Articles

 Tract 0 page de références

 

PROLOGUEs

 

 

 

«l'homme sans vie»

En définissant l’essence de l’homme comme existence (Dasein, être-là) et en opposant cette existence à la vie (Leben), Heidegger n’a cessé de combattre la conception aristotélicienne de l’homme comme « vivant doué de logos » (« zôon logon ekon »). Il a opéré un évitement du vivant qui le conduit à une dévitalisation de l’essence de l’homme. « L’être que nous sommes », dans ce qu’il y a de plus propre, est cet étant unique, insigne, capable de poser la question de l’être.

Mais penser l’humanitas de l’homme exclusivement à partir de sa responsabilité à l’égard de cet être, ce n’est pas seulement creuser un fossé infranchissable entre l’homme et l’animal, c’est aussi séparer l’existence de l’homme de sa vie charnelle.

Désincarné, sans âge et sans sexe, l’homme de Heidegger est un homme sans vie. Sylviane Agacinski évoquera les sources lointaines du clivage entre exister et vivre, pour voir qu'il est intenable et doit être déconstruit.

Cependant, d’une certaine façon, Heidegger a, lui-même, redonné la vie à l’humanitas en affirmant que l’agression de la technique moderne contre la vie était aussi une agression contre l’essence de l’homme.

« L’homme sans vie ». À propos de l’existence chez Heidegger - Conférence de Sylviane Agacinski

 

µ

 

 

" l'EUROPE, MES MISES A FEU "

De Lorca mis contre un mur et fusillé, il me reste en mémoire un vers nocturne :
« Les phares s’éteignirent et les grillons s’allumèrent. »
L’ouïe s’ouvre en grand dans le noir.

J’ai escaladé de nuit à la lumière d’une frontale les pentes infinies de haute altitude. Je connais le bruit des pas qui enfoncent leurs pointes dans les névés et vont au rythme intérieur du cœur et de la respiration.
Je sais que le silence n’existe pas. L’ouïe perçoit en ces heures-là, à travers l’obscurité, à la fois le très proche et le lointain.
Les poètes du XXe siècle scandent leurs syllabes à une allure de montée.
Je lis les quinze psaumes dits « Maalot », des montées dans les pèlerinages vers les hauteurs de Jérusalem. « Nous étions tels des rêveurs », mais dans un état de veille concentrée, absorbés par l’acte de souffler les syllabes des vers au-dessus du rythme des pas qui avançaient.
Les poètes du XXe siècle allaient toujours vers le haut, du moins ceux qui ne se sont pas bouclés chez eux pour pleurer, alors que la majuscule Histoire coupait la forêt et en faisait voler les éclats.
Il y a larmes et larmes. « Lishnie » inutiles, dit-on en russe pour celles qui sont gaspillées. Ou bien la prodigieuse larme que Fleming enrhumé laissa tomber sur une culture de bactéries. Le contraire des larmes, c’est le soldat Giuseppe Ungaretti qui l’écrit, une nuit où il se trouve près du corps d’un camarade massacré et se met à écrire des lettres pleines d’amour, en déclarant au dernier vers :
« Je n’ai jamais été autant/attaché à la vie. »

TracT N°2 Gallimard  Erri de Luca

µ

 

 

 

« La capacité de penser de façon autonome,

voire de penser tout court, est en péril »

 

Contre l’aliénation nouvelle que représente la manipulation des données par des algorithmes mis au service des grandes entreprises et des Etats, l’économiste Pierre Dockès en appelle, dans une tribune au « Monde », à une « insurrection civique ».

 

µ

 

 Certains corps portent encore des habits

Archéologie: découverte du plus grand site de sacrifice rituel d'enfants au Pérou

 

Mai 68 laissait croire que l’on pouvait jouir sans entrave.

50 ans plus tard, on assiste à une misère affective

 

Pour le prêtre, il s’agit d’un pain quasi quotidien. Dans l’exercice de son ministère sacerdotal, derrière la grille d’un confessionnal ou dans le calme apaisant d’un jardin de presbytère, nombreux sont ceux qui viennent ouvrir leur cœur et confier leurs blessures. Les chaines de télévision et maisons de production quant à elles, voient dans cette fragilité émotionnelle une vague sur laquelle surfer. En éveillant les bas appétits des hommes, elles savent s’assurer de nombreux clients. Décidément, le scrupule est démodé.

µ

 

Corps d’hommes sous le regard de femmes : une sociologie de l’apparence au prisme de la conjugalité

Inégalités homme-femme

La culture influence énormément nos mœurs et notre rapport à la sexualité. Seule l'éducation peut changer cela.

  


 

»... le seul fait de penser ( .... chanter......) est en lui-même une entreprise dangereuse (…)

....mais ne pas réfléchir ( ne pas savoir ce que l'on chante) est encore bien plus dangereux ..» 

 µ

 



 

il n'y point de faits de femme(s), d'homme(s) et  qui ne touchent notre Collectif-Sociétal-Commun

 µ

nous faisons notre culture et notre culture nous fait

µ

 tous et chac-un-e spect-acteur(s)

µ

se transformer soi même pour transformer le monde

µ

 

  ..et conscient(s) & responsable(s) de nos ENtre-conscience(s) & des ENtre-structures

Intriquée(s) & Entre-généré(es) ...

  µ

 

 
 
« Ce qui importe n’est pas de limiter ou d’accroître les connaissances, mais de les ordonner."  
  Le chartreux Dom Jean-Baptiste Porion (1899-1987)

µ

-------------------------------------------------------------
 

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>17.09.19>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

 

Editorial du « Monde ». Pendant les années de guerre froide, les démocraties occidentales dénonçaient à juste titre la surveillance massive mise en œuvre par les régimes totalitaires de l’Est, et offraient l’asile aux dissidents qui protestaient contre ces pratiques liberticides.

Quelques décennies plus tard, la dystopie orwellienne d’une disparition de la vie privée est en voie de se concrétiser dans le monde entier, sous la pression d’agences de renseignement étatiques, avec la complicité des géants de l’Internet. La révélation de ce grignotage des libertés publiques doit beaucoup à Edward Snowden, informaticien surdoué devenu ennemi public dans son pays, les Etats-Unis.

En 2013, les documents secrets qu’il a communiqués à la presse ont révélé la surveillance généralisée opérée par l’Agence de sécurité américaine (NSA), jusque-là son employeur. Dans l’après-11-Septembre, profitant de la généralisation d’Internet et de capacités de stockage exponentielles, les services de renseignement se sont lancés secrètement dans la captation systématique des communications, sans le moindre contrôle démocratique.

Lire aussi Ce que les « révélations Snowden » ont changé depuis 2013

Les révélations d’Edward Snowden ont déclenché une prise de conscience, non seulement des pouvoirs politiques, parfois eux-mêmes piégés par les services de renseignement de pays alliés, mais surtout des opinions publiques. Elles ont ouvert les yeux sur le rôle ambigu des GAFA et ouvert la voie à la contre-offensive naissante des Etats, dont la souveraineté se trouve grignotée par les ambitions de Google ou de Facebook.

Une procédure de protection exceptionnelle existe

Qu’Edward Snowden, en vol vers un asile sud-américain voilà six ans, ait finalement trouvé refuge à Moscou, où il avait fait escale, à la suite de la confiscation de son passeport par les Etats-Unis, n’y change rien : le plus célèbre des lanceurs d’alerte a puissamment aidé le monde à se mobiliser pour la préservation des libertés.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Edward Snowden publie ses Mémoires : « Nous – moi, vous, nous tous – étions trop naïfs »

Rappelant qu’il avait demandé en vain l’asile à la France du temps de François Hollande, M. Snowden a déclaré, lundi 16 septembre sur France Inter, qu’il « aimerait beaucoup que M. Macron [lui] lance une invitation ». De fait, la France s’honorerait de l’accueillir sur son sol et de le protéger.

En 2013, l’ancien président de la République avait rejeté sa demande, en alléguant de la non-présence d’Edward Snowden sur le territoire français, condition de la mise en œuvre de la convention de Genève sur l’asile.

Mais la France dispose depuis 1946 d’une procédure de protection exceptionnelle dont peut bénéficier « tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté », sans condition de présence. La garde des sceaux, Nicole Belloubet, s’est dite favorable à une telle formule, tout comme la députée européenne macroniste Nathalie Loiseau, pour qui Edward Snowden « a rendu service à l’humanité ».

Lire aussi Edward Snowden « aimerait beaucoup » qu’Emmanuel Macron lui accorde l’asile

Il n’est pas question de nier le choc que constituerait l’accueil en France de M. Snowden, inculpé aux Etats-Unis pour espionnage, ni les conséquences potentielles d’une telle décision sur la coopération en matière de renseignement.

