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Préface de Sylvain Tesson

 

 

 

 

 

 

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EXTRAITs

 

  • ..... la démocratie se porte mal, ce n'est un secret pour personne et les eléctions n'apportent rien departiculier dans un sens ou dans l'autre,tant le mouvement de dégringolade est puissant....En réalité, le temps démocratique ne correspond pas au temps politique, qui est celui d'un quinquennat. Il faudrait travailler au minimum sur une générationou plisieures générations

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La note de Nelly Garnier « Allô maman bobo – L’électorat urbain, de la gentrification au désenchantement » donne des pistes à la droite pour contrer LREM dans les métropoles comme Paris, où Benjamin Griveaux vient d’être investi par son parti. La droite a une carte à jouer si elle se positionne au-delà d’un clivage Bobos parisiens / France périphérique un peu éculé et fait une analyse plus pertinente de l’électorat citadin…


C’est une note en deux volets intitulée « Allô maman bobo – L’électorat urbain, de la gentrification au désenchantement » que vient de publier la Fondation pour l’Innovation politique (FondaPol), le think-tank dirigé par Dominique Reynié et Nicolas Bazire.

Les métropolitains, une élite désenchantée ?

Son auteur, Nelly Garnier, ne nous est pas inconnue. Elle nous avait reçu aimablement pour nous auditionner au printemps 2018, alors qu’elle était encore directrice des études rue de Vaugirard, le siège de LR… Elle avait alors longuement écouté le chroniqueur provincial originaire de la France périphérique, nourri de la prose des Muray, Guilluy, Fourquet et Sainte-Marie. Il n’est d’ailleurs pas innocent qu’elle ait insisté pour que nous lisions sa note : outre les très bonnes relations entretenues depuis lors, elle devait se souvenir de cette audition.

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Hétérogénéité sociologique du « bobo »

Car la note de Nelly Garnier a en effet de quoi nous bousculer. Documentée, précise et souvent convaincante, elle explique la manière dont les travaux de Guilluy ont « contribué à imposer l’idée d’une fracture irrémédiable entre les villes et les territoires ruraux et périphériques, et achevé de convaincre qu’il fallait choisir [entre les deux] » à partir de 2012. De même, la figure du « bobo », souvent fantasmée, apparaissait comme le métropolitain-type et poussait d’un côté à le rejeter sans réfléchir, et de l’autre conduisait la candidate UMP à la ville de Paris en 2014, NKM, à s’afficher comme « boboïsée » et « dédroitisée ».

 

Pourtant, explique Nelly Garnier, il y a plusieurs sortes de bobos, et il n’y a pas que des bobos parmi les métropolitains. Il n’y a pas non plus que des gagnants de la mondialisation. Il n’y a pas que des « anywhere ». A partir de l’étude de six métropoles (Paris, Bordeaux, Marseille, Toulouse, Strasbourg et Grenoble), et de six quartiers de chacune sélectionnés pour leur caractère gentrifié, l’auteur bouscule les idées reçues.

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Il y a bien aussi un « malaise du métropolitain » qui conduit par exemple les deux-tiers des Parisiens à envisager un départ pour d’autres territoires. Il y a bien des familles qui ne supportent plus la délinquance, qui sont les premières touchées par la pollution, et qui ne sont pas pour autant des bobos à trottinettes… Il y a enfin des métropolitains qui ne sont pas davantage emballés par le libéralisme libertaire de LREM que par la politique municipale d’Anne Hidalgo…

La droite doit repenser son approche de l’électorat citadin

L’erreur a sans doute été d’avoir été à contretemps. Les médias et les partis politiques de gouvernement qui géraient le pays jusqu’en 2017 ont adopté l’analyse de Christophe Guilluy sans doute trop tard. Or les métropoles de 2017 ne sont plus celles de 2001-2008 lorsque le géographe publiait ses premiers travaux.

Pour les raisons invoquées plus haut – délinquance, pollution – mais aussi parce que le statut des cadres s’est  dégradé alors que cette catégorie socio-professionnelle constitue le plus gros bataillon métropolitain. Le malaise est d’autant plus grand que le discours ambiant ne l’encourageait pas à « exprimer ses fragilités », et qu’il est, davantage que le rural ou le périphérique, soumis à des « injonctions contradictoires » :

– je veux défendre le commerce de proximité mais je commande sur Internet car je suis pressé par le temps,

– je veux que mes enfants soient ouverts sur le monde, mais je les retire d’une classe où plus de la moitié des élèves maîtrise mal le français et où je les sens décrocher,

– je ne veux pas polluer mais je n’ai pas d’autres solutions que la voiture pour emmener mes enfants en week-end…

Un espace politique à reconquérir?

Dès lors, s’interroge l’auteur, y a-t-il encore un espace pour une droite urbaine indépendante de LREM ? Les derniers événements conduisent à répondre par la négative. L’exemple d’élus parisiens très à droite, comme Claude Goasguen, prêts à pactiser avec Benjamin Griveaux pour éviter Anne Hidalgo ou celui de Christian Estrosi prêt à troquer son investiture LR contre celle du parti macroniste, invitent en effet à se faire peu d’illusions. Pourtant Nelly Garnier veut croire que la droite « qui souffrait principalement de son décalage sociologique croissant avec les nouvelles populations des grandes villes, redevient audible sur de grandes problématiques : le sentiment de déclassement, le besoin de sécurité, le besoin de fermeté face à la montée des communautarismes, le besoin de retrouver des limites et des repères, le besoin d’accompagner des familles qui se sentent fragilisées ».

