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Les Fake-profondes : De Profundis, USA

La mythologie des FakeNews ne cesse de progresser et de gagner en substance et en ampleur. On nous annonce désormais les FakeNews “profondes”, qui entreront en service subversif et antiaméricaniste d'ici 2020, – dans les mains machiavéliques des Russes, cela va de soi. Elles vont plonger les USA dans « un véritable chaos », selon le sénateur républicain Sass. Les Fake-profondes, qui permettent d’imiter parfaitement la “réalité” (?) sont désormais annoncées comme une attaque terrifiante lors des présidentielles de 2020, capable d’avoir raison de la vertueuse démocratie américaniste. La chose était l’objet d’une conférence au plus haut niveau (dirigeants politiques, du renseignement, militaires, etc.), à Austin, au Texas.

Voici, pour avoir une idée plus précise de la terrifiante menace, le court rapport que fait de cette conférence le Washington Times, ce 3 décembre 2018 : « Les dirigeants américains ont déclaré que Vladimir Poutine avait utilisé un processus électronique bien connu lors des élections de mi-mandat du mois dernier, mais les responsables des services de renseignements et les principaux législateurs estiment qu'une menace beaucoup plus sinistre et potentiellement dévastatrice se profile – une attaque contre la réalité elle-même.

» Les conseillers politiques et les sénateurs des deux partis croient que le président russe ou d’autres acteurs hostiles aux États-Unis s’appuieront sur des “falsifications profondes” pour jeter le cycle des élections présidentielles de 2020 dans le chaos, poussant leur campagne pour influencer les électeurs américains et déstabiliser la société avec une intensité jamais atteinte.

» Ce sinistre processus, qui repose sur des technologies d’algorithme de reproduction en profondeur, produisent des enregistrements audio et vidéo de haute qualité montrant des personnes disant des choses qu’elles n’ont jamais dites ou décrivant des choses qu’elles n’ont jamais faites. Les analystes disent que la vidéo bidon sera virtuellement indiscernable, imitant des voix, des façons de parler, des expressions faciales et des contextes de ces interventions à un degré effroyablement réaliste.

» Des responsables américains participant à un forum de haut niveau sur la sécurité nationale la semaine dernière ont déclaré que question de la technologie constituait la prochaine menace majeure pour les élections américaines et potentiellement pour la démocratie elle-même. Les analystes estiment que les possibilités néfastes sont pratiquement infinies.

» Les chercheurs militaires américains considèrent les contrefaçons profondes comme une priorité absolue, et les législateurs ont déclaré que la coopération entre les forces armées, le secteur de la technologie et le Congrès serait nécessaire pour les contrer. “Nous nous dirigeons vers une époque où la technologie de la contrefaçon va provoquer un véritable chaos”, a déclaré vendredi le sénateur Ben Sasse, républicain du Nebraska, dans une salle pleine de responsables de l'armée, du renseignement et de la sécurité nationale. »

Avant de passer à l’appréciation de ces terribles Fake-profondes, modèle De Profundis, il serait bon de s’attarder un court instant à la perception et à la description de cette fameuse “réalité” qui paraît être l’objet de la menace. Ce que nous apprend ce texte assez anodin (en style et en volume), entre dits et non-dits, c’est que des éléments vérifiés et incontestables de la “réalité” passée sont implicitement et explicitement admis, et qu’il s’agit notamment de ceci :

• Il est tenu pour “vérifié et incontestable” que les Russes, sinon Poutine lui-même, ont évidemment et gravement interféré dans les élections présidentielles de 2016. Ce n’est pas dit parce qu’il n’est pas nécessaire de le dire, puisque “vérifié et incontestable” plutôt dix fois qu’une. (C’est nous qui affirmons la chose parce qu’il se lit entre les lignes et sur tous les tons possibles que tout le discours politique et “politiquement correct” courant aux USA considère cette chose comme acquise.) Il n’est considéré comme n’étant d’aucune importance qu’aucune preuve ni même la moindre indication assurée de la chose n’aient été officiellement apportées par l’enquête du procureur spécial Mueller ; lequel procureur spécial poursuit son enquête en faisant feu de tout bois et en utilisant jusqu’à plus soif les arrangements les plus douteux du monde avec l’avocat véreux Michael Cohen, ex-avocat (alors d’ores et déjà véreux) de Donald Trump, actuel président des États-Unis grâce à l’action éclairée et solidaire du président Poutine. C’est cela, la “réalité” de 2016 qu’il faudrait protéger en 2020... 

