de masse, il n'y a plus de profonde résonance, de profond besoin, car le monde est connu, et le perfectionnement de leur personne ne passe plus forcément par le voyage. Là où le voyage était un besoin, au XVIIIe, pour devenir un homme, se former, parachever son âme et son intelligence, il devient quelque chose de statutaire au XIXe, puis une simple façon de «s'éclater» aujourd'hui. C'est devenu une modalité de la fête permanente, laquelle est devenue banale. Le monde est ennuyeux parce qu'il est le réceptacle de la fête, devenue banale. Solution: il faut «rebanaliser» le monde et débanaliser la fête.

Dans notre monde globalisé, est-il encore possible de voyager?

Toute la question est de savoir s'il reste des destinations ouvertes à la curiosité. Or, plus elles sont organisées, balisées par le marketing touristique de la destination, moins elles sont ouvertes à la curiosité. L'exemple du musée Guggenheim à Venise est éclairant. Je l'ai connu avant qu'il ne soit aseptisé, on avait l'impression de visiter en catimini une maison privée, comme si Peggy Guggenheim l'avait quitté la veille, c'est tout juste s'il n'y avait pas un œuf à la coque encore tiède dans la salle à manger. Dans sa version actuelle, avec des faux plafonds traités par des architectes néo-suédois et une signalétique d'aéroport, la curiosité ne fonctionne plus. Ce qui fait qu'on articule ce qu'on est avec ce qu'on voit, c'est que ce que l'on voit n'est pas préparé, organisé de façon à produire une impression prédéterminée. De la même manière dans les musées, les panneaux explicatifs à côté des œuvres ont pris une importance incroyable. Il est devenu impossible d'avoir un regard spontané, vierge, ouvert sur les œuvres, bref de les regarder vraiment, en prenant le risque d'être désorienté et renvoyé à son absence de culture.

Les dispositifs marketing des destinations ont tué toute possibilité de l'ailleurs. Pour être un touriste authentique, désormais, c'est dans la banalité du réel, qu'il faut se promener.

Les dispositifs marketing et commerciaux des destinations ont tué toute possibilité de l'ailleurs, toute curiosité. Pour être un touriste authentique, désormais, c'est dans le quotidien, dans la banalité du réel, qu'il faut se promener. Pour être dépaysé, il faut aller visiter la réalité, des usines, des champs, des bureaux. Le tertiaire marchand est devenu authentiquement exotique. D'une façon générale, le monde réel est plus exotique que le monde touristique définitivement balisé.

Cette perte de sens n'est-elle pas due tout simplement à la démocratisation du voyage et à l'avènement du tourisme de masse qui fait perdre toute prétention intellectuelle au voyage?

Je vais être néo-marxiste, mais je crois que c'est le salariat, plus que la démocratisation, qui change tout. Les congés payés font partie du deal entre celui qui a besoin de la force de travail et celui qui la fournit. À quoi s'ajoute la festivisation, qui est d'abord la haine de la vie quotidienne. Et il est convenu que la destination doit être la plus exotique possible, car la banalité de la vie quotidienne, du travail, est à fuir absolument. Au fur et à mesure de l'expansion du monde occidental, la fête se substitue à la banalité, et la banalité devient un repoussoir. Il n'y a pas d'idée plus hostile à la modernité que le pain quotidien.

Autour de ce deal s'organise une industrie qui prend les gens comme ils sont, individualisés, atomisés, incultes, pas curieux, désirant vivre dans le régime de la distraction, au sens pascalien du terme, c'est-à-dire le désir d'être hors de soi. Le tourisme contemporain est l'accomplissement du divertissement pascalien, c'est-à-dire le désir d'être hors de soi plutôt que celui de s'accomplir. Promener sa Game boy à 10 000 kilomètres de la maison, si ce n'est pas s'oublier, qu'est-ce c'est?

Où, quand et par qui est inventé le tourisme de masse?

C'est Thomas Cook qui invente le tourisme de masse. Cet entrepreneur de confession baptiste organise, en juillet 1841 le premier voyage collectif en train, à un shilling par tête de Leiceister à Loughborough, pour 500 militants d'une ligue de vertu antialcoolique. C'est la première fois qu'on rassemble des gens dans une gare, qu'on les compte, qu'on vérifie s'ils sont bien sur la liste, qu'on déroule un programme. Les racines religieuses puritaines ne sont pas anodines. Il y a comme un air de pèlerinage, de communion collective, dans le tourisme de masse. Le tourisme est très religieux. Et il y a en effet quelque chose de sacré au fait de pouvoir disposer de

Faire une distinction entre un globe-trotter qui fait du « tourisme éthique » et un hollandais en surcharge pondérale qui ahane à Venise, c'est d'une goujaterie incroyable vis-à-vis du genre humain.

la géographie du monde pour sortir de soi. S'éclater à Cuba, c'est une messe!

Vous essayez dans votre livre de ne pas tomber dans la facilité qui consiste à opposer «bons» et «mauvais touristes», les ploucs contre Paul Morand, les touristes sexuels de Houellebecq contre les voyages de Stendhal. Est-ce à dire pour autant qu'il n'y a pas de bons touristes?

Les poulets de batterie, je veux dire les touristes de masse, ont une âme. Faire une distinction entre un globe-trotter qui fait du «tourisme éthique» et un hollandais en surcharge pondérale et en tongs qui ahane à Venise, c'est d'une goujaterie incroyable vis-à-vis du genre humain. C'est pourquoi je déteste le livre Venises de Paul Morand: c'est un bourgeois du XIXe qui essaie d'imiter l'aristocrate du XVIIIe en crachant sur le peuple du XXe, alors qu'il est moralement inférieur à lui.

Comme l'homo «festivus festivus» décrit par Muray, qui «festive qu'il festive» et «s'éclate de s'éclater» le touriste moderne se regarde voyager, et il ne semble voyager que pour vérifier que ce qu'il a lu dans son guide est bien réel et pour «prendre des photos». Que vous inspire cette dimension spectaculaire du tourisme?

Nous sommes dans la culture de l'éclate, de la distraction permanente, sans aucune possibilité de retour sur soi. Le monde moderne est une «conspiration contre toute espèce de vie intérieure», écrivait Bernanos. Je crois que le tourisme est une des modalités de destruction de la vie intérieure.

Prenons l'exemple du «syndrome de Stendhal». Stendhal s'est senti mal à force de voir trop de belles choses à Rome et à Florence. Trop de beauté crée un état de sidération, puis de délire confusionnel: en Italie, on est souvent submergé par le superflu. C'est l'expérience limite de la vie intérieure: la beauté vous fait perdre la raison. C'est exactement le contraire que vise l'industrie touristique, qui cherche à vendre la beauté par appartements, en petites doses sécables d'effusions esthétiques marchandisées. Elle ne veut pas que ses clients abdiquent leur raison devant la beauté, mais qu'ils payent pour le plaisir. Immense différence.

Je crois que le tourisme est une des modalités de destruction de la vie intérieure.

Pourquoi faites-vous du romantisme le terreau idéologique du tourisme tel qu'il est pratiqué aujourd'hui?

Lamartine écrit Graziella en 1852. C'est l'histoire du tour en Italie complètement raté d'un jeune aristo français. Quand un jeune homme du XVIIIe siècle (car Lamartine appartient encore au XVIIIe, ou en tout cas le voudrait) va tester son honneur de par le monde pour le renforcer, il doit en revenir plus fort, raffermi dans ses principes. Mais Lamartine tombe amoureux d'une jeune fille de 16 ans en Sicile, qu'il n'a pas le courage d'épouser pour des raisons sociales, car elle est fille de pêcheur, et lui d'un comte. Lamartine revient à la niche à l'appel de sa mère et Graziella meurt de chagrin. Le romantisme, c'est l'histoire d'un voyage raté. L'ailleurs devient le lieu, où, au lieu de se trouver, on se perd. L'expérience de la découverte de soi dans le voyage devient une expérience malheureuse. Donc, il faut se venger du voyage en lui interdisant de devenir une expérience intérieure. Les générations suivantes ont parfaitement compris le message.

Dans La Carte et le territoire, Michel Houellebecq décrit une France muséale, paradis touristique, vaste hôtel pour touristes chinois. Est-ce là le destin de la France?

Dans un éditorial, Jacques Julliard écrivait que la France avait 60% de chances de finir dans un scénario à la Houellebecq, 30% de chances de terminer selon le scénario de Baverez, et 10% de chances de finir autrement. Je ne suis pas totalement dégoûté par le scénario de Houellebecq. C'est une France apaisée, bucolique. On retournerait tous à la campagne pour accueillir des cohortes d'Asiatiques et de Californiens. On leur expliquerait ce qu'est une église romane, une cathédrale, une mairie de la IIIème République, un beffroi. Ce serait abandonner notre destin pour se lover dans un scénario tendanciel dégradé mais agréablement aménagé, et nous deviendrions un pays vitrifié plutôt qu'un pays vivant. Nous aurions été détruits par la mondialisation, mais notre capital culturel nous sauverait de l'humiliation totale: on nous garantirait des places de médiateurs culturels sur le marché mondial. Si on pense que Dieu n'a pas voulu la France, ou que l'histoire n'a pas besoin de nous, on peut trouver ça acceptable.

 

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Chine: l'urbanisation à marche forcée .....

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Par Patrick Saint-Paul
Publié le 18/08/2017 à 09h00

REPORTAGE - Pour assurer sa croissance économique, le gouvernement de Pékin veut, d'ici à 2025, pousser 250 millions de paysans dans les villes : ce serait la plus grande vague de migration de l'histoire. Un exode rural qui ne se fait pas sans drames humains de grande ampleur.

Envoyés spéciaux à Chongqing

Un ouragan de béton s'est levé autour de Chongqing. Accroupis au bord de leurs étangs hérissés de lotus, canne à pêche à la main, les paysans de Shuangfou, le village des «deux bouddhas», ne prennent plus la peine de lever la tête pour le regarder fondre sur eux. Formant une masse grise, au bout de leurs terres cultivées, les tours de la ville nouvelle se trouvent encore à 5 kilomètres de leurs petites maisons nichées entre une multitude de lacs miniatures, comme sur une estampe de la Chine antique. Devant le premier rideau d'immeubles en construction, une ligne de grues serre les rangs, telle les fantassins d'une armée repoussant le front. L'urbanisation, avatar de la modernisation à marche forcée de la République populaire, a déjà frappé par petites tornades, clairsemant le paysage de monticules de briques.

«C'est comme un orage. On ne peut rien faire pour l'arrêter, dit un vieux paysan coiffé de son chapeau de paille en palpant les épis de maïs de son champ, traversé par un petit lacet de béton au bout duquel se profile la ville nouvelle. J'ai déjà signé les papiers pour l'indemnisation de mes terres confisquées et de ma ferme. Les bulldozers ne tarderont pas à venir pour raser ma maison. Allez au village d'à côté. Ils sont déjà passés.» Xian Lushan, la bourgade voisine, comptait 1 900 habitants il y a encore quelques mois. Aujourd'hui, il n'en reste pas plus de 300, selon le responsable local du Parti communiste chinois (PCC), qui tient à rester anonyme. «Les jeunes ont quitté le village depuis longtemps, pour chercher un boulot. Il ne reste que les vieux», dit-il. Certains des expulsés sont déjà relogés dans une tour de Xiyong, la ville nouvelle. D'autres habitent provisoirement un immeuble vétuste en attendant l'attribution de leur nouveau logement. La plupart d'entre eux continuent de venir la journée à Xian Lushan pour cultiver le maïs, des patates douces et le riz, sur leurs terres confisquées. «C'est illégal mais c'est provisoire. Personne ne dit rien. Bientôt ce sera fini. Lorsque les dernières maisons auront été rasées, commencera la construction de la voie express vers Chongqing. On bâtira ici une plate-forme logistique, qui abritera notamment les entrepôts du parc de microélectronique de la ville», explique le responsable local.

Des résidents fraîchement débarqués de leurs campagnes observent, fascinés, un gigantesque chantier de gratte-ciel en construction dans le sud-ouest de la Chine.
Des résidents fraîchement débarqués de leurs campagnes observent, fascinés, un gigantesque chantier de gratte-ciel en construction dans le sud-ouest de la Chine. - Crédits photo : Justin Jin / Cosmos

Venus pour la journée récolter, quelques dizaines de paysans «urbanisés» attendent à l'arrêt de bus, les bras chargés de sacs de légumes. Le soir, ils retournent dormir dans les tours modernes. «La vie y est plus confortable qu'au village, raconte une paysanne. Il y a les toilettes et l'eau courante. Mais la vie est chère et nous vivons comme des pauvres. Il faut payer pour tout, même pour aller aux toilettes… Avant, on élevait des porcs et des poulets dans nos fermes. Maintenant, on achète du porc industriel au marché. Ils vendent les 500 grammes de porc 16 yuans (2 euros). Et souvent, c'est de la viande avariée.» Dans un pays où 20 % des terres agricoles sont polluées et où les scandales alimentaires font des ravages, maîtriser soi-même l'approvisionnement est souvent une nécessité élémentaire.

Ce soir M. Zhou, 60 ans, restera au village, dans sa maison qui n'a pas encore été détruite. Il rentre chez lui un sac de maïs à la main. «Bientôt je serai obligé d'aller vivre là-bas, dit-il en tendant le doigt d'un air écœuré vers la masse grise au loin. Ma terre a déjà été confisquée. J'attends qu'ils viennent avec les bulldozers pour m'en aller. Nous habitions une grande maison à six, avec mes deux filles et leurs maris. Les autorités ne nous ont attribué que deux appartements de 65 m2, qu'ils ont donnés à mes filles. Nous avons été floués. Ma femme et moi aurions dû avoir un troisième appartement, pour y habiter. Lorsque je suis allé protester au bureau des démolitions, les fonctionnaires m'ont chassé en me disant d'aller habiter chez mes filles. Ils se sont tout simplement empochés notre appartement. Ce sont des corrompus.»

Selon un accord passé avec les autorités locales, 30 m2 sont alloués par membre d'une famille de paysans. Avec les indemnisations perçues pour la saisie de leurs maisons et de leurs terres, ils peuvent acheter ces surfaces, généralement réparties en plusieurs appartements, à un tarif préférentiel dans les tours construites pour les paysans déplacés. De nombreuses familles s'entassent dans un seul appartement, pour en louer un autre afin de compléter leurs faibles revenus.

Un berger guide son troupeau dans les faubourgs de Pékin. Les autorités des grandes villes multiplient les démarches pour «rééduquer» les paysans fraîchement urbanisés qui peinent à abandonner leurs traditions.
Un berger guide son troupeau dans les faubourgs de Pékin. Les autorités des grandes villes multiplient les démarches pour «rééduquer» les paysans fraîchement urbanisés qui peinent à abandonner leurs traditions. - Crédits photo : Justin Jin / Cosmos

Jusqu'en 1978 et l'ouverture économique menée par Deng Xiaoping, moins de 20 % de la population chinoise habitait les villes. Le Bureau national des statistiques chinois estime que 75 % de la population chinoise sera urbaine d'ici à 2034. Pour remplir ses objectifs, le gouvernement central a élaboré en 2014 un plan détaillant une nouvelle vision de la Chine moderne. Celle-ci prévoit la destruction des villages, la reconstruction de nouveaux logements dans des tours, comprenant aussi des bureaux et de nouvelles infrastructures. L'avenir de ce projet dantesque se joue à Chongqing, la plus grande mégapole du pays avec ses 34 millions d'habitants, un formidable laboratoire. Chaque année, cette cité, dont la population croît le plus rapidement en Chine, attire quelque 300 000 nouveaux habitants dans sa forêt de tours noyée dans un brouillard de pollution visqueux. Depuis 2014, une douzaine de villages ont déjà été rasés pour construire la cité de l'ouest dans le quartier de Shapingba, qui englobe la ville nouvelle de Xiyong.

Nichées entre des collines recouvertes de cultures en escalier, les tours neuves du quartier de Chenjiaqiao à Xiyong, cette nouvelle cité de l'ouest, située à la périphérie de Chongqing, sont censées agir comme un incubateur du «citoyen urbain modèle» chinois. Les villageois de Xian Lushan habitent une résidence aux bâtiments de couleur ocre et marron clair. Cinq kilomètres seulement séparent leur paisible village de la nouvelle cité. Un monde, en réalité. Une vie de ruralité, où le niveau de confort n'avait pas beaucoup évolué depuis le XIXe siècle, dans lequel ils vivaient sans argent ou presque, les sépare de ce nouvel univers consumériste de la Chine de demain. Un univers orwellien à la Big Brother.

Leur nouvelle résidence est criblée de caméras de surveillance et de haut-parleurs qui diffusent une litanie de consignes sur un rythme lancinant: «Paysans, soyez civilisés», «Ne vous garez pas devant les sorties des pompiers», «Aimez votre pays», «Aidez les pauvres», «Evitez la drogue».

Jamais de répit. Les messages s'enchaînent en boucle, à l'infini. Les rues où sont relogés les paysans sont tapissées de posters géants affichant les consignes du Parti communiste chinois. Chaque bande dessinée est accompagnée d'un message de propagande: «Interdit de construire sur les trottoirs», «Interdit d'élever des cochons et des canards dans les rues».

 Rien de plus normal pour notre chef de village anonyme, le seul à avoir accepté de nous parler en dépit de nos nombreuses requêtes auprès des autorités du district de Shapingba… Dans la Chine de Xi Jinping, où règne un climat de suspicion permanent à l'égard des étrangers soupçonnés de «corrompre» la société avec leurs «idées libérales», les fonctionnaires de province évitent tout contact avec les journalistes occidentaux. «Moi aussi, j'étais paysan avant de devenir chef de village, dit-il fièrement. Et je me suis adapté. C'est vrai, on ne peut pas changer d'un coup les habitudes des paysans. Mais on ne peut pas se comporter en ville comme au village. Les haut-parleurs rappellent aussi aux nouveaux citoyens d'éteindre le gaz et les lumières le soir. Si un feu se déclare, ce n'est pas une ferme qui brûlera mais une tour entière. C'est pourquoi il faut rééduquer ces nouveaux citadins.»

«Nous vivons comme les gens à la télévision dans notre nouvel appartement. Au village, il y avait de la boue partout et on se salissait. Il fallait aller puiser de l'eau et la porter. Ici, il y a l'eau courante, le gaz pour faire la cuisine et des toilettes»

Une habitante de Chenjiaqiao

Changer de comportement, s'adapter à la vie moderne n'a pas été sans difficulté pour ces villageois qui se chauffaient, faisaient la cuisine et leur toilette à l'aide de réchauds à charbon, et vivaient sans sanitaires ni eau courante. Seul lien avec le monde moderne, quelques ampoules et une télévision raccordées à l'électricité. «Nous avons beaucoup amélioré l'existence des paysans, même si le chemin est encore long pour rattraper le niveau de vie des pays développés. On a offert la sécurité sociale et des pensions pour les retraités. À partir de 60 ans, les hommes touchent 1 000 yuans par mois. Les femmes, dès 55 ans. Chez les jeunes, chacun doit faire un effort pour trouver du boulot. Il y a beaucoup de nouvelles opportunités. Il suffit de se retrousser les manches», se félicite le fonctionnaire local. Arrachés à leur terre, les paysans s'adaptent à leur nouvel environnement avec ce sens chinois pour l'improvisation et l'appropriation des zones grises laissées par le rouleau compresseur du pouvoir. Partout entre les tours et les projets de développement immobilier ont fleuri des cultures provisoires. La future gare, ultramoderne, est une colline où les paysans font pousser maïs, patates douces, haricots, choux, gingembre. La colline sera arasée d'ici peu. Des cultures s'étendent face aux gratte-ciel du géant de l'immobilier Wanda, sur des terrains déjà préemptés pour d'autres projets de développement.

