Ô...bonnes gens de bonne volonté .... feMMe-hoMMe de France ...ENtre-vÔyons ...ENtre-Ôyons .. ENtre-Dé-cÔuvrons .... que NOUS sommes EN pleine périÔde d' INVENTION de l' ENtre-HUMAIN ..... !!!!!!!!
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La presse locale rapporte une macabre découverte dans un appartement de Nantes. Un homme y serait décédé de mort naturelle en 2008 sans que ses voisins ni son propriétaire ne remarquent jamais rien.

Personne n’a rien vu, rien entendu, rien senti, ne s’est préoccupé de rien pendant plus de dix ans. À en croire l’histoire que rapporte Ouest-France, un homme qui serait décédé en 2008, n’a été retrouvé mort dans son logement que onze ans plus tard. Une incroyable histoire de solitude et d’indifférence. Sans famille proche, sans connaissances dans le quartier et alors que le courrier continuait à être distribué comme si de rien n’était et que les loyers étaient versés tous les mois, le décès du locataire est passé inaperçu.

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Il occupait un appartement du quartier Chantenay, à l’ouest de Nantes, dans un immeuble de trois étages installé dans une ancienne clinique. Les fenêtres closes depuis des années n’ont visiblement interpellé personne. C’est finalement une visite du propriétaire, décidé à récupérer son logement pour le mettre en vente, qui a débouché sur la macabre découverte. Comme l’explique Ouest-France, le logement était fermé de l’intérieur et son occupant était allongé par terre, mort, à côté de son lit.

Nourritures et journaux dataient de 2008

Selon les premières constatations effectuées sur place, tout indique que l’homme serait mort naturellement. La nourriture retrouvée dans son frigo datait de 2008, tout comme les journaux disposés dans l’appartement. Il semblerait qu’aucune odeur particulière n’ait été relevée au moment de cette découverte. L’enquête a permis de retrouver une nièce du défunt qui n’avait pas de nouvelles «depuis plusieurs dizaines d’années». Du côté des voisins, il semblerait que la plupart des résidents soient jeunes et se sont installés sur place après le défunt locataire. «Ça faisait plusieurs années que je voyais une boîte aux lettres se remplir. Je me suis dit que la personne ne relevait pas le courrier ou que c’était une résidence secondaire», confie à Ouest France un occupant de l’immeuble.

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CHRONIQUE - La personnalité singulière, et carrément excentrique selon les normes britanniques, du premier ministre anglais facilite la critique. Mais aussi les points de vue simplistes sur son action politique.

Les grands journaux semblent unanimes: le Royaume-Uni, en donnant le pouvoir à Boris Johnson, succomberait à la vague populiste qui propulserait au premier plan une nouvelle classe d’hommes politiques, qu’on aime présenter comme des aventuriers sans foi ni loi. Trump, Salvini et maintenant Johnson sont accusés d’avoir instrumentalisé les inquiétudes des sociétés occidentales pour se démarquer et parvenir au pouvoir. Les deux premiers se seraient emparés du thème de l’insécurité identitaire pour se faire élire, le troisième aurait misé sur l’euroscepticisme pour marquer sa différence dans le paysage politique et médiatique et construire sa carrière. Il y aurait toujours quelque chose de suspect à voir un homme politique occuper le créneau de l’identité ou de la souveraineté. Celui qui s’y déciderait aurait nécessairement d’inavouables arrière-pensées et fonctionnerait à partir des calculs les plus cyniques.

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Dans le cas de Johnson, sa personnalité singulière, et carrément excentrique selon les normes britanniques, facilite la critique. On le présente comme un gaffeur multirécidiviste et un clown triste égaré en politique. Contre lui, tous les coups sont permis. Il y a quelques semaines à peine, on s’en souvient, la presse internationale, et pas seulement la presse à sensation, s’était passionnée pour une banale dispute conjugale entre Boris Johnson et sa compagne - une dispute comme il y en a des millions chaque jour et qui à ce qu’on en sait ne passe pas encore sous le coup de la loi. De même, on aime mettre en relief ses amours plus complexes que la moyenne - sa vie privée, autrement dit, est soumise à une inspection permanente, comme si l’homme politique transgressant les dogmes du politiquement correct était d’une nature vile, peut-être même répugnante. Lorsqu’il faut diaboliser un homme politique, on se contente rarement de le faire à moitié.

La volonté d’en arriver enfin au Brexit

On pourrait pourtant inverser le regard. Ce qui distingue les leaders qu’on dit populistes, aujourd’hui, c’est qu’à la différence des hommes politiques ordinaires, qui ne sont souvent que des fonctionnaires élus, ils ne prétendent pas seulement gérer le mieux possible la société existante, mais faire l’histoire ou, du moins, peser lourdement sur son cours. Devant le sentiment d’une impuissance du politique, ils prétendent souvent incarner le volontarisme résolu, derrière lequel certains veulent voir une personnalité autoritaire. À tout le moins, leur personnalité n’entre pas exactement dans les catégories de la classe politique officielle. Ils n’acceptent pas la soumission du politique à la rationalité technocratique: ils mobilisent explicitement les affects et les passions. Pour cela, on les accuse souvent de démagogie. Pourtant, on ne met pas un peuple en mouvement en lui tenant un discours exclusivement comptable. Lorsqu’il s’agit de passer d’un régime à un autre, ou d’accomplir de grandes actions, qui exigent de grands efforts, il faut mobiliser les régions de l’âme humaine que la politique gestionnaire avait laissé s’atrophier. Churchill n’aurait pas dit autre chose.

On a voulu faire croire depuis trois ans que les Britanniques regrettaient leur choix, comme s’il ne pouvait être que le fruit d’un vote insensé, sans fondement intellectuel

Au-delà de la personnalité de Johnson, ce qui a favorisé son arrivée au pouvoir, c’est sa volonté d’en arriver enfin au Brexit. Alors que Theresa May multipliait les contorsions pour en arriver à un accord avec l’UE et ne masquait pas sa peur d’un Brexit sans accord, Boris Johnson n’hésite pas à dire que la rupture devra être, en quelque manière, chirurgicale. On ne demande pas la permission de quitter une entité comme l’UE, même si on peut souhaiter la faciliter, et cela, à l’avantage de tous. Un jour, il faut rompre sans demander la permission à personne. C’est un acte authentique de souveraineté où le droit est suspendu et où une nouvelle légitimité s’impose, à travers une décision refondatrice. Boris Johnson s’est présenté comme l’homme censé concrétiser une grande décision politique, prise parle peuple britannique. D’ici quelques mois, nous saurons s’il bluffait.