• Par contre, ce texte nous dit bien, toujours en passant et comme si cela allait de soi, qu’il y a eu des interférences russes, sinon de Poutine lui-même, dans les élections midterms (d'il y a un mois). La chose avait été annoncée par avance, tenue comme “vérifiée et incontestable” avant qu’elle ait eu lieu, et par conséquent elle a eu lieu et elle est “vérifiée et incontestable” pour tout un chacun, sans nécessité d’enquête, de preuves ni de procès. On comprend cela lorsqu’on lit : « Les dirigeants américains ont déclaré que Vladimir Poutine avait utilisé un processus électronique bien connu lors des élections de mi-mandat du mois dernier... »

• Par conséquent, la “réalité” présente que Poutine s’apprêterait à attaquer en 2020 avec des technologies imparables est elle-même une construction virtuelle et complètement faussaire réalisée selon les plans d’un architecte devenu fou à cette occasion, et “réalité” qui doit être pourtant tenue pour “vérifiée et incontestable”. On suit là la ligne de constat d’évidence développée dans sa texture actuelle depuis février 2014 et le “coup d’État de Kiev”, considéré selon cette narrative générale imposée par le Système comme une prise de pouvoir complètement démocratique contre une situation illégale, dictatoriale et manipulée par les mêmes Russes. Depuis cette affirmation, et avec la gâterie de la narrative des démocrates de juillet 2016 pour tenter de sauver la campagne d’Hillary, le déterminisme-narrativiste règne selon la ligne déterminée par le Russiagate, tout cela donnant une “‘réalité’ vérifiée et incontestable”, et donc complètement fabriquée.

L’imbroglio est à la fois orwellien et kafkaïen, à un point de subversion et d’inversion tel qu’il se pourrait qu’il y ait effectivement l’apparition opérationnelle et intrusive de ces nouvelles technologies d’imitation-profonde, et cela dans tous les sens ; nous pourrions même nous passer du conditionnel, ces technologies étant d’ores et déjà largement diffusées et la folie semblant sans limites ni la moindre capacité de freinage dans le vertige de sa constante accélération...

Alors, on peut déduire que l’avertissement ainsi donné vaut quasiment comme étant la description tenue par avance comme d’ores et déjà acquise d’une “réalité”-2020 d’ores et déjà réalisée, c’est-à-dire qu’on crée par avance un véritable chaos, un chaos-profond “vérifié et incontestable”. L’important n’est certainement pas l’auteur de ce chaos-profond, le coupable si vous voulez, mais le pré-conditionnement de la perception qui fait que tout se passe comme si l’interférence “vérifiée et incontestable” avait déjà eu lieu. A ce point, et toujours selon l’hypothèse complètement acceptable sinon évidente de la disposition de ces fameuses technologies, on peut évidemment imaginer que chacun s’empressera d’en faire usage, et que les interventions “réelles” elles-mêmes seront dénoncées comme du Fake-profond par qui sera intéressé de les disqualifier.

La seule chose assurée, finalement, devient “le chaos-profond” lui-même, quoi qu’il en soit des technologies, des Russes et de la vertu démocratique de l’américanisme. En annonçant que les interférences seront désormais parfaites et impossibles à distinguer du “réel”, et qu’elles auront lieu en 2020 ça-c'est-sûr, on installe le chaos-avant-le-chaos, ce qui implique un chaos-doublement-profond, quasiment un chaos-sans-fond... Les élites américanistes verrouillent toutes les sécurités pour empêcher tout retour à la normal ; elles se permettent ainsi d’exploiter toute possibilité supplémentaire de désordre, et bien sûr de faciliter avec entrain et une alacrité sans fin cette sublime perspective du “chaos-profond”. Nous pouvons être sûr qu’elles ne laisseront pas passer une pareille occasion.

Mis en ligne le 3 décembre 2018 à 12H55

 

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LE SCAN POLITIQUE - Alors qu'une quatrième journée de mobilisation se prépare, le chef de l'État a demandé à l'opposition de «lancer un appel au calme» mercredi lors du conseil des ministres. Une demande relayée par Edouard Philippe pendant son discours à l'Assemblée.

