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Les Français d’aujourd’hui sont les dépositaires d’un héritage qui les dépasse et qui appartient à l’humanité entière. Quelques générations, bien avant eux, ont touché à ce souffle intemporel et universel de l’être dont l’universalisme intellectuel n’est qu’une pâle transposition. Notre-Dame n’est pas plus française, ni moins, que le Taj Mahal n’est moghol, que Pétra n’est jordanienne ou que Sainte-Sophie n’est turque. Notre-Dame est l’une de ces enclaves de l’absolu qui parlent la langue commune de l’humanité, n’appartenant à personne mais intelligible de tous. C’est pourquoi le sort de Notre-Dame concerne toute l’humanité civilisée. Et c’est pourquoi la jubilation sur ses cendres désigne ceux qui ne méritent d’appartenir à aucune forme de société, tout juste de recevoir leur pitance à travers les barreaux de la cage. Le fait qu’un grand nombre de ces Orques et Gobelins aient été non seulement tolérés, mais encore nourris et protégés par l’Afrance d’aujourd’hui éclaire dans toute sa fatalité la logique de l’immolation de Notre-Dame. Dans l’Afrance d’aujourd’hui, cette nef qui a traversé neuf siècles de troubles avait plus de raisons de flamber que de rester intacte.

Notre-Dame de Paris. Dans nos têtes, infailliblement, le nom évoque bien plus qu’une architecture. Il rappelle «la double solennité, réunie depuis un temps immémorial, du jour des Rois et de la Fête des Fous». Il réveille le joyeux chahut des escholiers et des moinillons, il anime les silhouettes du bon peuple de Paris s’amassant dans ce qui était alors le plus vaste espace couvert au monde, et qui servit aussi bien, des siècles durant, à célébrer Dieu qu’à abriter les mules et les va-nu-pieds.

Notre-Dame fut bâtie une première fois par des générations de maçons et une deuxième fois par un seul homme, posté nu devant son lutrin et giclant frénétiquement, en moins de trois ans, à la plume d’oie pâteuse sur d’immenses feuilles de papier, un univers complexe dont ses malingres descendants armés de traitements de texte et de bases de données ne pourraient esquisser la centième partie sans s’y noyer. Notre-Dame de Paris, depuis deux cents ans, est mariée dans sa démesure au génie extravagant du plus grand romancier qui fut.

Qu’elle s’ancre dans l’obscure persévérance des compagnons ou la fulgurance démoniaque de Victor Hugo, Notre-Dame de Paris témoigne du passage d’une autre race sur cette terre, d’une race de géants. Échouée au nanométrique XXIe siècle, elle y «brille comme une vieille épée qu’on déterre» (Tsernianski), comme une de ces armes dont on se demande, en les voyant aujourd’hui, quel poignet pouvait les manier. Et quelle chair survivre à leurs coups.

La négligence est pire que le crime

Voici des décennies qu’elle gisait là, comme Gulliver à Liliput, entravée d’un réseau de câbles, envahie d’un grouillement de touristes, truffée d’une forêt de dispositifs et de règles de sécurité. Et voici que la grâce des flammes l’a libérée— pour quelques années au moins — de ce servage industriel indigne d’une servante de Dieu.

«Notre-Dame s’est échappée!» Je roulais ce lundi soir vers ma maison pendant que mon téléphone posé sur le siège passager faisait défiler les images que m’envoyait un ami. Ce n’était pas possible! Ma gorge hésitait entre le rire et le sanglot. «Elle s’est échappée!» ai-je fini par dire, tout haut. «Affranchie!»

Notre-Dame était une scandaleuse irruption d’éternité dans le poulailler de l’instant-culture. Elle était l’otage d’un temps et d’une population — peut-on encore parler de peuple? — incapables de la comprendre et trop faibles pour la sauvegarder. Avant même d’avoir maîtrisé l’incendie, on l’a proclamé accidentel, enclenchant d’emblée l’appareillage de la restriction mentale devenue obligatoire lors de chaque traumatisme collectif.

Accidentel, soit! Un avion se crashe par accident: on désigne aussitôt le pilote, le fabriquant, l’aiguilleur — bref quelqu’un. Cinq jours plus tard, à Notre-Dame, c’est toujours personne. La buée de l’émotion est plus dense encore que les sinistres fumées jaunes de lundi. Soupirer tant qu’on veut, ne surtout pas réfléchir: doctrine appropriée pour les humains au «cœur dur et à la tripe sensible» comme Bernanos diagnostiquait ses contemporains.

Accidentel, nécessairement! Toute autre hypothèse est impensable et, surtout, insoulevable pour les épaules malingres des nains gestionnaires. On a vu l’ex-architecte de la Dame étaler sa stupéfaction chez Pujadas: ça ne brûle pas comme des allumettes, le chêne presque millénaire! «Il faut mettre beaucoup de petit bois pour y arriver!», lâcha-t-il en plaisantant à moitié, créant la gêne sur le plateau. Dès le lendemain, le gouvernement mit en place une «communication davantage centralisée» afin que les architectes et autres gardiens du patrimoine ferment leur bec.

Les rois foireux

On fuit comme la peste l’idée du geste intentionnel. Comment affronter des terroristes qui auraient le pouvoir de frapper ce pays en son cœur même? Et que faire si l’analyse rationnelle devait aboutir à un scénario de type «incendie du Reichstag», ou tout du moins à une exploitation cynique d’une catastrophe historique par le pouvoir en place? Prendre les armes? Qui, parmi ces conspirationnistes de réseaux sociaux, aurait la force d’aller au bout de ses conclusions?

La piste criminelle est un cauchemar, mais la piste accidentelle est pire. D’un côté, on aurait affaire, dans le «système» ou hors de lui, à des criminels hideux mais capables. De l’autre, à des jean-foutre absolus, sans aucune valeur, qui auraient tellement dépouillé et désorganisé l’État qu’il n’est plus capable de veiller efficacement sur le premier monument de France (et son plus gros atout touristique)(1).

Mais la Dame n’en a cure, de ces discussions académiques. La Dame s’est envolée vers le ciel drapée dans ses volutes jaunes. On peut bien promettre pour dans cinq ans une cathédrale reconstruite «plus belle qu’avant», blanchir les milliards des évadés fiscaux, appeler au «geste architectural contemporain» (= provocation prétentieuse en langue de bois d’énarque), rivaliser de mauvais goût et de transgressions. Rien ne rendra au socle de pierre sa «forêt» de chênes que quatre générations de bûcherons et de charpentiers affinèrent avant d’oser la hisser sur les ogives. Le nom du nain qui l’a laissée partir en fumée est d’ores et déjà gravé — ce seul exploit y suffit — dans la lignée des rois foireux, après celui qui, le jour même de son investiture, fut contraint par la foudre de retourner penaud sur son tarmac au lieu d’aller montrer patte blanche à la reine teutonne, à Berlin (2). Le doigt de Dieu n’est pas une plaisanterie. Notre-Dame de Paris, le roman aussi monumental que le temple, ne s’ouvre-t-il pas sur le mot ANÁΓKH (anankè): fatalité?