On a voulu faire croire depuis trois ans que les Britanniques regrettaient leur choix, comme s’il ne pouvait être que le fruit d’un vote insensé, sans fondement intellectuel, symptomatique du surgissement de l’irrationnel dans l’histoire. En d’autres mots, un esprit véritablement éclairé et informé ne pourrait être favorable à la restauration de la souveraineté nationale. Pourtant, on a vu lors des récentes élections européennes que les Britanniques se sont mobilisés massivement pour sauver leur Brexit, en plaçant en tête le Brexit Party, de Nigel Farage. Il appartient maintenant à Boris Johnson de rompre avec les atermoiements de Theresa May et de se montrer à la hauteur d’une des décisions politiques les plus exigeantes de notre temps. On verra alors si celui qui passait pour un clown saura devenir un authentique homme d’État. En d’autres temps, son modèle, Churchill, y est parvenu.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 27/07/2019. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

https://linsolent.typepad.fr/.a/6a00d8341c715453ef0240a471061c200c-pi

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On apprenait ce 26 juillet que le chef de l'État a invité Boris Johnson à une visite en France "dans les toutes prochaines semaines". Il s'est entretenu avec lui, en effet, pour la première fois au téléphone, depuis le fort de Brégançon, dans la soirée du 25 juillet.

Il a, nous assure-t-on, "félicité Monsieur Johnson pour sa nomination" et il "s'est réjoui de leur coopération sur les sujets bilatéraux, européens et internationaux."

On doit espérer que leurs entretiens à propos du Brexit demeureront, selon la formule utilisée par les services de la présidence de la république "dans le respect des exigences de l'Union européenne".

Les deux hommes se rencontreront en France, de toute manière, dans le cadre du sommet du G7, qui se tiendra du 24 au 26 août à Biarritz. Or, on nous apprend aussi que les deux dirigeants sont convenus de s'entretenir à propos de la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union Européenne.

À cet égard, Amélie de Monchalin, secrétaire d'État aux Affaires européennes, a apporté une précision indispensable : "Nous avons envie de travailler avec Boris Johnson sur le Brexit", a-t-elle déclaré sur France 2[1]. En revanche, "nous ne renégocierons pas l'accord sur le Brexit", a-t-elle confirmé.

Et cela me semble le point essentiel. Ni le gouvernement de Paris, ni aucun des 27 autres États-Membres, ne doivent insulter l'avenir des relations avec l'Angleterre. Or, revenir sur le résultat des 17 mois de travail sur l'accord, et plus encore négocier en ordre dispersé, risquerait de rouvrir une plaie redoutable : il ne faut surtout pas laisser penser à de possibles négociations bilatérales, cherchant à sauver, séparément, les exportations de vins de Bordeaux ou celles des voitures allemandes.

L'erreur serait de prendre Boris Johnson pour un clown[2], ce qui fait partie de son jeu. Toute sa carrière a démontré un talent certain, notamment comme maire de Londres, et une redoutable habileté démagogique. Issu de l'oligarchie britannique conservatrice la plus représentative et la plus mondiale[3], sorti de Eton et d'Oxford, il exprime le monde de Coningsby et celui de Downton Abbey.

Jeune collaborateur du Daily Telegraph il a travaillé comme correspondant à Bruxelles entre 1989 et 1994. Il n'y a probablement pas acquis la certitude d'une trop grande solidité des dirigeants européens… Quoi qu'il en soit, bluff ou pas, il a rapidement constitué un gouvernement de Brexiteurs durs.

Avec ou sans un accord immédiat Bojo-UE, il faudra bien définir s'il quitte l'Union le 31 octobre, des relations futures en empêchant une vraie dérive.

Et sa marche quasi triomphale de nouveau chef tory sur le 10 Downing Street, cette semaine, ne doit pas nous faire oublier les vrais dossiers auxquels l'Europe institutionnelle va se trouver confrontée, probablement sans lui à partir du 31 octobre.

À terme nécessairement, l'Angleterre, comme l'ont fait d'autres pays européens extra-communautaires tels que la Norvège, la Suisse ou l'Islande, établir une relation, la plus étroite possible avec le Vieux Continent.

On doit donc apprécier, dans cette optique, que la présidence de la république annonce une rencontre avec son Premier ministre.

Mais on ne doit pas perdre de vue que depuis 3 ans, la majorité des Anglais ayant décidé de bâtir de nouvelles relations, il est temps d'aboutir.

Les confins de l'Europe doivent aujourd'hui nous préoccuper autant que son indispensable axe central franco-allemand et ils appellent une protection : celle de l’Estonie face à la cybermenace des réseaux criminels de l'est ; l'Italie et toute l'Europe du sud face à la pression migratoire ; Chypre et la Grèce face aux pressions turques en mer Égée et en Méditerranée orientale ; la république d'Irlande aussi ; la Hongrie face aux routes balkaniques de l'immigration, etc.

Et lorsqu'un navire britannique est en danger dans le détroit d'Ormuz, ce seront aussi tous les Européens qui devront toujours faire front.

Signature

JG Malliarakis  
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Apostilles

[1] cf. son intervention à 9 h 08 le 26.7 dans l'émission Télématin.
[2] cf. dans ce registre trompeur l'article publié dans Libération du le 22 juillet : "Boris Johnson, futur bouffon de la reine" par Sonia Delesalle-Stolper.
[3] il compte même parmis ses ancêtres un des derniers représentants du libéralisme ottoman, liquidé par le kémalisme.

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Par

 

Al Pacino en six films cultes (6/6). « Once Upon a Time... in Hollywood », le dernier Tarantino, sort en salle le 14 août. L’acteur y joue l’agent d’une star détrônée, en 1969, par la génération du jeune Pacino.

C’est un effet de l’âge et la reconnaissance d’un talent immense : quand on lui offre un rôle, Al Pacino, entré dans sa 80e année, souhaite une proposition personnalisée. Sur mesure. Lorsque Quentin Tarantino pense à lui pour son nouveau film, Once Upon a Time... in Hollywood (en salle le 14 août), pour incarner Marvin Schwarz, l’agent d’une star de télévision et de cinéma sur le déclin, le cinéaste peaufine un contrat de mariage détaillé et argumenté.