A lire aussi : Au revoir la droite…

Nous nous permettrons d’apporter une nuance à l’analyse de Nelly Garnier.

Nous sommes moins certains qu’un choix clair ait été fait par la droite en faveur des territoires ruraux et périphériques, oubliant les métropoles. Dans la France des Gilets jaunes, en tout cas, on n’en pas été convaincu du tout. C’est sans doute parce que cet ensemble, né de la fusion entre le RPR et l’UDF ne parlait plus vraiment à personne, que sa ligne n’était identifiée et adoptée ni par les métropolitains ni par les autres qu’elle a décru, finissant à 8% lors de la dernière échéance électorale. Dès lors, l’idée selon laquelle la reconstruction pourrait passer par la constitution de deux piliers, à l’exemple des CDU et CSU allemandes, pourrait bien être la solution. Le premier pourrait parler davantage aux métropolitains et concurrencerait LREM dont l’assise locale n’est pas encore véritablement assurée et dont le progressisme sociétal ne plaît pas à tout le monde, y compris en ville.  Le second, moins libéral, plus patriote et populaire, concurrencerait le RN sur les territoires périphériques et ruraux. Mieux vaut deux partis-frères aux lignes bien identifiées qu’un seul parti qui débite de l’eau tiède.

En tout cas, il est absolument nécessaire au pays qu’une force politique permette de parler à la fois à la famille parisienne qu’à la mère célibataire de Vierzon. Et que cette force, fut-elle organisée sur deux piliers, puisse être en situation de gouverner. La cohésion nationale le réclame. La France ne peut se satisfaire d’archipels qui se regardent en chiens de faïence.

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Comme chaque été, Viktor Orbán a fait un important discours, le 27 juillet, à l’« université d’été de Bálványos », rendez-vous des jeunes nationalistes hongrois qui se déroule en Transylvanie, donc en… Roumanie. Cela fait 30 ans que cette université d’été existe, et cela fait 30 ans que Viktor Orbán y prend la parole. Cette année, il a précisé de façon remarquable ce qu’il entend par « démocratie illibérale ». En résumé : « La signification de la politique illibérale n’est autre que la liberté chrétienne. »

Voici ce développement, qui est l’essentiel du discours de cette année, et mérite d’être lu in extenso.

L’interprétation internationale peut être résumée de la manière suivante : le monde doit fonctionner sur la base des démocraties libérales, principalement en Europe, ces démocraties doivent bâtir et mettre en œuvre une sorte d’internationale libérale, dont un empire libéral doit sortir. L’Union européenne n’est rien d’autre que l’incarnation de cette idée, mais du temps de l’administration démocrate les Etats-Unis réfléchissaient aussi à quelque chose de comparable à l’époque du président Obama, à l’échelle mondiale. Vu sous cet angle, il est clair que ce qui se passe en Hongrie ne correspond pas à ce schéma. C’est quelque chose d’autre. La Hongrie fait autre chose, elle donne le jour à autre chose. Oui, mais à quoi ? A cette question, l’on peut donner une réponse philosophique – nous nous y essaierons – mais aussi une réponse de politique concrète. Je choisirai maintenant cette dernière. C’est à partir de là que l’on peut comprendre ce qui s’est passé et ce qui se passe en Hongrie, quelle était la situation que les forces citoyennes, nationales et chrétiennes ont reçue en héritage en 2010, après avoir gagné les élections avec une majorité parlementaire des deux tiers. Cette situation peut être résumée autour des points suivants. Le premier est que la part prépondérante des charges de la Hongrie était portée par moins de la moitié de la population active. Traduit en chiffres, cela voulait dire que sur les 10 millions de Hongrois, il y en avait 3,6 millions qui travaillaient, sur lesquels 1,8 million payaient des impôts. C’étaient eux qui portaient sur leur dos les charges du pays. Il est clair que c’était là une forme longue et pénible de suicide. Je signale entre parenthèses qu’aujourd’hui 4,5 millions de Hongrois sont au travail, et que tout le monde paie des impôts. Le second problème que nous devions résoudre était que l’endettement avait lentement enseveli sous lui les individus, les familles, les entreprises, et aussi l’Etat. Nous avions hérité d’une situation d’endettement sans espoir. Nous avons constaté en 2010 que l’identité culturelle de notre communauté, de la Hongrie était en pleine décomposition. Nous avons constaté que la conscience de l’appartenance à la nation était en voie de disparition. Nous avons constaté que nos communautés d’au-delà des frontières étaient soumises à une pression assimilatrice constante, à laquelle elles n’étaient pas en mesure de résister. Et nous avons constaté que les capacités physiques préposées à la défense de notre souveraineté : la police, l’armée, étaient sclérosées. Comme Gyula Tellér l’avait écrit à l’époque, la Hongrie était en 2010 en train de se vider matériellement, spirituellement et biologiquement. Le premier ministre et le gouvernement devaient donc répondre à la question de savoir si la solution de ces problèmes hongrois était envisageable dans le cadre de la démocratie libérale ? A cette question, nous avons résolument répondu non. Ce n’était pas envisageable. Ce cadre-là ne permet pas de trouver les bonnes réponses à ces questions. Il fallait donc trouver autre chose. Nous avons déclaré qu’il faut conserver le cadre de l’économie de marché libérale qui subsistait du changement de régime libéral, qu’il faut conserver les institutions démocratiques, juridiques et politiques, mais qu’il faut modifier radicalement le mode de structuration de la société et de la communauté. En d’autres termes : démocratie oui, libéralisme non.