Le sort du lanceur d’alerte ne doit pas non plus faire oublier que les pays autoritaires, comme la Russie ou la Chine, sont les premiers à utiliser l’Internet pour réprimer leurs citoyens. Justement, les démocraties occidentales ne peuvent laisser à Vladimir Poutine l’image de protecteur du combattant de la liberté qu’est Edward Snowden. En lui ouvrant l’asile, Emmanuel Macron trouverait un moyen de concrétiser ses discours sur les droits de l’homme, « bien commun de toute l’Europe », et sur la singularité de la France dans le monde.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Edward Snowden, informaticien surdoué et patriote américain déçu

Le Monde

 

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

ENQUÊTE - Alors qu'elle vient brièvement de dépasser Disney en valorisation boursière, la plate-forme de streaming payante poursuit sa fulgurante ascension. Jusqu'à chambouler l'ordre établi dans l'industrie cinématographique, notamment en France. Enquête sur la florissante entreprise américaine à l'origine d'une révolution tranquille dans le septième art.

«Vous voulez savoir ce qui ne va pas à Hollywood? Un réalisateur comme Martin Scorsese qui ne trouve personne, pendant huit ans, pour faire son film.» Confortablement assis dans la suite d'un palace de Rome où il nous reçoit, Ted Sarandos, le charismatique directeur des programmes de Netflix, met rapidement le doigt sur la plaie. C'est, en effet, le géant du streaming payant qui produit The Irishman, la nouvelle fresque criminelle du réalisateur américain oscarisé. Outre un casting en béton armé (Robert De Niro et Al Pacino en têtes d'affiche), le film dispose d'un budget estimé à 140 millions de dollars. Et pourtant. Jusqu'à ce que Netflix lui signe ce chèque record, Scorsese semblait condamner à voir The Irishman maintenu à l'état de projet rejeté par les autres studios. Le film sortira en 2019, sur la plate-forme de streaming avant d'être éventuellement projeté dans une salle.

Martin Scorsese fait partie des stars que Netflix a su séduire

Martin Scorsese fait partie des stars que Netflix a su séduire - Crédits photo : Robert Pratta/REUTERS

«Il faut bien que les nouvelles voix, les différents regards soient soutenus d'une manière ou d'une autre, affirme le réalisateur. Le plus important, c'est de continuer de faire des films.» Cette phrase, prononcée au micro de France Info par Scorsese au dernier Festival de Cannes, où il était l'invité d'honneur de la Quinzaine des réalisateurs, a été l'un des nombreux soufflets donnés au visage de cette manifestation, qui fêtait ses 71 ans. Ses organisateurs n'ont-ils pas banni de la compétition officielle l'intégralité des films de Netflix, qui refuse de réserver la diffusion de leurs productions aux salles obscures avant de les mettre en ligne sur sa plate-forme? Cette année, 86 films produits par Netflix sortiront, et aucun n'a donc eu le droit de concourir sur la Croisette.

Transformer les habitudes des spectateurs

Pour comprendre cette guerre de tranchées que se livrent Netflix et le Festival de Cannes, il faut revenir en arrière. Netflix, fondé en 1997 par Reed Hastings, se contentait d'être un service de location de DVD par correspondance, puis un pionnier dans le business de la série en lançant son service de streaming en 2007. Mais le réel changement a été amorcé en 2011: avec l'achat de contenus originaux réservés aux abonnés. En proposant simultanément tous les épisodes d'une même saison et en ne faisant souffrir ses abonnés d'aucune publicité, la plate-forme de Reed Hastings a su transformer les habitudes de consommation des téléspectateurs - notamment américains. Autre tour de force: avoir développé les productions régionales. «En ce moment, nous tournons dans plus de 17 pays, affirme Reed Hastings lors de notre interview à Rome. Et d'autres collaborations sont à venir dans de nouvelles régions: le tournage de notre première série arabe débute cette année.»

Le tournage de Stranger Things, une épopée nostalgique des années 1980 et l'un des plus gros succès de la plate-forme de streaming.

Le tournage de Stranger Things, une épopée nostalgique des années 1980 et l'un des plus gros succès de la plate-forme de streaming. - Crédits photo : NETFLIX

 

Ces productions «locales» sont le fer de lance de Netflix. Car dans le sillage des succès détonants de leurs séries américaines comme Orange is the New Black ou Stranger Things, des œuvres d'autres pays parviennent à atteindre la même popularité. En témoignent la britannique Black Mirror (que Netflix a repris dès la saison 3) ou La Casa de Papel en Espagne. «Nous pouvons distribuer des séries ou des films avec une fibre régionale à une audience mondiale, continue Ted Sarandos. Et nous passons au-dessus des problèmes de distribution: ces mêmes problèmes qui peuvent parfois plomber la réussite d'un film. Comme Valerian de Luc Besson: c'était très audacieux comme projet, mais extrêmement compliqué à promouvoir. Sur Netflix, le film aurait connu plus de succès.»

Ressusciter des genres délaissés par le cinéma

Ce n'est pas un hasard si Sarandos évoque le blockbuster européen de Besson, gros échec au box-office mondial. Certes, la plate-forme de streaming s'est fait une réputation en produisant des séries de tout genre et de tous pays, en développant des ponts avec le cinéma (les séries de super-héros Marvel, sur le modèle de la saga cinématographique de Disney) ou en ressuscitant des genres délaissés par le grand écran (la mini-série western Godless ou la série de science-fiction The Expanse). Puis, en 2015, Beasts of No Nation est arrivé sur Netflix. Premier long-métrage entièrement produit par la plate-forme. Deux ans plus tard, en 2017, deux films Netflix étaient sélectionnés à Cannes: Okja et The Meyerowitz Stories.

En avril de la même année, le géant américain annonçait que les longs-métrages ne seraient pas diffusés en salles et provoquait l'ire du gratin cannois. «L'invitation qui avait été faite à ces deux films a causé une vive tension avec les salles de cinéma, nous raconte Thierry Frémaux, directeur délégué du Festival de Cannes. Cela a conduit le conseil d'administration de Cannes à voter une nouvelle règle interdisant la participation en compétition d'un film qui ne sortirait pas en salles - ce qui visait les films de Netflix. Appliquée cette année, cette règle nous a valu de nombreuses critiques, venues en particulier de la presse américaine et sans que personne en France ne défende le festival et le modèle culturel dont il se fait porteur.»

» LIRE AUSSI - Cannes 2017: tout comprendre de l'affaire Netflix

 

Grâce à sa diffusion sur Netflix, La Casa de Papel est devenue en quelques semaines un phénomène planétaire. - Crédits photo : NETFLIX

Cannes, mai 2018. Déclaré persona non grata par les organisateurs, Netflix décide de jouer les trouble-fête en noyant l'édition sous une cascade d'annonces. Une offensive qui a débuté, quelques jours avant l'inauguration, par une rumeur sur l'éventuelle acquisition par le site de streaming des droits de diffusion du film d'ouverture, Everybody Knows. Un insolent coup de semonce suivi par l'arrivée au sous-sol du palais des Festivals, là où se tient le marché international du film, de 28 acheteurs envoyés par la firme pour garnir un peu plus son catalogue. Ensuite, pas un jour n'a passé sans que tombe une information achevant de mettre sur l'orbite du succès la société américaine. Une série à rebondissements qui a atteint son point d'orgue, le 24 mai, lorsque la valorisation boursière de Netflix a brièvement dépassé celle de Disney avec 152 milliards de dollars… De leur côté, dans le match Netflix contre Cannes, les médias ont effectivement rapidement - et quasi unanimement - déclaré le premier vainqueur par K.-O.

» LIRE AUSSI - Comment Netflix a mis K.-O. le Festival de Cannes

Aujourd'hui, alors que Netflix est disponible dans 190 pays, le directeur financier David Wells a annoncé que les abonnés disposeraient en 2018 «d'environ 700 programmes originaux». Autant de créations qui seront potentiellement vues par les 125 millions d'abonnements Netflix - et donc les 300 millions de spectateurs qui y sont rattachés, les différents membres d'une famille nombreuse pouvant utiliser simultanément le même compte sur leurs différents appareils.

«Netflix est à 100 % du côté de ses abonnés. Nous voulons aller là où l'audience se trouve car nous pensons que le but des artistes, c'est d'être vus, d'être consommés» 

Ted Sarandos, directeur des programmes de Netflix

«Netflix est à 100 % du côté de ses abonnés. Nous voulons aller là où l'audience se trouve car nous pensons que le but des artistes, c'est d'être vus, d'être consommés, nous explique Ted Sarandos. Sur les neuf films nommés aux Oscars cette année, si l'on compte toutes les projections faites, ces films ont été joués devant plus de 600 millions de sièges vides. Même les films populaires, comme Black Panther, sont majoritairement projetés devant des salles vides au bout de la troisième ou quatrième semaine d'exploitation…» Et de poursuivre à l'intention du Festival de Cannes: «Je ne suis pas du tout antisalles de cinéma. J'adore y aller. En 2017, nous avons accepté de projeter 33 films dans 40 villes différentes. Mais la France est le seul pays au monde où la chronologie des médias est aussi sévère. Thierry Frémaux n'était pas obligé de prendre cette décision. Mais son conseil d'administration étant majoritairement composé d'exploitants de salles, il n'a pas eu le choix. Personnellement, je pense que c'est une insulte pour les réalisateurs et pour l'art cinématographique en général.»