Pacino n’aura qu’une poignée de scènes, mais l’ouverture du film, où est distribué l’essentiel des cartes, lui est réservée. Ensuite, même absent, Pacino reste, avec ses lunettes rondes, son costume sur mesure, sa passion pour les cigares et le cognac, le fil rouge du film : celui qui rappelle à son client, Rick Dalton, incarné par Leonardo DiCaprio, que le monde dans lequel il évolue a disparu et que sa carrière d’acteur est derrière lui.

Tarantino inscrit son film dans le Hollywood de 1969. Trois ans plus tôt, Rick Dalton s’en sortait plutôt bien, après avoir joué dans une série télé western, modelée sur le fameux Au nom de la loi, avec Steve McQueen, et quelques longs-métrages à succès.

Affiche du film « Once Upon a Time in Hollywood », de Quentin Trantino (2019).
Affiche du film « Once Upon a Time in Hollywood », de Quentin Trantino (2019). SONY PICTURES

Mais voilà que Hollywood est secoué par plusieurs ondes de choc : Dustin Hoffman marque les esprits en 1967 dans Le Lauréat, de Mike Nichols, puis c’est le triomphe d’Easy Rider, de Dennis Hopper (1969), et le déferlement de la vague hippie à l’écran. Bref, les standards en cours depuis les années 1950 paraissent obsolètes. Le physique des stars a changé : elles sont devenues androgynes, fluettes, avec des cheveux longs – impensable vingt ans auparavant.

Le Rick Dalton incarné par DiCaprio s’apprête à être détrôné par un profil d’acteurs ressemblant à s’y méprendre au Pacino révélé par Panique à Needle Park, en 1971. Et c’est justement ce dernier, désormais vétéran, qui lui annonce la mauvaise nouvelle. Tarantino tenait absolument à cet effet de miroir. Si Pacino avait refusé son offre, il aurait réécrit l’ouverture de son film.

Une passion sincère

Tarantino s’y prend souvent ainsi avec les comédiens issus d’une autre génération que la sienne, qu’il a admirés jeune, dont il a vu et revu les films, retenant leurs lignes de dialogues comme d’autres retiennent le répertoire des grands écrivains, manifestant pour eux une passion sincère, proche de l’émoi adolescent. La pierre angulaire de sa méthode est le come-back de John Travolta dans le rôle d’un tueur à gages héroïnomane pour Pulp Fiction (1994).

Tarantino est frappé quelque temps avant par une phrase de la critique du New Yorker Pauline Kael qui, à la question d’un possible retour au premier plan de Travolta après des années de films médiocres, répondait par l’affirmative : « Il le doit, car le cinéma a besoin de lui. » Le réalisateur transforme ce mot d’ordre en mission. Il poursuit Travolta des mois durant, lui soumet même la coupure de presse comportant ladite phrase de Pauline Kael pour le convaincre d’accepter le rôle et redonner du lustre à sa carrière.

Depuis près de vingt ans, l’acteur enchaîne les très mauvais films et les films passés inaperçus, qui accélèrent et dramatisent son déclin

Avec Pacino, Tarantino doit user d’une pédagogie comparable. En commençant par lui rappeler les contours d’une carrière si peu lisible depuis près de vingt ans. L’acteur enchaîne d’abord les très mauvais films – La Recrue, de Roger Donaldson (2003), 88 minutes (2007) et La Loi et l’ordre (2008), de Jon Avnet. Il y a aussi les films passés inaperçus, qui accélèrent et dramatisent son déclin, qui renvoient aussi à son statut jauni.

Dans En toute humilité (2014), de Barry Levinson, d’après un roman de Philip Roth, Pacino incarne un célèbre comédien de théâtre dépressif au point de devenir suicidaire après avoir perdu sa magie, son inspiration et sa confiance en lui. Dans Danny Collins (2015), de Dan Fogelman, il joue une rockstar sur le déclin qui n’a rien écrit d’original depuis trente ans.

Au milieu du désastre, un film tient une place à part, Jack et Julie, de Dennis Dugan (2011). Non qu’il soit supérieur aux autres. Il est pire. Il constitue même le nadir de la carrière d’Al Pacino. Passé inaperçu en France, il est davantage remarqué aux Etats-Unis en raison de la tête d’affiche, l’acteur Adam Sandler, qui tient les deux rôles du titre : Jack, un richissime publicitaire, et Julie, sa sœur jumelle.

Al Pacino joue tout simplement sa propre personne, sans rien omettre de sa biographie : un acteur célèbre, originaire du Bronx, traversant une crise professionnelle et identitaire. Ce rôle à part dans sa filmographie lui permet de se confronter à ce qu’il est : un acteur à la carrière éblouissante dans les années 1970 et 1980, qui ne trouve plus sa place dans le Hollywood actuel. « Je me vois tel que j’étais. Je ne sais plus où j’en suis », lâche-t-il dans une de ses répliques.

Capacité à s’humilier

En 2005, dans un texte publié dans la London News Review, Pacino écrit : « Brando est-il le plus grand acteur de l’histoire ? Sans doute pas. Le plus gros ? Peut-être. Mais le plus prompt à endurer l’humiliation à l’écran ? Oui, sans aucun doute. » Pacino n’est pas gros mais, avec Jack et Julie, il rejoint, dans cette capacité à s’humilier, son partenaire du Parrain.

Quelques mois avant la sortie de ce film, une rétrospective intitulée « Pacino, années 1970 » est présentée en février 2011, à New York. Sept films au programme : Panique à Needle Park et L’Epouvantail, de Jerry Schatzberg (1973), les deux premiers Parrain (1972 et 1974), de Francis Ford Coppola, Serpico (1973) et Un après-midi de chien, de Sidney Lumet (1975), Justice pour tous, de Norman Jewison (1979).