Et c’est alors qu’est arrivé le débat : qu’est-ce donc que cette démocratie illibérale, une démocratie chrétienne à l’ancienne ou un système basé sur la nation ? Il est peut-être utile de rappeler ici en quelques mots la différence entre le premier changement de régime, que nous avons appelé changement de régime libéral, et le second, que nous pouvons appeler changement de régime illibéral ou fondé sur la nation. Nous avons revisité et placé sur de nouvelles bases la relation qui s’établit entre la communauté et l’individu. Dans le système libéral, la société et la nation ne sont rien d’autre qu’une masse d’individus en concurrence les uns avec les autres. Ce qui les rassemble, c’est la constitution et l’économie de marché. Il n’y a pas de nation, ou s’il y en a tout de même une, c’est seulement une nation politique. Je voudrais ici ouvrir une parenthèse et rendre hommage à László Sólyom7, qui a fait œuvre définitive pendant sa présidence quand il a étudié et précisé, à la fois juridiquement et philosophiquement, le concept de la nation culturelle par opposition avec la nation politique. Fin de la parenthèse. Puisque donc il n’y a pas de nation, il n’y a pas non plus de communauté, ni d’intérêt communautaire. Voilà, en gros, ce qu’est la relation entre l’individu et la société dans la conception libérale. Face à cela, la conception illibérale ou d’inspiration nationale affirme que la nation est une communauté déterminée par son histoire et sa culture, une organisation qui s’est formée au cours de l’histoire et dont les membres doivent être protégés et préparés à faire face ensemble aux défis du monde. Dans la conception libérale, la performance individuelle, ce que fait chacun, s’il vit une vie productive ou une vie improductive, est une affaire strictement personnelle et ne peut pas faire l’objet d’un jugement moral. Face à cela, dans un système d’inspiration nationale, la performance individuelle qui mérite en premier lieu la reconnaissance est celle qui sert en même temps le bien de la communauté. Il faut l’entendre au sens large. Voilà par exemple nos patineurs qui ont gagné une médaille d’or : une performance sportive d’excellence est aussi une performance individuelle qui sert en même temps le bien de la communauté. Quand nous les citons, nous ne disons pas qu’ils ont gagné une médaille d’or, mais que nous avons gagné l’or olympique : leur performance individuelle a bien clairement servi aussi les intérêts de la communauté. Dans un système illibéral ou d’inspiration nationale, la performance digne de reconnaissance n’est pas une affaire personnelle et revêt des formes bien définies. Il en est ainsi de l’auto-responsabilisation et du travail, de la capacité à créer et à subvenir à sa propre existence, de l’étude et d’un mode de vie sain, du paiement de l’impôt, de la fondation d’une famille et de l’éducation des enfants. Ou encore de la capacité à s’y retrouver dans les affaires et dans l’histoire de la nation, et de la participation à la réflexion sur le devenir de la nation. Ce sont des capacités que nous reconnaissons, que nous valorisons, que nous considérons comme de rang supérieur et que nous soutenons. Voilà en quoi ce qui est arrivé en Hongrie en matière de relation entre l’individu et la société diffère totalement de la situation qui prévalait en 1990, au moment du changement de régime libéral.

Et de la même manière, nous avons replacé sur de nouvelles bases notre réflexion et notre culture en matière de relations entre individus. Pour simplifier tout en gardant l’essentiel, dans un système libéral la règle est que tout ce qui ne porte pas atteinte à la liberté d’autrui est permis. C’est la boussole de l’action individuelle. Parenthèse, petit problème : qu’est-ce qui, au bout du compte, ne porte pas atteinte à la liberté d’autrui ? Quelque chose qui en général est défini par les plus forts. Mais laissons cela entre parenthèses. Au lieu de cela, ce qui se passe maintenant chez nous, ou ce que nous essayons maintenant de mettre en place, suit une autre boussole et déclare – en revenant à une vérité bien connue – que la bonne définition de la relation entre deux individus ne consiste pas à dire que tout le monde a le droit de tout faire qui ne porte pas atteinte à la liberté d’autrui, mais que tu ne dois pas faire à autrui ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse à toi-même. Et même plus : ce que tu voudrais que l’on te fasse, fais-le à autrui aussi. C’est une base différente.