» LIRE AUSSI - Cinéma: Netflix ne se pliera pas à la chronologie

En tant que PDG, Reed Hastings a su insuffler chez Netflix une culture d'entreprise très particulière qui est au cœur du succès de la plate-forme.
En tant que PDG, Reed Hastings a su insuffler chez Netflix une culture d'entreprise très particulière qui est au cœur du succès de la plate-forme. - Crédits photo : Emanuele Scorcelletti pour le Figaro Magazine

«Exploitants de salles». Le mot est lâché. Via leur Fédération nationale des cinémas français, ce sont eux qui ont poussé le Festival de Cannes à revenir sur sa décision de 2017 et à ne plus programmer de films Netflix en compétition officielle. Parmi eux, notamment, Guy Verrecchia, 77 ans, président du groupe UGC, président du Blic (Bureau de liaison de l'industrie cinématographique) et coprésident de l'API (Association des producteurs indépendants) qu'il représente au sein du Conseil d'Administration de Cannes. Le même Guy Verrechia qui, grand visionnaire en son époque, déclarait en 2009 que la 3D ne marcherait jamais car elle «tirait le cinéma vers le parc d'attractions» et que le numérique était «un marché de dupes» promu par «la pensée unique».

On ne sait rien de l'intensité des négociations qui ont eu lieu en coulisses à l'époque, mais le site anglais ScreenDaily affirmait en avril dernier que Thierry Frémaux avait failli perdre son travail. Pour les exploitants, une seule loi prévaut, celle de la chronologie des médias à la française: exploitation en salles, puis en vidéo quatre mois plus tard, puis sur les chaînes payantes un an après, environ deux ans après sur les chaînes gratuites, et trois ans après sur les plates-formes de streaming payantes comme Netflix ou Amazon. Or, de plus en plus d'acteurs importants du secteur du cinéma rejoignent le directeur de programme de Netflix et estiment cette position intenable à terme.

«On perpétue un système qui organise le règne sans partage de Franck Dubosc et de Kad Merad dans les salles de cinéma»

Fabrice Du Welz, réalisateur belge

Le réalisateur belge Fabrice Du Welz, qui a sorti l'an dernier son premier film américain - le thriller urbain Message from the King - dans les salles françaises et sur Netflix dans le reste du monde nous confie: «Le cinéma français est aux mains des exploitants, et ces derniers font tout pour que le public n'ait accès qu'à deux genres de films: les gros blockbusters hollywoodiens débiles et les comédies françaises insipides. Si la seule alternative qu'il me reste, c'est Netflix ou Amazon, je n'aurai aucun problème à aller bosser avec eux. Et je n'ai qu'une chose à répondre aux gens qui se mettent à pleurer parce que ces films ne sortent pas en salles: mon film Message from the King, qui avait une sortie en salles en France, les exploitants n'en ont même pas voulu. J'aurais préféré qu'il sorte également sur Netflix en France. Les Français sont en train de passer complètement à côté du bouleversement actuel, tout ça par pure hypocrisie. D'un côté, on nous vante l'exception culturelle, le pays du cinéma et la grandeur de la culture. De l'autre, on perpétue un système qui organise le règne sans partage de Franck Dubosc et de Kad Merad dans les salles de cinéma. Donc c'est à nous, réalisateurs, de nous adapter si nous voulons survivre. Scorsese, qui a survécu à tout, et qui est dans le business depuis près de cinquante ans, s'adapte bien, lui.»

 
Narcos, série sur les coulisses de la lutte contre les narcotrafiquants, a su séduire un public adulte.">

De l'autre côté de l'Atlantique, le système hollywoodien, s'il ne fonctionne pas de la même manière, n'est pas vraiment mieux loti: lui qui semble ne plus produire que de grosses franchises aux budgets démesurés qu'il transforme en marques déclinables à l'infini, comme le fait Disney avec Marvel et les nouveaux Star Wars. Florent Emilio-Siri, réalisateur français du film de guerre L'Ennemi intime, du biopic Cloclo, mais aussi de la série Netflix Marseille- la première série française produite par la société -, analyse les racines de ce changement: «Le marché de la salle est devenu très compliqué depuis une dizaine d'années pour les créateurs qui veulent faire quelque chose d'original. A cause de la crise financière de 2008, les studios se sont peu à peu séparés de leurs satellites, de plus petites compagnies qui leur permettaient de produire des petits ou des moyens films à moindre coût. Du coup, il n'y a plus que des grosses machines à gros budget dans les salles… et les boîtes comme Netflix récupèrent peu à peu les talents.»

Une alternative pour les réalisateurs

Situés sur Sunset Boulevard, les bureaux de Netflix se dressent à Los Angeles comme un défi lancé à l'industrie américaine du cinéma.

Situés sur Sunset Boulevard, les bureaux de Netflix se dressent à Los Angeles comme un défi lancé à l'industrie américaine du cinéma. - Crédits photo : NETFLIX

Ce sentiment est très prégnant chez les réalisateurs, qui ne veulent pas se laisser étouffer par le système et veulent continuer de créer des œuvres portant leur patte. «Le business plan de Netflix profite d'un contexte extraordinairement bénéfique, confirme Thierry Frémaux. Hors de ces deux extrêmes hollywoodiens, les films des grands auteurs ont du mal à se faire. Et ils se sont engouffrés dans la brèche en offrant à ces auteurs des millions de dollars pour faire la même chose mais pour un autre public: celui qui ne va plus au cinéma ou celui des jeunes scotchés à leurs écrans de smartphone.»

Ces réalisateurs que Ted Sarandos et Reed Hastings ont réussi à séduire, ce sont les grands noms d'Hollywood. «Damien Chazelle, Alfonso Cuaron, David Fincher, Martin Scorsese, Paul Greengrass, Guillermo Del Toro… Et je peux continuer longtemps comme ça, plaisante, extatique, Sarandos. Si je suis la logique du Conseil d'Administration du Festival de Cannes: leurs films, parce qu'ils sont sur Netflix, ne sont pas des films?»

Un art de la provocation teinté d'arrogance

David Fincher, réalisateur de grands films de studios qui ont marqué leur époque comme Sevenou The Social Network, tourne aujourd'hui des séries pour Netflix (House of Cards, mais aussi le récent Mindhunters). Il s'est affiché très remonté contre les salles de cinéma qui, selon lui, ont laissé la situation se déliter pendant des années pour se concentrer sur la vente de pop-corn, de friandises et de boissons. A l'automne dernier, il déclarait ainsi à nos confrères du magazine So Film : «70 % des salles de cinéma sont d'une qualité médiocre. […] Et aussi, quand des critiques français disent que pour que l'on considère un film comme un vrai film, il doit être vu dans une salle de cinéma, mais que cela signifie de le voir dans une salle merdique avec un écran minuscule et des enceintes qui grésillent, c'est n'importe quoi. Si Netflix fait fermer cette salle, ça ne me dérange pas du tout.»

L'entreprise de Reed Hastings a donc réussi à se mettre dans la poche les créatifs, et cela devrait perdurer pour peu que son fameux algorithme qui analyse les goûts et les habitudes des spectateurs ne débouche pas à la longue sur un formatage de leurs contenus aux dépens de l'inventivité et de l'originalité.

«Les choses vont évoluer. Netflix va changer, ­Cannes va changer. 2017 et 2018 ont été le premier et le deuxième épisode : un accord suivi d'un désaccord. ­Rendez-vous pour le ­troisième volet.»

Thierry Frémaux, ­directeur délégué du Festival de ­Cannes

Si Netflix ne souhaite pas «la mort des salles» comme l'en accusait l'an dernier le distributeur français Jean Labadie, il souhaite clairement bouleverser l'ordre établi. Et montrer qui est le nouveau patron. Fabrice Du Welz, qui est allé visiter l'immeuble Netflix à Los Angeles en témoigne: «Leurs locaux sont impressionnants: ils ont construit en plein cœur d'Hollywood une espèce d'étoile noire sortie du sol, qui domine toute la vallée et qui dit un gros “merde” à tous les studios alentour.» Leurs tentatives d'acheter un certain nombre de films projetés à Cannes cette année dénotent aussi, de la part de Netflix, d'un certain art de la provocation teinté d'une touche d'arrogance.

Et il se dit également que le géant du streaming devrait finir par acheter des salles de cinéma pour pouvoir y projeter ses productions. Mais les choses risquent de se normaliser et de s'apaiser à terme, comme nous l'explique Florent Emilio-Siri: «De toute façon, on est dans une période de transition pour tout le monde, pour les spectateurs, mais aussi pour les producteurs de contenus. Et c'est pour cela qu'il y a autant de crispations autour de ça, y compris à Cannes. Je pense que Netflix, en se développant de plus en plus, va muter et s'adapter à son tour.»