Cette rétrospective révèle en creux la piètre situation du cinéma américain : ces films, puissants mais parfois lents, complexes et durs aussi, auraient peu de chances de voir le jour dans les années 2010. Elle dit autre chose, que résume sans prendre de gants David Edelstein dans le New York Magazine : « Si j’étais mauvaise langue, je sous-titrerais ce festival Quand Pacino était encore bon. »

Ces points de vue font écho à ceux de Stephen Holden dans le New York Times, qui écrit une chose à la fois déprimante et prometteuse : dans le Hollywood numérique, obsédé par les effets spéciaux et les super-héros, un acteur comme Pacino n’a plus sa place. Mais le journaliste ajoute : « Son talent d’acteur est magnifiquement intact. Peut-être est-il trop grand pour les films hollywoodiens, dont la portée artistique n’a cessé de se restreindre depuis les années 1970. »

Trois films du renouveau

Si le talent est intact, mais inadapté à l’époque, la solution est de faire renaître Pacino dans des films qui flirtent avec sa gloire passée, mais portés par des cinéastes prestigieux et ancrés dans le temps présent. Comment, alors, ne pas considérer sa présence dans deux films prochainement à l’affiche, excitants et très attendus, comme la confirmation de son grand retour ?

A savoir Once Upon a Time... in Hollywood, de Quentin Tarantino, bientôt en salle, et The Irishman, de Martin Scorsese, attendu en novembre, cette fois sur la plate-forme Netflix – un opérateur très « nouveau monde ». Ajoutons qu’il devrait tourner, au printemps 2020, sous la direction de Michael Radford, Le Roi Lear, un rôle shakespearien que l’acteur a longtemps convoité tout en le maintenant à distance, troublé par sa proximité avec la mort.

Brad Pitt, Leonardo DiCaprio et Al Pacino dans une scène de « Once Upon a Time in Hollywood », de Quentin Tarantino.
Brad Pitt, Leonardo DiCaprio et Al Pacino dans une scène de « Once Upon a Time in Hollywood », de Quentin Tarantino. ANDREW COOPER / © 2019 CTMG, INC.

Ces trois films du renouveau se rejoignent par leurs liens avec le passé. Le nostalgique Once Upon a Time... in Hollywood immerge Pacino dans l’industrie du cinéma de 1969, une période où sa carrière se lance. Dans The Irishman, sous la direction de Scorsese, l’un des réalisateurs emblématiques des années 1970, il sera Jimmy Hoffa, le dirigeant syndicaliste disparu mystérieusement en 1975.

Surtout, le recours à la technologie numérique fera apparaître un Pacino rajeuni, retrouvant miraculeusement son visage des années 1980, tout comme son partenaire à l’écran, Robert De Niro, qui incarne un tueur à gages. Cette utilisation du morphing est une nécessité puisque le film suit les deux personnages sur plusieurs décennies.

Le retour de Pacino. Cette éventualité est évoquée dès 2011 avec le film Wilde Salomé, une exploration de la pièce d’Oscar Wilde qui retrouve la formule gagnante de Looking for Richard (1996) : il est à la fois cinéaste et acteur dans une œuvre qui mélange fiction et documentaire. Dans Wilde Salomé, Pacino s’empare d’une affiche de la pièce où l’on peut lire « Pacino est de retour », et il hurle : « Pacino est de retour ? C’est une question que j’ai dû gérer toute ma carrière. Que signifie une telle formule ? Comment pourrais-je me trouver à la hauteur d’une telle attente ? »

« Tu es là pour filmer mon âme »

Wilde Salomé reste le fondement permettant d’apprécier à sa juste valeur la décennie 2010 dans la carrière de Pacino. Ce film, il le finance, comme il a financé son essai sur Richard III. Deux ans plus tard, il prolonge l’exercice avec un autre film, Salomé, qu’il réalise aussi, mais qui est cette fois une captation de la pièce. Dans les deux cas, il s’agit pour l’acteur de parler de lui sans recourir à la première personne.

Avec Salomé, se pose une autre question. Pourquoi, après Shakespeare, Pacino s’empare-t-il d’Oscar Wilde ? Il faut écouter ici Benoît Delhomme, le directeur de la photo du Marchand de Venise (2004), de Michael Radford, d’après Shakespeare, avec Pacino dans le rôle de Shylock, puis des deux Salomé. Pour Delhomme, l’acteur a « un truc » avec les artistes. Avec les grands écrivains. Il explique :

« Personne n’imagine Al comme Oscar Wilde, mais lui s’estime plus proche de Wilde que de Shakespeare. Al s’identifie à Wilde, un artiste blessé. Les gens se demandent pourquoi Al hurle dans tous ses films, mais c’est parce qu’il est blessé. Je me souviens d’une fois, sur le plateau de Salomé, je le filmais – il était d’ailleurs particulièrement bon – et je m’arrête timidement sur lui. Je sais qu’en m’arrêtant trop brièvement sur son visage, il allait le remarquer. Et là, il explose, me convoque dans sa loge, devant une équipe terrifiée. Il me hurle dessus et me demande : Qui est la star du film ? Je lui réponds que c’est lui. Il me demande alors pourquoi je ne le filme jamais, et il se remet à hurler : Tu es là pour filmer mon âme. »

Sur le plateau du Marchand de Venise, Benoît Delhomme est frappé par le cérémonial entourant Pacino, l’attention concentrée sur lui, le soin qu’il place pour en devenir, à sa manière, le coréalisateur avec Radford :

« Nous avons commencé le tournage avec Jeremy Irons et d’autres acteurs. Quand Al est arrivé, il ne voulait pas être présenté aux autres comédiens. Il a fallu préparer son premier plan avec une doublure. Quand tout serait prêt, il arriverait. Il avait un côté bête sauvage, jamais un acteur ne m’a fait aussi peur. Je n’avais jamais vu ça. Dès qu’il arrivait sur le plateau, et même dans les parages, s’installait un silence colossal. Il me demandait juste où était sa marque au sol et l’on tournait immédiatement. »

Un cercle magique autour de sa personne

Pacino et Benoît Delhomme ne se parlent pas, échangent juste des regards et, en fonction de l’intensité de ceux-ci, le directeur de la photo comprend s’il a son accord. « Al a totalement dirigé Le Marchand de Venise de l’intérieur. On se rend compte qu’aucun metteur en scène ne sera à la hauteur pour lui. Il était gentil avec Michael Radford, mais il comprenait bien que ce n’était pas ça. On décrivait le plan à Al, qui ne se mêlait de rien. Mais, à l’intérieur du plan, il mettait en scène. Quand il fallait tourner une autre prise, il s’adressait à moi, pas à Radford. C’est lui qui décidait quelle prise serait la bonne. »

Quand on vient chercher Pacino dans sa loge, l’acteur touche souvent le poignet des gens. Il fait ce geste furtif et étrange avec Benoît Delhomme le dernier jour du tournage du Marchand de Venise. Pour lui signifier qu’il est accepté dans son entourage, formant ainsi un cercle magique autour de sa personne, comme du temps où il incarnait le Parrain.