Et nous voici arrivés à la question politique la plus délicate et la plus sensible : le mot « illibéral ». Chaque fois que j’observe ce pitoyable et précautionneux débat, le film emblématique de notre génération, Monty Python et le Saint Graal (en hongrois : Gyalog Galopp, « galop à pied », NdT) me vient à l’esprit, où lorsque les chevaliers « chevauchent », qu’ils se trouvent dans la forêt face aux géants, il y a un mot qu’il ne faut pas prononcer. Et là ils restent figés sur place dans le film pendant des minutes entières, parce qu’il ne faut pas prononcer le mot dont tout le monde sait qu’il faudrait le prononcer. C’est ce qui se passe en politique internationale avec le mot « illibéral ». La raison en est que les libéraux, qui sont tout sauf incompétents, ont créé de toutes pièces l’interprétation à lui donner, à savoir qu’elle n’est qu’une expression dotée d’un sens privatif, une démocratie déguisée. Un système qui se déguise en démocratie, mais qui en réalité ne l’est pas. Les libéraux ont donc créé ces deux affirmations : la première, que la démocratie est nécessairement libérale, et la seconde, que la démocratie chrétienne est elle aussi nécessairement libérale. Ces affirmations sont à mon avis toutes deux erronées, car il est certain que c’est le contraire qui est vrai : la démocratie libérale n’aurait jamais pu voir le jour sans le substrat culturel chrétien, car la vraie situation – celle qui paraît invraisemblable à première vue – est celle où dans les décisions les plus importantes pour un pays, lorsqu’il s’agit de déterminer dans quelle direction il faut aller et à qui devra être confié le soin de la mise en application de la décision prise, les suffrages de deux individus – dont l’un, disons, n’a même pas son certificat d’études et l’autre est le président de l’Académie – ont la même valeur. L’un a plutôt besoin d’assistance, l’autre paie d’énormes d’impôts, et malgré cela leurs voix respectives ont la même valeur. L’un comprend le monde, l’autre ne manifeste aucun intérêt vis-à-vis du monde. Et malgré cela, leurs voix respectives ont la même valeur. Il n’est possible de créer une construction politique qui s’appelle démocratie – et qui, par voie de conséquence, est à la base de la démocratie libérale – que si l’on trouve un concept particulier qui fait en sorte que ces individus clairement différents les uns des autres soient tout de même égaux, et que l’on puisse donc prendre leur opinion en compte avec la même pondération. Et cela ne peut pas être autre chose que la proposition chrétienne, qui nous enseigne que nous avons tous été créés à l’image du Bon Dieu.

La démocratie libérale ne peut donc exister dans le monde que là où une culture chrétienne a préalablement existé. Cela est géographiquement et historiquement démontrable. L’affirmation selon laquelle toute démocratie est nécessairement libérale et que la démocratie chrétienne doit elle aussi être libérale est tout simplement fausse. La démocratie libérale n’est restée viable que tant qu’elle n’a pas abandonné ses bases chrétiennes. Elle a exercé une influence bénéfique sur l’humanité tant qu’elle a protégé la liberté individuelle et la propriété. Mais quand elle a commencé à démanteler les liens qui unissent l’homme à la vie réelle, qu’elle a mis en question l’identité de genre, qu’elle a dévalorisé l’identité confessionnelle, qu’elle a considéré comme inutile l’attachement à la nation, le contenu de la démocratie libérale s’est radicalement modifié. Et la vérité est que sur les vingt à trente dernières années, c’est cette tendance qui a marqué l’esprit public européen.

En plus de tous les débats domestiques qu’elle soulève, cette question a aussi une dimension internationale. Mon temps de parole approche de son terme, je n’ai donc pas le temps de la développer, mais je voudrais citer les mots de Ladislas le Grand, qui a dit que la Hongrie ne doit être « ni le cul de l’Ouest, ni le front de l’Est ». Des mots énigmatiques, dont nous ne savons pas avec précision ce qu’ils veulent dire mais dont nous sentons tous qu’ils sont justes. En tout état de cause, pour résumer ce qu’il faut entendre par ce qui se passe aujourd’hui en Hongrie, nous pouvons tenter, en toute modestie, l’explication suivante : un Etat illibéral a vu le jour, sur un véritable modèle de théorie politique et de théorie de l’Etat, un Etat chrétien-démocrate d’un type particulier. Après cela il n’y a plus qu’une question à laquelle je dois répondre, qui est celle de savoir pourquoi nos adversaires, les partisans de la démocratie libérale, nous haïssent à ce point ? Le fait qu’ils s’opposent à ce que nous représentons ne pose pas de problème, puisqu’ils professent une autre conviction. C’est pourquoi le fait que nous en débattions, parfois de manière vivace et exacerbée, fait partie de l’ordre naturel des débats internationaux, et même domestiques. Mais la haine ne fait pas partie de l’ordre naturel. Et nous ressentons tous que lorsque l’on nous critique et nous attaque, ce n’est pas pour débattre avec nous, mais pour nous haïr. Nous connaissons tous le vieux conseil tactique communiste consistant à accuser son adversaire de ce que l’on fait soi-même, et c’est pourquoi les libéraux prétendent que nous les haïssons avec nos sentiments nationaux, mais la réalité est exactement l’inverse, parce que nous autres sommes capables, dans une approche chrétienne, de faire la différence entre l’homme et ses actes. Nous sommes capables de ne pas aimer, et même de haïr ses actes, mais nous ne détestons ni ne haïssons l’homme. Au lieu de cela, nos adversaires ne se limitent pas à s’opposer à ce que nous faisons, mais ils nous haïssent aussi nommément.