Une vision que semble partager Thierry Frémaux, qui tente de faire progresser le festival tout en composant avec une myriade d'acteurs aux intérêts divergents: «Dans le passé, les grands studios ont fini par respecter l'exception culturelle française. Et ce sera le cas des grandes sociétés comme Netflix car elles n'ont pas pour ambition, ni pour intérêt, de la détruire. Avec Pierre Lescure (président du Festival de Cannes, ndlr), nous dialoguons avec eux car il est évident que le surgissement de ce nouveau monde change la donne. Il faut accepter le débat, Cannes le fait.»

» LIRE AUSSI - À Cannes, la citadelle cinéma a-t-elle chancelé?

Finalement, pour survivre, Cannes sera bien obligé de se caler sur le comportement des autres grands festivals internationaux que sont Venise, Telluride, Toronto ou Berlin, qui accueillent les films de Netflix et de ses semblables sans états d'âme. Et de son côté, Netflix devrait finir par contribuer aux industries cinématographiques des différents pays où ils sont diffusés en leur reversant un pourcentage de ses revenus, comme vient d'ailleurs de lui intimer une décision de justice allemande. «Les choses vont évoluer, conclut Thierry Frémaux. Netflix va changer, Cannes va changer. 2017 et 2018 ont été le premier et le deuxième épisode: un accord suivi d'un désaccord. Rendez-vous pour le troisième volet.» Un dénouement qui devrait arriver plus tôt que prévu. En nous quittant à la fin de notre entretien, Ted Sarandos, malicieux, nous lance: «On se revoit bientôt, j'espère… L'année prochaine à Cannes?»


Netflix en huit titre majeurs

Polars, thrillers politiques, comédies fantastiques, documentaires, dessins animés… voici, proposées en séries ou en longs-métrages, les œuvres qui, chacune à leur façon, ont marqué un tournant dans l'histoire de la plate-forme de streaming.

- Crédits photo : NETFLIX

● House of cards (2013)

Toute première série originale de Netflix, ce thriller politique sur l'accession d'un ambitieux (Kevin Spacey) à la présidence des Etats-Unis va imposer la marque dans le monde entier. La sixième et dernière saison sera diffusée cet automne, mais sans Spacey, renvoyé du plateau suite à des accusations d'agression sexuelle.

- Crédits photo : NETFLIX

● Beasts of no nation (2015)

Ce drame guerrier sur les enfants-soldats du Ghana est le premier long-métrage original produit par Netflix. Réalisé par le surdoué Cary Joji Fukunaga (la première saison de la série True Detective), le film fait le tour des festivals mondiaux - dont la Mostra de Venise - et sort aux Etats-Unis à la fois sur Netflix et dans les salles de cinéma.

- Crédits photo : NETFLIX

● Making a murderer (2015)

Après les séries et les films, la case documentaire est l'autre ingrédient clé de la formule Netflix. La preuve avec cette hallucinante histoire vraie filmée sur dix années et racontant la tragédie d'un innocent pourtant condamné deux fois. Après une première saison de 10 épisodes, la deuxième devrait arriver sur la plate-forme d'ici la fin de l'année.

- Crédits photo : NETFLIX

● Stranger things (2016)

Avec cette série qui célèbre, en confrontant un groupe d'enfants à des phénomènes étranges, l'imaginaire fantastique et la culture populaire des années 80, Netflix abat une de ses cartes maîtresses: celle de la nostalgie pour la fin du siècle dernier, un phénomène culturel de fond qui touche toutes les générations. Troisième saison en préparation.

- Crédits photo : NETFLIX

● Chasseurs de trolls (2016)

Des enfants découvrent un monde parallèle peuplé de créatures fantastiques. Le réalisateur oscarisé Guillermo Del Toro peinait à monter ce projet de film d'animation avant que Netflix lui donne carte blanche pour en faire une série. Résultat: trois saisons au compteur et le plus gros succès de Netflix dans la catégorie série pour enfants.

- Crédits photo : NETFLIX

● Okja (2017)

Histoire d'amitié entre une fillette et un cochon géant génétiquement modifié, ce projet fou et atypique, écrit et réalisé par le génial Sud-Coréen Bong Joon-ho (Le Transperceneige), n'aurait jamais pu voir le jour au cinéma. Sa sélection en compétition officielle à Cannes, l'an dernier, déclencha une fronde menée par la fédération des exploitants de salles français.

- Crédits photo : NETFLIX

● Bright (2017)

Film policier fantastique en forme de parabole sur les tensions raciales - un flic noir (Will Smith) y fait équipe avec un orc -, Bright est surtout le premier blockbuster Netflix, avec une superstar en tête d'affiche, un budget de 90 millions de dollars et une campagne promotionnelle maousse (des affiches partout dans les rues, comme pour une grosse sortie en salles).

- Crédits photo : NETFLIX

● La casa de papel (2017)

Initialement créée pour la chaîne espagnole Antena 3, cette série policière sur un spectaculaire casse à la Fabrique nationale de la monnaie est récupérée par Netflix, qui en fait le plus gros succès de la plate-forme pour une série non anglophone. Sans doute la première fois qu'une fiction espagnole s'offre une telle diffusion mondiale.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 08/06/2018. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

 

 

 

Témoignons sans peur de la vérité sur la famille et la transmission de la vie selon le plan de Dieu

 

Communiqué de la Famille Missionnaire de Notre-Dame avant la manifestation du 6 octobre 2019 à Paris :

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

 

La Famille Missionnaire soutient la manifestation du 6 octobre, comme elle a soutenu les manifs pour tous.

Le fondement : la loi naturelle

Le fondement de son soutien est le respect de la Loi naturelle et l’enseignement de l’Eglise.

Notre Président, Monsieur Emmanuel Macron, a encouragé les chrétiens à ne pas avoir peur de faire entendre leur voix pour éclairer les grands débats sociétaux. Nous désirons apporter notre contribution pour mieux comprendre les enjeux de la PMA et de la GPA.

L’instruction Donum Vitae

Le Cardinal Joseph Ratzinger, le  22 février 1987, a accompli un acte prophétique en promulguant – avec l’approbation de Jean-Paul II – l’instruction « Donum Vitae » pour enseigner que le don de la vie humaine ne peut provenir que de l’acte d’amour des époux.

Cet enseignement était fondé sur la loi naturelle concernant le lien indissociable entre : « union et procréation ».

« L’origine d’une personne est en réalité le résultat d’une donation. L’enfant à naître devra être le fruit de l’amour de ses parents. Il ne peut être ni voulu ni conçu comme le produit d’une intervention de techniques médicales et biologiques ; cela reviendrait à le réduire à devenir l’objet d’une technologie scientifique. Nul ne peut soumettre la venue au monde d’un enfant à des conditions d’efficacité technique mesurées selon des paramètres de contrôle et de domination » (DV II, B, 4).

L’enfant est toujours un DON

Saint Jean-Paul II disait :

« Dans la procréation d’une vie nouvelle, les parents se rendent compte que l’enfant, s’il est le fruit de leur don réciproque d’amour, devient, à son tour, un don pour tous les deux : un don qui jaillit du don ! » (EV 92).

L’enfant n’est don pour les époux, qui se sont donnés l’un à l’autre dans l’amour, que si les époux, au préalable, considèrent que leur propre vie est un don de Dieu Créateur et que, par leur mariage, ils sont devenus les collaborateurs de ce Dieu. Si Dieu est refusé, l’enfant risque de ne plus être considéré comme un don mais comme un dû.
La technique profane le caractère sacré de la vie

Le 12 mai 2008, Benoît XVI disait à son tour avec fermeté :

« En tant que croyants nous ne pourrons jamais permettre que la domination de la technique puisse invalider la qualité de l’amour et le caractère sacré de la vie ».

Le Pape François, le 15 novembre 2014, disait avec énergie et émotion : « on vit un temps d’expérimentation de la vie humaine, mais on l’expérimente mal ». « Fabriquer des enfants au lieu de les accueillir comme un don… on joue avec la vie, a-t-il insisté, c’est un péché contre Dieu créateur ».

Le combat contre la vie et la famille

Cet enseignement prophétique de l’Eglise a été contredit dans le livre De la vie avant toute chose :

« Avec la pilule on dispose d’une vie sexuelle normale sans procréation; avec l’insémination artificielle, la procréation va se dérouler sans activité sexuelle… Il y aura d’un côté le couple affectif et sexuel – la femme non procréatrice et l’homme non géniteur – et de l’autre, la société médiatisée par le médecin, qui rapproche la demande d’enfant d’une disponibilité de semence anonyme, contrôlée et gouvernée par la “banque du sperme”. C’est en ce sens la société tout entière qui féconde le couple…  La sexualité sera dissociée de la procréation et la procréation de la paternité. C’est tout le concept de famille qui est en train de basculer ici (p. 221). »

L’auteur annonçait une mutation de la morale (p. 146), un nouveau code éthique (p. 199), une nouvelle définition de la vie qui perdrait le caractère d’absolu qu’elle avait dans la Genèse. La vie ne serait plus l’œuvre de Dieu mais “plus que jamais une production humaine”(255) ! Cet enseignement révélait qu’un grand combat se menait contre le plan de Dieu sur la famille.