Éviter un nouveau samedi noir. Malgré les annonces du premier ministre mardi dans une logique d'apaisement, les «gilets jaunes» se préparent sur les réseaux sociaux à un quatrième samedi de mobilisation. Après les terribles images du 1er décembre, l'exécutif met tout en œuvre pour empêcher de nouvelles scènes de violences. Mercredi, lors du conseil des ministres, Emmanuel Macron en a appelé à la «responsabilité» de l'opposition. «Le président a demandé aux forces politiques, aux forces syndicales, au patronat de lancer un appel clair et explicite au calme et au respect du cadre républicain», a rapporté le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, à l'issue du conseil.

«Silence coupable»

«Le moment que nous vivons n'est plus à l'opposition politique mais à la République», a indiqué Emmanuel Macron, estimant que «certains aujourd'hui ne poursuivent qu'un seul et même objectif: attaquer la République». Selon Benjamin Griveaux, le chef de l'État en a aussi profité pour dénoncer «le silence coupable et l'opportunisme de ceux qui se livrent à ces comportements», sans pour autant citer un ou une responsable politique. «Ceux qui font preuve de cynisme, d'opportunisme se dévoilent jour après jour sur les plateaux de télévision et à vos micros. Il est donc inutile de les nommer. Ils se reconnaîtront», a simplement affirmé le porte-parole du gouvernement.

Lors de son discours à l'Assemblée nationale mercredi après-midi, Edouard Philippe a à son tour averti: «Tous les acteurs du débat public responsables politiques, syndicaux, éditorialistes, citoyens seront comptables de leurs déclarations dans les jours qui viennent». Un appel à «la responsabilité» qui a provoqué de longues huées de l'opposition, empêchant le premier ministre de poursuivre son discours pendant de longues secondes.

Sur Facebook, plusieurs pages «événement», qui annoncent des mobilisations à Paris ou en région, rassemblent déjà plusieurs dizaines de milliers de personnes. Certaines d'entre elles n'hésitent pas à prôner la violence. Dans un souci de précaution, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a invité mardi les «gilets jaunes raisonnables à ne pas se rassembler à Paris samedi prochain».

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Quel sac Vuitton choisir, en ces temps de colère populaire ? Quel tailleur ? De quelle grande maison ? La détresse de Brigitte Macron qui ne sait plus quoi se mettre pour avoir l’air ni trop chic, ni pas assez, émeut les rédactions des magazines féminins. Porter du jaune est impensable. Le manteau Vuitton à 3.600 euros insortable. Il était, paraît-il, prêté par la marque. Après qu’il a eu pris la pluie durant les commémorations de la Grande Guerre, les employés de la boutique auraient donc essoré le manteau avant de le replacer dans la vitrine. Une occase. La mention « Porté par Brigitte Macron » conférait au vêtement un supplément d’âme. Elle était dedans il y a à peine trois jours. Il reste quelques atomes. Un cheveu d’Emmanuel a été retrouvé dans une poche.

À l’occasion de ces mêmes cérémonies, Closer se pâmait : « Brigitte Macron enchaîne 5 tenues différentes en deux jours ! » Conseiller technique : Arturo Brachetti, lui-même disciple de Fregoli. Transformation à vue. Trois tailleurs superposés, deux pantalons rouges d’un côté, bleus de l’autres, chaussures réversibles… Plutôt qu’apprécier le côté music-hall de la prestation, le smicard creusois – qui n’a aucun goût – s’agaçait devant sa télé. Et puis ce fut le drame.

Alors que la première dame était sur le point de passer le mur du son de la débauche de luxe avec des diamants collés sur le front et un vélo électrique en or massif, crac ! « Les gilets jaunes ». La carrière d’une fashion victim d’Amiens brisée en plein vol. Les rédactrices de Closer en larmes, Marie-Claire effondrée, burn out en chaîne chez Madame Figaro.

Le rôle de Brigitte Macron dans le « trop, c’est trop » des Français n’est pas à négliger. Le look « attachée de presse » fringuée comme un sapin de Noël à 2.000 euros la guirlande n’a pas séduit les foules. En accompagnement des efforts demandés, le festival de tenues haute couture pétaradantes représentant chacune un ou deux mois d’un salaire moyen a chiffonné l’employé surtaxé. A contribué, pour une part, à énerver l’opinion. Nul besoin d’un bac+12 pour comprendre que l’attitude n’allait pas dans le sens d’un apaisement. Selon des sources bien informées, il y aurait, à l’Elysée, des conseillers en communication. Incompétents ou prêchant dans le désert ?