Pacino mutualise aussi son travail, dégage de l’argent avec des films sans relief pour l’investir dans ce qui lui plaît

A bien des égards, Pacino épouse un destin wellesien. Il inscrit ses pas dans ceux du réalisateur et de la vedette de Citizen Kane (1941), qui met à profit sa carrière d’acteur foisonnante pour financer ses mises en scènes shakespeariennes : Othello (1952), Falstaff (1966) Le Marchand de Venise (1969), Filming Othello (1978).

Pacino mutualise aussi son travail, dégage de l’argent avec des films sans relief pour l’investir dans ce qui lui plaît. Et concentrer la majeure partie de ses efforts sur sa carrière de réalisateur ou d’acteur : Le Marchand de Venise, Wilde Salomé, Salomé et, donc, bientôt Le Roi Lear.

L’aspect financier de la carrière de Pacino n’est pas sans lien avec l’écosystème qu’il a bâti. « Je pense vraiment qu’Al a tourné tous ces films lamentables pour se mettre en position de réaliser des films comme Wilde Salomé », assure le journaliste Lawrence Grobel, un intime de Pacino, auteur du seul livre d’entretiens réalisé avec l’acteur. Une autre raison peut expliquer l’incohérence de sa filmographie. Il y a quelques années, l’acteur perd plusieurs millions de dollars à la suite de malversations de son manageur, Kenneth I. Starr.

Un spectacle assurance-vie

L’enjeu financier est aussi la raison du spectacle An Evening With Pacino, que l’acteur rode aux Etats-Unis dès 2015, avant de tourner un peu partout, notamment en France, à l’affiche du Théâtre de Paris les 22 et 23 octobre 2018. Le prix des places ? Entre 90 et 950 euros. Pacino est seul en scène, il parle de sa vie et de ses rôles, lit Shakespeare et Oscar Wilde. Outre le plaisir de voir un grand acteur en chair et en os, le spectateur se voit offrir en prime une coupe de champagne et un selfie avec la vedette de Scarface. Bref, il apparaît raisonnable de considérer ce spectacle comme une assurance-vie.

Mais l’acteur est intact. Son âge, le fait qu’il a mûri sur scène, s’y est toujours épanoui, constitue un argument de taille aux yeux de Tarantino. En le redécouvrant, en 2016, dans une pièce de David Mamet, China Doll, où il incarne un homme d’affaires véreux, mouillé dans la corruption politique et confronté à l’effondrement de son empire, Tarantino constate qu’il n’a jamais été aussi bon.

Al Pacino dans une scène coupée au montage de « Once Upon a Time in Hollywood »,  de Quentin Tarantino.
Al Pacino dans une scène coupée au montage de « Once Upon a Time in Hollywood »,  de Quentin Tarantino. ANDREW COOPER / © 2019 CTMG, INC.

« Je vais vous faire sourire, assure le réalisateur, mais Pacino est encore meilleur aujourd’hui qu’il ne l’était à l’époque de Serpico. Je ne vous dis pas que les films de son âge d’or ne sont plus à la hauteur, je vous signale juste à quel point son talent s’est bonifié avec les années alors que les films ne tenaient pas toujours la route. »

Quand il prépare un rôle avec un acteur, Tarantino aime traîner avec lui, juste passer du temps, pour discuter de tout et de rien. A l’époque de Pulp Fiction, il montre à Travolta une lunch box à son effigie qui date de La Fièvre du samedi soir, un objet d’une valeur inestimable pour la vedette, qui en ignorait l’existence. Pour Pacino, c’est différent. Une lunch box, même personnalisée, ne sert à rien. Alors, Tarantino insiste pour qu’ils revoient ensemble, dans la salle de cinéma qu’il a achetée en 1997, le New Beverly Cinema, à Los Angeles, L’Epouvantail, de Jerry Schatzberg.

Fragilité flagrante

Pacino, qui tourne le film juste après Le Parrain, entretient un rapport compliqué avec ce voyage dans l’Amérique de la marginalité où deux vagabonds, lui et Gene Hackman, se rencontrent sur une route et entament un voyage à la recherche de leurs origines. Sans doute parce que ce très grand film est un échec commercial, en dépit de la Palme d’or obtenue au Festival de Cannes, en 1973, peut-être aussi parce que sa fragilité n’a jamais été aussi flagrante dans un rôle en permanence sur le fil du rasoir. Toujours est-il que Pacino ne veut plus entendre parler de L’Epouvantail.

« Je l’ai supplié, raconte Tarantino. Je lui ai dit : Al, fais-le pour moi, pour me faire plaisir, regarde au moins les dix premières minutes, celles où ton personnage et celui d’Hackman se trouvent chacun d’un côté de la route, se toisent, et puis, après une longue observation, décident de partager leur vie. J’ai ajouté que c’était sa dernière chance de revoir L’Epouvantail en copie 35 mm, puisque vous savez que ma salle ne projette que des films en 16 mm ou en 35 mm, en aucun cas des copies numériques. »

Al Pacino finit par dire oui. « C’était comme s’il n’avait jamais vu le film, commente Tarantino. Il n’en revenait pas qu’il soit aussi beau, le cadrage, la caractérisation des personnages. Il était à ce point ému qu’il est resté jusqu’au bout. »

Al Pacino garde précieusement dans son armoire la garde-robe de « Serpico »

Quelques jours plus tard, Tarantino et Pacino se retrouvent pour dîner. En cinéphile méticuleux, le réalisateur multiplie les questions sur L’Epouvantail, pour constater à quel point ce film enfoui remonte à la surface. Le cinéaste apprend que l’acteur a gardé les chaussons noirs qu’il porte dans les séquences où lui et Hackman sont incarcérés dans un pénitencier, là même où la vedette du Parrain se fait violer par un détenu. Pacino les a portés et reportés ces chaussons, jusqu’au moment, pour reprendre l’expression lâchée au réalisateur d’Once Upon a Time... in Hollywood, où « les souliers se lassent de [sa] personne ».