Définir la notion de procréation

Pour mieux comprendre les enjeux de la PMA (procréation médicalement assistée), il est nécessaire de définir la notion de procréation. Analysons l’étymologie du mot «pro-création». Le préfixe “pro” peut avoir trois significations : avant ; pour ; à la place de.

  • Si ce préfixe est utilisé dans le sens d’antériorité, le mot procréation indique alors que Dieu ne veut pas donner la vie humaine sans qu’il y ait eu d’abord un acte libre et responsable des époux procréateurs qui se sont donnés sexuellement l’un à l’autre dans un acte d’amour capable de donner la vie !
  • Si le préfixe est utilisé dans le sens d’œuvrer en faveur de quelqu’un, le mot procréation indique que les époux procréateurs agissent pour Dieu, ils sont ses collaborateurs dans la création.
  • Si le préfixe est utilisé dans le sens de tenir la place de quelqu’un, le mot «procréation» indique que les époux procréateurs agissent à la place du Créateur, comme le proconsul agit à la place du consul ! Les époux tiennent bien la place de Dieu Créateur auprès de leurs enfants qu’ils doivent patiemment éduquer et préparer à accueillir le don que Dieu veut leur communiquer : la vie divine.

Le mot «procréation» semble bien être le mieux adapté pour affirmer :

  • la liberté et la responsabilité des époux,
  • et sauvegarder, en même temps, l’action de Dieu Créateur qui, dans et par le Verbe, connaît et veut tous ceux qui sont appelés à la vie par son Amour.

Le mot “co-créateur”, par contre, ne peut pas être adopté, car les époux ne sont pas, comme Dieu Créateur, causes premières de l’être de leurs enfants, mais causes secondes de leur devenir.

La procréation médicalement assistée doit respecter cet enseignement de la procréation dans le plan de Dieu Créateur sur les époux. Si l’on entend par procréation médicalement assistée une production en éprouvette de la vie humaine, c’est la domination de la technique sur la vie humaine qui n’est plus alors le fruit de l’amour de l’époux et de l’épouse procréateurs.

La Charte des droits de la Famille

Dans la Charte des droits de la Famille, promulguée le 22 octobre 1983, il est enseigné dans le préambule :

B. « la famille est fondée sur le mariage, cette union intime et complémentaire d’un homme et d’une femme, qui est établie par le lien indissoluble du mariage librement contracté et affirmé publiquement, et qui est ouverte à la transmission de la vie; C. le mariage est l’institution naturelle à laquelle est confiée exclusivement la mission de transmettre la vie humaine; D. la famille, société naturelle, existe antérieurement à l’Etat ou à toute autre collectivité et possède des droits propres qui sont inaliénables ».

Il est dit à l’Article 3 :

« Les époux ont le droit inaliénable de fonder une famille et de décider de l’espacement des naissances et du nombre d’enfants à mettre au monde, en considérant pleinement leurs devoirs envers eux-mêmes, envers les enfants déjà nés, la famille et la société, dans une juste hiérarchie des valeurs et en accord avec l’ordre moral objectif qui exclut le recours à la contraception, la stérilisation et l’avortement ».

L’Article 4 traite des droits de l’enfant :

« La vie humaine doit être absolument respectée et protégée dès le moment de sa conception. a) L’avortement est une violation directe du droit fondamental à la vie de tout être humain. b) Le respect de la dignité de l’être humain exclut toute manipulation expérimentale ou exploitation de l’embryon humain. c) Toute intervention sur le patrimoine génétique de la personne humaine qui ne vise pas à la correction d’anomalies constitue une violation du droit à l’intégrité physique et est en contradiction avec le bien de la famille. »

La Gestation Pour Autrui : droit à l’enfant

Au sujet de la GPA (gestation pour autrui), nous lisons dans la Fiche proposée par le groupe de travail «bioéthique», de la Conférence des évêques de France :

«Le désir d’enfant est louable et la souffrance due à l’infertilité médicale est à accompagner. Mais ce désir ne peut devenir un « droit à l’enfant », surtout face aux préjudices graves que crée la GPA. Dès 1987, l’Église a porté un discernement négatif sur la GPA: « La maternité de substitution représente un manquement objectif aux obligations de l’amour maternel, de la fidélité conjugale et de la maternité responsable ; elle offense la dignité de l’enfant et son droit à être conçu, porté, mis au monde et éduqué par ses propres parents ; elle instaure, au détriment des familles, une division entre les éléments physiques, psychiques et moraux qui les constituent. »

Pourquoi manifester le 6 octobre ?

Manifester le 6 octobre, c’est donner ce témoignage dont le fondement est la Loi naturelle concernant les époux et le don de la vie humaine : le laboratoire et l’éprouvette ne pourront jamais prendre la place du sanctuaire qu’est la famille. Saint Jean-Paul II a volontairement choisi le mot « sanctuaire » pour faire comprendre à l’humanité que la transmission de la vie n’était pas un acte seulement humain : dans la généalogie de la personne humaine interviennent les parents procréateurs et Dieu, l’unique Créateur ! La famille est donc appelée, à bon droit, « sanctuaire de la vie » parce que la vie humaine est sacrée dès sa conception et jusqu’à son terme. Le Concile Vatican II a défini la famille comme une “intime communauté de vie et d’amour” (GS 48). L’être humain a absolument besoin d’une famille pour s’épanouir. L’homme n’est pas fait pour vivre seul, mais pour se donner dans l’amour. Dans la famille, l’homme est aimé pour lui-même et il apprend à aimer en se donnant.

Famille, que dis-tu de toi-même ?

Le 8 octobre 1994, pour la première journée mondiale de la famille, Jean-Paul II, enthousiaste, disait :

«Famille que dis-tu de toi-même? Famille, famille chrétienne : qu’es-tu ? L’Église et la famille ont la même origine. Elles ont la même généalogie en Dieu : en Dieu le Père, le Fils et le Saint Esprit. C’est par cette généalogie divine qu’elles se constituent à travers le grand Mystère de l’Amour divin. L’Église et la famille trouvent leur origine dans ce Mystère. Famille, que dis-tu de toi-même ? «Je suis», dit la famille. “Pourquoi es-tu ?” «Je suis parce que Celui qui a dit de Lui-même : “Je Suis Celui qui Suis” m’a donné le droit et la force d’exister. Je suis, je suis famille, je suis le domaine de l’amour ; je suis le domaine de la vie; je suis ». “Que dis-tu de toi-même ?” « je suis Gaudium et Spes = joie et espérance».

Témoignons sans peur de la vérité sur la famille et la transmission de la vie selon le plan de Dieu dans la douceur de l’amour !

 

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

Dans une interview au Guardian, l'ancien employé de la NSA et de la CIA est revenu sur la vision de la Russie véhiculée aux Etats-Unis. Au départ «terrifié par l’endroit», Edward Snowden a finalement découvert «un des plus beaux pays du monde».

Asilé en Russie depuis 2013, l’ancien employé de la National Securtity Agency (NSA), Edward Snowden, qui avait révélé plusieurs programmes de surveillance de masse mis en place par les Etats-Unis et le Royaume-Uni, a donné une longue interview au Guardian dans laquelle il revient sur la perception de la Russie en Occident et principalement aux Etats-Unis.

Après avoir voyagé dans le pays et visité les villes de Saint-Pétersbourg ou de Sotchi, l’informaticien a avoué que la Russie était «l’un des plus beaux pays du monde» dans lequel les gens étaient «amicaux» et «chaleureux». «Quand je suis arrivé ici [en Russie] je n’y comprenait rien. J’étais terrifié par l’endroit car il représentait la forteresse de l’ennemi, c’est en tout cas comme cela que les agents de la Central Intelligence Agency (CIA) perçoivent la Russie», a-t-il expliqué.

«Il faut être prêt à se battre pour une cause si on veut du changement»

Regrettant que les idées préconçues des Américains sur le pays soient si éloignées de la réalité, il a rappelé que, malgré ce que pensent beaucoup d’étasuniens, il était possible d’avoir accès exactement aux mêmes biens et services de part et d’autre du Pacifique. Grand amateur de fast-food, l’ancien employé de la CIA a simplement regretté qu’il n’y ait pas plus de restaurants de la chaîne Taco Bell, spécialisée dans la nourriture Tex-Mex.