Il est important de comprendre pourquoi il en est ainsi. Pas simplement par curiosité intellectuelle – bien que cela ait aussi son importance, parce que c’est toujours un succès de comprendre quelque chose de compliqué –, mais parce que nous en avons besoin pour savoir comment y réagir. Pour savoir ce qui fait sens quand nous nous défendons, et ce qui n’en fait pas. Je vais maintenant essayer de donner une réponse certes un peu rapide, mais d’apparence logique à la question de savoir pourquoi les libéraux nous haïssent. Posons d’abord que les opinions sur ce que devrait être un bon ordre mondial se fondent depuis plusieurs siècles sur deux concepts différents dans la culture politique européenne. L’un affirme qu’il doit y avoir dans le monde des Etats libres différenciés les uns des autres, d’une manière générale des Etats issus de nations, qu’ils doivent suivre chacun leur voie et organiser leur collaboration sur la base du principe du moindre conflit et du plus grand bien commun. L’autre affirme qu’il doit y avoir une puissance, un principe sous lequel il est possible d’unifier la multitude des peuples d’Europe, ou du monde. Un tel système est nécessaire, et ce système unificateur des peuples est toujours mis en place et maintenu par une force supérieure aux nations. Nous pouvons appeler le premier concept d’inspiration nationale, et le second d’inspiration impériale, mais je ne voudrais pas vexer les partisans de la conception impériale en utilisant le mot d’impérialisme, bien que je pourrais le faire. Ce concept selon lequel le bon ordre mondial impose que l’on range sous un seul idéal, donc sous une seule gouvernance, les peuples du monde, a longtemps été le privilège des communistes. C’était l’internationalisme socialiste, ou si vous préférez l’internationalisme communiste. Il a échoué. Si ce n’est d’autre chose, au moins du fait qu’il n’était pas un concept sensé. Sa place vide a en revanche été prise par une nouvelle orientation politique, qui n’est autre que l’orientation européenne de la politique libérale. Il vaut la peine de se rappeler qu’il y a trente ans il existait encore en Europe une démocratie socialiste, ou sociale, une démocratie chrétienne et une démocratie libérale. Mais à la suite des confrontations politiques, les libéraux ont atteint une position selon laquelle aujourd’hui tout le monde doit être démocrate libéral, la démocratie n’a pas de lecture spécifiquement socialiste – comme les partis socialistes l’avaient autrefois réalisé –, ni de lecture spécifiquement chrétienne-démocrate. Et même si quelque chose d’équivalent existe, ce quelque chose ne peut pas s’écarter substantiellement de la lecture libérale de la démocratie. Aujourd’hui par conséquent, les libéraux européens sont ceux qui estiment qu’ils ont entre les mains un argumentaire qui – ils en sont convaincus – apportera le salut, la paix et le bien-être à l’humanité tout entière. Ils tiennent entre leurs mains un modèle universel, sur lequel ils ont fondé leur argumentaire. Et c’est cet argumentaire libéral qui nous dicte aujourd’hui, dans la politique européenne, ce que l’on doit penser et comment, quelle action est correcte et doit être soutenue, ce que l’on doit rejeter, ce qui n’est pas compatible avec les idéaux libéraux, et qui nous dicte aussi ce qu’il faut penser des phénomènes les plus fondamentaux de la vie. Et aujourd’hui, nous pouvons résumer ce programme, de manière rapide et succincte, en affirmant que partout dans le monde, mais en particulier en Europe, il convient de transformer toutes les relations humaines et les rapports au sein de la société pour leur faire adopter la souplesse des relations d’affaires. Si je veux j’y vais, si je ne veux pas je n’y vais pas. Si je veux j’y entre, si je ne veux pas j’en sors. C’est ce qui permet de comprendre pourquoi les libéraux soutiennent la migration, et c’est ce qui permet de comprendre pourquoi c’est justement le réseau de George Soros qui organise la migration. Selon l’acception libérale de la liberté, l’on ne peut être libre que si l’on se libère de tout ce qui vous rattache à quelque chose : des frontières, du passé, de la langue, de la religion et des traditions. Si l’on arrive à se libérer de tout cela, si l’on arrive à en sortir, alors l’on sera un homme libre.

Cette thèse, comme il est d’usage, a produit son antithèse : c’est ce que nous appelons, c’est ce que j’appelle l’illibéralisme. Ce mode de pensée prétend que la référence à la liberté individuelle ne peut pas supplanter les intérêts de la communauté. Il y a une majorité, bien sûr, et il faut la respecter parce qu’elle est l’essence de la démocratie. L’Etat ne peut pas rester neutre face à la culture, il ne peut pas rester neutre face à la famille, et il ne peut pas rester neutre non plus face à la question de savoir quel type de population réside sur son propre territoire. En d’autres termes, les illibéraux d’aujourd’hui sont ceux qui défendent leurs frontières, qui défendent leur culture nationale et qui rejettent les ingérences extérieures et les tentatives de constructions impériales. En revenant aux Monty Python, devons-nous avoir peur de prononcer le mot ? Nous en aurions de bonnes raisons, mais je ne voudrais pas vous donner un conseil de poltronnerie. Dans des situations comme celles-là, si nous ne nous sentons pas assez forts dans le présent, il vaut toujours la peine de citer les grands anciens. Si l’on prend la peine de lire la Charte de l’Atlantique, dont les auteurs ont été Roosevelt et Churchill et dans laquelle ils ont jeté les bases de l’avenir de l’Europe, je peux affirmer qu’il s’agit d’un document illibéral pur et dur, dans lequel les Anglo-saxons affirment que tout peuple a le droit de décider de son propre sort et de choisir lui-même son gouvernement, que personne ne doit s’immiscer dans ses affaires intérieures et que ses frontières doivent être respectées. Ou en citant Robert Schuman, tenu en haute estime par les libéraux eux-mêmes en tant que fondateur de l’Europe, et qui a déclaré – je le cite – que la démocratie doit son existence au christianisme. La démocratie est née le jour où l’homme a reçu sa vocation de réaliser, dans sa vie terrestre, sa dignité personnelle dans la liberté individuelle, dans le respect de tous ses droits et dans la pratique de la fraternité universelle. Personne ne pourrait déclarer cela aujourd‘hui impunément au Parlement européen. Cela veut dire que les grands anciens, auxquels nous nous référons régulièrement comme les créateurs de l’idée de l’unité européenne, n’appartiendraient pas, selon la sémantique en vigueur aujourd’hui, aux démocrates libéraux, mais bien aux démocrates illibéraux. Je pense donc que nous ne devons pas avoir peur lorsque, en opposition avec l’esprit du temps, nous assumons l’édification d’un système étatique et politique illibéral.