Pacino conserve précieusement les reliques du passé. Il garde en particulier le costume de pilote de course, taillé pour lui par Roland Meledandri, que son personnage met dans Bobby Deerfield (1977) dès qu’il sort d’un circuit automobile. Pacino porte encore ce costume tous les jours, un an après la fin du tournage du film de Sydney Pollack, jusqu’à ce que l’habit perde sa forme.

Il garde précieusement dans son armoire la garde-robe de Serpico – son personnage de flic intègre refusant la corruption ambiante multiplie les tenues parce qu’il travaille le plus souvent infiltré. Ces trésors accumulés traduisent moins une nostalgie qu’une incapacité à se défaire de certains rôles. Le musée de Pacino, constitué d’artefacts parfois usés jusqu’à la corde, signifie juste que, au moment où l’essentiel de sa carrière est derrière lui, il vit moins dans le passé que dans un présent perpétuel, où le dialogue avec certains personnages ne saurait s’interrompre.

Quentin Tarantino, Benoît Delhomme et Lawrence Grobel ont été interviewés en mai.
« Al Pacino en six films cultes », une série en six épisodes
Rendez-vous au Monde Festival 2019 sur le thème « Imagine » !

La rédaction du Monde vous propose, du 4 au 6 octobre à Paris, une sélection de débats, spectacles et rencontres avec une centaine de personnalités, dont l’auteure féministe des Monologues du Vagin Eve Ensler, l’écrivain Russell Banks, l’essayiste Belinda Cannone , l’économiste Laurence Boone, l’humoriste Fary... Avec une trentaine de débats en lien avec l’actualité (« Poutine l’ingérent », « Indignés de tous pays ! » ...) ou sur des sujets de société : « Demain, quelle viande mangerons-nous ? » ou « Drag, voguing, le queer sur le devant de la scène »...

Sans oublier la « Nuit de l’imaginaire », la séance de danse participative à l’Opéra Bastille, le « faux procès » présidé par Renaud Van Ruymbeke, et la séance de méditation collective animée par le philosophe Fabrice Midal et la violoniste Anna Göckel .

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CORRELATS

 

 Un système qui fonctionne : Tinder est l’une des applications les plus rentables de l’Apple Store, avec 800 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018. « Oui, c’est comme ça que ça marche !, confirme une ancienne employée d’une application de rencontre, qui souhaite rester anonyme. Il y a davantage d’hommes sur l’application, et la majorité d’entre eux ne sont tout simplement pas montrés aux utilisateurs. Seuls les utilisateurs payants le sont. Les autres restent dans l’ombre, n’ont pas de “match”, se disent que c’est de leur faute… ou de celle des femmes. »

Tinder a permis une révolution : donner une image cool et fun de la rencontre en ligne. C’est encore comme ça qu’est perçu l’outil aujourd’hui, comme une application pour faire des rencontres légères, s’amuser, et pourquoi pas avoir une histoire d’une nuit. C’est une description exacte.

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190724

 

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Commentaires

Ronald

Pour la psychanalyse, prière de ne pas jeter le bébé avec (toute) l'eau du bain (par ailleurs effectivement très pollué), merci !
Rire.

Pour le reste, la pensée interdite est une évidence.

Objectivement les prévisions concernant l'avenir pourraient être on ne peut plus optimistes : les conditions moyennes de vie sur terre vont encore s'améliorer considérablement, plus vite, avec des inédits actuellement inconcevables.

La situation globale quand ceux qui naissent maintenant auront notre âge sera plus inimaginable (en conditions d'existence moyennes positives) par nous tous que ne l'était la situation moyenne actuelle des humains pour les gens nés en 1944 ou 1949.
Clin d'œil.

Rien que le nucléaire, le libre-échange sans frein abusif, et l'abandon de pratiques agricoles millénaires pour des solutions pratiques déjà disponibles, saines, économiques, rendrait la terre à la terre et la nature à la nature et effacerait progressivement le réchauffement climatique d'origine humaine.

Le grand obstacle c'est l'ignorance, la mésinformation bien davantage que la désinformation, les limites cognitives collectives et la quasi souveraineté des grandes tendances de l'opinion publique, laquelle est fonction de la systémique informative et de la mode du prêt à penser médiatiquement acceptable.

Robert Sablong

Toutes nos félicitations pour ce billet..

l'homocoques.fr

N.

Le débat scientifique sur le changement climatique a déjà eu lieu il y a une dizaine d'années, et l'immense majorité des spécialistes reconnaît à la fois la réalité du dérèglement et la responsabilité de l'activité humaine.

Le vrai débat, aujourd'hui, porte plutôt sur la nature des réformes à accomplir pour limiter le réchauffement climatique et notamment sur la politique énergétique à suivre : place des énergies renouvelables, utilisation ou non du nucléaire, etc.

Dominique


Ici la loi limite la liberté d'expression ... pourtant constitutionnelle ! Alors que la Constitution des USA interdit précisément à la loi de limiter la liberté d'expression.


Encore une fois la loi française opprime la liberté. Et l'occupant de l'Elysée en rajoute à l'arsenal juridique repressif.


Premier amendement à la Constitution des Etats-Unis, 1791 : « Le Congrès ne pourra faire aucune loi ayant pour objet l'établissement d'une religion ou interdisant son libre exercice, de limiter la liberté de parole ou de presse, ou le droit des citoyens de s'assembler pacifiquement et d'adresser des pétitions au gouvernement pour qu'il mette fin aux abus ».

Ce qui permet aux Américains de toujours pouvoir traiter de tout, en privé et en public : pas de pensée interdite ! Tout peut être dit ! Pas de procès et pas de condamnation ni pénale ni civile pour outrage, diffamation etc. !

Même si depuis peu des universités gauchistes tentent de bâillonner le "free speech" des étudiants conservateurs. Si les Antifas sont de plus en plus violents dans la rue ... mais un projet de loi prévoit de déclarer les Antifas comme organisation terroriste.

Et si Google Facebook Twitter etc. expulsent les libres conservateurs ... mais c'est parti : le Département de la Justice démarre une action contre ces géants - le contraire de la censure qu'a négocié l'Elysée avec eux - et d'autres réseaux numériques sont apparus qui respectent la libre expression.

 

 

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............... ni des chaussures ni du sac  ni ....

de Brigitte Macron ...............

 

NB

................ tout ces sites ... pour se donner " les moyens" d' exister ....