 

NOTES
  1. Comme l’a résumé le grand diplomate et militant humanitaire Craig Murray: «Comme d’autres Etats occidentaux, la France possède d’incroyables technologies, amassées à coups de trillions d’euros, capables de détruire des villes entières en un instant. Mais elle a investi dans des échelles et des lances trop modestes pour sauvegarder Notre-Dame et son héritage…»

  2. Élucidant du même coup le quatrain d’Onuphre que je citai dans mon éditorial du Nouvelliste le 18 mai 2012: «Lorsque Hollande Hongroys vaincra/Et tiendra couronne de France,/Ciel son vol foudroyera/Par despit de male alliance.»

  • Article de Slobodan Despot paru dans la rubrique «Le Bruit du Temps» de l’Antipresse n° 177 du 21/04/2019.

 

Régis Debray: «Nous autres, civilisations…»

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TRIBUNE - Notre-Dame de Paris est le lieu où convergent deux filiations souvent brouillées, la religieuse et la politique, médite l’écrivain*.

Difficile, fût-ce à son corps défendant, de ne pas se souvenir de Valéry, de ne pas attacher une portée symbolique à la catastrophe. Plus qu’une atteinte au patrimoine, à l’économie du tourisme et à nos familiarités parisiennes, c’est une blessure grave. Pas seulement pour les âmes pieuses et la tradition catholique, qui est à la peine. Un souverain pontife renonçant à sa charge, un primat des Gaules condamné à une peine de prison, les éminences ici et là inculpées, les séminaires désertés, et maintenant Notre-Dame incendiée: les événements prennent pour l’Église romaine un tour calamiteux.

Et pourquoi ne pas rappeler que la France, vouée à la Vierge Marie depuis Louis XIII, a la madone pour patronne traditionnelle. De Gaulle ne parle pas par hasard dans ses Mémoires de guerre de la «madone aux fresques des murs» et de «Notre-Dame la France». Quelle que soit notre perte de mémoire collective, c’est une certaine substance populaire et nationale qui est atteinte, à travers un point nodal de la communauté civique, un facteur de concorde et non de discorde, le point zéro des routes de France, où ont pu converger deux filiations souvent brouillées, la religieuse et la politique.

Un bourdon d'orgue étrangement patriotique

Plus que Reims ou Chartres, d’être située au cœur de la capitale donne à la basilique métropolitaine la résonance d’un bourdon d’orgue étrangement patriotique. La France ne se déclare plus fille aînée de l’Église, mais si nous avons justement débouté l’alliance entre les Églises et l’État, le plus laïque d’entre nous ne peut récuser cette continuité millénaire. Après tout, c’est là que fut célébrée sous la Révolution la prise de la Bastille, et ensuite la déesse raison. Il y fut chanté le Te Deum pour Charles VII et pour Charles de Gaulle, et célébré les funérailles de Turenne comme du général Leclerc.

On y bénissait les étendards, on y suspendait nos drapeaux. Les rois de la Bible, au-dessus du portail, furent vandalisés parce qu’identifiés à tort aux rois de France. Le sacre de Napoléon eut le temple pour théâtre. Même si les autorités de la République se sont abstenues, par une interprétation stricte de la laïcité, d’assister au Te Deum de 1918, personne n’a manqué à celui de 1944. Parce qu’il y a une constance dans notre histoire, qui va de Philippe Auguste, voire des Mérovingiens, à nos brefs monarques agnostiques, du XIIe au XXe siècle. Le sanctuaire n’a cessé de vivre au rythme des deuils et des espoirs, des liesses et des détresses de la République, comme récompense et ultime recours.

» LIRE AUSSI - Les grandes dates de Notre-Dame de Paris, au cœur de l’histoire de France

Abîmé par le feu mais sauvé par la littérature, le lieu de mémoire restera une présence tutélaire, avec Hugo bien sûr mais aussi Péguy, Claudel et Proust. «Ceci tuera cela», a fait dire Hugo à son archidiacre, devant Notre-Dame. Le petit livre imprimé, le gigantesque édifice. Le papier, le Pape. C’était au Moyen Âge. Et si le livre de papier allait maintenant survivre au livre de pierre?

N’empêche qu’on peut se poser la question de savoir ce qui va rester des trois arcs-boutants, des trois fonts baptismaux qui étaient pour Valéry la source et le socle de notre Europe: La Grèce avec Homère et Platon, mais qui apprend encore le grec à l’école? Rome, avec César et Virgile, mais qui pratique encore, comme le jeune Rimbaud, les vers latins? Et maintenant, le christianisme, avec sa charpente et ses flèches, ses secrets et ses rites? Notre civilisation, en ce cas, passerait de l’ère de la commémoration à celle de l’archéologie. Ce qui irriguait va-t-il nous laisser à sec? Ce qui nous faisait lever les yeux, faudra-t-il le chercher dans nos sous-sols? Une mauvaise pensée, à chasser de sa tête.

* Régis Debray a publié récemment «Bilan de faillite» (Gallimard, 2018).

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 17/04/2019. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

 

 

 
 

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Le recteur de Notre-Dame de Paris fait le récit de cette nuit, durant laquelle la cathédrale a été détruite par un incendie.

«Pour vous dire la vérité, je suis resté sur le parvis, les bras ballants. Je voyais ma cathédrale partir en flammes. Pour moi, c’était l’Apocalypse.» Voici comment mardi matin, très simplement, avec son franc-parler, Mgr Patrick Chauvet, le recteur de Notre-Dame de Paris, prend le temps de raconter au Figaro cette nuit au goût de cendres. Des heures d’une «grande tristesse» où il a cru un moment que cette «vieille dame» de 855 ans allait totalement disparaître.

La «sidération» débute vers 19 heures. «J’étais dans la rue du Cloître, je rentrais chez moi.» Au loin, vers l’ouest, le soleil, qui a illuminé Paris toute la journée, commence à décliner. Soudain, un commerçant de l’île de la Cité interpelle le recteur: «Monseigneur, regardez: de la fumée sort de la flèche!» L’homme qui connaît tous les recoins de l’édifice, sa «maison» depuis qu’en 2016 il a été nommé recteur-archiprêtre de la cathédrale Notre-Dame de Paris, charge qu’il a auparavant exercée à la basilique du Sacré-Cœur, est sidéré. Il sait les accès difficiles, l’étroitesse des escaliers, la hauteur de la flèche…

«Nous avons improvisé»

«Au bout d’un moment, les pompiers ont dû arrêter. Le plomb qui coulait… Ça devenait trop dangereux»

Mgr Chauvet, recteur de Notre-Dame de Paris

Les minutes passent. Les fidèles de la messe du soir ont été évacués. Le risque humain est écarté. Les pompiers sont entrés en action et, eux, prennent tous les risques. Pour tenter de maîtriser le feu qui s’acharne sur la toiture, pour refroidir les pierres brûlantes et pour sauver le trésor et les œuvres d’art. «J’ai expliqué aux pompiers où cela se trouvait. La Couronne d’épines, dans la chapelle du fond. La Tunique de Saint-Louis, qui fait partie du trésor, près de la sacristie. Ils prenaient un énorme risque, du plomb en fusion tombait déjà dans la nef…» Dehors, sur le parvis, les secours s’organisent. Pompiers, personnel de la cathédrale et Mairie de Paris se coordonnent. «Nous avons bien sûr une procédure précise d’évacuation des personnes. Mais ce n’est pas le cas pour les biens. Nous avons improvisé. Mme Hidalgo m’a proposé un camion. Nous avons donc pu sauver la Couronne, mise au coffre à la Mairie de Paris, le trésor et quatre grands tableaux.» Les biens sont transportés en sécurité, en face de l’île de la Cité, à l’hôtel de ville. «Au bout d’un moment, les pompiers ont dû arrêter. Le plomb qui coulait… Ça devenait trop dangereux.»