 

Rappelant n’avoir jamais imaginé vivre en Russie, Edward Snowden s’est finalement fait à son nouveau quotidien. Il confie beaucoup voyager à travers le pays, aller au restaurant ou recevoir des invités mais, très casanier, il assure passer le plus clair de son temps dans son appartement situé dans la banlieue moscovite, devant son écran d’ordinateur.

Alors que son livre Mémoire Vive sera disponible en librairie le 17 septembre prochain, jour anniversaire de la Constitution américaine, Edward Snowden a tenu à alerter sur les dérives auxquelles sont confrontées les sociétés modernes. «Le plus grand danger reste à venir avec les progrès de l’intelligence artificielle comme avec la reconnaissance faciale», a-t-il prévenu.

Il demande à ce que les gens soient informés des restrictions de libertés mises en place par les gouvernements, assurant vivre «dans un monde meilleur et plus libre» depuis ses révélations. «Il faut être prêt à se battre pour une cause si on veut du changement […] J’espère que ce livre aidera les gens à faire leurs propres choix», a-t-il également déclaré.

Au cours de l’interview, il est par ailleurs revenu sur un moment critique de son plan d’extraction de données. Alors qu’il avait dissimulé des documents dans un vieil ordinateur, et qu’il tentait de les récupérer, un de ses supérieurs l’a surpris lui demandant pour quelle raison il s’occupait de cette machine. «Alors je l’ai regardé dans les yeux et lui ai dit : «Je vole des secrets»». Et c’est exactement ce qu’il était en train de faire.

Lire aussi : Cinq ans après ses révélations, Snowden évoque l'espionnage des données : «Maintenant nous savons»

Raconter l'actualité

 

Lire aussi
Le lanceur Edward Snowden en 2016, photo ©Marcos Brindicci/Reuters
Lanceur d'alerte, un statut d'utilité publique dans un système démocratique ? (VIDEOS) 

 

 

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

 

Elle sera établie, pour les couples de femmes, par une reconnaissance conjointe chez le notaire.

C’est une petite phrase qui n’a pas manqué de déchaîner les passions. «Ce n’est pas l’accouchement qui fait la filiation» pour les couples de femmes ayant recours à une PMA, a lâché jeudi soir la ministre de la Justice, Nicole Belloubet. Devant les députés de la commission chargés d’examiner le projet de loi de bioéthique, le ton est monté lors de discussions sur le nouvel amendement du gouvernement concernant la filiation des enfants de couples nés par PMA.

«Pour les couples de femmes, la filiation est établie, à l’égard de chacune d’elles, par la reconnaissance qu’elles ont faite conjointement devant le notaire», prescrit cet amendement adopté jeudi soir. Cette filiation sera donc «fondée sur un acte de volonté et un projet parental» et «déconnectée de la vraisemblance biologique, pour les couples de femmes», a décrit la garde des Sceaux. Cette dernière a reconnu qu’il s’agissait d’une «révolution dans le droit de la filiation» mais «pour les couples de femmes seulement». Si «ce n’est pas l’accouchement qui fait la filiation», il restera cependant «une condition nécessaire», a-t-elle précisé.

» LIRE AUSSI - PMA: les députés veulent autoriser les centres de santé privés à conserver des gamètes

Cette solution juridique a été réécrite par la Chancellerie car le premier dispositif proposé par le gouvernement était jugé discriminatoire par les associations LGBT et des députés de la majorité. Le texte propose désormais qu’une reconnaissance conjointe (effectuée chez un notaire en même temps que le consentement au don de gamète) permette d’inscrire les deux femmes comme mères sur l’acte de naissance. Sans distinction. Enfin, ce document ne porterait aucune mention de la PMA et ce système de filiation ne ferait pas l’objet d’un titre spécifique du code civil.

Au-delà de leur opposition à la «PMA pour toutes», plusieurs députés de l’opposition se sont insurgés jeudi soir contre cette remise en cause du principe de droit romain «Mater semper certa est». «Le dispositif que vous allez nous présenter évince totalement la dimension charnelle de la filiation, s’est émue Annie Genevard (LR). Vous niez la spécificité de la mère qui accouche.»

«Cette volonté de gommer toute référence à la réalité charnelle de la procréation est une mesure idéologique»

Aude Mirkovic, porte-parole de l’association Juristes pour l’enfance

«Aujourd’hui, l’accouchement est une condition suffisante pour une femme d’être mère. Vous venez de nous dire que pour les couples de femmes, cela ne sera plus le cas. On crée une discrimination entre les femmes qui accouchent», a critiqué Xavier Breton. «Cette volonté de gommer toute référence à la réalité charnelle de la procréation est une mesure idéologique», dénonce Aude Mirkovic, maître de conférences en droit privé et porte-parole de l’association Juristes pour l’enfance. Ne plus mentionner la réalité de l’accouchement, cela veut dire créer un état civil déconnecté de toute réalité. Seuls les couples de femmes seraient concernés. Mais comment peut-on donner de l’importance à l’accouchement pour certaines femmes et le nier pour les autres? Sur le long terme, on peut craindre de voir les parents d’intention évincer les parents biologiques.» Et de s’inquiéter d’une volonté de «préparer le terrain» à l’autorisation de la gestation pour autrui en France. «Mettre hors sujet le fait d’avoir porté et mis au monde un enfant dans la filiation constitue une étape vers les mères porteuses», selon la juriste.

» LIRE AUSSI - PMA pour toutes: la Marche des Fiertés mobilise contre une loi «a minima»

Au sein même des associations LGBT, les avis sont partagés. Pour l’ADFH (association des familles homoparentales), cette reconnaissance conjointe anticipée permet «d’éviter de donner une primauté à la femme qui accouche sur l’autre mère». «Si ces femmes venaient à se séparer, il y aurait un risque que les juges donnent plus de droits à celle qui a accouché», relève son porte-parole, Fabien Joly. L’association réclame cependant l’extension de ce dispositif à tous les couples qui ont recours à un tiers donneur «pour des raisons d’égalité» et pour que «tous les enfants nés d’un don puissent accéder à leurs origines». À l’inverse, l’Inter-LGBT évoque une «incompréhension» à la Chancellerie. «Les femmes sont attachées au lien entre accouchement et filiation. Nous n’avons jamais réclamé une procédure d’établissement de filiation identique pour les deux mères par mesure d’égalité. Cela voudrait-il dire que, dans les couples hétérosexuels, le père est moins parent que la mère qui accouche?», note Laurène Chesnel, de l’Inter-LGBT. «La reconnaissance de l’enfant par le concubin pourrait être étendue à la concubine, pour les couples de lesbiennes, sans réécriture en profondeur du code civil», abonde Victor Deschamps, docteur en droit et maître de conférence à l’Université Paris 2.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 14/09/2019. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

 

La mythologie des FakeNews ne cesse de progresser et de gagner en substance et en ampleur. On nous annonce désormais les FakeNews “profondes”, qui entreront en service subversif et antiaméricaniste d'ici 2020, – dans les mains machiavéliques des Russes, cela va de soi. Elles vont plonger les USA dans « un véritable chaos », selon le sénateur républicain Sass. Les Fake-profondes, qui permettent d’imiter parfaitement la “réalité” (?) sont désormais annoncées comme une attaque terrifiante lors des présidentielles de 2020, capable d’avoir raison de la vertueuse démocratie américaniste. La chose était l’objet d’une conférence au plus haut niveau (dirigeants politiques, du renseignement, militaires, etc.), à Austin, au Texas.

Voici, pour avoir une idée plus précise de la terrifiante menace, le court rapport que fait de cette conférence le Washington Times, ce 3 décembre 2018 : « Les dirigeants américains ont déclaré que Vladimir Poutine avait utilisé un processus électronique bien connu lors des élections de mi-mandat du mois dernier, mais les responsables des services de renseignements et les principaux législateurs estiment qu'une menace beaucoup plus sinistre et potentiellement dévastatrice se profile – une attaque contre la réalité elle-même.

» Les conseillers politiques et les sénateurs des deux partis croient que le président russe ou d’autres acteurs hostiles aux États-Unis s’appuieront sur des “falsifications profondes” pour jeter le cycle des élections présidentielles de 2020 dans le chaos, poussant leur campagne pour influencer les électeurs américains et déstabiliser la société avec une intensité jamais atteinte.

» Ce sinistre processus, qui repose sur des technologies d’algorithme de reproduction en profondeur, produisent des enregistrements audio et vidéo de haute qualité montrant des personnes disant des choses qu’elles n’ont jamais dites ou décrivant des choses qu’elles n’ont jamais faites. Les analystes disent que la vidéo bidon sera virtuellement indiscernable, imitant des voix, des façons de parler, des expressions faciales et des contextes de ces interventions à un degré effroyablement réaliste.

» Des responsables américains participant à un forum de haut niveau sur la sécurité nationale la semaine dernière ont déclaré que question de la technologie constituait la prochaine menace majeure pour les élections américaines et potentiellement pour la démocratie elle-même. Les analystes estiment que les possibilités néfastes sont pratiquement infinies.