...à ce propos Cosette ne pouvait admettre que l'accès à mon sit était " gratuit " .... et que de problèmes soulevées ... avec la notion de " bénévolat " ...... auprès d' IRIS µ ........

 

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Thomas Jefferson est souvent présenté comme un homme sage et moral qui a contribué à poser les bases de la démocratie américaine. Il est le principal auteur de la Déclaration d’indépendance et le troisième président des États-Unis. Nous avons des monuments commémoratifs dédiés à lui dans la capitale nationale, et sa maison en Virginie est une destination touristique populaire.

Au cours de travaux d’entretien, des ouvriers sont tombés sur une pièce secrète. La pièce elle-même était une chose, mais son emplacement dans la maison était… étrange et soulevait quelques questions. Cette découverte a rouvert une controverse oubliée depuis plus de 200 ans autour de l’héritage du président.

 

 

 

1. Le patrimoine du président

Thomas Jefferson : Vous vous souvenez peut-être de lui comme du troisième président du pays. Il a joué un rôle déterminant dans la formation du gouvernement américain. Pendant qu’il exerçait ses fonctions, il a doublé la taille de la nation avec l’achat de la Louisiane en 1803. Avant sa présidence, ses contributions à la Déclaration d’indépendance ont consolidé Thomas Jefferson comme l’un des Pères fondateurs.

Nous pouvons remercier Jefferson d’avoir aidé à empêcher l’établissement d’une autre monarchie aux États-Unis. Et à cela, nous levons notre verre. Mais comme c’est le cas pour beaucoup de grands leaders, il y avait d’autres aspects de la vie de Jefferson qui ne sont pas encore bien connus à ce jour.

2. La maison de Jefferson en Virginie était une plantation

Avant d’emménager à la Maison-Blanche en 1801, Thomas Jefferson résidait dans sa plantation de Monticello à Charlottesville, en Virginie, un repère historique bien connu et visité par des milliers de touristes chaque année. Il avait hérité, du côté de son père, de cinq mille hectares de terres, ce qui exigeait beaucoup de main-d’œuvre. En 1776, il construit la Plantation de Monticello (qui se traduit par « Petite Montagne » en italien).

Qu’est-ce que vous pouvez bien faire de cinq mille hectares ? Eh bien, il y a la maison pour les propriétaires et toute l’infrastructure nécessaire pour la soutenir, y compris les quartiers pour les esclaves. Comme la plupart des propriétaires de grandes plantations, Jefferson avait des centaines d’esclaves. Mais il y en a un qui, selon la rumeur, aurait attiré son attention. Ce sont ces rumeurs qui ont rendu la découverte de la pièce secrète d’autant plus scandaleuse.

3. Oubliée depuis plus de cent ans

La plantation de Monticello a fait l’objet de nombreuses restaurations au fil des années, avec des projets qui ont démarré au cours du XXe siècle. Lors de sa transformation en musée, la chambre mystérieuse fut complètement cachée, même lorsqu’une salle de bain moderne y fut installée en 1941.

La salle de bains a été rénovée dans les années 1960 en raison de l’afflux important de visiteurs au musée, mais une fois de plus, les changements et la construction n’ont pas révélé la salle cachée. Ce qui a finalement donné aux archéologues un indice menant a un gros secret, provient d’une source surprenante…

4. Premier indice: le journal de son petit fils

Les historiens voulaient déterminer la disposition originale de la plantation de Monticello, et de cette façon, ils ont trouvé un document écrit par un des petits-fils de Thomas Jefferson. Dans ses documents, le petit-fils de Jefferson décrit une pièce qui ne correspondait pas à la disposition connue de la plantation de Monticello.

Il a décrit une pièce dans l’aile sud de l’ancienne maison. Au début, les archéologues étaient sceptiques quant à l’information. Mais ils se sont souvenus de l’ajout des sanitaires, ce qui les a fait réfléchir. Même si le petit-fils de Jefferson était connu pour être peu fiable, il semblait étrange que Jefferson Jr. Jr. rédige quelque chose de faux dans son journal.

5. Dans un endroit pas vraiment caché

En 2017, des archéologues ont effectué des fouilles dans le cadre d’un projet de restauration de la plantation de Monticello. Ce qu’ils ont découvert semblait appuyer les rumeurs vieille de plusieurs siècles sur l’héritage de notre troisième président. Cette fois-ci, ils prenaient au sérieux ce que le petit-fils de Jefferson avait écrit dans son journal.

Alors qu’ils cherchaient à découvrir l’emplacement original de l’aile sud du Monticello, ils ont finalement découvert ce que le petit-fils de Jefferson avait mentionné dans son journal. Ceci était passé inaperçu pendant des années, ce qui était surprenant, compte tenu de sa localisation. Curieusement, c’était à l’endroit même qui avait été rénové à de multiples reprises derrière la salle de bain.

6. Sous les canalisations

En démolissant la salle de bain, qui avait été rénovée sans incident à plusieurs reprises, l’équipe a découvert une petite pièce dont elle ignorait l’existence auparavant, autre que la référence dans les écrits du petit-fils du Jefferson. La pièce avait été scellée et cachée à la vue de tous pendant des centaines d’années.

La pièce mesurait environ 15 mètres sur 13. Il y avait un grand four en briques au milieu et pas de fenêtres. Mais ce qui a le plus fait sourciller les historiens, c’est son emplacement dans la grande maison. C’était tout près de la chambre personnelle de Jefferson, juste au bout du couloir.

7. Une controverse vieille de 200 ans

Revenons 200 ans en arrière, au temps de Jefferson. Un journaliste politique qui a écrit pour un journal de Richmond, James T. Callender, a rédigé un rapport incendiaire sur Jefferson avec l’intention de calomnier son nom. L’allégation principale du rapport suggérait que Jefferson avait commencé une relation avec une femme après le décès de son épouse.

En soi, ce n’est pas une accusation. Mais les choses ont dégénéré lorsque Callender a affirmé que Jefferson avait commencé une relation avec une esclave qui était sur la plantation depuis son plus jeune âge. Callender a appelé la fille la « concubine » de Jefferson.

8. D’autres accusations

Callender a également déclaré que Jefferson avait eu des enfants avec elle, mais qu’il ne s’était pas inscrit comme le père des enfants dans les archives publiques, dans le but de garder ses écarts de conduite secrètes. À ce moment-là, des rumeurs circulaient déjà au sujet de personnes qui ressemblaient étrangement au président.