L’après-gilets jaunes devra comporter, entre autres changements, l’abolition intégrale du statut de première dame. Aucun bureau, ni frais de représentation, ni Mobylette® de fonction. Les émoluments du Président suffisent à pourvoir aux dépenses de madame. Dans le cas Brigitte Trogneux, ses revenus personnels provenant d’une retraite de prof et d’investissements locatifs lui permettent de subvenir à ses besoins sans recourir au moindre centime du budget de l’État. Les bloqueurs de ronds-points le disent en filigrane : la fête est finie. Homo festivus a vécu. Les sapins de Noël ne durent qu’un temps.

 

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Par Stéphane Kovacs
Mis à jour le 04/12/2018 à 21h05

Une délégation de « gilets jaunes » a quitté Mende pour se rendre à Paris.

C'est une longue «marche jaune» depuis Mende, en Lozère, jusqu'à l'Élysée. Il y a Ricou, éducateur dans les sports mécaniques. Sébastien, accordéoniste, qui vient de l'Aveyron. Patrice, fonctionnaire des impôts, qui «risque de perdre son poste» après être «sorti de son droit de réserve». Et puis Gaël, handicapé, qui a tenu à suivre dans sa camionnette, transportant les vivres, les sacs de couchage et les courriers. Des «centaines, et même des milliers de lettres et de pétitions» qu'ils apporteront, «pour Noël», au président de la République. Comme Patrick de Perglas, un autre «gilet jaune», qui avait parcouru 340 km à pied de Chalon-sur-Saône jusqu'à Paris et fait une grève de la faim, et qui a pu avoir un court échange avec Emmanuel Macron ce mardi, ils espèrent être entendus.

C'est au rond-point de Fontanille, à la sortie de Mende, qu'ils se sont rencontrés il y a une dizaine de jours. «Les gens nous apportaient à manger, nous parlaient de leurs problèmes, raconte Ricou, 53 ans. Mais comment faire remonter tout ça à nos dirigeants, qui sont complètement perchés, à Paris? On s'est dit: on va demander aux habitants d'écrire des lettres, et on va les transmettre à l'Elysée.» Tout au long de leur périple de près de 800 km, ils ont prévu de traverser quelque 200 communes. «Préparez vos lettres à Macron!» lance Ricou, le meneur, gilet jaune sur doudoune rouge, sur leur page Facebook «En marche pour Paris».

«Y a le feu à la baraque»

«Lundi soir, on a fait notre première halte à Pradelles, en Haute-Loire, hébergés par le maire, précise-t-il. Ce mardi, nous dormirons au Puy-en-Velay. Chaque jour, on a prévu des haltes, avec des gens qui viennent nous rencontrer, marcher quelques bornes à nos côtés.»

Les annonces d'Édouard Philippe ne leur feront «certainement pas» rebrousser chemin. «C'est de la vaseline! s'enflamme Ricou. Y a le feu à la baraque ; il faudrait trois Canadair, et on nous propose trois chopes à bière!» Saisonnier, Ricou gagne «entre 1300 et 1500 euros les bons mois, mais 800 euros hors saison». «Quelquefois, j'ai des parents qui me paient en fromages ou en saucissons, assure-t-il. On a rencontré des gens qui ne font qu'un repas par jour: c'est ça, la France de 2018! Nous, on veut la dignité.» Ces marcheurs en fluo clament aussi ce qu'ils «ne veulent pas» : «la violence». «Attention! mettent-ils en garde. Même chez nous, en Lozère, il y en a qui sont en train de préparer les baïonnettes, qui veulent aller jusqu'à Lyon la prochaine fois! Nous, on n'a pas envie que ça se transforme en guerre civile.»

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 05/12/2018. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

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Par Sylvia Zappi Publié hier  4.12.18 à 20h42

La petite troupe de « gilets jaunes » est toujours aussi déterminée, devant la préfecture, en ce matin de 4 décembre ensoleillé. Les annonces du gouvernement de surseoir à la hausse de la taxe sur le gazole et autres mesures temporaires n’ont pas suffi à calmer la révolte. Des folles journée et nuit de samedi ne subsistent qu’une flaque de peinture jaune sur le trottoir et quelques abribus par terre. Charleville-Mézières, préfecture des Ardennes, avait depuis longtemps oublié la violence que peut engendrer la colère ouvrière.