«Les pompiers étaient clairs. Ils nous ont dit: il reste encore une demi-heure de combat. Vers 23 heures, on saura si on a gagné.

Mgr Chauvet, recteur de Notre-Dame de Paris

Depuis le parvis, Mgr Chauvet continue d’avoir le regard obnubilé par la flèche dévorée par les flammes. La dentelle de pierres de Viollet-le-Duc se tord sous l’effet de l’intense chaleur, ploie. Puis, peu avant 20 heures, tombe sous les yeux du monde entier. «Un tel sentiment de désarroi, d’impuissance m’a alors pris…» Le recteur se ressaisit, se tourne vers les soldats du feu. «À ce moment-là, la tour nord était gagnée par les flammes. Le général des pompiers nous a alors expliqué la technique qu’il comptait mettre en œuvre. Il nous a aussi clairement dit que s’ils ne parvenaient pas à éteindre le feu dans ce beffroi, il tomberait et entraînerait l’autre, la tour sud. La décision a été prise d’envoyer dix hommes dans des nacelles.» À cet instant, personne ne sait si Notre-Dame va tenir ou si ces grands diables de flammes orangées qui courent sur son sommet vont finir par tout emporter. «Les pompiers étaient clairs. Ils nous ont dit: il reste encore une demi-heure de combat. Vers 23 heures, on saura si on a gagné. Il y a eu un grand silence.»

Une demi-heure de prière pour l’archiprêtre: «J’ai prié Notre-Dame. J’ai dit des “Je vous salue, Marie”. Je lui ai parlé aussi. Vous savez, c’est ma maman du Ciel. Je lui ai dit: “Tu ne m’as jamais abandonné. Fais quelque chose. Là, je m’abandonne à toi.”» Le temps s’arrête. Le sort de huit siècles d’histoire est en train de se jouer. La «forêt», cette merveille de poutres provenant de chênes plantés il y a mille ans, a brûlé mais la pierre résistera-t-elle? Les cloches de la tour nord vont-elles tomber, entraînant dans leur chute tout l’édifice?

Découvrir «l’Apocalypse»

«Le pire a été évité, même si la bataille n’est pas totalement gagnée. Les prochaines heures seront difficiles…» Lorsque le président de la République prend la parole, devant la cathédrale, les pompiers ont été plutôt rassurants.«Nous rebâtirons Notre-Dame.» Par trois fois, Emmanuel Macron répète ces mots qui font écho aux bâtisseurs des cathédrales. À côté, Mgr Chauvet songe aussi à ces compagnons anonymes qui, au Moyen-Âge, ont élevé cette maison de Dieu pour l’éternité.

» NOTRE DOSSIER - Incendie de Notre-Dame de Paris: le désastre

Le groupe des officiels, le chef de l’État en tête, se dirige maintenant vers l’entrée de l’édifice. Peut-être une hésitation au moment de franchir le seuil, la peur de découvrir «l’Apocalypse». «À ce moment, on s’est donné la main avec le président. Je ne sais pas pourquoi. C’était très naturel bien qu’on ne se connaisse pas, qu’on ne se soit jamais rencontrés. Peut-être a-t-il tout simplement senti combien j’étais touché.» À l’intérieur de la cathédrale, c’est ce trou béant dans la toiture qui frappe d’emblée. Le groupe reste sur le seuil. Trop dangereux de progresser plus avant dans la nef. Au fond, l’autel est recouvert de poutres calcinées mais la statue de la Vierge est debout, intacte ainsi que la «croix victorieuse» qui brille encore bien que noircie par les flammes. Le feu n’a pas assombri les murs, n’a pas laissé d’odeur de brûlé.

«Toutes ces prochaines années vont être consacrées à la reconstruction. La messe ne sera plus célébrée ici»

Mgr Chauvet, recteur de Notre-Dame de Paris

Ce mardi matin, le recteur est à nouveau entré dans la cathédrale. À 3 heures du matin, une deuxième partie de la toiture s’était effondrée. «Ces deux trous béants, cette cathédrale à ciel ouvert, je vous assure, cela fait quelque chose», répète l’archiprêtre qui a participé à la réunion de crise destinée à faire un premier point sur les dégâts. Un recteur qui, âgé de 67 ans, voit aussi son avenir bouleversé par l’événement. «Bien sûr que rien ne sera comme avant. Toutes ces prochaines années vont être consacrées à la reconstruction. La messe ne sera plus célébrée ici.» Un temps d’arrêt. Mgr Chauvet sourit: «J’ai entendu Stéphane Bern dire sa tristesse, penser qu’il ne reverrait pas Notre-Dame restaurée de son vivant. Bien sûr, comme lui, je me dis: “Mon Dieu…” Mais moi, dans dix ans, j’aurai 77 ans et je serai encore debout! Et même si la limite d’âge est à 75 ans, je demanderai à mon archevêque de me prolonger pour deux ans! Je prends saint Paul à la lettre: “Espérez contre toute espérance.”»


Notre-Dame de Paris : les images de l'intérieur de la cathédrale - Regarder sur Figaro Live

 

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...point de vue de l'homocoques.fr ....

 

" La fin justifie les moyens ?

cela est possible.

Mais qui justifiera la fin ?

Albert Camus

 

 

 

Cela fait plus de 2000 ans, qu'un dénommé Josua vient perturber l'eschatologie.... c'est-à-DIRE :  : ce monde.

 

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1) .... La flèche s'effrondre, la France retient son souffle  >>>direct>>>>

2) ....Mgr Chauvet: «En entrant dans la cathédrale, on s’est donné la main avec le président» 2019-04

3) .... captures d'écran du " LE FIGARO PREMIUM" du 17.04.19  ...capture de  l' Äme d'UNe civilisation ????????