Dans le hall d'entrée de la tour n° 7, habitée par des villageois de Xian Lushan, un groupe de quatre femmes joue de l'argent aux cartes. Les murs sont tapissés par les posters de consignes de la «convention de l'immeuble», sous forme de bande dessinée: «Ne pas cracher partout», «Ne pas jeter les détritus n'importe où», «Ne pas lancer les ordures ou des objets par les fenêtres des tours»… «Au village, nous cultivions du riz en terrasses, manuellement, lance Mme Zhang, une ancienne paysanne vêtue d'une robe à fleurs usée. Le labeur était très dur. Notre vie dépendait du ciel. S'il ne pleuvait pas, ce n'était pas bon. S'il pleuvait trop, c'était pareil. Maintenant nous sommes à la retraite. On a du temps pour le repos et les loisirs.»


Un villageois au visage buriné par le travail en plein air et l'alcool fait irruption dans le hall au guidon de sa mobylette pétaradante et fumante, provoquant des hurlements de protestation. Une caisse de bière chargée sur le porte-bagages, torse nu, il appuie sur le bouton de l'ascenseur, sous des volées d'injures. «J'ai tout perdu, rétorque-t-il en direction des joueuses. Avant, je me garais dans la ferme. On ne m'enlèvera pas le droit de me garer devant chez moi.» Le calme revient dès qu'il disparaît dans l'ascenseur. «Celui-là, on a l'habitude. C'est tous les jours pareil», commente Mme Zhang en distribuant les cartes.

Au village, elle élevait aussi des porcs et des poulets pour nourrir sa famille et arrondir les fins de mois. Désormais, elle habite un appartement de 45 m2. «Je n'ai plus besoin de m'échiner dans les rizières. J'ai beaucoup de temps pour m'amuser et je touche la retraite», se réjouit-elle. Un paysan «mal rééduqué» tente de s'infiltrer vers l'ascenseur traînant derrière lui un porc, qui avance en poussant des grouinements stridents, provocant une nouvelle bronca. Cette fois c'en est trop. Les femmes passent la tête à l'extérieur pour appeler un garde de la résidence, qui accourt aussitôt. «Sortez d'ici avec cette bête. C'est interdit», ordonne-t-il, épaulé par trois autres résidents pour repousser le récalcitrant. L'éleveur contrarié repartira furibond au volant de son touk-touk.

A l'extérieur, un jeune couple promène ses enfants âgés de 2 et 6 ans, autour du parc à jeux, l'air radieux. «Nous habitons ici depuis quatre mois, raconte la jeune mère âgée de 26 ans. Mon mari travaille et gagne 1 800 yuans par mois (230 euros). Et moi je gagne 1 500 yuans. Nous vivons comme les gens à la télévision dans notre nouvel appartement. Au village, il y avait de la boue partout et on se salissait. Il fallait aller puiser de l'eau et la porter. Ici il y a l'eau courante, le gaz pour faire la cuisine et des toilettes.» Les «nouveaux citoyens» urbanisés sont loin de tous partager cet enthousiasme. Un attroupement s'est formé devant le bâtiment 7. Des résidents brandissent une pétition. Ils se plaignent d'avoir été floués par les fonctionnaires locaux lors du calcul des compensations et lors de l'attribution des logements. «Comme nous refusions de signer l'accord de compensation parce qu'ils nous avaient lésés sur les indemnités, les fonctionnaires locaux nous ont répondu que ça ne changeait rien, raconte Huaying, une quarantenaire. Mon frère a été emprisonné comme tous ceux qui protestaient. Un jour, ils sont venus avec des pelleteuses pour raser la maison. Ils ont prévenu la veille au soir. Mon frère à 49 ans. Il ne trouve pas de travail et doit nourrir sa famille. J'ai pitié de lui, mais je n'ai pas les moyens de l'aider financièrement.» M. Li, 50 ans, trépigne. «Le logement est très bien. Mais à quoi bon avoir un logement si on n'a pas de quoi se nourrir? Si je n'ai pas de boulot, j'ai du souci à me faire», s'agace-t-il. Trop jeune pour toucher une retraite, il affirme être trop âgé pour trouver un travail. «Pour mes enfants, c'est la même chose, poursuit-il. A la campagne, ils n'avaient pas accès aux bonnes écoles. Leur niveau d'études est insuffisant. Ils n'ont accès qu'aux petits boulots sous-payés.»

«L'urbanisation creuse les inégalités et les paysans sont les grands sacrifiés. Ils sont victimes de l'urbanisation parce que les gouvernements locaux se focalisent plus sur la captation de leurs terres, source de profits rapides, que sur les intérêts des paysans»

Hu Xingdou, économiste

Pourvoir des emplois rémunérés régulièrement est un enjeu essentiel pour le gouvernement central chinois, afin de transformer les paysans en consommateurs et de réorienter l'économie du pays vers une croissance plus durable. «L'urbanisation est un processus inévitable dans le développement économique de la Chine, qui s'inscrit dans la marche pour l'industrialisation et la modernisation du pays, explique l'économiste Hu Xingdou. Mais elle creuse les inégalités et les paysans sont les grands sacrifiés. Ils sont victimes de l'urbanisation parce que les gouvernements locaux se focalisent plus sur la captation de leurs terres, source de profits rapides, que sur les intérêts des paysans.»

Pour le nouvel empereur rouge, Xi Jinping, et son entourage retranchés derrière les murs rouges de Zhongnanhai, la nouvelle Cité Interdite à Pékin, c'est un mal inévitable. Le prix à payer pour donner corps au rêve chinois de hisser le pays au niveau de développement des grandes puissances. La République populaire entend accomplir en une ou deux décennies ce que les pays industrialisés modernes ont mis plus d'un siècle à réaliser. Mais, pour éviter un afflux dans les plus grandes villes de Chine déjà surpeuplées, un système de permis reste en vigueur. Le hukou, le permis de résidence qui fait office de passeport intérieur, continue d'agir comme une barrière limitant la mobilité. Dépourvus de «hukou urbain», les migrants des campagnes sont la plupart du temps privés d'accès aux soins médicaux gratuits, d'inscription dans les écoles publiques et aux avantages sociaux. Le nouveau système leur permet d'obtenir un «hukou urbain» à condition d'abandonner les droits sur la terre en échange d'une compensation.

- Crédits photo : Justin Jin / Cosmos

Les grues, qui font jaillir de nouvelles tours de béton et de verre, se comptent par centaines le long de l'autoroute menant de Xiyong à Chongqing. Débarqués de leurs campagnes, la plupart des paysans n'avaient jamais vu un gratte-ciel. En quelques semaines, ils sont propulsés aux sommets de ces immeubles vertigineux mesurant 300 mètres, d'où ils descendent en rappel avec une simple corde, pour nettoyer les façades de verre. D'autres, tout droits sortis du Moyen Age, charrient des marchandises depuis le port vers les hauteurs de la ville à dos d'homme, équipés d'une simple perche de bambou. Malgré la démesure et les inégalités criantes, Chongqing est citée en exemple par le pouvoir, en raison de sa croissance record supérieure à la moyenne nationale. Elle est l'incarnation de la fureur de l'urbanisation chinoise.

Napoléon III ... Le second Empire s'oublie dans la fête .....

......….. … Extrait de la revue promotionnelle Histoire et civilisation, publié par Le Monde et reçu 20 août 2017…

 

 hcq ..ai découvert à cette occasion ...

.... Y AI VU EN PARTICULIER :

http://www.panoramadelart.com/belisaire-david

http://www.panoramadelart.com/lagrenee-le-jeune-service-de-la-manufacture-de-sevres-pour-la-laiterie-de-rambouillet  >>>>> à l'intention de Danny ....

...à vous d'explorer ce expressions du POUVOIR  ...de la VOLONTE DE PUISSANCE et de son pendant la servitude volontaire  ... sinon le COUPLE ... éclate  ....

 

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Peggy Guggenheim, la collectionneuse

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...............est un documentaire qui s’adresse avant tout au public curieux de l’Histoire de l’Art du XXème siècle, et particulièrement des années 1920 à 1960. Il peut intéresser plus largement les amateurs d’Histoire à travers le portrait, pour le moins très complaisant, d’une célèbre mécène. Elle est issue, par son père et sa mère, de très riches familles juives des Etats-Unis. Elle a perdu son père dans le naufrage du Titanic. Sa famille a compris de nombreux excentriques, est-il détaillé en une introduction amusante. En fait, Peggy Guggenheim n’était pas si riche, et même relativement pauvre comparée à ses oncles et cousins. Si elle a pu acheter massivement à Paris, puis Londres et enfin New-York des années 1920 à 1940 des peintres dont les cotes atteignent aujourd’hui des sommets, de Braque ou Picasso (pour les plus connus) à Pollock, c’est qu’ils étaient à cette époque souvent très peu chers. La crise des années 1930 a même particulièrement frappé les cotes de l’avant-garde des années 1910-1920, déjà datée par la force des choses, dont le cubisme. Ainsi, Peggy Guggenheim a probablement réalisé d’excellentes affaires à terme…Quand elle clame avoir dilapidé sa « maigre » fortune par pur amour de l’Art et des artistes, elle se garde bien de donner trop de précisions…
 

Peggy Guggenheim, la collectionneuse : intéressant historiquement, mais à voir avec l’esprit le plus critique

 
Le documentaire, qui organise sous forme de film un entretien de la fin des années 1970, en reste malheureusement, et c’est sa grande faiblesse, à la surface des choses. Aucune question, aucun commentaire critique ne viennent perturber la construction de sa propre légende par Peggy Guggenheim elle-même. Faut-il toujours la croire ? Elle se vante d’avoir toujours connu bibliquement tous ses artistes, sauf Pollock – trop ivre -, d’avoir donc cumulé des centaines d’amants, et subi une dizaine d’avortements ; et ce sans le moindre remords, au contraire. C’est tout de même d’un goût douteux et moralement gênant. En outre, de façon peu surprenante, elle avoue ne pas avoir du tout élevé son fils et fort mal sa fille, instable et suicidaire à l’âge adulte. Elle a aimé ses enfants à sa manière, nul doute, mais elle a été gravement négligente dans ses devoirs maternels. Mais il est certain qu’elle a fait preuve d’un génie publicitaire constant, en s’imposant au cœur de la chronique artistico-mondaine des années 1920 à 1960, de Paris à Venise.
 
Enfin, il n’est pas du tout certain qu’elle ait rendu service à l’Art, sinon l’humanité, en lançant la peinture contemporaine, y compris, voire surtout, dans les années 1940-50, la peinture abstraite jusque-là confidentielle. Peggy Guggenheim, la collectionneuse reste toujours intéressant historiquement, mais ce film hagiographique, pour un personnage certes de premier plan mais fort discutable, est à voir avec l’esprit le plus critique.
 

Hector JOVIEN

 

l' autre version : Une femme à l’avant-garde de son siècle

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Gravé sur des façades emblématiques, le nom « Guggenheim » a toujours été indissociable de l’Art contemporain. Mais outre New York et Bilbao, Venise accueille la plus prestigieuse de ses collections, celle créée durant près de 60 ans par Peggy Guggenheim, la nièce de Salomon. Cette femme curieuse et passionnée s’est forgé au fil de ses rencontres un instinct aiguisé pour acquérir et exposer les œuvres artistiques les plus charismatiques du XXe siècle. Sa plus grande fierté : avoir révélé Jackson Pollock, Alexander Calder, Max Ernst… même si ce dernier eut une attitude des plus odieuses avec elle.

Mais plus qu’un instinct, Peggy Guggenheim est avant tout une femme qui a su vivre libre avec son époque. Sa collection n’est que la partie immergée d’une très grande intelligence d’esprit. Curieuse et passionnée, elle échange dès son plus jeune âge avec les plus grands visionnaires de sa génération comme Marcel Duchamp ou André Breton. Une sphère artistique dont elle deviendra vite un pilier indispensable, malgré les guerres et les exils. Admirée par beaucoup, insultée par d’autres, Peggy Guggenheim vit sa vie guidée par ses désirs, comme le font tous ses amis masculins.

Pour évoquer cette femme si charismatique et si simple à la fois, Lisa Immordino Vreeland a recueilli une foisonnante bibliothèque d’images et de témoignages. Habilement composé et graphiquement réussi, son documentaire se construit autour de ce précieux entretien que Peggy Guggenheim a accordé à sa biographe quelques mois avant de mourir. Les images d’une époque riche de découvertes défilent, portées par la voix rauque d’une femme d’une profonde humilité. Consciente d’avoir accompli une destinée hors du commun, elle n’a qu’un seul regret, celui que sa jeunesse n'ait pu durer plus longtemps pour pouvoir avoir encore plus d’amants !

 

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Macron : " «Force est d'observer qu'après la phase de séduction indissociable de la conquête du pouvoir, le jeune président a modifié du tout au tout son rapport aux médias», déclare Arnaud Benedetti. ..

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Par Arnaud Benedetti
Mis à jour le 16/08/2017 à 17h38 | Publié le 16/08/2017 à 16h39

TRIBUNE - Emmanuel Macron a porté plainte contre un paparazzi. Le spécialiste de la communication, Arnaud Benedetti analyse le revirement du président, qui, après s'être appuyé sur les journaux people, privilégie désormais ses propres canaux de communication.

Les vacances de M. Macron avaient pourtant bien commencé. Le choix de Marseille, grande ville populaire, ancrait le jeune président dans cette France réelle dont certains le soupçonnent d'être éloigné. L'annonce par une simple photo du couple suffisait à souligner de manière discrète les congés présidentiels.

La communication présidentielle semblait avoir trouvé en cette mi-août un juste équilibre entre la nécessité de répondre à la curiosité naturelle des médias et le respect indispensable de la vie privée. Mais l'insistance d'un paparazzi en ce week-end prolongé à vouloir disposer de clichés exclusifs à l'intérieur de la villégiature du chef de l'État a manifestement rompu la tranquillité du récit délivré par la com' élyséenne. Le président a décidé de porter plainte contre le photographe trop pressant pour «harcèlement» et «tentative d'atteinte à la vie privée», rompant avec une tradition présidentielle qui s'était gardée depuis de nombreuses années de poursuivre un quelconque organe de presse. Il y a bien un droit inextinguible du couple présidentiel à se protéger et à se préserver.

Le choix des armes, à la guerre comme en communication, implique en conséquence une certaine cohérence

Pour autant, dans un temps d'hypercommunication que le chef de l'État ne manque jamais d'alimenter au gré d'une écriture médiatiquement calculée, la mémoire récente frappe à la porte des opinions. Nul n'oublie que la genèse médiatique du jeune Macron a commencé par la scénarisation parfois ostentatoire de sa vie privée. Les couvertures des magazines people ont égrené sur un mode glamour le début d'une incroyable saga politique. C'est via cette presse populaire qu'Emmanuel Macron est d'abord allé conquérir, non sans culot, le très grand public. Le choix des armes, à la guerre comme en communication, implique en conséquence une certaine cohérence. Qu'on éloigne un photographe importun est après tout légitimement compréhensible ; rajouter la plainte à la mise à distance, c'est prendre un double risque: celui de trahir une absence de magnanimité par excès d'autorité et de contredire, avec une certaine forme d'ingratitude, une posture initiale qui s'était appuyée sans réserve sur les médias people. Qui a oublié les images du couple Macron se promenant sur une plage? C'était en 2016… Il y a un siècle pour le nouveau président sans doute, mais un an seulement pour les Français. La distance qu'il revendique depuis qu'il est «jupitérien» catapulte dans les arrière-cours d'une histoire désormais lointaine et révolue la légende du jeune prince alors ami de tous les médias.

L'écosystème des Marcheurs

«L'homme qui s'élève s'isole», écrivait non sans justesse Rivarol. Force est d'observer qu'après la phase de séduction indissociable de la conquête du pouvoir, le jeune président a modifié du tout au tout son rapport aux médias. À l'inverse de ses prédécesseurs et à rebours de sa campagne, il prend désormais le parti de nous raconter une histoire prolixe en images et économe en paroles. Mieux: il évite toutes ces zones de risques que constitue la confrontation directe avec les journalistes, privilégiant des expressions publiques solennelles, encadrées et sans retour de questions. C'est au demeurant tout l'écosystème des Marcheurs qui veut contourner la presse par une relation désintermédiée avec l'opinion. En juillet, La République en marche annonçait vouloir disposer de son propre média et, à la rentrée, Emmanuel Macron pourrait de son côté multiplier le lien direct avec ses concitoyens à travers l'utilisation du Facebook Live.

Ainsi assistons-nous quelques semaines après son entrée en fonction à une révolution copernicienne de la stratégie de communication du président de la République.

Plus que jamais le modèle est anglo-saxon : fausse improvisation, fausse fuite, mais vrai professionnalisme à l'américaine

Celle-ci à l'assaut du pouvoir s'était fondée sur ce que le sociologue américain Paul Lazarsfeld appelait au milieu du siècle dernier «la communication à deux étages», dont la martingale suppose de s'appuyer sur des influenceurs pour conquérir l'opinion. Installé à l'Élysée, Emmanuel Macron opère un changement de paradigme en privilégiant un césarisme communicationnel dans sa relation avec le peuple. Désormais, le président par l'image et les réseaux privilégie ses propres canaux d'information pour s'adresser aux Français. La page de la promiscuité, voire de la spontanéité de ses deux derniers prédécesseurs avec la presse est désormais tournée. Le macronisme communique en direct, en live, produisant sans intermédiaires sa propre histoire, réhabilitant l'idée de la maîtrise après une décennie de flottement de la communication politique.