« Ils nous donnent des cacahuètes comme à des singes. C’est pas suffisant pour qu’on lâche. » Lary Sere est le premier à réagir. Ce quinquagénaire à la barbiche grisonnante, ancien forgeron des ateliers Thomé-Génot – une usine de pièces automobiles qui a fermé en 2006 après des mois de grève –, résume bien le sentiment général. « Il y a tant de choses qui ne vont pas que cela ne change rien. On ressent une accumulation de ras-le-bol qui fait qu’on veut bien plus », renchérit Elodie Renault, une esthéticienne en congé parental.

Lire aussi « Gilets jaunes » : Edouard Philippe annonce la suspension de trois mesures fiscales, dont la hausse des carburants

Solidarité et camaraderie

Lary et Elodie sont sur les barrages depuis le début du mouvement. Ils y ont vécu le froid, les bombes lacrymogènes, les charges policières, mais y ont aussi découvert la solidarité et la camaraderie de « ceux d’en bas ». Elodie ravitaille les piquets tous les matins, une fois ses quatre enfants confiés aux grands-parents. Avec un mari qui « gagne bien » – 2 000 euros net comme conducteur dans une tuilerie –, ils n’arrivent qu’à remplir les assiettes, raconte-t-elle.

« Il faut une augmentation du pouvoir d’achat, une hausse des salaires, des retraites et des indemnités chômage »

« Ça fait longtemps qu’on avait envie de bouger. Il faut une augmentation du pouvoir d’achat, ça veut dire une hausse des salaires, des retraites et des indemnités chômage », ajoute la trentenaire au visage tout en finesse. Cette demande de revalorisation générale est au centre de toutes les discussions. Tout comme celle du rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune. Parce que si la hausse des carburants a été le détonateur de la crise – « la goutte d’eau », comme ils disent tous –, elle semble désormais largement dépassée.

Dans cette ville ouvrière touchée par la désindustrialisation, encore fortement dépendante de l’industrie automobile, le taux de chômage atteint 23,7 % et le taux de pauvreté 28 %. Xavier Médeau, avocat de la Confédération générale du travail (CGT), qui a été de presque tous les combats contre les fermetures d’usine, se dit étonné de la détermination des « gilets jaunes » : « C’est une vraie colère, pas canalisée. » Une colère qui fait écho à la fièvre souvent ressentie, dans une longue grève, par des travailleurs qui n’ont plus rien à perdre.

Lire aussi (en édition abonnés) : « Gilets jaunes » : pour Philippe Aghion, « le gouvernement devrait mettre sur pied un “Grenelle” de la fiscalité »

« Juste vivre décemment »

« Ils peuvent baisser le gazole à un euro, ça ne changera rien. Il faut une meilleure répartition des richesses », lâche ainsi Fabien Tombois, ouvrier en production. Le jeune homme est élu CGT dans son usine mais présent tous les jours sur les blocages, « pour vivre plus dignement de notre travail ». Karim, son camarade de lutte, grande gueule de 57 ans, acquiesce : « Ils ne comprennent pas là-haut qu’ici on est aux anxiolytiques pour échapper à la misère ? On ne veut pas la lune non plus, juste vivre décemment », ajoute ce chômeur aux cheveux mi-longs.

Pas la lune… Juste pouvoir offrir une journée Disney aux enfants, de temps en temps. Ne pas devoir choisir entre la réfection du crépi de la maison qui s’effrite et les vacances, surtout quand on n’en a pas pris depuis cinq ans. Ne plus hésiter entre le café avec les copains et l’essence pour le vieux scooter. Ces tourments de tous les jours, ils ont pu les partager quand ils se sont retrouvés la première fois, le 17 novembre.

« Sur les blocages, on s’écoute, on se bat, et ça change les idées »

Chez les « gilets jaunes », « on côtoie tout le monde et on ne fait pas de politique », répètent-ils en chœur. Ils en parlent pourtant beaucoup, quand ils évoquent leur désir de justice sociale et d’égalité. Mais sans évoquer les étiquettes partisanes car, à leurs yeux, elles ne comptent plus. Certains votent, d’autres, non. Certains sont partisans de Marine Le Pen, d’autres de Jean-Luc Mélenchon. Mais peu leur importe, au fond.