 

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 a)...Par Bertrand de Saint Vincent
Mis à jour le 16/04/2019 à 23h16 | Publié le 16/04/2019 à 23h16

Par Bertrand de Saint Vincent

L’émotion est immense, intense. Elle transcende les frontières. De l’histoire, de la géographie, de la culture, de la religion. Des classes sociales. Devant Notre-Dame en feu, le monde a les larmes aux yeux. Les témoignages, qui affluent de toutes parts, sont d’une sincérité poignante. Modestes ou puissants, tous ont éprouvé le besoin de communier dans un magnifique élan de solidarité. Ce n’est pas un bâtiment qui part en flammes ; c’est une civilisation. L’âme d’un pays, son épopée, son génie universel. Les grandes figures qui ont marqué son destin, les croyances qui ont forgé sa grandeur. Racines chrétiennes de la France? Cette foi qui déplace des montagnes et bâtit des cathédrales, chef-d’œuvre d’art gothique, en est l’illustration. Avec un souci d’humilité, d’ouverture aux autres. La lumière du ciel que laissent passer ses vitraux bleutés n’appartient à personne. Notre-Dame de Paris s’offre à celui dont le cœur en franchit la porte. Il n’y a pas de droit d’entrée sur le parvis de la cathédrale ; pas d’interdit autre que le respect que l’on doit à la beauté et au travail des hommes. Ce lieu sacré invite à méditer sur soi-même, à s’élever au-dessus de cette condition humaine dont il détient, peut-être, une partie du secret. Lorsque la flèche qui surmonte l’édifice, rougie par des flammes que l’on serait tenté de comparer à celles de l’enfer, s’est brisée, c’est comme si chacun d’entre nous avait eu le cœur foudroyé ; le sentiment douloureux, tragique, impalpable que quelque chose d’essentiel venait de nous être dérobé. Le passé, mais aussi l’avenir. L’espoir de rester nous-mêmes et de regarder vers le haut, en aspirant à un monde meilleur. La nuit fut déchirante, zébrée de lueurs meurtrières. Au petit matin, le feu avait été maîtrisé. Entre-temps, réalisant soudain combien les sujets d’actualité pouvaient paraître «misérables», le chef de l’État s’était exprimé. Il n’a pas eu besoin de parler pendant six heures: «Nous rebâtirons Notre-Dame», a-t-il dit. La France a eu la certitude qu’elle ne perdrait pas son âme.

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b)

Fabrice Luchini: «On pourrait presque penser à un signe»

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TRIBUNE - Le comédien se dit frappé en plein cœur: «c’est la métaphysique qui descend dans l’hallucinant débat agité des combats politiques pour affirmer une tragédie, restaurer une gravité».

Je ne suis pas chrétien, mais depuis des années, tous les jours j’essaye, comme le demande Flaubert, d’observer, et j’essaye d’apprendre à regarder, à voir la beauté des choses. Je longe Notre Dame depuis des mois et des années et je fréquente presque naturellement l’incroyable beauté de cette cathédrale. Ce chef-d’œuvre absolu de l’art gothique accompagne les Parisiens comme une évidence, comme une consolation, comme une promesse.

Hier en rentrant sur scène, je me suis permis d’évoquer le drame de Notre Dame. Il était impossible de commencer un spectacle sur les écrivains et l’argent sans évoquer les flammes dans le cœur de Paris. Et le texte de Charles Péguy et sa passion chrétienne nous ont plongés dans une communion dont je ne mesurai pas la puissance. Notre Dame de Paris, c’est un symbole d’Occident. Même si on n’est pas chrétien, même si nous ne sommes plus chrétiens: la France est chrétienne. C’est un fait. Moi-même je suis frappé en plein cœur. Hébété. Quelque chose de supérieur est venu perturber les calendriers des rencontres médiatiques, de la vie anecdotique, de la frénésie. C’est la métaphysique qui descend dans l’hallucinant débat agité des combats politiques pour affirmer une tragédie, restaurer une gravité.

Ces flammes et ces cendres nous étreignent. Tout le monde est dépassé. On pourrait presque penser à un signe. Une œuvre d’art s’enflamme et nous restons sans voix. Le peu qu’il nous reste nous permet d’affirmer, d’admirer, d’acclamer le courage inouï des soldats du feu de Paris.

* A publié «Comédie française. Ça a débuté comme ça...» (Flammarion, 2016).

 

  4)..... La libération de Notre-Dame 2019-04-21

 

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Le cardinal Müller à ceux qui critiquent Benoît XVI : ils n’ont en tête que l’adaptation à leur propre état de décadence

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Voici une entrevue extraordinaire que le Cardinal Gerhard Ludwig Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, a accordée à Kath.net (traduction française publiée par Pro Liturgia):


Kath.net : Eminence, que pensez-vous du texte publié par le Pape émérite sur les abus sexuels dans l’Eglise ?

Cardinal Müller : C’est l’analyse la plus approfondie qui soit de la genèse de la crise de crédibilité de l’Eglise en matière de morale sexuelle, et plus intelligente que toutes les contributions que l’on a pu entendre lors du sommet de la Conférence des évêques prises ensemble. Il y a abus de l’autorité spirituelle lorsque des supérieurs justifient leur style autoritaire ou manipulateur par des raisons pseudo religieuses et le font passer pour la volonté divine. Mais les péchés contre le 6e commandement du Décalogue ont pour cause l’usage abusif de la sexualité masculine ou féminine que nous avons reçue de Dieu. Mélanger ces deux sortes de péchés dans le seul but de masquer de mauvaises pratiques sexuelles, est la marque d’un échec patent de l’autorité dans l’Eglise.

Nous ne sortirons pas de cette crise en usant de termes creux comme « cléricalisme », ou par la recherche d’une morale sexuelle guidée par le principe égoïste de plaisir, mais en nommant le mal par son nom. L’effondrement de la morale bourgeoise, déjà poreuse depuis longtemps, due à une « révolution sexuelle globale » (titre d’un livre de Gabriele Kuby), et l’essai infructueux de mettre au point une morale catholique déconnectée de la loi naturelle et de la révélation ont déjà conduit chez de nombreuses personnes à l’ébranlement de la conscience morale.

La responsabilité en revient également à ceux qui ont reçu du Christ la mission d’enseigner aux hommes tout ce que le Seigneur lui-même a enseigné aux Apôtres et par là à leurs successeurs dans le ministère épiscopal et sacerdotal.

Kath.net : A peine quelques heures après la parution du texte de Benoît XVI, les indéracinables antis-ratzingériens étalaient déjà leurs critiques dans les médias. Qu’en pensez-vous ?

Cardinal Müller : On ne peut pas parler ici de critiques, car le mot critique signifie distinguer entre des notions pointues dans le but de faciliter la compréhension de questions importantes. Mais, ces gens, non seulement ne sont pas croyants, mais en plus ne réfléchissent pas. Et avant tout, il leur manque la plus élémentaire des politesses. L’histoire se répète. Pensons à Saint Etienne qui avait été le témoin de la vérité du Christ : « Ceux qui écoutaient ce discours avaient le cœur exaspéré et grinçaient des dents contre Etienne. » (cf. Act 7, 54).