Plus que jamais le modèle est anglo-saxon: fausse improvisation, fausse fuite, mais vrai professionnalisme à l'américaine. La production Macron a tout de la série qui ne veut rien laisser au hasard. Elle vise à entretenir sa propre dramaturgie, loin de toutes les interprétations potentiellement biaisées et «malveillantes» des journalistes. Pour autant, s'économisant toujours plus tout contact un tant soit peu spontané avec les médias, la communication du chef de l'État tourne le dos sans nuances avec les pratiques communicantes de ce que fut le candidat dans son assomption ; elle tend à glisser subrepticement dans une solitude un tantinet hautaine ; elle brouille la sincérité de l'empathie, constante revendiquée de la marque Macron. Sans souci de constance, la communication se réduit à une succession de coups au risque de délivrer un récit erratique et illisible. La tentation est grande sans doute après un mois de juillet rendu chaotique suite à la crise avec le général de Villiers et les annonces anxiogènes liées à la baisse de l'APL de retrouver de la proximité à travers la scénarisation de l'intime. Le risque est néanmoins de surjouer et de produire un récit artificiel, non dénué de contradictions. Les sciences de la communication nous apprennent que le récepteur est souvent bien moins dupe que ne l'imagine, dans l'enthousiasme de son message, aussi souriant soit-il , l'émetteur…

S'affichant, vêtu du maillot de la Cité phocéenne, quelques heures après l'épisode du paparazzi sur le compte Twitter d'un joueur de l'OM, l'hôte de l'Élysée rajoute à la confusion. Les «discrètes» vacances de M. Macron sont désormais un objet absolument public. La com' a tout avalé. Les vacances du président sont aussi les nôtres! En avions-nous besoin?

* Professeur associé en histoire de la communication à Paris-Sorbonne, auteur de «La Fin de la com'» (Éditions du Cerf).

 

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Schopenhauer : Le Monde comme Volonté et comme Représentation

Selon Schopenhauer, le monde est volonté dans la mesure où toutes les idées sont une manifestation de la volonté. La volonté n’est pas une idée ou une représentation, mais une chose en soi. La volonté est la réalité sous-jacente du monde, dans l’objectif est que tous les phénomènes dépendent d’elle. Schopenhauer soutient que la volonté n’est jamais un objet pour un sujet, et qu’elle est donc objectivement en dehors du champ de la connaissance. La volonté est cette force qui pousse les individus à agir, qu’ils aient ou non des motifs rationnels. La volonté est donc une force autonome et contraignante. L’individu n’a conscience que de ses propres représentations et idées, et non de la volonté de la volonté. Ainsi, un individu n’est pas libre d’agir à sa guise, parce que tous ses actes sont régis par la nécessité. La volonté est l’être-en-soi du monde phénoménal, et n’est pas soumise au principe de raison suffisante ou à la nécessité. La volonté peut donc être irrationnelle. Puisqu’elle n’a ni origine ni but particulier. La volonté est indépendante du temps, de l’espace, de la pluralité, de la causalité, de la raison ou du motif.

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Nietzsche et la Volonté de Puissance

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Nietzsche : la démystification de l’idéal par la volonté de puissance

L’idéal, un éternel ailleurs, un éternel autrement que l’on érige comme concept, incarnation de l’Idée, comme monde intelligible. Il devient une projection de l’Etre, un au-delà sacralisé. Et Nietzsche part à la recherche de la « ténébreuse usine » qui fabrique les idéaux. Pour ce faire, il faut établir une typologie des sujets qui ont  imposé cette valorisation de l’idéal (religieux, moral…) pour parvenir à une démystification. Faire de la philosophie à coups de marteau pour se rendre compte que l’idéal sonne le creux et trouver le pathos qui enflamme l’idéal :

« J’étends posément les erreurs, l’une après l’autre sur la glace, je ne réfute pas l’idéal, je le congèle…ici par exemple c’est le « génie » qui se frigorifie, tournez au coin et c’est le « saint », le « héros » qui gèle sous une épaisse dentelle de glace, puis la « foi », enfin la « conviction » ».

L’illusion du je

Nietzsche dénonce une première illusion : nous croyons en l’idéal parce que nous croyons en l’unicité des choses et au « je » unique de la grammaire qui place le je comme sujet de la pensée. Mais les mots et la grammaire ne sont que des conventions. Cependant parce que le mot permet d’identifier et de comprendre le monde il finit par acquérir presque plus de valeur que le phénomène qu’il désigne. Le mot devient « magique ». L’homme finit par penser que le mot dépasse l’apparence immédiate de la chose en rendant compte de ce qu’elle nous dissimulerait (à savoir son essence). On finit alors par accorder plus de valeur à ce qui échappe à la perception sensible, aux sens, qu’au réel lui-même. La sacralisation passe donc effectivement nécessairement par une valorisation du verbe. Le travail de Nietzsche consiste, dès lors, à entreprendre une généalogie des valeurs afin de voir ce que ces valeurs dissimuleraient :

« Je prétends (…) que les valeurs de déclins, les valeurs nihilistes régissent sous les noms les plus sacrés ».

Le corps, plus spirituel que l’esprit

La réalité du corps est plus évidente et plus immédiate que celle de l’esprit : le corps est une réalité empirique. Le travail généalogique s’annonce donc comme une étude psycho-physique, psychologique parce que le vivant reste essentiellement constitué d’instincts et d’affects, physiologique car le corps est à la fois source et mode d’expression symptomatique de ces pulsions. Nietzsche renverse alors la hiérarchie traditionnelle entre le corps et la conscience, il place le corps comme premier et la conscience comme dérivative de ce dernier. Le corps apparait comme la matière première de tout étant. Vivants et non vivants sont des produits de la terre, produits du monde. Leur différence n’est plus essentielle, originelle mais une simple différence de traduction de leur activité pulsionnelle. Et la nature (Wesen) de tout ce qui est Nietzsche la nomme « volonté de puissance » c’est-à-dire force qui cherche son propre accroissement, la domination. Parce qu’elle est un réseau de forces en conflit les unes avec les autres, la volonté de puissance se caractérise par la multiplicité, la complexité, la fluidité. Elle est donc fondamentalement indéterminée, ce qui signifie qu’elle peut tout devenir, elle peut devenir tous les possibles quant à la forme qu’elle emprunte. De fait, tout est volonté de puissance, tout est un jeu entre des forces contradictoires et complémentaires.

Le jeu continuel des forces entre elles finit par révéler la victoire de certains groupes de forces sur d’autres. En ce sens, le pouvoir décisif semble revenir à la volonté de puissance car elle seule semble être l’élément « génétique » de la force, elle est force. Se déterminent alors des instincts dominants et des instincts dominés. Et le hasard du chaos entre les forces fait que la volonté de puissance se caractérise par une création continuelle. Elle crée par l’ivresse, par le pouvoir dionysiaque. Cependant, si le hasard permet à la volonté de puissance de se faire monde, existence, une autre condition semble nécessaire pour son accroissement : la présence de l’obstacle, de l’ennemi.

En effet, pour développer sa force, la volonté de puissance nécessite la rencontre d’une résistance sur laquelle elle peut s’exercer, se nourrir, se renforcer. Si à l’inverse, elle ne parvient pas à consommer l’obstacle, les forces réactives triomphent de celles actives. Débordées par les forces négatives, séparatrices, les forces actives entraineront une volonté de puissance qui interprétera le monde sous l’angle réactif. Et cette volonté de puissance réactive exprimera le triomphe des valeurs nihilistes. Au contraire de cela, la volonté de puissance sera dite « forte » lorsqu’en marquant la victoire des forces actives (sur celles réactives) elle pose des valeurs qui affirment la vie. Ainsi, tout jugement de valeur apparait comme un symptôme car suivant s’il exprime des valeurs qui affirment ou déprécient la vie, il exprime la qualité (ascendante ou déclinante) de la volonté de puissance qui le détermine : tout jugement devient alors une évaluation. Tout jugement devra donc être observé à la loupe parce qu’il est un symptôme de la volonté de puissance. Il faut donc découvrir ce qui se dissimule derrière chaque jugement et chaque interprétation.

L’affirmation de la vie

Le mot « interprétation » est équivoque car il signifie à la fois le texte de ce qui est et l’acte de celui qui lit ce qui est. En affirmant que l’homme est multiplicité de pulsions, d’instincts coexistants, Nietzsche rompt avec la conception classique du sujet défini comme substance. Déterminer les forces comme le sujet de toute interprétation revient à poser le corps et l’interprétation comme appartenant au même texte. Il n’existe pas de texte avant l’interprétation. L’interprétation n’intervient donc pas comme un accident qui affecterait l’essence de la volonté de puissance car elle n’est rien avant l’interprétation. Elle peut donc être considérée comme une résonance, un symptôme ancré en chaque individu. Dès lors toute évaluation sera interprétée comme symptôme d’une vie qui est affirmative ou nihiliste. Quel rapport au monde l’interprétation tragique de l’univers traduit-elle ? Prononce-t-elle un oui ou un non à la vie ?

Le chaos créatif

Nietzsche définit le monde par le chaos. Et le chaos présente deux aspects : un aspect négatif car la notion de chaos fait disparaitre toute idée de finalité, toute idée de Logos ; un aspect positif car le chaos désigne toutes les forces brutes de la nature en tant qu’elles sont des schématisations de la volonté de puissance. L’identité d’un étant (homme, animal…) n’est qu’une figure, un « masque », un mode particulier de la source fondamentale de toute existence : la volonté de puissance. Dans un monde aveugle (indifférent au bien et au mal), l’organique ne présente plus une supériorité ontologique sur le non vivant. Le monde, c’est tout ce qui existe, indifféremment :

« La vie n’est qu’un cas particulier de la volonté de puissance, rien de ce qui existe ne doit être supprimé, rien n’est superflu ».

Dans cette nature sans cohérence, sans guide, la vie ne peut se traduire que par la lutte, la guerre :

« Vivre, c’est essentiellement dépouiller, blesser, dominer ce qui est étranger et faible, l’opprimer, lui imposer durement sa propre forme, l’englober, et au moins, au mieux l’exploiter ».

Vivre consiste à oser, tester, lutter et interpréter comme « bon » ce qui renforce le corps que je suis et comme « mauvais » ce qui vient l’affaiblir. Et vivre, c’est interpréter le monde dans lequel je suis, interpréter un monde fait d’apparences et de devenir. Ce chaos, c’est l’Un  (la volonté de puissance) qui s’individualise dans et par la multiplicité des étants isolés. Eternel devenir, continuelle métamorphose, le monde est condamné à se faire, infiniment.

Le monde comme oeuvre tragique

Cependant, si l’univers est formes et illusions, il semble nécessaire de choisir entre les deux apparences majeures que sont l’art et le science. Or, « vivre l’apparence comme but », c’est nécessairement choisir celle qui crée le plus haut degré d’illusion, de fiction, donc celle qui demeure la plus fidèle à la vie : « L’univers comme œuvre d’art s’engendrant elle-même ». Selon Nietzsche, le monde ne semble être supportable que sous l’angle esthétique. Signifié par le chaos, par ce qui nait, disparait…le monde ne peut être régi que par un principe cosmique qui relève du tragique. Il est une œuvre d’art tragique, il peut être comparé à la tragédie grecque. Dès lors on constate que Nietzsche ne se sert pas du concept de l’être pour penser l’art mais fait appel à des catégories esthétiques pour donner son interprétation du monde. Le monde pourra s’identifier comme le lieu de la lutte entre des force antagonistes et néanmoins complémentaires, lutte entre force et forme, lutte entre Dionysos et Apollon. Si Apollon représente le dieu des formes, de la plastique, de la beauté et qu’il a la capacité de créer des images, Dionysos, quant à lui manifeste la force, la musique, le tumulte et l’ivresse. Cette union conflictuelle et fraternelle entre ces deux dieux aboutit à une force qui éclate la forme, à une forme qui encadre la force :

“Le fond originel dionysiaque ne cesse de jaillir dans l’apparence et trouve dans le phénomène de l’art la transfiguration de l’apparition dans le paraître”.

“Tout mal est justifié du moment qu’un Dieu est édifié à sons spectacle”. L’homme grec est donc né pour le tragique et voit dans le jeu terrible entre Dionysos et Apollon, l’ivresse faire exploser la forme en des étants multiples, morcelés et il sent cette tragique union entre la surabondance de puissance et la plasticité de la forme. Cette réconciliation entre la force et la beauté plastique conduit à l’union non moins tragique entre l’homme grec et la nature qui se réalise par des fêtes dionysiaques que le grec vit comme une consolation. Lui qui semble « le plus apte à la souffrance, la plus subtile et la plus grave » constate que seul l’art peut le sauver, que seule une vision esthétique du monde, de l’existence, permet de supporter la douleur d’être : « L’art le sauve, mais par l’art, c’est la vie qui le sauve à son profit ».

Ainsi, l’homme présocratique admet le monde comme le théâtre du tragique. Il sait que tout est devenir, que tout passe inexorablement. Il affirme donc avec force le chaos de la vie, si la vie rit de nous alors rions d’elle. Si l’univers est un jeu, si seule la vision esthétique du monde rend ce dernier supportable, alors la tragédie grecque semble s’imposer comme l’expression la plus forte du oui prononcé au cosmos. Mais Socrate pointe à l’horizon et la tragédie grecque semble condamnée au suicide au profit de la Raison et de la logique.

 

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Sandrine Guignard

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Déjà presque au terme de sa vie, une jeune philosophe, rebelle, mystique, révolutionnaire, syndicaliste, adresse à Albert Camus le manuscrit qu'elle rédigea à Londres en 1942-43. Après l'avoir lu, Albert Camus lance : “Il me paraît impossible d’imaginer pour l’Europe une renaissance qui ne tienne pas compte des exigences que Simone Weil a définies dans L’Enracinement.” Ce merveilleux texte, rien de moins qu'un "Prélude à une Déclaration des obligations envers l'être humain", écrit au coeur de l’effondrement de l'Europe du 20ème siècle, peut être considéré comme le « testament spirituel et politique » de Simone Weil, légué aux générations futures pour une pensée exigeante en « temps de crises ». En proposant une civilisation des « besoins de l’âme », en opposant à la civilisation des droits de l’homme celle des "obligations envers les êtres humains", elle définit l'enracinement comme "le besoin de le plus important et le plus méconnu de l'âme humaine." Contre le scientisme, postulat de tous les mondialismes brun, rouge ou libre-échangiste, renvoyant dos à dos les "croyants" en la Science et au Progrès divinisés et les nostalgiques du passé, Simone Weil, comme plus tard son ami Gustave Thibon, nous propose de nous élever au-delà du temps, dans la merveilleuse continuité des générations, des traditions vivantes, dans l'amour de la racine qui se prolonge dans la fleur : "La perte du passé, collective ou individuelle, est la plus grande tragédie humaine et nous avons jeté le nôtre comme un enfant déchire une rose..." 
 
"Un être humain a une racine par sa participation réelle, active et naturelle à l'existence d'une collectivité qui conserve vivants certains trésors du passé et certains pressentiments d'avenir."
 
Pour Simone Weil, l’objet de la vie publique, la responsabilité des hommes politiques, des classes dirigeantes en particulier, est de "prendre toutes les dispositions susceptibles d’amener dans la plus grande mesure possible le pouvoir sous toutes ses formes, sans exception, aux mains de ceux qui acceptent en fait d’être liés par l’obligation universelle envers tous les êtres humains.“ A l'heure de la pulvérisation de toutes les limites, de la science - économique, naturelle - "sans conscience", de la mondialisation de tout et du déracinement généralisé, l'oeuvre de Simone Weil apparaît comme une lueur étincelante d'espoir pour tous ceux qui n'ont pas renoncé à "changer le monde", ceux qui n'ont pas sombré dans le fatalisme au nom d'un prétendu "sens de l'Histoire"... L'Enracinement est, comme l'affirme Camus, l'unique voie d'une renaissance, en 2014 comme en 1944, pour la France et pour la civilisation européenne, le seul programme authentiquement révolutionnaire dans un monde qui cherche sa boussole.
 
"L'argent détruit les racines partout où il pénètre, en remplaçant tous les mobiles par le désir de gagner." (Ext p.34-35) 
 
"L'enracinement est peut-être le besoin le plus important et le plus méconnu de l'âme humaine. C'est un des plus difficiles à définir. Un être humain a une racine par sa participation réelle, active et naturelle à l'existence d'une collectivité qui conserve vivants certains trésors du passé et certains pressentiments d'avenir. Participation naturelle, c'est-à-dire amenée automatiquement par le lieu, la naissance, la profession, l'entourage. Chaque être humain a besoin d'avoir de multiples racines. Il a besoin de recevoir la presque totalité de sa vie morale, intellectuelle, spirituelle, par l'intermédiaire des milieux dont il fait naturellement partie. 
 
Les échanges d'influences entre milieux très différents ne sont pas moins indispensables que l'enracinement dans l'entourage naturel. Mais un milieu déterminé doit recevoir une influence extérieure non pas comme un apport, mais comme un stimulant qui rende sa vie propre plus intense. Il ne doit se nourrir des apports extérieurs qu'après les avoir digérés, et les individus qui le composent ne doivent les recevoir qu'à travers lui. Quand un peintre de réelle valeur va dans un musée, son originalité en est confirmée. Il doit en être de même pour les diverses populations du globe terrestre et les différents milieux sociaux. 
 
Il y a déracinement toutes les fois qu'il y a conquête militaire, et en ce sens la conquête est presque toujours un mal. Le déracinement est au minimum quand les conquérants sont des migrateurs qui s'installent dans le pays conquis, se mélangent à la population et prennent racine eux-mêmes. Tel fut le cas des Hellènes en Grèce, des Celtes en Gaule, des Maures en Espagne. Mais quand le conquérant reste étranger au territoire dont il est devenu possesseur, le déracinement est une maladie presque mortelle pour les populations soumises. Il atteint le degré le plus aigu quand il y a déportations massives, comme dans l'Europe occupée par l'Allemagne ou dans la boucle du Niger, ou quand il y a suppression brutale de toutes les traditions locales, comme dans les possessions françaises d'Océanie (s'il faut croire Gauguin et Alain Gerbault).

Même sans conquête militaire, le pouvoir de l'argent et la domination économique peuvent imposer une influence étrangère au point de provoquer la maladie du déracinement.

Enfin les relations sociales à l'intérieur d'un même pays peuvent être des facteurs très dangereux de déracinement. Dans nos contrées, de nos jours, la conquête mise à part, il y a deux poisons qui propagent cette maladie. L'un est l'argent. L'argent détruit les racines partout où il pénètre, en remplaçant tous les mobiles par le désir de gagner. Il l'emporte sans peine sur les autres mobiles parce qu'il demande un effort d'attention tellement moins grand. Rien n'est si clair et si simple qu'un chiffre." 

"Ce n'est pas l'adolescent abandonné  ( ...l'orphelin de coeurs père-mère ...) , misérable vagabond, à l'âme affamée, qu'il est juste d'accuser, mais ceux qui lui ont donné à manger du mensonge" (à propos du jeune Hitler, Ext p.156 à 160) 

"On doute de tout en France, on ne respecte rien, il a des gens qui méprisent la religion, la patrie, l’État, les tribunaux, la propriété, l'art, enfin toutes choses ; mais leur mépris s'arrête devant la science. Le scientisme le plus grossier n'a pas d'adeptes plus fervents que les anarchistes. Le Dantec est leur grand homme. Les « bandits tragiques » de Bonnot y puisaient leur inspiration, et celui d'entre eux qui était plus que les autres un héros aux yeux de ses camarades était surnommé « Raymond la Science ». À l'autre pôle, on rencontre des prêtres ou des religieux pris par la vie religieuse au point de mépriser toutes les valeurs profanes, mais leur mépris s'arrête devant la science. Dans toutes les polémiques où la religion et la science semblent être en conflit, il y a du côté de l'Église une infériorité intellectuelle presque comique, car elle est due, non à la force des arguments adverses, généralement très médiocres, mais uniquement à un complexe d'infériorité.