« Ça me fait rire qu’on essaie de nous situer à l’ultragauche ou à l’ultradroite. Sur les blocages, on s’écoute, on se bat, et ça change les idées », assure Gaby, ouvrier dans le bâtiment. Il est là, comme les autres, « parce qu’on est pauvres et qu’on va faire de nos enfants des pauvres à leur tour ». Ce trentenaire, qui vote Rassemblement national, a les yeux qui brillent quand il évoque cette camaraderie nouvelle, découverte avec les « gilets jaunes » : « On ressent une vraie solidarité. Rien que ça, c’est énorme. » Elodie approuve : « On en avait marre, chacun dans son coin. On est unis maintenant et c’est important. »

Lire aussi Pour Hulot, le moratoire sur les prix du carburant est une « décision courageuse »

Unis par la même rage

C’est un curieux mélange de fraternité et de sentiment d’exister à nouveau qu’ils expriment chacun avec leurs mots. « On a repris notre fierté et on s’est donné du cœur à relever la tête », souligne Laurent Tinois, ouvrier dans les travaux publics en invalidité. Et ce quadragénaire à l’allure fatiguée d’ajouter : « Maintenant, il faut en finir avec ce petit monde politique qui ne fonctionne que pour lui-même. » Hommes, femmes, jeunes, vieux, ils racontent tous cette énergie nouvelle. Mais une énergie qui a pris des intonations dégagistes.

Parlant d’une seule voix contre ce président « qui se gave et les méprise », ces élus qui ne savent rien de leur vie, c’est la même rage qui sourd de partout. « On ne fait plus confiance à personne, car ils se battent tous pour leur poste », martèle Karim qui avait mis un bulletin Mélenchon dans l’urne. Aucun ténor ne semble digne de porter leur voix. Ils rêvent même de voir des « gilets jaunes » candidats aux municipales ou à l’Assemblée nationale. Alors la seule perspective qui les anime, c’est la « démission » d’Emmanuel Macron. Ils n’y croient guère mais ça les soude. Quoi qu’il en soit, ils seront encore là samedi prochain.

Notre sélection d’articles pour tout comprendre aux « gilets jaunes »

Sylvia Zappi (Charleville-Mézières de notre envoyée spéciale)

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 >>>>>>>>> ... à Stendhal et les gilets jaunes...>>>>>>>>

 

 

“En politique, rien n'arrive par hasard. Chaque fois qu'un événement survient, on peut être certain qu'il avait été prévu pour se dérouler ainsi.”

FRANKLIN DELANO ROOSEVELT

Pain de méninges

Quand le jour se lève

— Comment cela s’appelle-t-il, quand le jour se lève, comme aujourd’hui, et que tout est gâché, que tout est saccagé, et que l’air pourtant se respire, et qu’on a tout perdu, que la ville brûle, que les innocents s’entretuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève ?

— Cela a un très beau nom, femme Narsès. Cela s’appelle l’aurore.

Jean Giraudoux, Electre

 

 

 ..et alors?.... NON aux CASSEURS de COQUES Ôrganiques


 

   
   

 

 Les Gilets Jaunes, une révolte de la dignité...

2018-12-20

 

Gilets jaunes : le risque du grand défoulement,... à ... l'impasse révolutionnaire par Henri Guaino

 

Révolution ? Non : la couronne de France soutient les Gilets jaunes

2018-12-13

 

 

Quoi qu’il se passe, les Gilets jaunes ont déjà gagné !

... 2018-12-13

  «Les gilets jaunes, plus qu'une émeute, moins qu'une révolution»

16.012.18

 

Le meilleur remède contre le complotisme, c’est la vérité, même quand elle dérange 

2018-12-13

 

 

Face au risque terroriste, l'exécutif affiche sa mobilisation et appelle à ne plus manifester 2018-12-13  

 À Beynac, l'un des plus beaux villages de France, la route de la colère

URGENT ! Attali aurait prévu une révolte populaire. Prévu ou organisé ?

 

«Dieu se rit des hommes qui se plaignent des effets dont ils chérissent les causes.» 2018-12-07

 

*** ......Macron et Philippe appellent l'opposition à la «responsabilité»"

  2018-12-05

 

**** GJ.....Depuis la Lozère, Ricou et les autres marchent vers Paris

2018-12-05

***...."L’urgence de la fraternité "...autrement dit .."APPEL ..de l'1 visible catholique à Paris.".. 2018-12-05

 

« Gilets jaunes » : « Il faut en finir avec ce petit monde politique qui ne fonctionne que pour lui-même » 2018-12-05

 

Et " en même temps "… il restaure l’Élysée !