Ils parlent de renouveau et de réforme de l’Eglise, mais n’ont en tête que l’adaptation à leur propre état de décadence. Il est impensable que ceux qui possèdent ne serait-ce qu’une étincelle d’amour chrétien, se laissent entraîner par ce genre de pamphlet grossier. En effet, comment l’amour peut-il encore structurer la foi dans un contexte où la foi au Dieu de la Révélation en Jésus-Christ a été abandonnée ou bien lorsque ne subsistent que quelques éléments de cette foi pour tenter de justifier une vision du monde autoréférentielle.

Il est scandaleux de voir que des évêques catholiques financent, en détournant les fonds propres de l’Eglise, des organismes qui soutiennent ouvertement des positions incompatibles avec l’enseignement catholique sur la foi et la morale. Je sais, bien sûr, que les évêques concernés voient les choses autrement, parce qu’ils définissent selon leur bon plaisir ce qui est catholique et ce qui ne l’est pas. Leur vision du monde repose sur la distinction un peu primitive entre progressisme et conservatisme. Ce qui relève de la foi catholique telle qu’elle a été formulée jusqu’ici est ainsi qualifié de « conservatisme » et seule leur vision « progressiste » serait l’avenir de l’Eglise, comme dans ces autres contrées anciennement catholiques et dévastées par de semblables idéologies.

En conséquence, il s’agit pour eux de mettre hors-jeu, ou du moins de museler, ces catholiques catalogués « conservateurs » qui restent fidèles à la Sainte Ecriture, à la Tradition Apostolique et au Magistère. Et dans ce but, tous les moyens sont bons, jusqu’à la calomnie et le déshonneur. Car est permis tout ce qui sert son intérêt propre qui est, bien sûr, identifié au bien commun. C’est de cette façon qu’a été traité aussi mon « Manifeste pour la foi » : comme un ensemble de demi-vérités, un choix d’idées subjectives, éloignées de la Sainte Ecriture, des propos sortis de leur contexte… comme si la Trinité, l’Incarnation, la sainteté de l’Eglise, la divine Liturgie, l’unité de la foi et de la morale, le jugement dernier et la vie éternelle, n’étaient pas, dans la « hiérarchie des vérités » (d’après le Décret sur l’œcuménisme du Concile Vatican II au n°11), le « fondement de la foi ».

L’infâme refus de Dieu qui s’expose ainsi est à son comble lorsqu’on se sert du crime et du péché mortel constitués par l’abus sexuel de jeunes mineurs pour couvrir la bénédiction des actes homosexuels entre adultes, pour ridiculiser le célibat des prêtres et les vœux des religieux et banaliser les péchés contre l’indissolubilité du mariage.

Source : Kathnet (Trad. MH/APL) publié sur Pro Liturgia

 

Le cardinal a également donné un entretien à La Bussola, traduit par Benoît-et-moi. Extrait :

Beaucoup ont également vu dans les “notes” de Ratzinger une réponse aux fameux Dubia des quatre cardinaux (Caffarra, Meisner, Burke, Brandmüller), qui en ce qui concerne Amoris Laetitia demandaient des confirmations sur la validité de l’intrinsece malum.

Je ne sais pas quelles étaient les intentions [de Benoît XVI], mais il est absolument clair qu’il y a des actes qui sont mauvais en soi, qui ne peuvent jamais être bons ou justifiés. Je trouve incompréhensible la position de certains théologiens quand ils considèrent le bien dans une action mauvaise. Cette façon de faire dépendre le jugement des circonstances, est toujours en faveur d’un délinquant, ne tient pas compte de tous les facteurs. Si un innocent est tué, quel peut être l’aspect positif pour moi en tant que victime du crime? Cet argument n’est présenté que du point de vue du criminel. Je ne connais aucun cas où un crime est bon pour la victime. C’est le cas pour l’adultère: le partenaire qui doit souffrir, qui doit subir l’adultère, qui est trahi, où doit-il voir le bien? Il est absurde de prétendre qu’il y a des actions contre les commandements de Dieu qui, dans certaines circonstances, sont légitimes.

Il y a eu des critiques vénéneuses contre Benoît XVI, accusé d’avoir rompu le silence. Il y en a même qui ont cité le Directoire pour les évêques (Apostolorum Successores) là où il interdit aux évêques émérites d’intervenir dans la direction de l’Église et de saper le magistère de l’évêque régnant par leurs interventions.

Ces gens sont la preuve la plus évidente de la mondanisation de l’Église, ils n’ont aucune idée de la mission des évêques. Certes, les évêques émérites doivent rester en dehors du gouvernement quotidien de l’Église, mais quand on parle de doctrine, de morale, de foi, ils sont tenus par la loi divine de parler. Les évêques ne sont pas des fonctionnaires de la police criminelle qui, une fois à la retraite, ne peuvent plus agir contre les criminels, un évêque est évêque pour toujours. Le Christ a donné à l’évêque l’autorité d’être un serviteur de la parole, de rendre témoignage. Tous ont promis lors de la consécration épiscopale de défendre le depositum fidei. L’évêque et grand théologien Ratzinger n’a pas seulement le droit mais aussi le devoir par droit divin de parler et de témoigner de la vérité révélée.

Malheureusement nous avons beaucoup de gens dans l’Église qui ne connaissent pas le B-A-BA de la théologie catholique. Ils parlent en tant que politiciens, en tant que journalistes, sans les catégories de la Sainte Écriture, de la tradition apostolique, du Magistère de l’Église. Comment peut-on dire que le pape émérite n’a pas le droit de parler de la crise fondamentale de l’Église? Nous avons même le scandale d’un athée comme Eugenio Scalfari qui peut impunément affirmer ses interprétations de ce que le Pape lui dit en privé, qui est traité comme un interprète autorisé du Pape, alors qu’un personnage comme Ratzinger devrait au contraire se taire? Mais où sommes-nous ? Ces idiots parlent partout mais ils ne connaissent pas l’Église, ils veulent juste plaire aux gens. Les apôtres Pierre et Paul, fondateurs de l’Église romaine, ont donné leur vie pour la vérité. Pierre et Paul n’ont pas dit: «À présent, il y a d’autres successeurs, Timothée et Tite, qu’ils parlent publiquement». Ils ont témoigné jusqu’à la fin de leur vie, jusqu’au martyre, par le sang.

Quand un évêque émérite célèbre une messe, dans son homélie, ne doit-il pas dire la vérité? Doit-il ne pas parler de l’indissolubilité du mariage uniquement parce que d’autres évêques actifs ont introduit de nouvelles règles qui ne sont pas conformes à la loi divine? Ce sont plutôt les évêques actifs qui n’ont pas le pouvoir de changer la loi divine dans l’Église. Ils n’ont pas le droit de dire à un prêtre qu’il doit donner la communion à une personne qui n’est pas en pleine communion avec l’Église catholique. Personne ne peut changer cette loi divine, si quelqu’un le fait, c’est un hérétique, c’est un schismatique.

Aujourd’hui, la mode est à ces idées étranges, selon lesquelles l’autorité ecclésiastique est conçue comme une autorité positiviste afin que ceux qui ont le pouvoir puissent définir la foi comme ils le souhaitent. Et les autres doivent se taire. Il vaudrait mieux qus ce soit eux, qui connaissent très peu la théologie, se taisent. D’abord, qu’ils étudient.