Par rapport au prestige de la science il n'y a pas aujourd'hui d'incroyants. Cela confère aux savants, et aussi aux philosophes et écrivains en tant qu'ils écrivent sur la science, une responsabilité égale à celle qu'avaient les prêtres du XIIIe siècle. Les uns et les autres sont des êtres humains que la société nourrit pour qu'ils aient le loisir, de chercher, de trouver et de communiquer ce que c'est que la vérité. Au XXe siècle comme au XIIIe, le pain dépensé à cet effet est probablement, par malheur, du pain gaspillé, ou peut-être pire.

L'Église du XIIIe siècle avait le Christ ; mais elle avait l'Inquisition. La science du XXe siècle n'a pas d'Inquisition ; mais elle n'a pas non plus le Christ, ni rien d'équivalent.

La charge assumée aujourd'hui par les savants et par tous ceux qui écrivent autour de la science est d'un poids tel qu'eux aussi, comme les historiens et même davantage, sont peut-être plus coupables des crimes d'Hitler qu'Hitler lui-même.

C'est ce qui apparaît dans un passage de Mein Kampf : « L'homme ne doit jamais tomber dans l'erreur de croire qu'il est seigneur et maître de la nature... Il sentira dès lors que dans un monde où les planètes et les soleils suivent des trajectoires circulaires, où des lunes tournent autour des planètes, où la force règne partout et seule en maîtresse de la faiblesse, qu'elle contraint à la servir docilement ou qu'elle brise, l'homme ne peut pas relever de lois spéciales. »

Ces lignes expriment d'une manière irréprochable la seule conclusion qu'on puisse raisonnablement tirer de la conception du monde enfermée dans notre science. La vie entière d'Hitler n'est que la mise en œuvre de cette conclusion. Qui peut lui reprocher d'avoir mis en œuvre ce qu'il a cru reconnaître pour vrai ? Ceux qui, portant en eux les fondements de la même croyance, n'en ont pas pris conscience et ne l'ont pas traduite en actes, n'ont échappé au crime que faute de posséder une certaine espèce de courage qui est en lui.

Encore une fois, ce n'est pas l'adolescent abandonné, misérable vagabond, à l'âme affamée, qu'il est juste d'accuser, mais ceux qui lui ont donné à manger du mensonge. Et ceux qui lui ont donné à manger du mensonge, c'étaient nos aînés, à qui nous sommes semblables.

Dans la catastrophe de notre temps, les bourreaux et les victimes sont, les uns et les autres, avant tout les porteurs involontaires d'un témoignage sur l'atroce misère au fond de laquelle nous gisons.

Pour avoir le droit de punir les coupables, il faudrait d'abord nous purifier de leur crime, contenu sous toutes sortes de déguisements dans notre propre âme. Mais si nous réussissons cette opération, une fois qu'elle sera accomplie nous n'aurons plus aucun désir de punir, et si nous croyons être obligés de le faire, nous le ferons le moins possible et avec une extrême douleur.

Hitler a très bien vu l'absurdité de la conception du XVIIIe siècle encore en faveur aujourd'hui, et qui d'ailleurs a déjà sa racine dans Descartes. Depuis deux ou trois siècles on croit à la fois que la force est maîtresse unique de tous les phénomènes de la nature, et que les hommes peuvent et doivent fonder sur la justice, reconnue au moyen de la raison, leurs relations mutuelles. C'est une absurdité criante. Il n'est pas concevable que tout dans l'univers soit absolument soumis à l'empire de la force et que l'homme puisse y être soustrait, alors qu'il est fait de chair et de sang et que sa pensée vagabonde au gré des impressions sensibles." "La charge assumée aujourd'hui par les savants et par tous ceux qui écrivent autour de la science est d'un poids tel qu'eux aussi, comme les historiens et même davantage, sont peut-être plus coupables des crimes d'Hitler qu'Hitler lui-même."

Il n'y a qu'un choix à faire. Ou il faut apercevoir à l'œuvre dans l'univers, à côté de la force, un principe autre qu'elle, ou il faut reconnaître la force comme maîtresse unique et souveraine des relations humaines aussi.

Dans le premier cas, on se met en opposition radicale avec la science moderne telle qu'elle a été fondée par Galilée, Descartes et plusieurs autres, poursuivie au XVIIIe siècle, notamment par Newton, au XIXe, au XXe. Dans le second, on se met en opposition radicale avec l'humanisme qui a surgi à la Renaissance, qui a triomphé en 1789, qui, sous une forme considérablement dégradée, a servi d'inspiration à toute la IIIe République.

La philosophie qui a inspiré l'esprit laïque et la politique radicale est fondée à la fois sur cette science et sur cet humanisme, qui sont, on le voit, manifestement incompatibles. On ne peut donc pas dire que la victoire d'Hitler sur la France de 1940 ait été la victoire d'un mensonge sur une vérité. Un mensonge incohérent a été vaincu par un mensonge cohérent. C'est pourquoi, en même temps que les armes, les esprits ont fléchi.

Au cours des derniers siècles, on a confusément senti la contradiction entre la science et l'humanisme, quoiqu'on n'ait jamais eu le courage intellectuel de la regarder en face. Sans l'avoir d'abord exposée aux regards, on a tenté de la résoudre. Cette improbité d'intelligence est toujours punie d'erreur. 

L'utilitarisme a été le fruit d'une de ces tentatives. C'est la supposition d'un merveilleux petit mécanisme au moyen duquel la force, en entrant dans la sphère des relations humaines, devient productrice automatique de justice. Le libéralisme économique des bourgeois du XIXe siècle repose entièrement sur la croyance en un tel mécanisme. La seule restriction était que, pour avoir la propriété d'être productrice automatique de justice, la force doit avoir la forme de l'argent, à l'exclusion de tout usage soit des armes soit du pouvoir politique.

Le marxisme n'est que la croyance en un mécanisme de ce genre. Là, la force est baptisée histoire ; elle a pour forme la lutte des classes ; la justice est rejetée dans un avenir qui doit être précédé d'une espèce de catastrophe apocalyptique.

Et Hitler aussi, après son moment de courage intellectuel et de clairvoyance, est tombé dans la croyance en ce petit mécanisme. Mais il lui fallait un modèle de machine inédit. Seulement il n'a pas le goût ni la capacité de l'invention intellectuelle, en dehors de quelques éclairs d'intuition géniale. Aussi a-t-il emprunté son modèle de machine aux gens qui l'obsédaient continuellement par la répulsion qu'ils lui inspiraient. Il a simplement choisi pour machine la notion de la race élue, la race destinée à tout faire plier, et ensuite à établir parmi ses esclaves l'espèce de justice qui convient à l'esclavage.

À toutes ces conceptions en apparence diverses et au fond si semblables, il n'y a qu'un seul inconvénient, le même pour toutes. C'est que ce sont des mensonges.

La force n'est pas une machine à créer automatiquement de la justice. C'est un mécanisme aveugle dont sortent au hasard, indifféremment, les effets justes ou injustes, mais, par le jeu des probabilités, presque toujours injustes. Le cours du temps n'y fait rien ; il n'augmente pas dans le fonctionnement de ce mécanisme la proportion infime des effets par hasard conformes à la justice.

Si la force est absolument souveraine, la justice est absolument irréelle. Mais elle ne l'est pas. Nous le savons expérimentalement. Elle est réelle au fond du cœur des hommes. La structure d'un cœur humain est une réalité parmi les réalités de cet univers, au même titre que la trajectoire d'un astre.

Il n'est pas au pouvoir d'un homme d'exclure absolument toute espèce de justice des fins qu'il assigne à ses actions. Les nazis eux-mêmes ne l'ont pas pu. Si c'était possible à des hommes, eux sans doute l'auraient pu. (...)

Si la justice est ineffaçable au cœur de l'homme, elle a une réalité en ce monde. C'est la science alors qui a tort. 

Non pas la science, s'il faut parler exactement, mais la science moderne. Les Grecs possédaient une science qui est le fondement de la nôtre. Elle comprenait l'arithmétique, la géométrie, l'algèbre sous une forme qui leur était propre, l'astronomie, la mécanique, la physique, la biologie. La quantité des connaissances accumulées était naturellement beaucoup moindre. Mais par le caractère scientifique, dans la signification que ce mot a pour nous, d'après les critères valables à nos yeux, cette science égalait et dépassait la nôtre. Elle était plus exacte, plus précise, plus rigoureuse. L'usage de la démonstration et celui de la méthode expérimentale étaient conçus l'un et l'autre dans une clarté parfaite.
 
 

 

 

 

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«L'idéologie des droits de l'homme ..... porte en elle une logique illimitée».

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GRAND ENTRETIEN - Pour Le Figaro, les penseurs Pierre Manent et Jean-Claude Michéa ont accepté de débattre par écrits interposés.

 

- Crédits photo : Climats

LE FIGARO. - Jean-Claude Michéa, votre dernier essai s'intitule Le Loup dans la bergerie. Ce «loup» dont vous parlez, est-ce l'anthropologie libérale des droits de l'homme? En quoi est-elle problématique?

Jean-Claude MICHÉA. - Ce qui fait problème, ce n'est pas l'existence de telle ou telle liberté individuelle ni de chartes garantissant des droits fondamentaux. C'est l'idée que seule l'idéologie des «droits de l'homme» - telle qu'elle s'est forgée au XVIIIe siècle - serait à même de fonder intellectuellement la défense de ces libertés et de ces droits. Or cela revient à oublier, d'un côté, qu'il existait déjà en Europe - pour reprendre le titre du célèbre ouvrage de Quentin Skinner - une longue tradition politique de «liberté avant le libéralisme» (le droit, par exemple, de ne pas être arrêté et emprisonné arbitrairement est au cœur de la Magna Carta de 1215).

Et, de l'autre, que cette idéologie repose sur la fiction anthropologiquement absurde (une «robinsonnade», ironisait Marx) d'un homme déjà pleinement humanisé avant même l'existence du langage et de la société, et dont les droits «inaliénables» seraient par conséquent déductibles a priori. C'est donc clairement la conversion massive de l'intelligentsia de gauche à cette vision nominaliste et libérale - la société n'existe pas, il n'existe que des individus dont chacun est «propriétaire absolu de lui-même» («c'est mon choix, ça ne vous regarde pas») et ne se lie à ses semblables que sur des bases contractuelles - qui la conduira progressivement, à partir des années 1980, à devoir abandonner la vieille «question sociale» - et, avec elle, toute critique cohérente de la société marchande - au profit de la seule, et désormais omniprésente, «question sociétale».

- Crédits photo : PUF

Pierre Manent, vous opposez la logique des «droits de l'homme» à celle de la loi naturelle. Quelle différence faites-vous entre les deux?

Pierre MANENT. - La philosophie des droits humains postule que nous disposons d'un pouvoir légitime et illimité sur tous les aspects de la condition et de la nature humaines. Je pense le contraire. Aussi vastes que soient les capacités humaines, elles restent liées à la condition et à la nature de l'homme. Celui-ci est l'être «intermédiaire» qui se cherche entre la bête et le dieu - entre les êtres qui sont en deçà de la loi et ceux qui sont au-delà de la loi. Il est donc voué à une vie politique, c'est-à-dire à une vie de liberté sous la loi. Ici intervient décisivement la notion ou plutôt le fait de la nature humaine. Tous ces termes - politique, loi, liberté - n'auraient aucun sens si nous n'étions ordonnés par notre nature à une vie commune que nous avons le désir de poursuivre et la capacité de régler. Nous tendons par nature à une vie commune réglée par la raison pratique. La loi naturelle, c'est l'ensemble des principes et critères qui guident cette raison commune. Recourir à la loi naturelle, c'est rappeler que nous ne sommes pas les auteurs souverains du monde humain. Notre liberté habite une nature qui nous donne à la fois l'impulsion, le but et la limite. Nous rejetons aujourd'hui avec impatience et dédain ces déterminations naturelles et prétendons à une liberté sans règle ni raison.

Jean-Claude Michéa, vous aimez opposer la «common decency» à la logique abstraite des droits de l'homme. Cette «common decency» n'est-elle pas une forme de loi naturelle?

J.-C. M. - La disposition morale - c'est-à-dire le sentiment, disait Orwell, qu'il y a «des choses qui ne se font pas» - est effectivement présente dans toutes les sociétés humaines. Mauss l'avait déjà établi dans l'Essai sur le don, en montrant que le lien social primaire repose partout et toujours sur la triple obligation de «donner, recevoir et rendre». Pour autant, cela ne signifie évidemment pas que la «common decency» soit «une forme de loi naturelle». D'une part, parce que, même si elle trouve en effet son origine dans les vertus «transculturelles» qui supportent la logique du don - qu'il s'agisse du sens de l'honneur ou de l'aptitude à agir indépendamment de ses intérêts immédiats -, ses formes concrètes n'en varient pas moins selon les époques et les cultures (Simon Leys considérait par exemple la tradition confucéenne comme une forme spécifiquement chinoise de la «common decency»). Et, de l'autre, parce que le fait que le développement continuel des rapports marchands conduise à détruire, chaque jour un peu plus, les murs porteurs de la vie commune nous confirme que le «sens des autres» dépend lui-même de conditions anthropologiques précises et qu'il n'a donc pas la solidité d'un phénomène naturel. Pour ne rien dire ici des sinistres projets d'«homme augmenté» que travaillent déjà à mettre au point les Laurent Alexandre de la Silicon Valley.

P. M. - Je m'accorde avec Jean-Claude Michéa sur ce point capital que face à cet imaginaire de l'illimité, qui est au principe de la mondialisation «libérale», c'est-à-dire de la libération et de l'accélération de tous les flux, comme il est au principe des rêveries sottes et cruelles du transhumanisme, nous devons opposer un principe de limitation qui permette à la vie commune de garder sa forme, ou de la trouver. La recherche qu'il conduit pour encourager la préservation ou la renaissance d'un peuple «civique» porteur et gardien de la «common decency» est une heureuse contribution à la conversation politique.

Plus largement, pensez-vous que la critique socialiste des droits de l'homme formulée par Jean-Claude Michéa rejoigne la vôtre?

P. M. - Si nos diagnostics des maladies de l'époque sont voisins, nos approches du politique me semblent assez différentes. Je signale deux points. Je me refuse quant à moi à loger tous les défauts et vices de la société actuelle à l'enseigne du «libéralisme», tant il y a de différence entre le libéralisme originel et ce que l'on attaque de toute part sous ce nom aujourd'hui. Je l'ai souvent souligné, dans son ressort premier, le libéralisme est une démarche ou un projet politique qui vise à un meilleur gouvernement. Si les institutions politiques libérales se sont progressivement imposées en Europe, c'est à la suite d'une expérience historique qui a vu l'Angleterre non seulement garantir la première les droits et libertés des citoyens, mais aussi dégager des ressources inséparablement financières, politiques et militaires lui permettant, dans sa montée en puissance au long du XVIIIe siècle, de surclasser la monarchie de loin la mieux gouvernée du continent. Bref, le libéralisme comme facteur décisif dans l'histoire politique de l'Europe moderne, facteur étroitement lié au développement de l'État-nation auquel il apporte en quelque sorte son dernier perfectionnement, a peu à voir avec l'idéologie antiétatique, antipolitique et indifférente à la cohésion sociale et nationale qui a malheureusement envahi l'opinion des élites européennes depuis trente ou quarante ans.

«L'imaginaire de la croissance illimitée, où Jean-Claude Michéa voit à juste titre un des ressorts du charme maléfique qui emporte maintenant, avec l'Occident, l'humanité tout entière, n'est pas propre au libéralisme et n'appartient même pas vraiment au libéralisme comme doctrine politique spécifique.»

Pierre Manent

Une seconde remarque. L'imaginaire de la croissance illimitée, où Jean-Claude Michéa voit à juste titre un des ressorts du charme maléfique qui emporte maintenant, avec l'Occident, l'humanité tout entière, n'est pas propre au libéralisme et n'appartient même pas vraiment au libéralisme comme doctrine politique spécifique. Sous l'Ancien Régime, les arguments en faveur de la liberté de commerce par exemple relevaient d'un certain bon sens plutôt que d'un imaginaire de l'illimité: dans des époques de pénurie récurrente, dans des sociétés entravées par l'enchevêtrement de commandements sociaux désaccordés, les arguments libéraux encourageaient une certaine rationalité et fiabilité de l'organisation collective. Après la Révolution française, une fois la révolution industrielle et la révolution démocratique entrées en phase, le libéralisme n'est plus qu'un facteur parmi d'autres, et rarement le plus fort. L'Industrie, le Socialisme, l'État administratif, la Science, d'autres instances encore, furent tour à tour convoqués pour servir d'instrument à cette démesure de la raison organisatrice qui marqua tellement les deux derniers siècles.

Jean-Claude Michéa, ne pensez-vous pas qu'un libéralisme encastré et conservateur, à l'instar de celui de Tocqueville ou de Pierre Manent, est viable?

J.-C. M. - Dans La Loi naturelle et les Droits de l'homme, Pierre Manent a magistralement mis en lumière cette dynamique d'illimitation - portée par l'idée d'une «liberté sans loi» - qui conduit, tôt ou tard, l'idéologie libérale des «droits de l'homme» à devoir sacrifier la liberté d'expression sur l'autel du droit «inclusif». L'ennui, c'est qu'il est devenu presque impossible, aujourd'hui, de s'opposer aux dérives les plus folles de cette idéologie libérale (à partir du moment, en effet, où tout comportement - faute de critères éthiques partagés - peut devenir objet de plainte, elle invite inévitablement à voir le mal partout et donc à remplacer tout débat par un appel aux tribunaux) sans remettre simultanément en question la dynamique du capitalisme lui-même. Un système économique dans lequel un bien n'est pas produit en raison de son utilité réelle ou de ses qualités propres mais, avant tout, parce qu'il permet au capital déjà accumulé de s'accumuler encore plus ne peut en effet connaître - écrivait Marx - ni frontière géographique ni «aucune limite morale ou naturelle».

«Une forme de société qui tend ainsi à noyer toutes les valeurs morales dans « les eaux glacées du calcul égoïste » est forcément incapable de fixer d'elle-même la moindre limite à ses propres débordements.»

Jean-Claude Michéa

C'est même d'abord ce caractère exponentiel du progrès capitaliste qui expliquait, à ses yeux, que «le bouleversement continuel de la production, le constant ébranlement de tout le système social, l'agitation et l'insécurité perpétuelles» soient précisément «ce qui distingue l'époque bourgeoise de toutes les précédentes».