» Les chercheurs militaires américains considèrent les contrefaçons profondes comme une priorité absolue, et les législateurs ont déclaré que la coopération entre les forces armées, le secteur de la technologie et le Congrès serait nécessaire pour les contrer. “Nous nous dirigeons vers une époque où la technologie de la contrefaçon va provoquer un véritable chaos”, a déclaré vendredi le sénateur Ben Sasse, républicain du Nebraska, dans une salle pleine de responsables de l'armée, du renseignement et de la sécurité nationale. »

Avant de passer à l’appréciation de ces terribles Fake-profondes, modèle De Profundis, il serait bon de s’attarder un court instant à la perception et à la description de cette fameuse “réalité” qui paraît être l’objet de la menace. Ce que nous apprend ce texte assez anodin (en style et en volume), entre dits et non-dits, c’est que des éléments vérifiés et incontestables de la “réalité” passée sont implicitement et explicitement admis, et qu’il s’agit notamment de ceci :

• Il est tenu pour “vérifié et incontestable” que les Russes, sinon Poutine lui-même, ont évidemment et gravement interféré dans les élections présidentielles de 2016. Ce n’est pas dit parce qu’il n’est pas nécessaire de le dire, puisque “vérifié et incontestable” plutôt dix fois qu’une. (C’est nous qui affirmons la chose parce qu’il se lit entre les lignes et sur tous les tons possibles que tout le discours politique et “politiquement correct” courant aux USA considère cette chose comme acquise.) Il n’est considéré comme n’étant d’aucune importance qu’aucune preuve ni même la moindre indication assurée de la chose n’aient été officiellement apportées par l’enquête du procureur spécial Mueller ; lequel procureur spécial poursuit son enquête en faisant feu de tout bois et en utilisant jusqu’à plus soif les arrangements les plus douteux du monde avec l’avocat véreux Michael Cohen, ex-avocat (alors d’ores et déjà véreux) de Donald Trump, actuel président des États-Unis grâce à l’action éclairée et solidaire du président Poutine. C’est cela, la “réalité” de 2016 qu’il faudrait protéger en 2020... 

• Par contre, ce texte nous dit bien, toujours en passant et comme si cela allait de soi, qu’il y a eu des interférences russes, sinon de Poutine lui-même, dans les élections midterms (d'il y a un mois). La chose avait été annoncée par avance, tenue comme “vérifiée et incontestable” avant qu’elle ait eu lieu, et par conséquent elle a eu lieu et elle est “vérifiée et incontestable” pour tout un chacun, sans nécessité d’enquête, de preuves ni de procès. On comprend cela lorsqu’on lit : « Les dirigeants américains ont déclaré que Vladimir Poutine avait utilisé un processus électronique bien connu lors des élections de mi-mandat du mois dernier... »

• Par conséquent, la “réalité” présente que Poutine s’apprêterait à attaquer en 2020 avec des technologies imparables est elle-même une construction virtuelle et complètement faussaire réalisée selon les plans d’un architecte devenu fou à cette occasion, et “réalité” qui doit être pourtant tenue pour “vérifiée et incontestable”. On suit là la ligne de constat d’évidence développée dans sa texture actuelle depuis février 2014 et le “coup d’État de Kiev”, considéré selon cette narrative générale imposée par le Système comme une prise de pouvoir complètement démocratique contre une situation illégale, dictatoriale et manipulée par les mêmes Russes. Depuis cette affirmation, et avec la gâterie de la narrative des démocrates de juillet 2016 pour tenter de sauver la campagne d’Hillary, le déterminisme-narrativiste règne selon la ligne déterminée par le Russiagate, tout cela donnant une “‘réalité’ vérifiée et incontestable”, et donc complètement fabriquée.

L’imbroglio est à la fois orwellien et kafkaïen, à un point de subversion et d’inversion tel qu’il se pourrait qu’il y ait effectivement l’apparition opérationnelle et intrusive de ces nouvelles technologies d’imitation-profonde, et cela dans tous les sens ; nous pourrions même nous passer du conditionnel, ces technologies étant d’ores et déjà largement diffusées et la folie semblant sans limites ni la moindre capacité de freinage dans le vertige de sa constante accélération...

Alors, on peut déduire que l’avertissement ainsi donné vaut quasiment comme étant la description tenue par avance comme d’ores et déjà acquise d’une “réalité”-2020 d’ores et déjà réalisée, c’est-à-dire qu’on crée par avance un véritable chaos, un chaos-profond “vérifié et incontestable”. L’important n’est certainement pas l’auteur de ce chaos-profond, le coupable si vous voulez, mais le pré-conditionnement de la perception qui fait que tout se passe comme si l’interférence “vérifiée et incontestable” avait déjà eu lieu. A ce point, et toujours selon l’hypothèse complètement acceptable sinon évidente de la disposition de ces fameuses technologies, on peut évidemment imaginer que chacun s’empressera d’en faire usage, et que les interventions “réelles” elles-mêmes seront dénoncées comme du Fake-profond par qui sera intéressé de les disqualifier.

La seule chose assurée, finalement, devient “le chaos-profond” lui-même, quoi qu’il en soit des technologies, des Russes et de la vertu démocratique de l’américanisme. En annonçant que les interférences seront désormais parfaites et impossibles à distinguer du “réel”, et qu’elles auront lieu en 2020 ça-c'est-sûr, on installe le chaos-avant-le-chaos, ce qui implique un chaos-doublement-profond, quasiment un chaos-sans-fond... Les élites américanistes verrouillent toutes les sécurités pour empêcher tout retour à la normal ; elles se permettent ainsi d’exploiter toute possibilité supplémentaire de désordre, et bien sûr de faciliter avec entrain et une alacrité sans fin cette sublime perspective du “chaos-profond”. Nous pouvons être sûr qu’elles ne laisseront pas passer une pareille occasion.

Mis en ligne le 3 décembre 2018 à 12H55

Et si la PMA était la porte ouverte au post-humanisme ? © Pixabay

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

 

De nombreux spécialistes alertent les citoyens sur les conséquences de l’extension de la PMA et parlent de « ligne rouge à ne pas franchir ». De quoi s’agit-il ?

Dans cette rubrique, nous avons déjà expliqué la philosophie et la logique des marchés qui sous tendent réellement la demande d’extension de la PMA à toutes les femmes. Nous avons vu combien les désirs individuels des hommes sont exploités pour favoriser le développement d’une économie mais aussi d’une certaine idée de l’humain qui ne serait plus le fruit de la rencontre d’un homme et d’une femme mais deviendrait un produit marketté, fabriqué et acheté. De là à faire correspondre les hommes aux besoins, la tentation est là et le pas peut être vite franchi. Nous allons essayer de préciser ce que recouvre la notion de post-humanisme.

Aujourd’hui, la technique permet la réparation des corps : réparation au moyen d’une prothèse d’un membre perdu lors d’un accident, prothèse cardiaque, diminution ou suppression des tremblements liés à la maladie de Parkinson, détection in-utéro de maladies graves affectant l’embryon voire les possibilités de réparation en remplaçant un gène défectueux par un autre au moyen du séquençage de l’ADN Crisp-CasR9 ..etc. Personne ne peut vraiment se plaindre des aides au mieux être qu’apportent à l’homme défaillant physiquement, les progrès techniques. L’individu n‘est pas modifié, c’est son handicap qui est traité

Lire aussi : Au nom de l’égalité, PMA pour toutes et GPA même combat ?

L’objectif  du post-humanisme ou Transhumanisme est de « Devenir Dieu, Tuer la mort, télécharger dans le cerveau des contenus d’ordinateur, vaincre la maladie….. »  

L’homme qui ne peut s’empêcher de vouloir plus, utilise les nouvelles technologies (NBIC : nanotechnologies, Biotechnologies, Informatique et Sciences Cognitives) pour tenter d’augmenter les capacités de l’homme : œil augmenté pour les snipers, exosquelettes pour aller plus loin et plus vite, puces sous la peau pour avoir toutes les données administratives sur soi, etc. N’oublions pas les possibilités d’augmentation des embryons en choisissant des gamètes à fort potentiel voire en remplaçant certaines caractéristiques génétiques par d’autres.

Ce que permet la technique est il bon pour l’humain ?