Regardons où ces grands modernistes, que nous avons aussi parmi les professeurs, ont mené l’Église, par exemple en Allemagne. Chaque année, en Allemagne, 200 000 personnes quittent l’Église catholique. 300 000 chez les protestants, ce sont les vrais problèmes. À ce sujet, ils ne font rien, ils ne parlent que d’homosexualité, de comment changer la morale sexuelle, de célibat: voilà quels sont leurs thèmes, ils veulent détruire l’Église. Et ils disent que c’est la modernisation : ce n’est pas la modernisation, c’est la mondanisation de l’Église.

Quelles conséquences attendez-vous de la publication de ces “notes” de Benoît XVI?

J’espère que certains commenceront enfin à s’attaquer au problème des abus sexuels d’une manière claire et correcte. Le cléricalisme est une fausse réponse.

 

 

annexe  ...profession de foi du Salon Beige....qui pourrait être celle de l'homocoques

le SALON BEIGE :

 

Nous vivons un changement civilisationnel dont le moteur est culturel. La famille dite traditionnelle - qui est simplement la famille naturelle - diminue massivement en nombre et en influence sociale. Le politique est de plus en plus centré sur la promotion de l’individualisme a-culturel, a-religieux et a-national. L’économique accroît des inégalités devenues stratosphériques et accélère et amplifie le cycle des crises. L'Église est pourfendue; clercs et laïcs sont atterrés.

Une culture nouvelle jaillira inévitablement de ces craquements historiques.

 

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ENTRETIEN - Dans son nouveau livre L’Envie d’y croire, la romancière interroge notre foi aveugle dans la technologie et analyse la quête de sens de notre époque.

LE FIGARO.- Votre livre s’intituleL’Envie d’y croire. Sommes-nous vraiment entrés dans un monde sans foi ni loi?

Éliette ABÉCASSIS. - Le discrédit jeté sur nombre de religieux, de politiques, parfois même d’intellectuels, vide petit à petit nos vies de sens. Nous n’avons plus vraiment de guide. Nos repères moraux, spirituels, culturels sont obsolètes. Dans cette hypermodernité, nous nous sommes perdus. L’ogre technologique nous dévore. Quatre milliards deux cents millions d’internautes, soit 55 % de la population mondiale, se connectent chaque jour. Trois milliards trois cents millions de requêtes sont effectués quotidiennement sur Google.

Nous avons modelé nos vies sur ces technologies sans trop nous poser de questions, et n’imaginons plus vivre sans elles. Nous voilà dans une forme de servitude heureuse, telle celle que décrit Étienne de La Boétie dans son Discours de la servitude volontaire(1574).C’est l’œuvre la plus pertinente pour comprendre le monde moderne.

«Il est admis de tous que, désormais, ce sont nous les produits. À chaque clic, nous livrons nos données, nos goûts, nos vies. Tous les jours nous vendons notre âme au diable, en quelque sorte»

Eliette Abécassis

Le marché a-t-il remplacé la morale?

En effet, quand il n’y a plus ni foi ni loi, la loi du marché prime. Avec tous les bienfaits que nous apporte la technologie, nos vies se sont remplies et accélérées. Hyperconsommation et hypercommunication marquent notre temps. Il est admis de tous que, désormais, ce sont nous les produits. À chaque clic, nous livrons nos données, nos goûts, nos vies. Tous les jours nous vendons notre âme au diable, en quelque sorte. Avec le techno-capitalisme et la mondialisation, il semble que tout s’achète et tout se vend, même les enfants, et même les sentiments, comme le montre la sociologue Eva Illouz dans l’ouvrage collectif qu’elle a dirigé, Les Marchandises émotionnelles.

Les mutations technologiques actuelles entraînent-elles une mutation anthropologique?

Nous assistons à une révolution à la fois des mœurs, des comportements et du quotidien. Particulièrement ma génération. Celle-ci, née sans portable, est aujourd’hui incapable de s’en passer. L’époque est passionnante, bien sûr, mais à condition de savoir vers quoi nous voulons aller: voulons-nous le monde dessiné par le transhumanisme, avec la fin programmée de l’homme tel que nous le connaissons? Ou bien voulons-nous sauver notre humanité, son passé, sa culture, son sens? C’est à nous de le décider, et d’agir.

«Il faut retrouver l’envie de croire en soi, en l’autre, en la vie, en l’homme. Ce but exige de réintroduire du sacré dans sa vie»

Eliette Abécassis

La Toile, cependant, ne peut-elle pas aussi créer du lien?

Je reconnais que la Toile tisse des liens entre les gens perdus dans une société hyperindividualiste. Cependant, il est urgent de retrouver notre être même. Voilà encore trois ans, quand nous recevions un courriel ou un texto, nous n’étions pas obligés de répondre tout de suite. Aujourd’hui, si on ne répond pas immédiatement, c’est la panique! Voilà une pression qui ne cesse jamais, ajoutée à celle des notifications et des prétendus événements. Pour y échapper et trouver un peu de sérénité, de conscience de soi et même, pourquoi pas, éprouver l’ennui, je préconise un jour par semaine sans technologie. Afin de se déshabituer à répondre et, ainsi, retrouver son âme, son cœur et son esprit.

L’époque que vous décrivez semble désespérante pour la condition humaine…

Je ne suis pas désespérée mais combative. Il faut retrouver l’envie de croire en soi, en l’autre, en la vie, en l’homme. Ce but exige de réintroduire du sacré dans sa vie. Pas nécessairement du religieux. Ce peut être des moments sacrés - le repas, par exemple. Lorsque l’on est à table, on pose le regard sur l’autre, pas sur son portable. Sacraliser et ritualiser: ce sont deux termes empruntés à l’univers religieux que je transpose dans la vie quotidienne et le rapport humain. Les rituels, quels qu’ils soient, nous font entrer dans un autre espace-temps et nous permettent de retrouver notre humanité. Ainsi nous pourrons reprendre le contrôle de la technique et sauver notre âme.

* «L’Envie d’y croire. Journal d’une époque sans foi», d’Éliette Abécassis (Albin Michel, 216 p., 18 €).

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 13/04/2019. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

RÉCIT - Très discret depuis sa renonciation au pontificat, en 2013, le pape émérite a publié jeudi par voie de presse un réquisitoire très sévère sur la faillite morale que connaît l’Eglise avec les scandales sexuels, sa genèse et ses conséquences. Un document événement.

C’est un texte inédit de Benoît, pape émérite, qui fera date. Une sorte de testament ecclésial et spirituel de douze pages, publié jeudi dans le mensuel allemand Klerusblatt, dont le quotidien italien Corriere della Sera a eu l’exclusivité. Le pape émérite, qui aura 92 ans le 16 avril, s’était pourtant promis de ne jamais intervenir depuis sa renonciation au pontificat, le 11 février 2013, provoquée par la gravité de la crise (dont la pédophilie) dans l’Église. Il met donc les pieds dans le plat en prenant aujourd’hui la parole sur cette débâcle, sur ses conséquences pour les prêtres et sur les moyens de s’en sortir.