Or il est clair qu'une forme de société qui tend ainsi à noyer toutes les valeurs morales dans «les eaux glacées du calcul égoïste» est forcément incapable de fixer d'elle-même la moindre limite à ses propres débordements (dans quelle source pourrait-elle d'ailleurs en puiser les critères?). Sous ce rapport, l'idée d'un libéralisme «conservateur» n'est donc qu'un oxymore. Ou, si l'on préfère, une simple variante de cette «illusion Meiji» qui poussait déjà les élites japonaises de la fin du XIXe siècle à croire qu'on pourrait adopter les techniques du capitalisme occidental sans avoir également à intégrer l'imaginaire culturel qui en conditionne tous les progrès.

Vous dénoncez tous deux le caractère illimité de la logique des droits. Pourquoi la conquête des droits dans le système libéral est-elle sans fin?

J.-C. M. - Le projet libéral est celui d'une société où chacun pourrait vivre «comme il l'entend» sous la seule réserve que son choix de vie personnel ne nuise pas à la liberté symétrique d'autrui. Autre manière de dire, en somme, qu'un État libéral doit être «axiologiquement neutre» (idéalement, c'est un simple gouvernement d'«experts» dont toutes les décisions pourraient être prises par un algorithme), toute conception de la «vie bonne», qu'elle soit philosophique, morale ou religieuse, relevant dès lors de la seule sphère privée. Or c'est justement cette exigence principielle de «neutralité axiologique» qui explique que toute pensée libérale, même la plus modérée, finisse toujours, tôt ou tard, par être minée de l'intérieur par une logique d'illimitation. L'idée que le «c'est mon choix» des uns ne saurait être limité que par le «c'est mon choix» des autres n'a en effet de sens qu'aussi longtemps qu'il existe des critères suffisamment clairs pour définir de façon indiscutable qui «nuit» à qui. Le problème, c'est que cela suppose précisément que la plupart des membres d'une société s'accordent encore, même de façon implicite, sur un certain nombre de valeurs morales et culturelles communes que la logique libérale n'a donc pas encore réussi à «privatiser» jusqu'au bout: le touriste parisien, par exemple, qui choisissait, il y a quelques années encore, de passer ses vacances dans un village provençal s'attendait logiquement à rencontrer des éleveurs de brebis et des chasseurs de sangliers ou à entendre sonner les cloches de l'église et chanter les cigales du lieu (ne serait-ce que parce que l'école laïque lui avait appris qui étaient Alphonse Daudet, Marcel Pagnol ou Jean Giono). Et l'idée ne lui serait, bien sûr, jamais venue de voir dans ces réalités typiques un ensemble de «nuisances» humainement intolérables et contraires à ses droits les plus fondamentaux (on sait, à l'inverse, que, au cours de l'été 2018, plusieurs touristes parisiens n'ont pas hésité à s'en prendre au maire et aux habitants d'une petite commune du Var au prétexte que ceux-ci ne faisaient rien pour mettre un terme aux «nuisances sonores» des cigales.).

Or au fur et à mesure que le développement de la logique libérale - ou, dans le langage de la gauche moderne, l'«évolution naturelle des mœurs» - conduit inexorablement à dissoudre toutes les formes de tradition et de vie commune dans le bain d'acide de la «neutralité axiologique» (business is business), ce sont donc bien, en réalité, toutes les valeurs morales et culturelles encore communes qui se retrouvent inévitablement condamnées à se voir «déconstruites» comme autant de «stéréotypes» arbitraires visant à «stigmatiser» le mode de vie de telle ou telle frange de la population. Processus de libéralisation des mœurs qui n'en est clairement qu'à ses débuts (il suffit d'observer les États-Unis) mais dont le terme logique ne peut être que cette «désagrégation de l'humanité en monades, dont chacune a un principe de vie particulier et une fin particulière» dans laquelle Engels voyait déjà, en 1845, le prélude inévitable d'une nouvelle «guerre de tous contre tous».

P. M. - Les ressorts des grands mouvements historiques gardent toujours une part d'énigme. En tout cas, quelles que fussent les causes, le fait est là: à partir de la première moitié du XVIIe siècle, l'esprit humain commença à regarder la nature comme une matière à modeler, pour ainsi dire à recréer. L'ambition réformatrice, ou régénératrice, s'étendit vite au monde humain, les grandes révolutions politiques modernes suivant de près la révolution industrielle. On est frappé par l'audace et l'ampleur de l'entreprise. Voyez la Révolution française. En quelques mois, un ordre séculaire est déraciné, et bientôt une poignée d'hommes que rien n'avait préparés ni distingués pour cette tâche se trouvèrent chargés de la volonté supposée de la Nation et de l'autorité déclarée de la Raison. Il fallut trois quarts de siècle avant que l'exorbitante entreprise n'aboutisse aux institutions et mœurs régulières de la République, et que l'amalgame se fasse entre l'Idée d'un ordre humain issu de notre volonté et les multiples besoins de notre nature sociale.

Il semble que la destruction de la différence sexuelle soit devenue l'agenda primordial des libéraux. Pourquoi, selon vous?

P. M. - Aujourd'hui, en Europe, les espérances révolutionnaires qui ont donné leur physionomie aux deux siècles précédents ont perdu toute force. Pourtant, le désir de la table rase est parmi nous aussi virulent que jamais. L'attaque porte aujourd'hui sur la part de la vie qui condense, si j'ose dire, la force et la douceur de la nature: la différence sexuelle qu'on entend ramener à une construction sociale. Homme et femme, Il ne les créa pas, mais homme et femme, ils se créèrent eux-mêmes, sans appui ni raison dans leurs natures respectives, telle est la nouvelle religion sociale. Voyez avec quelle brutalité les grands composants de la vie sociale ont été pour ainsi dire successivement déménagés. La religion a été la première exclue de l'espace public, dont on requiert qu'il soit nu et neutre. La nation a été ensuite ramenée à une circonscription arbitraire qui ne comporte aucune légitimité intrinsèque, mais justifie au contraire tous les soupçons. Voici que la différence sexuelle elle-même, avec tout ce qu'elle porte et produit, a été privée de l'inscription spécifique dans l'espace public que représentait le mariage dit traditionnel. Ainsi, au nom des droits humains, la loi aujourd'hui condamne les composants du monde humain, les contenus de notre vie, à une existence spectrale.

J.-C. M. - L'idée que ce qui me définit comme homme ou femme, ce ne sont pas tant mes particularités anatomiques et biologiques que mon «ressenti» personnel ne constitue, bien sûr, qu'un développement parmi d'autres de cette idéologie du «c'est mon choix» - avec son petit côté «Sartre pour les nuls» - qui définit l'essence du libéralisme culturel (le clivage «binaire» gauche-droite restant alors le seul dont toute «déconstruction» soit interdite). Il me semble toutefois que, dans le cas précis de la différence sexuelle, cette course à l'indifférenciation - outre le fait qu'elle permet de contourner tranquillement le principe de parité - ne s'explique pas seulement par les effets uniformisateurs de toute logique marchande («la marchandise - écrivait encore Marx - est, de naissance, une grande égalisatrice cynique»). C'est que le fait biologique de la différence homme-femme fonctionne aussi comme une limite absolue à tous les fantasmes de complétude, et donc de toute-puissance, en délégitimant d'emblée toute prétention de l'un des deux sexes - et donc surtout, dans la pratique, celle du sexe masculin - à incarner, à lui seul, pour reprendre la formule de Montaigne, «la forme entière de l'humaine condition». Qu'on le veuille ou non, l'humanité n'est pas une. Elle se dédouble, depuis toujours, en deux «moitiés» dont aucune, pour parler comme Lacan, ne saurait être «toute». Or reconnaître ce fait structural, c'est forcément infliger une terrible blessure narcissique à tous ceux (et celles) dont le désir forcené de pouvoir - désir toujours lié aux malheurs de l'enfance - ne peut souffrir la moindre limite «morale ou naturelle».

Croyez-vous qu'il soit encore possible d'échapper à une conception purement libérale du droit et de la société, ou bien le «ver est-il dans le fruit»?

P. M. - Cela nous est en principe interdit par la norme de justice qui prévaut parmi nous: puisque nous nous faisons des idées incompatibles du bien, le juste ne saurait être que «procédural». Il réside dans les règles formelles d'égalité, de réciprocité et de neutralité qui ordonnent la coexistence des individus séparés. Une telle conception rejette pour ainsi dire dans les coulisses de la société la vie morale réelle qui repose sur la quête des biens humains, qui sont par définition des biens substantiels: ils donnent forme et contenu à notre vie.

Nous sommes en train de faire sur nous-mêmes une expérience morale ou métaphysique particulièrement cruelle. Au lieu de chercher les voies d'une éducation commune et de construire des institutions qui protègent, nourrissent et raffinent des expériences partagées, nous nous imposons une désinstitutionnalisation toujours plus complète des contenus de notre vie. Qu'espérons-nous donc de l'émancipation finale quand il ne restera plus sur la place publique que l'individu avec ses droits, pauvre homme séparé des hommes et des biens qui donnent son sens à la vie humaine?


La bio express de Pierre Manent

1949. Naissance à Toulouse de Pierre Manent

1972-1977. Assistant de Raymond Aron au Collège de France

1978. Fondation de la revue Commentaire avec Raymond Aron, Jean-Claude Casanova et Marc Fumaroli

1992. Directeur d'études à l'EHESS

2006. Publication de La Raison des nations

La bio express de Jean-Claude Michéa

1950. Naissance de Jean-Claude Michéa

1972. Agrégation de philosophie

1970-2009. Professeur de philosophie au lycée à Montpellier

1995. Publication d'Orwell, anarchiste tory, un essai sur le penseur britannique George Orwell

2007. Publication de L'Empire du moindre mal. Essai sur la civilisation libérale (Climats)

2018. Publication du Loup dans la bergerie (Climats)

 

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«La prostitution des cités» prend des proportions alarmantes

- Avec AFP  >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

Dans une tribune publié ce 17 juin dans Le Parisien, Catherine Champrenault, procureur général de la cour d’appel de Paris, tire la sonnette d’alarme à propos de la multiplication des faits de proxénétisme dans les cités françaises.

«Depuis quelques années, aux côtés des réseaux criminels étrangers de traite d’êtres humains, les affaires portant sur des faits de proxénétisme des cités se multiplient», écrit le procureur général de la cour d’appel de Paris, Catherine Champrenault, dans une tribune publiée dans Le Parisien-Aujourd’hui en France

«L’Office central pour la répression de la traite des êtres humains [OCRTEH] a noté de très fortes augmentations de la prostitution des mineurs depuis 2014», poursuit le procureur général. «Elle procède à la fois d’une avidité pour l’argent et d’une banalisation à l’extrême de l’acte sexuel exacerbée par l'explosion de la pornographie», analyse-t-elle. 

Début avril, le tribunal correctionnel de Créteil a condamné plusieurs hommes à des peines allant de deux à six ans d’emprisonnement pour avoir prostitué des jeunes filles rencontrées dans leur quartier et qu'ils présentaient comme leurs «copines».

Ces jeunes filles, droguées à la cocaïne, enchaînaient à leur profit jusqu'à 300 passes par mois dans des hôtels d'Ile-de-France. L'une des jeunes victimes a déclaré rapporter jusqu'à 48 000 euros par mois.

«L’activité, considérée comme lucrative et peu complexe, attire des jeunes qui entretiennent des situations d’ambiguïtés amoureuses laissant aux jeunes filles l’illusion de croire qu’elles ne sont pas des prostituées et aux garçons, qu’ils ne sont pas leurs proxénètes», rapporte Catherine Champrenault. 

«Les cadences se font plus pressantes et l’entreprise, initialement consensuelle, se transforme en un rapport d’asservissement pervers», décrit le procureur général, qui évoque une «descente aux enfers». 

Pourtant, «les bancs des parties civiles sont clairsemés», les plaintes des victimes étant rares. «Le parquet endosse la responsabilité de poursuivre les délinquants sans que la plainte de la victime ne soit indispensable, même si elle est préférable», explique le procureur général. 

 

Elle insiste sur l'importance de «l'accompagnement personnalisé des victimes» et appelle à «la vigilance de tous, et notamment des parents». Un des défis est de «déconstruire auprès des jeunes filles l’image d’une prostitution anodine».

A Paris, «où plusieurs dossiers de proxénétisme de cité ont déjà prospéré, une information judiciaire vient d’être ouverte contre un site de petites annonces», souligne la procureure générale.

Le parquet a ouvert une information judiciaire contre X pour «proxénétisme aggravé» après une enquête préliminaire sur des soupçons de prostitution déguisée dans les petites annonces du site internet Vivastreet.

Lire aussi : «Le meurtre d’une pute, les gens ne s'y intéressent pas» : la prostitution en grève à Bruxelle

«Ensauvagement ordinaire»

Par Vincent Tremolet de Villers

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C'est arrivé près de chez vous, mais ça n'a plus rien d'exceptionnel. De faits divers sordides en agressions gratuites, les chiffres pourtant donnent le vertige. D'autant que les condamnations sans effet s'accumulent. La France assiste impuissante à l'atomisation d'une jeunesse en proie à une pornographie de la violence, un nihilisme analphabète. Comme dans un roman de Tom Wolfe, quelques kilomètres séparent désormais les rues où tout est policé (jusqu'au langage même) de ces zones d'affrontement entre bandes séparées par des lignes imaginaires. Les gamins qui font le guet pour les dealers, les jeunes filles de 12 ans qui volent sans vergogne, les rodéos urbains qui résonnent de leur mécanique stridente, les onomatopées qui tiennent lieu de vocabulaire, les femmes soumises à la tyrannie des pulsions des adolescents: rien ne subsiste de la civilité élémentaire. Les individus sont là, mais il n'y a plus de société. À la place règne le chaos: celui de tous contre tous, sans vainqueur ni vaincu ; une lutte à mort pour l'argent vite gagné et la domination territoriale ou religieuse.

Un ensauvagement absurde pour celui qui le subit mais qui s'intensifie au point de transformer certaines rues, gares ou rames de train en terrain barbare. Devant ce phénomène, la police, les juges mais aussi professeurs et éducateurs font ce qu'ils peuvent mais souffrent de nos défaillances. Défaillance sécuritaire quand il n'y a plus assez de forces de police pour traiter la violence du quotidien. Défaillance judiciaire quand notre droit protège encore comme des enfants de jeunes adultes qui nous menacent. Défaillance culturelle quand les mineurs se regroupent en communauté d'origine et se construisent contre la société française. Défaillance collective d'une société qui a pulvérisé les hiérarchies, le maître, la notion même d'autorité…

Dans l'Émile, Jean-Jacques Rousseau voulait faire des enfants «des sauvages faits pour habiter dans les villes». Nous y sommes. Le travail éducatif sera long et difficile, mais, selon les mots de François-Xavier Bellamy, lui seul évitera non pas «le choc des cultures mais celui des incultures».

Enfants et pornographie : l'alerte des gynécologues

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Des médecins mettent en garde contre les effets ravageurs de l'exposition des plus jeunes aux films pour adultes.

Alors que l'exposition des plus jeunes à la pornographie est devenue un phénomène massif, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a lancé vendredi un «coup de gueule» et un «appel solennel» aux pouvoirs publics pour mieux protéger les enfants et les adolescents. Ces dernières années, des études ont commencé à mesurer l'ampleur du phénomène. Ainsi, un jeune de 14 à 24 ans sur cinq (21 %) dit regarder de la pornographie au moins une fois par semaine, dont 15 % des 14-17 ans, selon une enquête Ipsos réalisée pour le Fonds actions addictions et les fondations pour l'innovation politique et Gabriel-Péri. Le psychiatre Serge Hefez, qui s'est joint à cet appel, juge pour sa part ces chiffres sous-estimés. «La plupart des adolescents ont vu des images porno avant l'âge de 14 ans», estime-t-il. La moitié des 15-17 ans déclaraient par ailleurs être déjà tombés par hasard sur ces images, dévoilait un sondage Ifop de 2017 pour l'Observatoire de la parentalité & de l'éducation numérique (Open).

«En consultation, des adolescentes s'inquiètent de ne pas avoir d'orgasme, sous-entendu comme on en voit dans les films porno. Les garçons, eux, pensent par exemple qu'ils n'ont pas assez de sperme»

Dr  Marie-Hélène Colson, sexologue à Marseille

Les gynécologues, eux, constatent les effets ravageurs de cette exposition précoce sur le terrain. «Je vois désormais des filles de 15 ans qui posent des questions sur l'éjaculation faciale. Le porno a créé de nouvelles normes sexuelles», alerte le Pr Israël Nisand, président du Collège. «En consultation, des adolescentes s'inquiètent de ne pas avoir d'orgasme, sous-entendu comme on en voit dans les films porno. Les garçons, eux, pensent par exemple qu'ils n'ont pas assez de sperme ou s'inquiètent de la taille de leur sexe. Les gynécologues sont confrontés à de nombreuses demandes de labiaplastie (réduire la taille des petites lèvres génitales, NDLR), alerte le Dr  Marie-Hélène Colson, sexologue à Marseille. Pour les enfants les plus fragiles, qui vivent dans un milieu familial compliqué ou souffrent d'insécurité affective, l'imaginaire demeure captif de ce qu'il a vu. Cela conduit à structurer leur sexualité sur un mode anxieux et déconnecté de l'échange, de l'affectif, de l'émotion.» En Seine-Saint-Denis, le Dr  Ghada Hatem, fondatrice de la Maison des femmes, évoque pour sa part des mineurs qui consultent pour des grossesses précoces et non désirées et qui ont eu des relations sexuelles «sans aucune connaissance de leur corps et de la contraception».

Les gynécologues voudraient voir les fournisseurs d'accès à Internet obligés de conditionner l'accès aux sites pornographiques à une preuve de majorité

Après la vague de libération de la parole des femmes sur les violences sexuelles, le Pr Nisand ironise également sur «l'étonnement vis-à-vis de ces violences faites aux femmes dans un pays où on laisse des enfants regarder des films où ils voient des rapports non consentis». Dans ce contexte alarmant, les gynécologues voudraient voir les fournisseurs d'accès à Internet obligés de conditionner l'accès aux sites pornographiques à une preuve de majorité, via une carte bancaire par exemple. «Il faut frapper au portefeuille. Ceux qui ne respectent pas cette obligation devraient se voir infliger une amende de 10 millions d'euros. Le CSA pourrait être chargé de contrôler cette obligation», avance Israël Nisand. Enfin, ces médecins jugent dramatique l'application très parcellaire des trois séances annuelles obligatoires d'éducation à la sexualité dans les écoles, collèges et lycées. En novembre, Emmanuel Macron a promis une campagne de sensibilisation auprès des élèves, mais aussi de leurs parents, pour la nouvelle année scolaire.

À deux mois et demi de la rentrée, ni les entités susceptibles de réaliser ces interventions, ni le contenu de ces dernières n'ont été dévoilés. L'heure est au «courage politique», interpelle Israël Nisand. «Il ne faut pas avoir peur d'avoir l'air ringard. Nous avons 100 % des parents avec nous.»

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 16/06/2018. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

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Converti au protestantisme à l'âge de 18 ans, sa posture est également surprenante pour certains du fait qu'il s'est livré à une critique du christianisme, dont il considérait qu'à partir du IVe siècle, sous Constantin, il a été « subverti » par sa collusion avec l'État, allant même jusqu'à affirmer, deux ans avant sa mort, que « le christianisme est la pire trahison du Christ ».