Était-il possible que l’esclave de Jefferson ait eu des enfants dans cette petite pièce sans fenêtre, cachée du reste du monde ? Les historiens pensent que c’est une possibilité. Si oui, qui était cette femme mystérieuse, la mère des enfants du Père fondateur ? Cette pièce a-t-elle donné raison à Callender ?

 

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Dans un nouvel essai, la philosophe s’attaque à la procréation médicalement assistée et à ses conséquences, à rebours de sa famille politique.

«Cela va de soi», a répondu la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, interrogée sur la possibilité de rembourser la PMA pour les couples lesbiens ou les femmes célibataires. Une phrase lapidaire qui résume l’état d’esprit du camp du «progrès» face aux «avancées» bioéthiques: la politique se déroule sous le mode de l’évidence.

C’est justement pour rappeler que cela ne va pas de soi que la philosophe Sylviane Agacinski a fourni un argumentaire aussi concis que limpide, publié sous le beau titre L’Homme désincarné dans la collection «Tracts» chez Gallimard. L’auteur de Corps en miettes et du Tiers-corps poursuit dans cet essai court (40 pages) et ciselé sa réflexion sur l’incarnation au temps des technologies de la reproduction.

La philosophe n’hésite pas à aller à contre-courant des positions majoritaires de sa famille politique, la gauche. Elle regrette «une sorte d’intimidation, pour ne pas dire de terreur intellectuelle (qui) fait taire beaucoup de ceux qui se posent des questions, notamment dans les sphères médiatiques, universitaires ou politiques». Peu intimidée, elle ose avec persévérance poser les questions jusqu’au bout et dérouler les conséquences de progrès présentés comme inéluctables. On connaissait déjà son opposition à la gestation pour autrui, qu’elle compare à un «esclavage».

Paradigme anthropotechnique

Dans L’Homme désincarné, la féministe va plus loin, et évoque également les problèmes éthiques que pose la procréation médicalement assistée. La généralisation d’une pratique autrefois réservée aux seules personnes souffrant d’infertilité fait passer la médecine du paradigme thérapeutique au paradigme anthropotechnique et a des conséquences vertigineuses.

«Parler de l’infertilité d’une personne seule, d’une femme ayant passé l’âge de la ménopause ou d’un couple de même sexe est un pur non-sens», tranche la philosophe. Soucieuse de distinctions, elle règle son compte à l’invocation lapidaire et systématique de l’égalité pour mettre fin à toute possibilité de débat. Il faut rappeler, écrit-elle, que «la procréation (assistée ou non) n’a que faire des orientations sexuelles, et qu’elle a en revanche tout à voir avec l’asymétrie des deux sexes, qui ne sont en la matière ni équivalents ni égaux. Dans ce domaine, un couple de même sexe n’est pas équivalent à un couple sexuellement mixte, et le principe d’égalité devant la  loi n’empêche pas le législateur de régler différemment des situations différentes.»

» LIRE AUSSI - Sylviane Agacinski: les mises en garde d'une féministe contre les dérives du féminisme 

Sylviane Agacinski s’interroge sur le bouleversement de la filiation qu’entraîne la disparition du père dans la procréation

Enfin, Sylviane Agacinski s’interroge sur le bouleversement de la filiation qu’entraîne la disparition du père dans la procréation. En effet, «le rattachement d’un enfant à deux lignées parentales non équivalentes lui signifie sa propre inscription dans le genre humain, universellement mixte».

Imprégnée de la pensée grecque, Sylviane Agacinski est une philosophe de l’incarnation. Elle décrit l’avènement d’une société déchristianisée où «l’espoir de se délivrer de la chair n’a pourtant pas disparu», mais s’est déplacé vers la puissance technoscientifique.

Citant Merleau-Ponty - «Je n’ai pas de corps, je suis mon corps» -, elle plaide pour un retour au sens commun: nous sommes avant tout, comme le disait déjà Aristote, des êtres vivants, c’est-à-dire marqués par la naissance, la reproduction et la mort. Renoncer à ces limites signifie notre déshumanisation.

«Le CCNE (Comité consultatif national d’éthique, NDLR) n’est pas là pour indiquer où se trouvent le bien et le mal», avait naguère proféré le Pr Jean-François Delfraissy. Sylviane Agacinski répond: «Si l’éthique s’effondre, le droit est perdu.» Un ouvrage éclairant qui permet de se faire une idée des enjeux vertigineux qui accompagnent des avancées présentées comme inévitables.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 24/07/2019.

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"On sait que l’infini est une catégorie fondamentale de l’ontologie de Spinoza. En un certain sens, Spinoza soutient que tout ce qui existe « vraiment », ou « en vérité » – la préposition « en » étant à prendre en son sens topologique –, est infini.

À partir de quoi, l’élaboration du concept d’infini dispose trois strates :

– L’unique Substance, ou Nature, ou Dieu, qui est « absolument » infinie.

– Les attributs de la Substance, qui sont reliés de trois façons au concept de l’infini : d’abord, il y a une infinité d’attributs de la substance ; ensuite, chaque attribut « exprime » l’infinité de la Substance ; enfin chaque attribut est infini.

– Il existe des « choses » qui, quoique singulières, et dont l’être est donc limité en son genre, sont néanmoins infinies : ce sont des modes infinis de la Substance, qui sont par ailleurs en quelque sorte inclus dans un attribut déterminé. Ainsi, la « figure » (facies) de tout l’univers est un mode infini de l’attribut étendue.

Le but de mon intervention est d’y voir clair dans cette stratification de l’infini, et de lier cette clarification à ma propre théorie, encore inédite, des attributs de l’Absolu. L’Absolu étant pour moi le lieu de pensée de toutes les formes possibles du multiple." AB.

Alain BADIOU, philosophe, romancier, dramaturge et militant politique, a participé à la création du Centre Universitaire Expérimental de Vincennes (1968-69). Il a enseigné au département de philosophie de Paris 8 jusqu’en 1999, puis à l’École Normale Supérieure. Il développe actuellement un système inauguré en 1988 par L’Être et l’événement (Paris, Seuil), et poursuivi en 2006 par Logique des mondes. L’Être et l’événement 2 (Paris, Seuil). L’ensemble de son œuvre est l’objet de nombreuses traductions dans le monde entier.