 

Saccage de l’Arc de Triomphe : et si on osait dire la vérité ?

Brigitte Macron : un gilet Vuitton, sinon rien ! 2018-12-05

 

 

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evangelizo.org
l’Évangile au Quotidien
« Seigneur, vers qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » Jn 6, 68

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Mardi 4 Décembre
Le mardi de la 1ère semaine de l'Avent
Calendrier ordinaire
Voir le commentaire ci-dessous

St Clément d'Alexandrie , St Jean Damascène

En savoir plus

 

 

Livre d'Isaïe 11,1-10.

En ce jour-là, un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines.

Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur

– qui lui inspirera la crainte du Seigneur. Il ne jugera pas sur l’apparence ; il ne se prononcera pas sur des rumeurs.

Il jugera les petits avec justice ; avec droiture, il se prononcera en faveur des humbles du pays. Du bâton de sa parole, il frappera le pays ; du souffle de ses lèvres, il fera mourir le méchant.

La justice est la ceinture de ses hanches ; la fidélité est la ceinture de ses reins.

Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira.

La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage.

Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra ; sur le trou de la vipère, l’enfant étendra la main.

Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte ; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer.

Ce jour-là, la racine de Jessé, père de David, sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure.

 

 

Psaume 72(71),1-2.7-8.12-13.17.

Dieu, donne au roi tes pouvoirs,

à ce fils de roi ta justice.

Qu'il gouverne ton peuple avec justice,

qu'il fasse droit aux malheureux !

 

En ces jours-là, fleurira la justice,

grande paix jusqu'à la fin des lunes !

Qu'il domine de la mer à la mer,

et du Fleuve jusqu'au bout de la terre !

 

Il délivrera le pauvre qui appelle

et le malheureux sans recours.

Il aura souci du faible et du pauvre,

du pauvre dont il sauve la vie.

 

Que son nom dure toujours ;

sous le soleil, que subsiste son nom !

En lui, que soient bénies toutes les familles de la terre ;

que tous les pays le disent bienheureux !

 

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,21-24.

À l’heure même, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint, et il dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.

Tout m’a été remis par mon Père. Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. »

Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez !

Car, je vous le déclare : beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous-mêmes voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Bulle

Saint Charles Borromée (1538-1584)
évêque
Lettre pastorale (trad. Ed. Lyon 1683)

 

 

« Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez »

Voici, mes bien-aimés, ce temps célébré avec tant de ferveur, et, comme dit l'Esprit Saint, temps de la faveur divine (Is 61,2 ; Lc 4,19), période de salut, de paix et de réconciliation ; temps jadis désiré très ardemment par les vœux et les aspirations instantes des anciens prophètes et patriarches, et qui a été vu enfin par le juste Syméon avec une joie débordante (Lc 2,26s). Puisqu'il a toujours été célébré par l'Église avec tant de ferveur, nous-mêmes devons aussi le passer religieusement dans les louanges et les actions de grâce adressées au Père éternel pour la miséricorde qu'il a manifestée dans ce mystère.

Du fait qu'il est revécu chaque année par l'Église, nous sommes exhortés à rappeler sans cesse le souvenir de tant d'amour envers nous. Cela nous enseigne aussi que l'avènement du Christ n'a pas profité seulement à ceux qui vivaient à l'époque du Sauveur, mais que sa force devait être communiquée aussi à nous tous ; du moins si nous voulons, par le moyen de la foi et des sacrements, accueillir la grâce qu'il nous a méritée et diriger notre vie selon cette grâce en lui obéissant.

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 PHILOSOPHIE magazine N° 125  Décembre 2018 Janvier 2019

 

ARTICLEs  extraits

 

 

 

  ...dé-COLONISER les MOTS ...

 OLIVIO Jékupé

 ( hcqs ... à remarquer  1) que larticle ne porte aucun titre dans le sommaire il figure sous la Ribrique  ... "le Métier de Vivre" ...trop beau ...° .. et  2) ...la page en vis à vis de l'article...ci-dessous ...   à l'image de la page de garde de ce N° du magazine ...°)*

 

 

  ...page en vis à vis .. ...bel exemple de colonisation de MOTs ...