Sa pensée est profondément ancrée dans le christianisme et il n'a cessé de témoigner de sa foi dans les Évangiles. Il établit un parallèle entre les textes bibliques et le rejet des institutions, en refusant tout amalgame entre foi et analyse politique mais en établissant leur mise en relation dialectique, notamment dans son ouvrage Anarchie et Christianisme, dans lequel il considère la Bible comme un livre libertaire.

Ayant adopté comme devise « exister, c’est résister » — résister « à la sollicitation du milieu social », aux conformismes et aux lieux communs —, il disait de son œuvre qu'elle est entièrement axée autour de la notion de liberté : « Rien de ce que j’ai fait, vécu, pensé ne se comprend si on ne le réfère pas à la liberté1

 

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 ... à l'origine de ce texte est l'achat du Numéro de juin 2018 de la REVUE DES DEUX MONDES ... c'est à la fois le DEUX et LE DIABLE qui m'ont interpellés .... heureuse découverte ... qui m'a conduit à bien d'autres ...

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CONJUGAISONS

ENtre-DEUX-MONDES

 

     ..... dernières traces importantes ....  
 

Faut-il avoir peur du diable ? ... de sa fascination ...?

 
 

 

. .... le souci de penser l’« ENtre » ... par François JULLIEN 2018-08-09

 
 

« Il y a toujours un tiers inclus entre les choses opposes qui permet de les considérer simultanément »  ... par Basarab Nicolescu

 
  ....Avons NOUS encore une âme ? ...Donner la vie ... ...par Xavier Lacroix  
   µ  : les trois types de temps :  chrono ( temps)-kairos (méta ..)-aiôn (cycle) >>>>>>>>>  

 

 

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  1. ..... «L'arme du Grand Accusateur» ..... 2018-10-01
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  1. ... d'UN MONDE ...celui du GOTHIQUE .....LITTÉRATURE & CINÉMA
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  2. nous devons construire l’Etat-providence du 21e siècle."
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  1. .... ... Le graphique le plus important du siècle
  2. ...de MA vie ... vers .... . l' Â vie ...?
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  11.  ....  ..... INGMAR BERGMAN ...de la réalité triviale aux abîmes métaphysiqyes .... (2) 2018-09-05

 

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  1. .... La vrai Grandeur par Simone Weil

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  3. .....  REPARTITION du VIVRE en ... homocoq(s) EGO(s) DIviseur(s) ... en homocoques-AMOUR-EN UNificateur ...au-de-là ...
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  6. ....Attali : « Les élus n’ont plus de pouvoir et voici votre avenir » - Effrayant ! ............. la réalité ...? ..cela dépend de chacun d'ENtre-NOUS .... 2018-08-05

 

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  2. .... DE l'ART de VIVRE ..MONOcoq ...ou  HOMOCOQQUES ....
  3. .... .. ENtre-relationnalité GENérale ...TRiPTYQUE ... " formes-formées-formantes " EN auto-genèse
  4. .... le combat entre deux groupes d’initiés pour le contrôle de la totalité de l’hémisphère nord, entre ceux du rêve de la puissance et ceux de la puissance du rêve.
  5. L’individualisme comme facteur de risque
  6. ....Attali : « Les élus n’ont plus de pouvoir et voici votre avenir » - Effrayant ! ............. la réalité ...? ..cela dépend de chacun d'ENtre-NOUS .... 2018-08-05
  7. ....... Un ministre de la Famille .... 2018-08-05

 

l' IN-fini ..le long terme ,... la vie ..

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 ... le fini ...le court-terme ... le vivre ...

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l' invisible

UNvisible  ....UNi-vers-elle ...

l' ENtre

 

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le visible ..

.les 1 visibles .... 

le(s) ÊTre(s)

 

  1. .... Qui sont les nouveaux aristocrates américains....... leur 5B ...
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  3. .....Un humanisme sans Dieu est-il possible ? .... ....
  4.  ......Et alors ? .. de l'ENtre-relationnalité générale ... ?.. questionnements ...? coqs vers coques...?
  5. .... Cinq après sa renonciation, l'héritage silencieux de Benoît XVI .....Benoît XVI, par son silence et par son oblation personnelle, indique ... une autre voie. Il récuse toute amertume, division ou polémique. Inscrit dans une tradition mystique bimillénaire, il rappelle plutôt que le substrat de la pérennité de l'Église catholique ne réside pas dans sa puissance visible mais dans sa prière invisible.

 

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Séisme au Japon : au moins 9 morts après d'énormes glissements de terrain

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EN IMAGES - Le tremblement de terre s'est produit dans la nuit de mercredi à jeudi dans l'île d'Hokkaido au nord du pays, deux jours à peine après un typhon dévastateur dans la région d'Osaka.

Après le typhon, le tremblement de terre. Le Japon encaisse la deuxième catastrophe naturelle majeure qui s'abat sur son territoire depuis le début de la semaine. Jeudi, un puissant séisme de magnitude 6,6 a provoqué d'énormes glissements de terrain et une coupure de courant générale. Il a fait au moins neuf morts et une trentaine de personnes sont portées disparues.

Le tremblement de terre s'est produit en pleine nuit dans l'île septentrionale de Hokkaido, à 62 km au sud-est de Sapporo, deux jours à peine après un typhon dévastateur dans la région d'Osaka, à l'ouest du pays. La terre a continué à trembler après: des dizaines de répliques ont été ressenties. Outre deux morts annoncés en début de journée, sept personnes ont été découvertes dans la localité d'Atsuma en état d'arrêt cardiaque, une expression employée avant que leur acte de décès ne soit officiellement signé.

Des vues aériennes montraient des montagnes littéralement coupées en deux par d'impressionnants éboulements, qui ont arraché tous les arbres et englouti des maisons construites en contrebas. Les pompiers hélitreuillaient une partie des habitants mais 38 personnes restaient encore portées disparues, selon la chaîne de télévision publique NHK. Au moins 167 personnes ont par ailleurs été blessées.

Le tremblement de terre et les coulées de boue ont détruit les infrastructures, comme ici à Sapporo, une ville du district de Hokkaido dans le nord du pays.">
Le tremblement de terre et les coulées de boue ont détruit les infrastructures, comme ici à Sapporo, une ville du district de Hokkaido dans le nord du pays. - Crédits photo : Hiroki Yamauchi/AP

«J'ai été réveillé un peu après 3 heures du matin par la secousse. J'ai allumé la lumière mais elle s'est éteinte juste après» à cause d'une coupure de courant, a confié à l'AFP Akira Fukui, un habitant de Sapporo. «Il y a eu une secousse soudaine, extrême. Je l'ai sentie de manière latérale très longtemps, ça s'est arrêté puis cela a recommencé à trembler. J'ai 51 ans et je n'ai jamais vécu une telle expérience avant», a raconté Kazuo Kibayashi, un responsable de la ville d'Abira, visiblement sous le choc. «J'ai cru que ma maison allait s'effondrer, tout était sens dessus dessous», a-t-il dit. «Ma fille, qui est au lycée, était terrorisée».

Black out

«Nous exhortons les habitants des zones frappées par de fortes secousses à tenir compte des informations diffusées à la télévision et à la radio et à s'entraider», a insisté le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga. Des refuges ont été ouverts dans les diverses régions touchées.

Des militaires des Forces japonaises d'autodéfense (FJA) interviennent à l'intérieur du bureau municipal d'Abira à Hokkaido, dans le nord du Japon. - Crédits photo : HANDOUT/REUTERS

Des militaires des Forces d'autodéfense sont arrivés sur place pour participer aux opérations de sauvetage: 25.000 hommes au total étaient attendus. «Nous allons faire tous nos efforts pour sauver des vies», a déclaré le Premier ministre Shinzo Abe après une réunion de crise.

Selon la compagnie Hokkaido Electric Power, 2,95 millions de foyers et autres clients ont été privés d'électricité après le séisme, en raison de l'arrêt de toutes les centrales de la région. Les installations ont commencé à redémarrer progressivement, des hydrauliques d'abord, puis thermiques ensuite, a précisé le ministre de l'Industrie, Hiroshige Seko, selon qui «il faudra au moins une semaine pour que la situation soit totalement rétablie» en dépit des diverses mesures rapidement prises.

Des secouristes transportent une victime dans une ambulance à Atsuma, une ville du district de Hokkaido affectée par des glissements de terrain.">
Des secouristes transportent une victime dans une ambulance à Atsuma, une ville du district de Hokkaido affectée par des glissements de terrain. - Crédits photo : JIJI PRESS/AFP

Le combustible de la centrale nucléaire de Tomari, qui a aussi été privée d'alimentation électrique extérieure, est refroidi grâce au courant fourni par des groupes électrogènes, selon les informations de la NHK. Les transports étaient aussi perturbés, sur les rails et dans les airs. Tous les trains sont arrêtés et l'aéroport de Sapporo Chitose a dû fermer. L'ensemble des vols pour la journée ont été annulés, soit plus de 200.

Les responsables ont mis en garde contre le risque de nouveaux tremblements de terre. «Les fortes secousses secondaires ont souvent lieu dans les 2-3 jours suivants», a précisé Toshiyuki Matsumori, chargé de la surveillance des tsunamis et tremblements de terre à l'agence météorologique. «Il y a un risque accru d'effondrement d'habitations et de glissement de terrain dans les zones qui ont connu de fortes secousses», a-t-il prévenu lors d'un point de presse.

Le Japon est situé à la jonction de quatre plaques tectoniques et subit chaque année quelque 20% des séismes les plus forts recensés sur Terre. Tout le monde garde en mémoire le terrible tremblement de terre et le tsunami du 11 mars 2011 qui ont tué plus de 18.500 personnes et provoqué la catastrophe nucléaire de Fukushima.

Le séisme de ce jeudi survient alors que l'archipel se remet à peine du passage du très puissant typhon Jebi qui a tué 11 personnes dans le sud-ouest. Il a laissé dans son sillage des maisons en tout ou partie détruites, des poteaux à terre, des arbres arrachés, des toitures envolées (comme à la gare de Kyoto), des grues affaissées ou des véhicules accidentés.

Le typhon a en outre inondé et isolé l'aéroport du Kansai (Kix), situé en mer sur une île artificielle au large d'Osaka. Il doit partiellement rouvrir vendredi.

 

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 The Victory of Factum over Genitum

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by Alice von Hildebrand - June 9, 2010

Reprinted with permission.

The solemn declaration of the Credo that "Christ was engendered, not made" (genitum, non factum), is pregnant with rich philosophical insights and is an inspiration to investigate two possible ways of relating to existence: to be made or to be engendered.

God is eternal and the Creator of heaven and earth, though our current translation renders it, "He is the maker of heaven and earth." That this formulation is unsatisfactory is best proved by the fact that, whereas man can make things, he cannot and will never be able to create, in the biblical sense of the term. God alone can create. The very notion of "creation" is inconceivable without the biblical revelation; it never entered man's head. Plato's great dialogue, Timaeus, eloquently proves this fact. Aristotle struggled with the same difficulty, and the best solution that he could think of was to declare the eternity of the world. These two intellectual pillars of Western thought prior to Christ struggled in vain with a difficulty that unaided reason was incapable of solving.

A carpenter uses wood to make (factum) a table. A construction worker needs bricks, mortar, and cement, to make a house. A primitive cook opens cans to make a meal. But a great carpenter does more than just put pieces of wood together; there is a difference between making a table and making a beautiful table. The first case is a pure factum; the second implies a genitum – an artistic birth, mysteriously maturing in a mind, and then realized. A great cook will artfully combine various ingredients and "generate" a delicious dish. Creative chefs develop a sort of artistry in preparing food that gains them fame.

There is a note of inventiveness that spiritualizes a physical activity. To sew a hem is factum; to do lace work is a genitum. To set an elegant table and serve a refined meal is more than just attending to biological needs. Similarly, the primary purpose of a house is to protect its inhabitants from heat, cold, rain, and snow. But being inhabited by a human person, a house should also be a home, a place of intimacy where the great dramas of human life take place: love, birth, death, joy, suffering.

Primitive men had the task of guaranteeing man's survival in a hostile world. Man was then a Homo faber. When essential needs were provided for, a new task emerged: to feed the human soul and direct its vision higher. Artistic creations, the accomplishments of science, the writings of great thinkers were not a mere factum; they were engendered. A creative, spiritual element had blossomed and transformed a physical activity into a genitum.

Moreover, what is a genitum on one level can be a factum with respect to a higher level. To make a table is a factum, but it is a genitum with respect to cleaning toilets. To write a report on a session of Congress is a factum compared to writing a poem, but it is a genitum compared to copying a manuscript.

The lower a factum is on the ontological scale, the more will it be under the control of our will. But the more the notion of cooperation with a gift becomes predominant, the more it is a genitum. The crucial element will then be the grateful acceptance of a present received and the humble consciousness that whatever is "generated" should not be solely attributed to the merits of the beneficiary, even though his collaboration is required.

This hierarchy of factum versus genitum is a long one until we reach the summit of genitum, which radically excludes any factum: the relationship existing between the Father and the Son in the Holy Trinity. This sublime truth, which used to be honored by genuflecting in the Credo, is totally outside the modest scope of this article. Compared to it, the Incarnation – a genitum with respect to all the activities we have enumerated – is itself a factum.

Particularly illuminating is the notion of genitum versus factum in the intimate sphere. Whereas love is a typical genitum (it is not a pure act of will, but a freely given gift), the marital embrace is a factum; but the latter is clearly a genitum compared to the fulfilling of a practical task. One of the amazing things about this mysterious sphere is that husband and wife, by embracing each other, open the road to a possible conception. Whether or not this will take place is outside their power; the child is a gift. But man's negative power is totally out of proportion with man's creative power: It is easy for man to prevent conception, but he can never guarantee its success.

Conscious of the fact that the highest and most sublime things are a genitum, and that man has little or no direct control over them, modern Prometheus shows his defiance by bragging about his negative power. Today, he is reincarnated in the pride of atheistic scientists: We no longer need God.

Man cannot create in the biblical sense of the term. God alone can say, "Be," and a new being will come into existence from nothing. Modern man can now say, "Be not," and destroy the embryo and even the world. The means of mass destruction are such that this is no longer an impossibility: It is a fearful reality.

This negative power is the revenge of a defiant creature. Whether some madman will decide to destroy the universe, we do not know. But this metaphysical arrogance has struck deep roots in the reproductive domain; all the means of artificial contraception testify to man's craving for controlling his life and being less and less dependent on gifts.

Years ago, artificial insemination gained currency; the mysterious and profoundly symbolic union of husband and wife can now be replaced by a medical procedure taking place in a laboratory. The genitum has been eliminated and is replaced by a factum. A dull procedure – stripped of mystery and poetry – has eliminated a dramatic moment of human experience.

A human act is replaced by a laboratory procedure – totally impersonal, with a radical disregard for the dignity of human beings. To be conceived in a woman's womb is human. To be the product of a chemical combination in a dish is the inhuman; it is an insult to both the Creator and to the creature that might result from this scientific feat. It is like spitting in the Creator's face. Whatever advantage may ensue, the product is denied its most elementary human dignity.

Today, scientists brag that they can "make" a baby. The divine plan was a genitum; now, trampling on man's dignity, it is reduced to a factum. Which one of us would not be proud and happy to hear that we were the fruit of a great love between our father and mother? Which one of us would not be resentful if told that he was produced in a dish as a scientific experiment, whose purpose is to achieve power over matter? All men, with one single voice, should protest: We object to being products of a laboratory. We are persons.

Man's greatness as a person is best shown in his capacity to collaborate with grace, with other human beings, or with talents that have been granted to him. To place factum above genitum – to place independence over communion, control over receptivity – is to deny one's dignity as a human person.

It is high time that we become conscious of the fact that secularism wages war on a great supernatural mystery: Christ was engendered, not made. Without God's help, man cannot generate. Defiant creatures now claim victory by proclaiming the victory of factum over genitum; they claim to be in command and no longer in need help from above.

This is a warning: Unless modern man turns back to God, the horizon is dark indeed.

Alice von Hildebrand is professor emerita of philosophy at Hunter College of the City University of New York and the renowned author of many books, including The Soul of a Lion (Ignatius, 2000) and The Privilege of Being a Woman (Veritas, 2002).

 

NOTES

 

The Privilege of Being a Woman (Veritas, 2002).

Women historically have been denigrated as lower than men or viewed as privileged. Dr. Alice von Hildebrand characterizes the difference between such views as based on whether man's vision is secularistic or steeped in the supernatural. She shows that feminism's attempts to gain equality with men by imitation of men is unnatural, foolish, destructive, and self-defeating. The Blessed Mother's role in the Incarnation points to the true privilege of being a woman. Both virginity and maternity meet in Mary who exhibits the feminine gifts of purity, receptivity to God's word, and life-giving nurturance at their highest.


ABOUT THE AUTHOR


Alice von Hildebrand received a master's degree and doctorate in philosophy from Fordham University in New York. She taught at the Hunter College of the City in New York, the Catechetical Institute in Arlington, Virginia, the Thomas More College in Rome, Italy, Franciscan University in Steubenville, Ohio, and Ave Maria College in Ypsilanti, Michigan. She lectures in Canada, South America, Western Europe and the United States, and is the author of several books including Greek Culture: The Adventure of the Human Spirit, A Philosophy of Religion, By Love Refined, By Grief Refined, and Soul of a Lion. She co-authored several books with her husband, Dietrich von Hildebrand, including The Art of Living, Morality and Situation Ethics, and Graven Images.

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Je crois en Dieu (bilingue phrase par phrase)

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 ...... voir " genitum ..."ci-dessous en ligne 4 ...

 

 

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Le code et la chair

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« L’ordre et le désordre, les deux dangers qui menacent le monde », disait Valéry. Tandis que les algorithmes, invisibles et silencieux, déploient leur froide rationalité numérique, ici-bas c’est l’effervescence, libérée par l’effacement des institutions qui n’ont plus le temps de refroidir les passions.

Tout esprit et matière, le numérique manque de chair. Affichés sur les écrans, les corps sont visibles et audibles mais, pour le reste, inodores, sans saveur et intangibles. En dépit du porno en ligne, le numérique est aussi sensuel, calculateur et business oriented qu’un négociant puritain.

Pourtant, le numérique est performatif, il agit sur le monde réel et les êtres vivants qui l’habitent, leur comportement, leurs institutions, cultures et idées. Mais il agit médiologiquement, en interaction : action-réaction, le résultat peut être détonant.

À la fin était le Nombre. Dans le body-building comme dans la vie, on (se) mesure. Notez-vous les uns les autres ! Le règne de l’argent, c’est encore l’empire du chiffre où excellent désormais les ordinateurs du trading haute fréquence. La « société de l’information », c’est déjà une vieillerie, à l’âge où le calcul des datas se substitue au Verbe, où la chair est codée par l’ADN, où l’intelligence algorithmique triomphe du cerveau humain qui l’a conçue.