Le deuxième niveau est développé par la robotique et remplace l’homme. Nous sommes tous déjà augmentés puisque nous avons des appareils téléphoniques et ordinateurs qui peuvent répondre à bon nombre d’interrogations et facilitent notre quotidien. L’entreprise voit dans le développement des robots d’autres sources de satisfactions, corvéables infatigables, ils peuvent aller là où les hommes ne vont pas, ont des capacités supérieures en force et ne s’arrêtent que lorsqu’un homme presse le bouton « off ». Ces robots exécutants sont désormais en service et font partie du quotidien de nombre d’entre nous. Apparaissent maintenant les robots autonomes programmés pour certaines tâches sophistiquées et qui apprennent à apprendre (deap-learning) : voitures bus, tramways, trains autonomes par exemple. Ils auront à réagir vite en cas d’accident comme le ferait un humain, mieux probablement. Sophia, la première femme robot mise en service en Arabie Saoudite en est un autre exemple : cette nouvelle femme s’est même vu octroyer la nationalité du pays d’accueil. C’est pourquoi l’Europe a voté un texte en 2018 dotant les robots de la responsabilité juridique.

 

La troisième catégorie vise à fabriquer des robots qui seraient en capacité de réfléchir et concevoir plus vite et mieux que l’humain, la difficulté étant qu’on ne peut pas les doter de conscience. Déjà, les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) travaillent sur ces sujets.

Lire aussi : Loi bioéthique : l’extension de la PMA en questions

Tous ces progrès techniques sont stupéfiants et fascinants, des secteurs économiques très spécialisés et très pointus se développent faisant la richesse d’un petit nombre,  mais que devient l’humain dans cette aventure ? Pouvons-nous dans certains domaines limiter l’application des nouvelles technologies à l’humain ou faut-il laisser faire et voir l’humanité se transformer et apparaître  un monde nouveau ? La question n’est pas nouvelle, Aldous Huxley a écrit Le meilleur des monde en 1932 , le film Bienvenue à Gattaca est sorti en 1986. En France nous avons la chance d’avoir un Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) qui est supposé réfléchir hors de toutes contraintes. L’éthique est donc importante pour nous et permet d’appréhender les limites.

Mais où est le lien entre Post-humanisme et PMA ?

Jusqu’à présent un homme et une femme, quelquefois aidés par un service de médecine, suffisaient pour faire un enfant. Une part de hasard était présente, sur le sexe du bébé, son potentiel intellectuel, son potentiel de santé et sur son développement car l’environnement participe à ce dernier. Aujourd’hui, la technique semble vouloir prendre la main et peut sélectionner les embryons sur des critères génétiques : sexes, génétique etc.., avec les diagnostics préimplantatoires. Outre l’ouverture d’un marché de la procréation, il s’agit bien de banaliser l’eugénisme, et dans certains pays travailler sur les potentiels des embryons. La technique le permet, la tentation de l’étendre à toutes est grande, même si pour le moment, c’est interdit.

Lire aussi : PMA : « Notre réelle inquiétude tient au devenir des enfants »

L’extension de la PMA à Toutes les femmes, avec son cortège d’opérations marchandes et techniques est donc la ligne rouge à ne pas franchir, même si le président du CCNEE la déplace à la GPA (gestation pour autrui). En effet, pour des raisons d’égalité, en France, si nous ouvrons la PMA à toutes les femmes, nous serons dans l’obligation juridique d’accorder la GPA aux hommes.

La ligne rouge est donc bien à la PMA

Le post-humanisme malgré la pression de la technique et des marchés,  nécessite donc une meilleure connaissance et un développement contrôlé afin de préserver l’humanité. A notre mesure, nous avons l’obligation chacun, de réfléchir aux conséquences de ces technologies sur les enfants et à défaut d’avoir une écologie humaine intégrale développée , http://www.tugdualderville.fr/humaine-environnementale-integrale-point-sur-lecologie/ne pourrions nous pas opter pour des précautions qui protègeraient nos enfants sur lesquels reposent le devenir de l’humanité ?

Une vingtaine d’associations appellent à la mobilisation

Bus ou co-voiturages organisé depuis Toulouse. Aller-Retour au prix de 30 euros minimum. Inscriptions et paiement sur : www.lamanifpourtous-occitanie.fr

Charyba.

 placer image 9.9.19 STRESS fuite ou combat

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

 

Les molécules du stress ont des fonctions très utiles et influencent notre santé, nous protégeant au quotidien. Explications.

Laurent Chatre est chargé de recherche CNRS au laboratoire imagerie et stratégies thérapeutiques des pathologies cérébrales et tumorales (ISTCT), équipe CERVOxy, UMR 6030 CNRS, UNICAEN, CEA, GIP au centre d’imagerie médicale Cycéron, à Caen.


Du plus profond de nos cellules jusqu’aux plus grandes fonctions physiologiques, une puissante force si mal comprise n’a de cesse de nous alerter. C’est le stress!

En 1925, le jeune médecin endocrinologue autrichien Hans Selye créée le mot «stress», qu’il décrit comme une réponse non spécifique du corps à une sollicitation qui lui est faite. C’est un «syndrome général d’adaptation», où l’organisme répond de manière identique quels que soient les stimuli qui l’ont provoqué. Mais à partir de cette description, tout s’est emballé et le stress a été vu (à tort!) comme notre pire ennemi.

Le stress est réversible, et il peut être positif comme négatif. Aigu ou chronique, il peut être physique avec une blessure, neurogène avec un endommagement du système nerveux ou psychogène avec des facteurs psychologiques. En neurobiologie, si le cerveau interprète une information comme un danger, alors l’hypothalamus (au centre du cerveau) active l’hypophyse (à la base du cerveau) pour produire l’hormone adrénocorticotrophine, qui va à son tour activer les glandes surrénales (à côté des reins) pour produire des hormones comme l’adrénaline, la noradrénaline et le cortisol. Le cortisol va alors préparer le cerveau, les muscles, le foie, le pancréas, la pression sanguine, l’activité cardiaque et le système immunitaire à «la fuite» ou «au combat».

La médecine pensait alors avoir trouvé son arme la plus puissante pour contrer ce stress, les antioxydants… jusqu’au terrible malentendu.

Mais bien au-delà, aux confins de nos cellules, le stress se matérialise aussi par des molécules si décriées et pourtant si utiles pour l’oxydation: les radicaux libres, ou oxydants, ou espèces réactives de l’oxygène (ROS pour «reactive oxygen species»). L’oxydation par ces molécules fut montrée du doigt dans à peu près toutes les maladies. Cause ou conséquence? Plus faciles à désigner comme cause, ils ont été des boucs émissaires, des inflammations aux cancers en passant par les infections et les maladies métaboliques. La médecine pensait alors avoir trouvé son arme la plus puissante pour contrer ce stress, les antioxydants… jusqu’au terrible malentendu.

Comme les cellules cancéreuses sont remplies de ROS, l’idée a été d’utiliser les antioxydants comme anticancéreux. Sauf qu’en 2011 l’antioxydant bêtacarotène s’avère être, à fortes doses, un procancer. Et en 2014, le laboratoire du Pr Martin Bergö, en Suède, sonne tout simplement la fin des réjouissances: les antioxydants NAC (N-acetylcysteine), vitamine E et bêtacarotène participent à fortes doses à provoquer des cancers du poumon et des mélanomes (cancers de la peau). Ce n’est alors que le commencement d’une grande réévaluation du stress et des antioxydants.

En 2017, un nouveau concept est mis en avant: les molécules rattachées au stress ne sont plus seulement les ROS, mais un ensemble de quatre familles de molécules en totale interaction. Émerge la notion d’«interactome des espèces réactives», avec les ROS, les RNS (espèces réactives de l’azote ou «reactive nitrogen species»), les RSS (espèces réactives du soufre ou «reactive sulfur species») et les RCS (espèces carbonyls ou «reactive carbonyl species»). Le stress avait bel et bien été sous-estimé, l’erreur est réparée et il est temps de revoir les cibles des antioxydants.

Ces molécules du stress ont des fonctions très utiles et influencent notre santé. Elles nous protègent quotidiennement. Par exemple, les ROS sont impliquées dans la défense antibactérienne avec le système immunitaire et dans le vieillissement, les RNS dans la vasodilatation des vaisseaux sanguins et dans le vieillissement, les RSS dans le maintien d’un métabolisme énergétique sain et contre les cancers, les accidents vasculaires cérébraux et les crises cardiaques, et les RCS dans les fonctions cérébrales et contre les maladies neurodégénératives.

Mais attention: ces «molécules du stress», il n’en faut ni trop peu, ni trop! Malheureusement, nous baignons dedans. L’eau oxygénée, ou oxygène actif (que l’on retrouve dans les piscines, les lessives, etc.), c’est le ROS peroxyde d’hydrogène, les nitrites et nitrates (conservateurs, engrais, dans les eaux) sont des RNS, l’hydrogène sulfuré, les sulfites (dans les vins) et les sulfates sont des RSS, et les cétones et les aldéhydes dans les huiles, dont les huiles essentielles, sont des RCS.

Ne maltraitons donc pas le stress. Comment l’aider? En mangeant de façon plus équilibrée, avec des fruits et des légumes riches en bons antioxydants, en s’oxygénant bien dehors, et toujours en écoutant son corps. Ou faudrait-il écrire… en écoutant son stress!

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 09/09/2019. Accédez à sa version PDF en cliquant ici