Pour revenir à la question de savoir pourquoi les libéraux nous haïssent, je dirai ceci : puisqu’ils estiment que l’humanité est en train de dépasser son époque nationaliste, ou plus précisément d’inspiration nationale et christiano-centrée, et qu’il convient donc de piloter l’humanité vers une ère post-nationaliste et post-chrétienne, ils considèrent que pour y parvenir un modèle est nécessaire, que l’humanité a besoin d’un modèle nouveau et universel, qu’ils ont trouvé dans la démocratie libérale. Maintenant, le problème est que toute théorie de ce genre qui promeut le salut universel par la politique ne peut être forte et efficace que si elle est exclusive. La volonté universelle ne peut supporter le moindre peuple inflexible, aussi minuscule soit-il. C’est pourquoi lorsque l’idéologie du salut universel et de la paix se heurte à une résistance, elle n’y répond pas par le débat, mais par la haine. Parce que pour elle le modèle proposé à l’humanité ne peut être valable et vrai que s’il est vrai sans souffrir d’exception. C’est pour cette raison que ce « programme libéral internationaliste » ne peut être vrai que s’il est vrai pour toute nation, pour tout homme, pour toute femme, à toute époque. Cela nous renvoie à Kant, mais c’est un autre point de détail. La moindre obstination ne peut être supportée, car s’il existe une obstination, aussi maigre soit-elle, qui démontre qu’une organisation sociale différente est possible, c’est toute la théorie du salut universel qui tombe à l’eau. Et si la Hongrie, la Pologne, l’Autriche, l’Italie et la Tchéquie tiennent à leur propre manière de voir les choses, à leur attachement à la nation, c’est insupportable, c’est intolérable. Il ne faut pas seulement combattre ces gens, il faut les haïr, parce qu’ils font entrave au bien universel de l’humanité.

Voilà pourquoi, Mesdames et Messieurs, lorsqu’ils s’adressent à nous dans les institutions de l’Union européenne, ce n’est pas un débat qu’ils initient, mais un discours de haine gorgé de bile qu’ils déversent sur nous. Eh bien, après cela il n’y a plus qu’une question à laquelle il faut répondre : quel sera au juste l’avenir de la démocratie illibérale en Europe ? A cette question, il est évident que personne ne peut donner de réponse sûre. Mais ce que nous pouvons dire, c’est qu’aux dernières élections européennes les partis qui ont partout le mieux figuré ont été ceux sur lesquels on tirait au canon au nom de la démocratie libérale. Les plus grands succès et les plus fortes progressions ont été obtenus par les partis qui – nous pouvons le dire – se trouvaient sous le feu croisé critique de la pensée politique dominante européenne. Oublions un instant la Hongrie avec ses 53% – ce n’est pourtant pas rien – et regardons nos amis Polonais, les Tchèques, les Italiens. Ce sont eux qui ont réalisé les meilleures performances aux élections parlementaires européennes. C’est pourquoi je suis d’avis qu’il est légitime, viable et raisonnable de positionner la démocratie illibérale en antithèse de la thèse de la démocratie libérale, et ce non seulement au niveau intellectuel, mais aussi au niveau des programmes politiques. Il ne nous reste qu’à trouver la phrase ou l’expression qui donne au mot d’illibéralisme, dont la connotation est fondamentalement négative, son sens positif. Car il résulte clairement de ce que je viens de dire que ce que nous souhaitons, c’est de concentrer dans ce concept un maximum de bonnes choses. J’ai beau le tourner et le retourner, je ne peux pas en donner de meilleure définition que celle consistant à dire que la signification de la politique illibérale n’est autre que la liberté chrétienne. Mission liberty, la liberté chrétienne et la défense de la liberté chrétienne. La politique qui œuvre en faveur de la liberté chrétienne illibérale s’efforce de conserver tout ce que les libéraux négligent, oublient et méprisent.

Et pour conclure, nous avons encore à aborder la question de savoir si la culture chrétienne et la liberté chrétienne ont besoin d’être défendues ? Ma réponse est qu’aujourd’hui la liberté chrétienne fait face à deux attaques. La première, qui vient de l’intérieur, est celle des libéraux et vise à l’abandon de la culture chrétienne de l’Europe. Mais il y en a une seconde, qui vient de l’extérieur et qui se manifeste dans la migration, dont la conséquence – même si ce n’est pas son intention – est d’anéantir l’Europe telle que nous l’avons connue.

Si nous revenons maintenant, Mesdames et Messieurs, à notre point de départ, nous constatons que nous avons derrière nous trente ans, et devant nous peut-être encore quinze ans de ce programme de prime time. Si vous me demandez de quoi nous allons remplir ces quinze années, je peux répondre que ce sera la tâche de notre génération de nous opposer à l’esprit du temps libéral et à l’internationalisme libéral. Car ce n’est qu’ainsi que nous pourrons renforcer la Hongrie. Ce sera un combat injustement difficile. La pente favorise nos adversaires, mais je suis convaincu que nous avons de notre côté pas tout, bien sûr, mais une bonne partie de ce que nous pouvons considérer comme beau, libre et juste, que nous pouvons résumer dans le concept de liberté chrétienne. Alors il ne reste plus qu’une question : rêvons-nous, ou pas ?