Et en même temps, sur la terre exténuée par nos industries, le charnel et le libidineux exultent. Le sport est partout (sauf dans les cours d’EPS) : vivre longtemps en bonne santé avec un corps parfait. Le kamikaze ne (se) donne la mort qu’en vue de vivre et jouir éternellement. Les corps exposés se parent, jusque dans leur chair, de tatouages et de piercings, et le voile qui les recouvre, ici ou là, témoigne aussi à sa manière de l’empire des sens. Au théâtre, comme sur le pont d’Avignon, on y danse, on y danse…

Non, ceci (la technoscience) ne tuera pas cela (le religieux) : on voit même émerger une religion transhumaniste de la technologie qui eût séduit Auguste Comte. Irrationnel, émotionnel, religieux : chassé par les Lumières l’obscurantisme revient par les fenêtres de nos écrans.

La conversation mondiale de tous contre tous se déchaîne en ligne, hystériquement. Le Big data remplace la parole des oracles, mais rien ne se passe comme attendu, la démocratie en Amérique élit Donald Trump au grand dam de la Silicon Valley qui a produit les instruments de son élection.

Comme le climat, le temps est détraqué ; la mémoire ne flanche pas, les archives au contraire, prolifèrent, à la disposition de tout un chacun ; mais la chronologie ne suit plus : le numérique, c’est la machine à démonter le temps. L’anachronisme défie le sens de l’histoire, objets et idées révolus survivent dans le vintage. Les greniers ne se vident que pour se déverser dans la Foire à tout.

À la bourse de nos valeurs, la volatilité fait rage, mais des tendances se dessinent. En hausse : le marché, l’argent, les « plateformes », la gouvernance, les croyances, l’intelligence (artificielle) et le labo. En baisse : l’autorité, les institutions, le gouvernement, la vérité, la raison (naturelle) et l’utérus natal. Incertains : l’avenir, radieux et désespéré, et le passé, démonté.

Inversion du Credo, le chrétien (factum non genitum) et l’humaniste (la chose est la mesure de tout homme) ; déconstruction des symboles et des institutions qui unissent ; désagrégation, confusion : ça sent le soufre, l’œuvre du diable. Mais le diable lui-même est déboussolé, ruiné par ses mauvais placements : ceux qui lui ont vendu leur âme prospèrent dans le commerce de la chair ; et les ingénieurs ayant repris la main sur les corps, le voilà dépossédé.

Pauvre diable !

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ARTICLEs

 

 

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Elon Musk annonce qu'il veut retirer Tesla de la Bourse

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VIDÉO - L'annonce de l'emblématique fondateur de Tesla sur Twitter a mis la pagaille à Wall Street, provoquant une brève suspension de l'action, avant de s'envoler de 11% à la clôture.

En quelques tweets écrits à partir de 16H48 GMT, Elon Musk a semé le trouble en indiquant qu'il envisageait de retirer Tesla de la cote mais qu'il en restera le PDG. Il a aussi assuré qu'il avait le financement nécessaire à l'opération.

L'information a provoqué la suspension de l'action du constructeur de véhicules électriques à Wall Street alors qu'elle s'envolait de plus de 7%. Elle a repris la cotation un quart d'heure avant la clôture et a terminé sur un bond de près de 11%.

Peu avant la clôture de la Bourse, Tesla a finalement confirmé qu'Elon Musk voulait bien retirer le constructeur de la cote mais a précisé dans un post de blog que la décision finale sera prise au terme d'un vote des actionnaires.

Cette annonce intervient au moment où se multiplient les attaques de spéculateurs, qui parient sur l'effondrement de Tesla, une stratégie financière baptisée «short selling». Ils font valoir que Tesla aura du mal à honorer le calendrier de production de la Model 3, véhicule censé le transformer en constructeur de masse.

Une opération à 71 milliards de dollars

«J'envisage de retirer Tesla de la Bourse à 420 dollars (par action). Financement assuré», affichait à la mi-séance de Wall Street le compte Twitter certifié d'Elon Musk. A ce prix, Tesla pèserait plus de 71 milliards de dollars et serait de près de 20 milliards plus cher que General Motors, le premier constructeur automobile américain. Ce serait la plus grosse opération de retrait de la cote, ce qui pose la question du financement.

Où Elon Musk trouvera-il les fonds? Utilisera-t-il le LBO (leverage buy out), un montage financier qui permettrait à un holding créé spécialement pour l'occasion de racheter Tesla en empruntant massivement de l'argent? Auquel cas il s'agirait, selon le cabinet Dealogic, de la plus grosse opération de rachat d'entreprise par LBO. Ce record est jusqu'à présent détenu par le groupe énergétique américain TXU Corp qui avait été racheté par les fonds KKR, TPG et Goldman Sachs en 2007 pour 44 milliards de dollars.

Une communication inhabituelle

Une série d'informations boursières aussi sensibles distillée par un dirigeant d'entreprise en pleine séance boursière est tout à fait inhabituelle dans un pays où la communication financière est millimétrée pour mettre les investisseurs sur un pied d'égalité.

Interrogé par l'AFP, Tesla n'a pas répondu sur ce point particulier. En 2013, le groupe automobile, qui produit aussi des panneaux solaires, avait encouragé les investisseurs intéressés par Tesla à suivre régulièrement le compte twitter d'Elon Musk, dont les promesses de transformation des modes de transport du futur sont derrière l'ascension boursière du groupe.

Tesla a des légions de fans, allant de l'acteur oscarisé Leonardo DiCaprio au rappeur Kanye West, et s'est démarqué en transformant la voiture en un «gadget» électronique avec des technologies très avancées. Son aide à la conduite automatique Autopilot fait l'objet d'enquêtes de régulateurs après des accidents dont certains mortels.

«Je ne vendrai pas mes titres»

«Je n'ai pas des droits de vote majoritaires actuellement mais je ne m'attends pas à ce qu'un actionnaire en ait si nous quittons la cote. Je ne vendrai pas (mes titres) quel que soit le scénario», a poursuivi Elon Musk, qui détient environ 20% du capital de Tesla. Dans un autre tweet, il a affirmé avoir le soutien des actionnaires.

Pour convaincre de potentiels investisseurs réticents, le dirigeant a évoqué la possibilité de créer un fonds spécialisé qui garantirait l'équité entre investisseurs. «Mon souhait est que tous les actionnaires actuels restent même si nous ne sommes plus une entreprise cotée. Créerais un fonds spécifique pour permettre à chacun de rester avec Tesla. Le fais déjà avec Fidelity Investment pour SpaceX», la société aérospatiale dont il est également le PDG fondateur.

Ce n'est pas la première fois qu'Elon Musk, habitué des polémiques, évoque un retrait de la cote de Tesla: il avait déjà émis cette hypothèse dans un portrait que lui consacrait le magazine RollingStone en novembre dernier.

Contrairement à une entreprise cotée en Bourse, une société évoluant hors des plateformes financières n'est pas soumise à des obligations légales contraignantes en matière de transparence comme la publication de ses résultats tous les trimestres ou la rémunération de ses dirigeants.

Pourquoi Elon Musk veut-il retirer Tesla de la cote ? - Regarder sur Figaro Live

 

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L'Hyperloop va être mis à l'essai dans un village du Limousin

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VIDÉOS - Les essais de ce train du futur auront lieu dans le village de Droux (400 habitants). Les travaux débuteront cette année, un projet de 21 millions d'euros, à ce jour financé à 100% par des investisseurs privés.

Le train subsonique, ou hyperloop, ne fait pas rêver que les milliardaires comme Elon Musk ou Richard Branson: une petite localité de l'ouest de la France s'apprête à accueillir la plus longue piste d'essai pour ce projet qui catapulterait les voyageurs à plus de 1.000 km/h. Transpod, une start-up canadienne travaillant au développement de la technologie hyperloop en Europe, doit déposer vendredi «une demande de permis de construire auprès de la préfecture de la Haute-Vienne», explique Sébastien Gendron, cofondateur et PDG de l'entreprise de Toronto, où se trouve le siège de la société.

Le secret de ce train ultrarapide: faire circuler des capsules pressurisées, ou «pod», dans des tubes à basse pression pour s'affranchir des frottements aérodynamiques et frôler le mur du son. Si Transpod a choisi le village de Droux et ses 400 habitants, à une cinquantaine de km au nord de la ville de Limoges (centre-ouest de la France), c'est parce que l'entreprise a été démarchée par un groupe d'entrepreneurs et d'élus locaux, réunis en association fin 2017 pour faire éclore «un projet innovant et capable de braquer les projecteurs du monde entier sur notre région», se réjouit Vincent Léonie.

Ce premier adjoint au maire de Limoges et président de l'association Hyperloop Limoges est un fervent défenseur de cette technologie qui veut en une décennie «faire voyager sur terre des humains et des marchandises à la vitesse de l'avion, avec la cadence du métro», aime à répéter Sébastien Gendron. Conquis également, le préfet du département, Raphaël Le Méhauté, pense que «l'État doit, dans ce dossier, être un facilitateur, car, qu'il s'agisse ou pas du transport du futur, l'hypothèse d'un centre de recherche d'une telle portée ne peut être que bénéfique pour l'image de ce territoire et le dynamisme de son université». Ce sont ses services qui doivent examiner la demande de permis de construire de la piste d'essai, un tube sur pylônes de trois km de ligne droite à édifier le long d'une ancienne voie ferrée sur un terrain mis à disposition par les autorités locales

Une première ligne commerciale à 1.000 km/h autour de 2030

Cette piste doit permettre «de tester en conditions réelles, à échelle un demi, la technologie hyperloop développée par Transpod», explique M. Gendron. Plus ou moins avancés, des projets similaires existent aux Etats-Unis, en Inde, en Arabie saoudite. Dans cette course mondiale, le Canadien fait figure d'outsider à côté des milliardaires Elon Musk et Richard Branson à la tête de Virgin Hyperloop One ou de l'Américain Dirk Ahlborn à celle d'Hyperloop TT, qui a installé un centre de recherche à Toulouse (sud-ouest de la France). Mais fort de leurs investisseurs nord-américains et italiens, Sébastien Gendron et son associé, le scientifique Ryan Janzen, disent viser «une première ligne commerciale à 1.000 km/h autour de 2030».

En attendant, Sébastien Gendron, dont l'entreprise emploie une vingtaine de personnes à ce jour, principalement au Canada, veut installer dans la commune de Droux une vingtaine de chercheurs et techniciens supplémentaires dont la tâche principale consistera à analyser les données issues des tests en conditions réelles. Les travaux débuteront cette année, un projet de 21 millions d'euros, à ce jour financé à 100% par des investisseurs privés dans le cadre d'une levée de fonds de plus de 50 millions d'euros conduite par Transpod.

La firme canadienne annonce d'ailleurs être en mesure de dévoiler à l'automne l'identité «de partenaires industriels français et internationaux de renom», une affirmation vraisemblable alors que les grands acteurs des transports ne veulent pas être mis à l'écart d'une technologie qui pourrait révolutionner le secteur. La Société nationale des chemins de fer français (SNCF) ou le géant américain General Electric (GE Ventures) ont déjà pris des tickets dans Virgin Hyperloop One. Reste que le projet ne plaît pas à tout le monde: des habitants avaient fait part de leur réticence lors d'une réunion publique le 30 juin dernier, s'inquiétant de la pollution visuelle ou sonore. Et une étude environnementale doit encore avoir lieu.

» V

 

 

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Après la Tesla Model 3, les autres projets fous d'Elon Musk

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Elon Musk, un des patrons iconiques de la Silicon Valley, veut faire de l'humanité une espèce interplanétaire.

Installer une colonie humaine sur Mars

Elon Musk, PDG et fondateur de SpaceX, un des deux prestataires privés qui dessert la Station spatiale internationale (ISS), veut aller sur Mars. En 2016, le «serial entrepreneur» a présenté son projet de colonisation de la planète rouge. Le premier vol habité devrait intervenir en 2025. Elon Musk est convaincu que la Terre ne sera bientôt plus vivable pour les hommes et que son salut passe par son installation sur Mars. Il veut faire de l'humanité une espèce interplanétaire. Il estime aussi que, confrontés à la «singularité», nous serons contraints d'échapper aux «machines intelligentes» en partant nous installer sur une autre planète.

- Crédits photo : 164314961/peshkova - stock.adobe.com

L'homme bientôt connecté à la machine

En juillet 2016, Elon Musk a créé une nouvelle start-up, Neuralink. Elle développe une technologie de «cordon neuronal» qui permettrait d'augmenter les capacités du cerveau humain et de communiquer avec les machines, en se passant d'interface physique. Mais pas seulement pour des raisons d'ergonomie. Elon Musk redoute que l'intelligence artificielle (IA) ne surpasse l'intelligence humaine. Et que «les machines pensantes» se retournent contre lui. Afin de garder le contrôle, Elon Musk a imaginé une fusion entre le cerveau humain et l'IA. Très inquiet, il milite pour des lois visant à réguler les IA. Au grand dam de Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, qui critique Elon Musk, et qualifie ses propos «d'irresponsables».

- Crédits photo : ELON MUSK / HANDOUT/EPA/MAXPPP

Hyperloop, un transport interurbain ultrarapide

En 2012, Elon Musk dévoile un projet révolutionnaire, baptisé Hyperloop. Il s'agit de faire voyager des passagers dans des capsules glissant dans des tubes surélevés, à des vitesses deux fois plus rapides que celles d'un avion (0,85 Mach). Elon Musk a mis à disposition de tous les plans de l'Hyperloop sur Internet. Plusieurs projets ont été lancés, et des tests grandeur nature réalisés, notamment au Nevada par la start-up américaine Hyperloop One. Dernier développement en date: la Maison-Blanche a, selon un tweet d'Elon Musk voici deux jours, donné son feu vert à la création d'une ligne de transport souterraine futuriste qui relierait Washington à New York en moins de 30 minutes.

- Crédits photo : The Boring Company

Des tunnels pour résorber les embouteillages

Empêtré dans un embouteillage à Los Angeles, Elon Musk s'énerve et cherche une solution. Creuser un tunnel pour désengorger le trafic, beaucoup y ont déjà pensé. Mais ce qui reste à l'état de concept pour le commun des mortels, Elon Musk le développe avec The Boring Company. Créée en 2016, la société prévoit de construire, sous l'actuel réseau de transport urbain des grandes villes, des tunnels dans lesquels des «nacelles à automobile » électriques circuleraient de façon automatisée, à plus de 200 km/h. Elon Musk aimerait créer une gare d'interconnexion entre les futurs trains Hyperloop et le réseau autoroutier souterrain.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 31/07/2017. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

 

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 ..continuer à vouloir " éprouver et s'inscrire EN la DYNAMIQUE de LA VIE qui nous à été DON-née de vivre f-h EN comm-UNion *"... et ... d'en témoigner" .." convaincu que le " JE" .. grand père ayant éte "généré" en venir-devenir ... comme fils-père-grand & époux de Paule fille-mère-grand .... et à présent en sa 88ième année de sa "génération" (...sa conception  se situant en septembre 1931 ...) en ce monde , en France, au vésinet en cette année 2018 ....

considérant que  ...

 

 « toute conscience est conscience perceptive »

Merleau-Ponty

 

 

 ...et ne se réduit jamais à un corps matériel.

 

...qu'Elle est saisi d'emblée

vie-à l'ENtre-subjectivité, en particulier dans l'expérience du dialogue...d'ENfant-PAIR-ENts* ...époux .....

  

 

 

« C’est par les sens
que nous avons du sens »

 

 

 

ARTICLEs FONDAMENTaux


 

 

...pour comprendre de l'ENtre-DEUX & UNi-vers

....en constant venir-de-venir dont essaye de parler l'homocoques.fr ...

 

 

 

1) .....« Le corps comme être sexué »

La pensée de MP est donc une méditation sur le corps, et le corps est une catégorie fondement. La « fonction primordiale » cherchée par le début de notre texte, par laquelle nous faisons exister pour nous ce qui est, est le corps lui-même. Ainsi le corps n’est pas un objet mais le lieu à partir duquel l’auteur pense et trouve la particularité de la subjectivité humaine, ie le lien unique tissé par un sujet avec un objet élu, dont l’ultime résultat est une affinité à être au monde, comme l’atteste l’élection par l’auteur du désir comme matière du tissage. Mon rapport au monde n’est pas domination, fût elle épistémologique, mais de vision, d’affectivité, et de désir........Déploiement, extension = épanouissement ....Sujet organique, mais sujet, mais organique .....          Quelle est cette puissance interne ? « un Éros ou une Libido » puissance d’animation dont la fonction est de donner « valeur et signification » à la stimulation sexuelle.

 

 

 2) ....EN ... AutÔPoïèse ...EN...

....onto-genèse ... .INter-genèse .... ENtre-genèse ...

Texte fondamental pour l'homocoques à lire impérativement ...la conscience que vous aurez de votre conscience s'en trouvera définitivement transformée ...et vous mènera sur la voie ...de la vérité ... de la vie  ..... Dieu ne se repose pas .......nous formons ou déformons le monde ... en venir-de-venir ...qui forme ...ou déforme le monde ... en venir-de-venir....

Extraits : .

..L'histoire des sciences, depuis des millénaires jusqu'il y a peu, s'est confondue avec une recherche effrénée des "élémentaires" : particules élémentaires, forces élémentaires et lois élémentaires. Les particules forment les briques, les forces forment le ciment et les lois forment les contraintes de cet assemblage supposé qui constitue l'univers physique.

L'histoire scientifique du 20ème siècle devait leur donner tort. La technologie offrit à ce dernier siècle des instruments d'investigation et de mesure d'une finesse et d'une précision colossales. Et cette puissance d'analyse centuplée fit voler en éclat le bel ordonnancement de la physique positive et scientiste.

 De plus, et surtout, aucun de ces deux modèles n'est capable de rendre compte des processus d'auto-organisation et d'autopoïèse ( la néguentropie) qui pourtant gouvernent la Matière, la Vie et la Pensée. La notion clé pour comprendre la physique des processus complexes est celle de propriété émergente. Il s'agit d'une propriété que possède le tout sans qu'aucune de ses parties ne la possède en propre.

 

Notes..

 

 

3) ... Quintes Et Sens ....

...en homocoques trinitaires ...imbriquées ...

il s'agit de la première formulation EN  A JE NOUS constituée en  2001 .. concomitante à la création du site homocoques.com et qui faisant suite  à une première dénomination envisagée en   Particules Résonnantes Raisonnantes Rayonnantes ...PRRR ..déjà trinitaires et relationnelles   ........................

 

 

4) ....de l' art d'aimer ...

selon Eric Fromm

....« L'amour n'est possible que si deux personnes communiquent entre elles à partir du centre de leur existence... Qu'il y ait harmonie ou conflit, joie ou tristesse, c'est secondaire par rapport au fait fondamental que deux personnes se rejoignent à partir des profondeurs de leur existence, qu'elles ne font qu'un l'une avec l'autre en ne faisant qu'un avec elles-mêmes, sans fuir leur propre réalité. Il n'y a qu'une seule preuve de la présence de l'amour : la profondeur de la relation, la rivalité et la force de chaque personne. »  ..... l'unique alternative à la destruction de l'humanité....