Il prend soin de préciser qu’il a averti, avant publication, le secrétaire d’État du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, mais aussi le Pape en exercice, car il «retenai[t] juste» de devoir écrire ce qu’il écrit. La dernière phrase de ce texte, qui pourrait être une encyclique sur les maux actuels de l’Église, est d’ailleurs dédiée au pape François, qu’il «remercie pour tout ce qu’il fait pour nous montrer continuellement la lumière de Dieu qui, encore aujourd’hui, n’est pas dépassée».

Rédigé avec le tact de son style habituel, le texte dénonce toutefois avec vigueur ce qui ne va pas dans l’Église catholique: «l’écroulement de la théologie morale» qui a abandonné «la loi naturelle» pour une morale sans référence à un «bien» et à un «mal» objectifs, et pour qui, dorénavant, «la fin justifie les moyens». Il dénonce aussi la cabale des théologiens contre le magistère, qui refusent d’admettre qu’il existe des «actes intrinsèquement mauvais» et qui combattent, en interne, le «magistère de l’Église» en matière morale. Et qui, en outre, ont répandu l’idée que toutes les religions se valent en matière morale, sans «spécificité particulière» du christianisme.

» VOIR AUSSI: Scandales sexuels: jusqu’où ira la crise de l’Eglise catholique? Nos décrypteurs répondent aux internautes

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Scandales sexuels : jusqu?où ira la crise de l?Eglise catholique ? Nos décrypteurs répondent aux internautes - Regarder sur Figaro Live

«La gravité des informations»

L’ancien pape Benoît XVI, qui habite toujours derrière la basilique Saint-Pierre à Rome, dans une maison des jardins du Vatican, est également très sévère sur le laisser-aller qui a dominé les séminaires «après le concile Vatican II» avec des «clubs homosexuels dans différents séminaires», la sélection et la nomination d’évêques choisis pour leur esprit «conciliaire», c’est-à-dire en faveur du concile Vatican II, et donc «critiques et négatifs vis-à-vis de la tradition». Autres faits dénoncés: certains évêques allaient jusqu’à «projeter des films pornographiques» à leurs séminaristes pour leur apprendre à résister à la tentation… Et l’on refusait de donner l’ordination sacerdotale à des séminaristes «considérés inaptes» parce qu’ils lisaient des livres du cardinal Ratzinger. Enfin, le pape émérite déplore l’eucharistie «distribuée à tous» sans aucune exigence, ce qui conduit à la «destruction de la grandeur du mystère» de la «Présence réelle» du Christ. De fustiger aussi la vaine tentative de certains évêques de vouloir créer «l’Église de demain» en utilisant «quasi exclusivement des termes politiques».

» LIRE AUSSI - Pédophilie dans l’Église: «La crise actuelle est un moment de vérité qui oblige à faire le ménage»

«L’Église d’aujourd’hui est comme jamais une Église de martyrs et de témoins du Dieu vivant»

Une charge lourde donc, très lourde, réquisitoire sans appel sur l’écroulement de l’Église qui, nuance-t-il, peut toutefois se relever si elle parle de «l’amour de Dieu» car «la force du Mal naît de notre refus de l’amour de Dieu». Un document événement qui se termine par une évocation très forte: «l’actualité de ce que dit l’Apocalypse est flagrante», assure Benoît XVI. «L’idée d’une Église meilleure, créée par nous-mêmes, est en vérité une proposition du Diable par laquelle il veut nous éloigner du Dieu vivant, en se servant d’une logique mensongère dans laquelle nous tombons trop facilement». Et d’ajouter: «L’Église d’aujourd’hui est comme jamais une Église de martyrs et de témoins du Dieu vivant.»

Mais qu’est-ce qui a pu pousser le pape émérite à se lancer dans une telle diatribe? Tout s’enracine, explique-t-il, dans la convocation par le pape François, du 21 au 24 février dernier, d’un sommet mondial de lutte contre la pédophilie dans l’Église, avec les présidents des conférences épiscopales du monde entier au Vatican. «La masse et la gravité des informations sur de tels épisodes ont profondément remué prêtres et laïcs, et un bon nombre d’entre eux ont choisi de mettre en discussion leur foi dans l’Église comme telle, écrit-il. Il fallait donc donner un signe fort et il fallait essayer de repartir pour rendre à nouveau crédible l’Église comme lumière pour les gens et comme force qui aide dans la lutte contre les puissances destructrices.»

Écroulement de la «théologie morale»

«Tout en n’ayant plus de responsabilité directe», Benoît XVI, qui a été «en position de pasteur de l’Église», a donc pris sa plume, rédigeant des notes au jour le jour, pour «contribuer à la reprise» et «donner quelques indications qui pourraient aider en ce moment difficile». En ancien professeur de théologie consciencieux, il annonce son plan «en trois parties». La première évoque le «contexte social» de cette crise où «l’on peut affirmer qu’en vingt ans, de 1960 à 1980, les critères valides jusque-là en matière de sexualité se sont amenuisés au point de se réduire à une absence de normes». La deuxième partie traite des «conséquences de cette situation dans la formation et dans la vie des prêtres». Et la dernière aborde la «prospective pour une juste réponse de la part de l’Église».

Benoît XVI attaque particulièrement ses confrères théologiens qu’il juge responsables de la «désagrégation de la théologie morale»

Dans la première partie de son texte, Benoît XVI raconte, en réalité, son expérience de l’écroulement de la «théologie morale», à partir des années 60. Il mentionne l’arrivée des premiers films pornographiques en Allemagne et en Autriche jusqu’à la «révolution de 1968» qui voulait «conquérir» la «liberté sexuelle complète» et qui «ne tolérait plus aucune norme». La «pédophilie» était «diagnostiquée comme permise et convenable». Il évoque la chute des entrées aux séminaires et «l’énorme nombre de départs du sacerdoce» qu’il considère comme des «conséquences» de cette libération sexuelle. Mais il attaque particulièrement ses confrères théologiens qu’il juge responsables de la «désagrégation de la théologie morale», dont le jésuite Bruno Schüller qui voulait refonder la morale catholique non plus sur la «loi naturelle» mais sur les seules paroles de la Bible, à la manière protestante, en somme. Il relate «la déclaration de Cologne», signée par 15 professeurs de théologie catholique, le 5 janvier 1989, qui était un «cri de protestation contre le magistère de l’Église». Ce qui aboutit à la réponse du pape Jean-Paul II - qui «connaissait très bien la situation de la théologie morale et qui la suivait avec attention» - avec l’encyclique La Splendeur de la Vérité, du 6 août 1993, qui suscita «de violentes réactions contraires de la part des théologiens moralistes».

Il cite Franz Böckle qui avait promis - mais «le bon Dieu lui a épargné de réaliser son projet» - de combattre de toutes ses forces Jean-Paul II si ce dernier écrivait qu’il y a «des actes qui ne peuvent jamais être considérés comme bons». Ce que fit le pape polonais en insistant, dans cette encyclique, sur l’objectivité du bien et du mal.