.... un art, l'art même qui rend les inter-relations femme&homme ENtre-libres....

....et ...ENtre-responsables ...

 .... en empathie-croisée en l'amour comm-union En la Vérité UNi-vers-ELLE EN . l'alliance EN la Création ... le TOUT ... Dynamique en inter-genèse en inter-développement fécond ..harmonieux ... .. EN la vraie Grandeur EN la quelle l'humain est appelé  .... .... l'amour commence EN la maison et ( (devrait ...) se termine ( r) EN la maison ....

 

 

5) ...de "L'EVANGILE tel qu'il m'a été révélé "

 Nous savons bien que l’obstacle qui barre encore la route et nous empêche d’accéder au Père n’est autre que notre péché, qui nous enchaîne au Prince de ce monde. C’est lui que le Seigneur s’apprête à affronter : « le père du mensonge, homicide dès les origines » (cf. Jn 8, 44). Choisissant librement d’être solidaire jusqu’au bout avec ceux que le Père lui a confié, Jésus va s’engager dans l’impasse du mensonge et de la mort dont il va briser les verrous, afin d’ouvrir à nouveau le chemin de la vérité et de la vie, et nous donner accès ainsi à la demeure du Père. " Je suis la Voie, la Vérité, la vie ">>>>>>

CORRELATs

 

 

 

..... CORRELATs FONDEMENTaux ...

relevés depuis ce 11.09.18

 

 

L’expérience et la conscience sont des biens communs : chacun en a, c’est le cas de le dire, l’expérience immédiate. Mais c’est justement en raison de cette immédiateté que la conscience semble d’abord obscure à elle-même et que l’expérience figure comme le degré zéro du savoir.
Aussi revient-il à la lucidité philosophique de produire, en les pensant, les médiations qui restituent à la conscience sa lumière et à l’expérience sa valeur de connaissance. C’est à cette condition, peut-être, que la conscience et l’expérience pourront légitimement faire l’objet d’un savoir et se constituer elles-mêmes en savoirs. >>>>>>>

 

 ....la principale énigme, en ce qui nous concerne, n’est pas tant de savoir à quelle lignée évolutive nous empruntons nos caractères anatomiques. C’est plutôt de savoir pourquoi nous avons substitué, en guise d’adaptation au milieu, la culture à la nature, l’éthique au biologique, la règle à l’instinct.

..... de savoir pourquoi, mentalement, nous ne sommes pas des singes. >>>>>>>> ...et pourqoi nous pouvons considérer l'ENtre-Aides ...l'empathie ... comme un facteur de l'Evolution >>>>>>>

..... que Jesus ai pu dire : " je suis la voie , la vérité , la vie " ...*

 

 

 

 

 

... de l' ECART-ENtre .... la Réalité & le Réel 

.... MA vie & l'Â VIE ...

 

 .... ici et maintenant ....

 

l' ENtre-UNi-vers

 

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.....réciproque EN la vie IN-finie traversante NOS ENtre-DEUX ...

 

 

"Choisir, c'est renoncer"          

André Gide    

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Publié le 27 Août 2014 par Cha* in Sadness, Depression, Questions

 

 

      

 

"Comme, je crois, pour beaucoup de gens de ma génération, l'idée de devoir choisir- quel que soit le domaine, travail, amour, vie quotidienne…- me donne le sentiment que je dois faire le deuil d'une certaine liberté. Et cela m'inhibe. j'ai toujours eu tendance à tenter de tout mener de front, afin de ne pas avoir à faire de choix, ou bien à en déléguer la responsabilité aux autres et au destin. Et puis- sans doute avec l'âge, mais aussi, bien sûr, avec l'analyse- j'ai réalisé très récemment que tout cela était puéril et faussement protecteur. J'ai compris qu'il était, au contraire, très valorisant de prendre des décisions et de s'y tenir. Déjà de s'en découvrir capable. Et aussi parce que c'est le signe d'une confiance que l'on sait enfin s'accorder à soi-même. La preuve d'un certain courage, en tout cas d'une certaine maturité acquise. Et cette phrase de Gide qui, longtemps, m'a paru négative, me semble désormais très libératrice."

Audrey Fleurot

 

J'ai choisi de mettre entre parenthèse une relation qui me pesait. Avec laquelle je me suis torturée pendant trop longtemps. Une relation qui m'a d'abord parue magique, unique, différente et qui m'a fait me sentir comme telle. Et qui s'est avérée dévorante, annihilante, destructrice. Cette relation ne vivait plus que dans un sens, je m'y accrochait pour vivre, j'en étais dépendante. Accro à un vide, un non-dit omniprésent, aux suppositions, aux fantasmes dans lesquels je m'étais enfermée. Au final je me suis accrochée à des souvenirs lointains, à futur impossible.

Epuisée d'avoir consacrée tant d'énergie à cette personne sans que le retour ait été bénéfique pour moi. Triste aussi d'arrêter de vivre pour cette relation qui fait tant partie de ma vie. Soulagée en revanche, délestée d'un poids si lourd. Heureuse d'avoir eu le courage d'appuyer sur pause. Vide de sens, parce qu'il va falloir en trouver un nouveau pour continuer d'avancer. Déterminée à remplacer le vide morbide par un plein progressif et doux.

J'ai CHOISI d'avancer, de me faire un peu plus de bien, d'être plus équilibrée, plus sereine, plus forte, plus lucide, de me lancer dans un avenir inconnu donc incertain.

Pour ce faire je RENONCE à cette relation et aux angoisses qu'elle véhicule, je renonce au fait de me sentir si spéciale dans le regard de l'autre, à cette bizarrerie, je renonce à la douleur et aux ruminations.

Il était impossible de continuer comme ça: d'espérer naïvement que tout s'arrangerait tout seul. En même temps c'est tellement difficile de changer un aspect de notre vie qui nous construit ou nous déconstruit. Comment être sûre qu'on gère le problème par le bon bout? Je ne peux pas vouloir être équilibrée et cultiver en parallèle des relations borderline. Ou réaliser au bout de trop longtemps que ce qui nous paraît essentiel n'est qu'en fait du vent. J'ai fais de cette relation un essentiel. Je me suis trompée. Quand tu réalise ça, alors tu te réappropries ta vie, ton libre arbitre. Tu renonces à des trucs et tu en choisis d'autres.

 

 

« Nier la famille, c’est nier

la vie ! »

 


 ....pour l'homocoques  ...

 " la vie ENtre-DEUX

est son choix "

en

France en Europe ...en ce monde ..

... Ici et Maintenant ...

....EN la dynamique venir-de-venir dynamique ...

 

CORRELATs

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SITES

dedefensa.org
reinformation.tv
Le Saker Francophone
Paul Craig Roberts Institute for Political Economy

jcdurbant ..Tintin au pays des merveilles ..

Attention: une...face... peut en cacher une autre !

European Spectator

Julia KRISTEVA
Philippe SOLLERS ..pile/face ....
Inventing Abstraction 1910-1925
le blog de Patrice de Plunkett
le blog d'Yves DAOUDAL
le fou du roy

 

 ARTICLES

  • .... le Drône de l'Antipresse
<<<<<<<<<<<<<<<<
  •  ... Le Scrutateur.
 <<<<<<<<<<<<<<<<
 
  • Le cerf (mâle) et la biche (femelle) ont donné naissance au faon ( 4ième)
<<<<<<<<<<<<<<<<<
  •  .guerre de religions  ...Kurdes -Turques  .... arméniens
 <<<<<<<<<<<<<<<<<
  •  Sens et Symboles  ...Dr Olivier Soulier
  <<<<<<<<<<<<<<<<
  •   KEPHAS ... la victoire sur notre monde c'est notre foi
  <<<<<<<<<<<<<<<
Eclaircie après la Pluie   

 

                                            >>>>>>>>    
« Croire en la possibilité de connaître une vérité universellement valable n’est pas du tout une source d’intolérance ; au contraire, c’est la condition nécessaire pour un dialogue sincère et authentique entre les personnes. C’est seulement à cette condition qu’il est possible de surmonter les divisions et de parcourir ensemble le chemin qui mène à la vérité tout entière, en suivant les sentiers que seul l’Esprit du Seigneur ressuscité connaît. » Jean-Paul II, Lettre Encyclique Fides et Ratio, 14 septembre 1998, nº 44. >>>>KEPHAS>>>
 
La naissance dans l’étable de Bethléem, la vie parmi les pêcheurs, des publicains et d’autres personnes du commun, la Passion avec touts ses épisodes réalistes et indignes ne convenaient ni au style de l’éloquence sublime ni à celui de la tragédie ou de la grande épopée; un tel arrière-plan, un tel environnement ne convenait guère, d’après les conceptions de l’esthétique augustéenne, qu’à l’un des genres littéraires les plus bas; mais le style bas de l’Ecriture sainte inclut le sublime. Erich Auerbach

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Battue par les grêlons de la spéculation, de la marchandisation et de la consommation, la France se meurt peu à peu. Nous n’irons pas cracher sur la Banque, sur Bruxelles ou sur Monsanto car la salive est chose trop précieuse pour être gaspillée sur ces institutions fétides et faute de ne pouvoir agir concrètement pour faire reculer ces temps obscurs, dessinons, écrivons, dans un but pédagogique, afin de réveiller les consciences et de rallumer la flamme de la France Éternelle. le fou du roy

 
 
 
 
Dans les informations concernant le monde contemporain, diffusées quotidiennement, manquent rarement la glorification des mécanismes qui reproduisent la vie sociale : les personnalités dites « dominantes », les comptes en banque les plus fournis, les exaltations libérales, etc. S’y organise la confusion entre l’économie, l’État et la réclame publicitaire. 
Mais on n’a que peu d’écho des cris des peuples et des individus qui ne peuvent guère s’identifier à ces « héros ». Parfois, la compassion officielle fait place à la haine et au ressentiment, mais rarement au cri qui traverse de part en part un monde structuré par un consensus autour du produit national brut. D’ailleurs, du cri, la plupart le craignent, et ne cessent de vouloir l’étouffer, en faisant croire que le cri n’est pas une parole. 
Or, le cri sauve, il n’est ni sauvage, ni démoniaque, ni mystérieux ! Nulle nécessité de le conduire vers des forces « originaires ». Telle est la signification d’une parole qui fait face à la vie sociale de façon brutale, sans doute, parce que cette vie est agressive. Celui qui crie dit quelque chose, car chaque cri lui fait éprouver ce qu’il y a d’indigne dans l’ordre d’un monde qui le contraint à crier pour survivre et chante en même temps : ce monde est le meilleur possible ! ». 
Le cri est par conséquent une parole qui permet à chacun, seul ou en groupe, de ressaisir sa capacité d’agir alors qu’on en est dépossédé. Il restaure la capacité de devenir sujet, en repolitisant le rapport social qui impose de se contenir. 
 
 
                            

 

 

 

 

 

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 ...... autrement dit, pour " la grande gueule"......

 

 ...de l'ENtre-DEUX ...

en ce 30.09.2018

 ..... la seule question qui vaille n'est pas

" Que dois-je faire? " mais

..." Comment vivre? ". ...

  ... EN France EN Europe EN ce monde ...

 

...EN ce mois de mai 2018 :

" Hier comme aujourd'hui, comme demain ... " la Terre est le plus bel endroit du Ciel " ....

 

.... EN ses NOUS...ENraciné ...ICI-MAINTENANT ...en VENIR-de-VENIR ...

 

... éros - agapé ...

... les deux visages de l'ENtre-amour-COmmUNion .... UNi-vers ...

 

.....sens AUX sens ...ou .....à MES sens..? .....

 

....l'ETAT et LA DEMOCRATIE ...

 

.... EN ses NOUS...ENraciné ...ICI-MAINTENANT ...en VENIR-de-VENIR ...

 

Et alors ?

.....l'Art de vivre en MONOcoq ou homocoques.fr .... ?

 

 

 

" NOUS SOMMES ...fatigués de l'HOMME ,vivant SA vie

...NOUS voulons VIVRE..

EN la vérite de la VIE vie-à ENTRE-DEUX l'Â VIE....

..UNivers à vie ..IN-finie ..."

 

 

....écart....

   Kupka  

               

....toute les fois qu' une théorie entre en contradiction  ( ...écart + ou- important ...) avec l'ÂMour de la vie, c'est que cette théorie est fausse car nos  " vivre ENtre-DEUX f-h"  est notre seule vérité

....vie-Â-ble ...

 

 

INDIFEREMMENT mâle ou femelle

 ..... JE VEUX vivre Ma vie ....

 

 

Réalité <<<<<<<écart>>>>>>> Réel 

le monde de l' 1(et 0)-visible

le pouvoir ..la puissance

   

 

JE

 

NOUS

associatif-opportuniste

 A

    

 

   >>>>>>>>>>>>>>> 

 

..... DES DROITS  ....

 


 

 

>>>>>> 

.. ME préserver par la fuite..

 

 

 

 

...la meilleure défense c'est l'attaque ...

 

 

DIEU

  RE ou RA

 

>>>>>>>>

 

Les Jeux du JE 

 

 

 « De la tragédie à la reconstruction du Moi ». 

  Psychothérapie de Dieu


 

Dieu..peu-il être une hypothèse ?

 

 

Comment Elizabeth II a réinventé la monarchie britannique    
..... le SOLIPSISME  hedoniste ...individuellement et collectivement ...

  « Aujourd’hui le tabou n’est plus le sexe, mais Dieu »

(renaître de sa souffrance)

Comment Elizabeth II a réinventé la monarchie britannique    
Le Salvator Mundi bouleverse le marché de l'art    
  ....  la RE-GENERATION ... du darwinisme sociétal  ... la loi de la réussite ...du plus fort .... du changement .. de la modernité ... du progrès ..de la révolution .. liberté-égalité-fraternité .. la République ...

le KARMA Incarnation


 

 

..... DEMOCRATIE et COMMUNICATION .....à la PENSEE CON-FORME ....    
 .....  l' HOMME augmenté  ............   l'ombre du Mordor   

«La pêche électrique est une innovation régressive»

 

..bouc émissaire ..

René Girard


 

Pour Jean Lassalle, «Macron est au service de ses maîtres, comme Vichy l’a été pour les Allemands»     
"Macron se rêve Bonaparte, il ne sera que Louis-Philippe"    

Pendant tout ce temps je me cherchais Et je ne savais pas que j'étais perdu ..WAKE ME UP ..

   

REALité ......

.."LES LUMIERES" ..
 

< l'écart >

 les ténèbres 

 .......REELité

          

   

         

                                                                                                               

   

                                                                                             

 

 Réalité

<écart>

 Réel 
 

 

Vérité et véracité

....Essai de généalogie Bernard Williams 2018-09-30

 

 
 

...à l' ENtre-DEUX-UNi-vers ...

 
 

MA vie ...n'est pas LA vie

 
   .... ici et maintenant ....  
  « J'ai péché en pensée, en parole, par action, et par omission... »  
  ...joie-paradoxale...  
  ..... Et alors ? ... l'ENfant-PAIR-ENts ....  
 >>>>JE>>>>

NAISSANCE, les processus invisibles de l'INCARNATION

<<< Â <<<<
  C'est là la vérité qui nous mord le coeur chaque fois que nous sommes sensibles à la beauté du monde  
  Simone Weil, une vie pour la vérité  
  .... Psychothérapie de Couple ...  
  "Du mariage considéré comme un des beaux-arts"  
  ..... le COUPLE ...l'ENtre-DEUX cette INCONNUe ....  
  Théorie et pratique des transformations sociétales  
   .... Et alors ? ... le JE à la RENCONTRE de Soi-même .... au ... NOUS DEUX à la rencontre de l'Â .....  
    .... de la CONFIANCE ... à ...l'ENtre-CONFIANCE ... en .fr  
   ..... de l'altérité fondatrice femme-homme .....  
  NOËL ...fête de la famille ...un enfant nous est né .... le plus beau enfant né de l'Homme ..homme et femme IL LE créa à son image  
 

Experiencing the Incarnation through art

      SITE artifex in opere
 
  .... SENS ... du ....VIVRE .... en.fr  
la vie IN-térieure

le monde de l' UN-visible

 

en

 

 

 

 

 

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ou est un dieu solaire dans la mythologie égyptienne, créateur de l'univers.

Il peut apparaître sous plusieurs autres formes, celle de Khépri, le scarabée bousier : symbolisant la naissance ou la renaissance ou encore Atoum, l'être achevé (le clergé égyptien expliquait que l'astre solaire pouvait revêtir des formes différentes lors de sa course dans le ciel : Khépri était le soleil levant tandis que Rê était le soleil à son zénith et Atoum, le soleil couchant)2,3. Au fil du temps, Atoum (le soleil couchant), est assimilé progressivement par les théologiens égyptiens à la forme de Rê (le soleil à son zénith), de sorte que l'on parle de Rê-Atoum, le dieu créateur, qui préside la Grande Ennéade constituée des neuf dieux principaux. Par la suite, Rê a également été associé à plusieurs autres dieux comme Amon pour devenir Amon-Rê.

Il existe plusieurs versions de sa naissance. Dans l'une d'elles, elle serait attribuée à la déesse Neit, qui aurait mis Rê au monde sous la forme d'un œuf. Rê sortit de l'œuf et fut aveuglé par la lumière. Cette lumière fit couler des larmes de ses yeux, d'où naquirent les premiers hommes. Cependant, il existe une version plus classique relatée notamment par Neil Philip dans son œuvre Mythes et Légendes : il semblerait que Rê se soit créé lui-même en se nommant, comme il créera les éléments de la vie en les faisant sortir du Noun, l'océan primordial. Il devient la divinité principale sous l'Ancien Empire. Il est souvent représenté avec une tête de faucon sur laquelle est posé le disque solaire protégé par le cobra dressé.

Le dieu Rê était également fortement associé au jour de l'an4. Le I Akhet, jour de l'an égyptien, était l’occasion d’une « fête de Rê » selon un papyrus et un ostracon d’époque ramesside, et selon deux autres papyrus, il s’agissait du jour de sa naissance. Mais déjà, dans les textes des pyramides, Rê était considéré comme « le maître de l’année ».

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COROT JEAN-BAPTISTE CAMILLE (1796-1875)

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Dans ses œuvres tardives, alors que le paysage historique est un genre démodé, que le prix de Rome en cette section avait été supprimé (1863), Corot continue de peindre des divinités dans les forêts imaginaires qu'il prétend représenter “de souvenir” (Une matinée, danse des nymphes, 1860, musée d'Orsay). On peut donc interpréter ses dernières œuvres comme l'affirmation, à contre-courant, de la pérennité d'une manière qu'il hérite entièrement du xviiie siècle. Corot s'affiche lecteur d'André Chénier en un temps où le réalisme triomphe. Zola s'écrie en 1866 : “Si M. Corot consentait à tuer une fois pour toutes les nymphes dont il peuple ses bois, et à les remplacer par des paysannes, je l'aimerais outre mesure.”