«Renouveler la foi»

Mais tous ces combats intérieurs aboutirent «à mettre radicalement en discussion l’autorité de l’Église dans le domaine de la morale» pour «la contraindre au silence alors qu’était en jeu la frontière entre vérité et mensonge».

Dans la deuxième partie de son texte, le pape émérite décrit les conséquences concrètes de cette ambiance dans les séminaires, avec des passages étonnants. Notamment sur l’homosexualité aux États-Unis où deux «enquêtes canoniques» furent pourtant dépêchées par le Saint-Siège: la première échoua parce qu’«il y avait des coalitions pour occulter la situation réelle». C’est dans ce passage que Benoît aborde plus directement la question de la pédophilie et de son traitement par le droit canonique de l’Église. Combien il fut difficile, se souvient-il, d’avoir confié le traitement des prêtres pédophiles, non plus à la congrégation pour le Clergé (le ministère du Vatican en charge des prêtres) mais à la congrégation pour la Doctrine de la foi, beaucoup plus sévère et qui permettait de réduire les prêtres à l’état laïc. Une congrégation qui fut toutefois submergée par les dossiers et qui finit par accumuler d’importants «retards» dans le traitement des cas.

«En vérité, la mort de Dieu dans une société signifie également la fin de sa liberté»

Le dernier chapitre de cette étude tout à fait inattendue du pape émérite cherche des solutions pour sortir de la crise. Et pointe sur l’essentiel de la foi catholique: «Seuls l’amour et l’obéissance à notre Seigneur Jésus-Christ pourront nous indiquer la voie juste.» Voici son raisonnement: «Si nous voulions synthétiser au maximum le contenu de la foi fondée sur la Bible, nous pourrions dire: “le Seigneur a commencé avec nous une histoire d’amour et veut assumer en elle la création tout entière. L’antidote au mal qui nous menace, et le monde entier, ne peut consister, en dernière analyse, que dans le fait de nous abandonner à cet amour. Voilà le véritable antidote du mal. La force du mal naît de notre refus de l’amour de Dieu. Est racheté celui qui se confie à l’amour de Dieu.»

Il applique cela à l’Église mais aussi à la société: «En vérité, la mort de Dieu dans une société signifie également la fin de sa liberté» parce que «se réduit le critère qui conduit à distinguer le bien et le mal». C’est ainsi que «la société occidentale est une société dans laquelle Dieu est absent de la sphère publique et qui n’a donc plus rien à dire». Elle a perdu «la mesure de l’homme». C’est ce qui aurait rendu possible, à ses yeux, le phénomène de la pédophilie. Le premier «devoir» pour en sortir consiste donc à «vivre nous-mêmes de Dieu» et à «apprendre à le connaître comme le fondement de notre vie». Ce qui passe aussi, dans l’Église, par la nécessité de «renouveler la foi» en «la grandeur du don de la présence réelle» du Christ dans l’eucharistie. Sans éluder «la zizanie» semée par «le Diable» qui «veut démontrer que Dieu lui-même n’est pas bon et qui veut nous éloigner de Lui». Sans se départir, non plus, de cette conviction: «Il est très important de combattre les mensonges et les demi-vérités du Diable par la vérité tout entière. Oui, le péché et le mal sont dans l’Église. Mais aujourd’hui aussi, l’Église sainte est indestructible.»

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 12/04/2019. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

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Pour le psychanalyste Jean-Pierre Winter, auteur de L’Avenir du père: réinventer sa place ?, les nouveaux schémas familiaux ne peuvent faire l’économie de la fonction paternelle. A l’ère de la PMA et de la GPA à l’étranger, l’inscription généalogique reste indispensable à la construction de l’enfant. Et la présence de deux hommes ne fait pas un père. 


Causeur. Le père semble aujourd’hui mal en point puisqu’avec la PMA pour des couples de femmes ou des femmes seules, sa présence est réduite à un tube à essai et explicitement niée par l’idée même de deux mères. Mais, dans le fond, vous et la psychanalyse ne cherchez-vous pas simplement à défendre l’ordre ancien où le père était tout-puissant ?

Jean-Pierre Winter. Sous toutes les latitudes et bien avant l’apparition de la psychanalyse, la position du père a toujours été d’une extrême fragilité. D’abord, il n’est pas facile pour un enfant de savoir quel rôle le père a pu jouer dans sa conception, alors que la mère, elle, relève de l’évidence : on a vécu dans son ventre pendant neuf mois, on a été allaité, on la connaît par les sensations, les odeurs, le regard, la voix, les échanges gazeux et sanguins, ce qu’on appelle l’épigénétique…

Le père, lui, relève d’une élaboration intellectuelle s’appuyant sur le simple fait qu’un jour, une femme dit : « Cet homme-là, c’est ton père. » La construction du père tient donc en grande partie à la parole, parfois changeante, de la mère. Avec ces briques, l’individu se construit le père qu’il idéalise comme celui qui va le protéger, le soutenir dans la vie et lui offrir une ouverture sur l’extérieur de la relation fusionnelle avec la mère, qui est une relation de structure.

Cette fonction est-elle nécessairement assurée par un homme ?

Nécessairement. Car ce qui marque l’essentiel de la fonction du père, c’est qu’il est différent. On connaît l’argument de la psychanalyse : il est porteur du phallus – comme disait Lacan, « il n’est pas sans l’avoir », ce qui ne veut pas dire qu’il l’a. En tant que tel, il est différent de la femme qui a porté l’enfant. Ou, si l’on se réfère à Françoise Héritier, il est différent de la mère en ceci qu’il ne peut pas mettre un enfant au monde.

Deux femmes (ou deux hommes) aussi sont différentes l’une de l’autre…

Oui, mais il y a des différences essentielles et des différences inessentielles. Les différences secondaires, ce sont celles que Freud appelait les « petites différences narcissiques ». La différence entre les sexes est, elle, essentielle comme le sont la différence entre la vie et la mort ou la différence de génération.

D’accord, mais comment la définissez-vous ? Qu’est-ce qui vous permet de dire que je suis une femme ?

Ce n’est pas parce que la différence entre les hommes et les femmes est subtile et indéfinissable qu’elle n’existe pas. C’est exactement comme avec les juifs : ils sont absolument comme tout le monde, ils n’ont ni plus ni moins de QI ou d’argent que tout le monde… Comme on le dit dans Le Marchand de Venise de Shakespeare : ce sont des hommes comme les autres. Mais leur différence, bien qu’insaisissable, existe quand même. ... ( ...ils sont circoncis ... de même pour les musulmans  ... voir l'importance des traumatismes affectifs ...  résilience ... Boris Cyrulnik parle résilience dans « La nuit j’écrirai des soleils »)

Elle est un peu moins évidente, non ? Quoi qu’il en soit, il y a aujourd’hui une réclamation d’identité sexuelle plus flexible, notamment à travers la normalisation de la transsexualité.

Même si je ne suis p