C’est la question : est-il vraiment possible, ne rêvons-nous pas, est-il possible que depuis bientôt dix ans un pays de 10 millions d’habitants dans l’Union européenne, à l’ère de la pensée dominante libérale, réussisse à s’extraire d’un monceau de dettes, à remettre en état sa souveraineté financière et économique, à croître plus vite que les démocraties libérales ? Est-il possible que ce pays réussisse à rejeter la migration, à assurer la protection de la famille, à défendre sa culture chrétienne, à proclamer l’unification et l’édification de sa nation, et à créer les conditions de la liberté chrétienne ? Est-il possible qu’il arrive à maintenir tout ce programme face à un vent contraire international sans précédent, et le conduise au succès ?

Je ne pense pas, Mesdames et Messieurs, que nous rêvions. Oui, c’est possible ! Tout comme cela a été possible dans les dix dernières années. Mais ce ne sera possible que si nous nous consacrons avec toute notre énergie à ce que nous croyons et à ce que nous voulons. Ce ne sera possible que si nous avons du courage, un esprit chevaleresque – il en faut de nos jours –, et si nous nous serrons les coudes comme le dit notre devise : « le camp est un ». Voilà ce dont il sera question sur les quinze prochaines années, et je ne peux vous encourager que par ces mots :

Vive la Hongrie, vivent les Hongrois

 

DERNIERE NOUVELLE ce 11.08.19

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Selon les informations du New York Times, le milliardaire américain Jeffrey Epstein – inculpé pour « exploitation sexuelle de mineures » – se serait suicidé par pendaison dans la cellule d’une prison de Manhattan où il était incarcéré.

Citées par plusieurs médias américains, les forces de l’ordre ont fait savoir que le corps de Jeffrey Epstein avait été retrouvé sans vie dans sa cellule à New York, ce 10 août. Les responsables américains, qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat, affirment que le milliardaire américain, inculpé pour « exploitation sexuelle de mineures », s’est donné la mort par pendaison.

La veille, des documents rendus publics par les autorités avaient révélé les premiers noms de personnalités, accusées dans cette affaire d’avoir eu des relations sexuelles avec des mineures. Parmi eux, plusieurs hommes politiques américains, des hommes d’affaires mais aussi le prince Andrew, fils de la reine d’Angleterre Elisabeth II.

L’inculpation de Jeffrey Epstein le 8 juillet dernier faisait trembler le tout Washington, et au-delà. La question qui était sur toutes les lèvres étant de savoir si cet ami des puissants allait livrer des informations sur son réseau en échange de la clémence de la justice.

Le 25 juillet, il avait déjà été retrouvé blessé au cou, affalé sur le sol en position fœtale et presque inconscient dans sa cellule. Un incident que n’avaient pas élucidé les enquêteurs, qui n’avaient écarté aucune piste, de la tentative de suicide ou de fuite, à l’agression.

 

 

-------------------------------------- ARTICLE 24.07.2018 --------------------------

 

 

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Commençons par expliquer pourquoi l’affaire Jeffrey Epstein fait tant parler d’elle. C’est Epstein qui a présenté Melania à Donald, c’est Epstein qui est nommé dans le tristement célèbre procès « Jane Doe » comme ayant sexuellement agressé une fillette de 12 ans avec la pleine participation de Donald Trump. C’est pourquoi l’histoire d’Epstein domine l’actualité étatsunienne, elle est considérée comme un moyen de faire tomber Donald Trump.

Mais l’histoire d’Epstein touche bien au-delà, elle discrédite la justice américaine, les médias américains, pénètre jusque dans la Maison-Blanche, peut-être par le biais de plusieurs de ses occupants, et finit par retomber, devenant mystère permanent, car toujours protégé par des médias sous contrôle, non pas d’un mais de 20 milliardaires, et par une société secrète liée à Epstein, qui représente le pouvoir d’Israël sur les gouvernements américain, britannique et canadien.

Cela rend la résolution du mystère Epstein essentielle pour comprendre les événements qui se rapprochent de plus en plus d’une guerre susceptible d’éclipser les conflits post 11 septembre 2001.

Quelle est la véritable histoire ? Tout d’abord, le sexe avec des enfants n’est pas nouveau en Amérique. Le sexe avec des enfants était la norme lorsque les pèlerins débarquèrent à Plymouth Rock en 1620 et peu de choses ont changé, si ce n’est qu’il est devenu un outil pratique pour calomnier les opposants politiques.

Pendant deux siècles, des filles d’à peine 12 ans ont régulièrement été mariées, parfois de force, à des hommes de 70 ans, tandis que d’autres ont été vendues comme esclaves pour travailler dans les moulins ou rejoindre les innombrables hordes qui servent dans les bordels américains.

Toutes les villes et tous les villages d’Amérique ont encore des bordels, généralement des chambres ou des caravanes de camping derrière des librairies pour adultes ou des salons de massage. Des services similaires sont disponibles dans les meilleurs hôtels de New York, Washington et ailleurs, il suffit de demander au concierge. L’hypocrisie n’est pas uniquement américaine mais elle s’épanouit en Amérique, enveloppée dans le drapeau et la bible, comme nulle part ailleurs sur terre.

Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire d’Epstein, tout a commencé en 2003 avec une écrivaine de Vanity Fair, Vicky Ward, qui a écrit l’histoire d’une personne mystérieuse, nommée Epstein, qui prétendait être milliardaire. Epstein avait peu d’éducation officielle mais, pour des raisons inconnues, a quand même décroché un poste d’enseignant prestigieux et est ensuite passé à des opérations corrompues style Ponzi, à Wall Street. Derrière cette façade se cache l’histoire de plus en plus colorée d’Epstein, qui violait des enfants, avec l’aide présumée de Ghislaine Maxwell, fille du célèbre Robert Maxwell, magnat des médias britanniques et maître chanteur présumé du Mossad, qui a été assassiné en 1991.

Nos sources disent qu’Epstein et Maxwell opéraient à partir d’un fabuleux appartement new-yorkais appartenant à un leader de l’industrie de la vente au détail de vêtements et partisan israélien. La nature de leur relation, certainement « très personnelle », voire plus, est interdite de publication dans les médias américains. Il suffit de savoir qu’Epstein a reçu en don cette propriété à New York, dont on dit qu’elle vaut plus de 50 millions de dollars et, de plus, la plus grande partie de la richesse publique d’Epstein proviendrait de fonds investis pour ce même client, celui avec qui Epstein avait cette relation très personnelle, une amitié masculine très étroite.

Pendant deux décennies, voire plus longtemps, Epstein, Maxwell et d’autres, dont Donald Trump, l’avocat Alan Dershowitz et même le prince Andrew ont été accusés de violer des enfants et de construire un réseau pour attirer des écolières dans leur toile et les soumettre à toutes les perversions imaginables.

Pendant ce temps, les médias n’en ont guère parlé, voire pas du tout, malgré des plaintes criminelles et des poursuites civiles interminables. Des preuves montrent maintenant que des témoins ont été payés, que la police a été intimidée par un grand cabinet d’avocats de Washington et qu’une agence de renseignement étrangère a bloqué une poursuite, en 2008, ce qui a récemment conduit à la démission du secrétaire américain au Travail, Andrew Acosta.

Acosta affirme qu’il a ordonné une poursuite genre « tape sur la main » contre Epstein, suite à de nombreuses accusations de viol d’enfant, parce qu’Epstein travaillait pour une agence de renseignement, mais pas américaine. Nous comprenons qu’Acosta avait supposé que la probable co-accusée d’Epstein, Ghislaine Maxwell, a longtemps été réputée pour être un officier de haut rang du Mossad.

Cependant, il n’y a aucune preuve pour confirmer cela ou le fait qu’Epstein et Maxwell faisaient chanter des membres du Congrès, des juges de la Cour suprême et des « capitaines d’industrie » depuis des décennies. Pourtant, ces rumeurs et allégations reviennent sans arrêt.

Ce qu’il est important de noter, c’est que jusqu’à il y a quelques jours, l’histoire d’Epstein était taboue pour la presse américaine. Voyez-vous, Epstein connaissait « tout le monde », Benjamin Netanyahu, Rupert Murdoch, Mick Jagger, Donald Trump, qu’on disait être un compagnon régulier, certainement l’ancien président Bill Clinton et presque toute la noblesse « trash » d’Europe. Voici un extrait tiré du New York Post, propriété de Rupert Murdoch, en date du 15 juillet 2015 :

Epstein, qui est un investisseur dans une entreprise de mannequins de Manhattan, a été accusé par les procureurs d’utiliser ses relations avec la société de mannequins pour "auditionner" des filles en leur faisant faire des massages qui aboutissaient souvent à des abus sexuels."Au fil des ans, il semble qu’Epstein se soit appuyée… sur le mannequinat pour trouver des filles mineures à des fins sexuelles", écrit Conchita Sarnoff, journaliste d’investigation, dans son livre "Trafficking".

Un ancien modèle basé à Manhattan, qui a parlé sous couvert de l’anonymat, a également allégué qu’il s’agissait d’un système de proxénétisme entre Epstein et Victoria’s Secret. (Victoria’s Secret est une chaîne de magasins appartenant au milliardaire israélien Leslie Wexner, prétendument l’un des architectes de l’invasion américaine de l’Irak en 2003. Dans d’autres procédures judiciaires, Maxwell et Epstein sont accusés d’avoir violé des mineures au domicile de Wexner dans l’Ohio, des victimes qui étaient détenues par le personnel de sécurité de Wexner, selon des témoignages écrits. Wexner dirige Mega, un groupe de 20 milliardaires israéliens américains qui financent les efforts de lobbying d’Israël pour soutenir l’action militaire contre les nations musulmanes.)

"Il [Epstein] se présentait comme la porte d’accès pour faire entrer une fille chez Victoria’s Secret. Certaines filles ont été admises ", raconte-t-elle. Un autre gérant d’agence de modèles de Manhattan a déclaré au Post que Maxwell (présumé violeur d’enfants et maître chanteur du Mossad) était un habitué des événements de Victoria’s Secret.

« Il y avait toujours de ces spectacles vraiment trash, avec pleins d’hommes riches dans le public", ajoute-t-elle. "Ghislaine agissait comme une sorte de garde nazie, disant à tout le monde où s’asseoir dans le public et qu’elle avait de nouvelles "pop tartes", comme elle appelait les jeunes modèles. (Ghislaine Maxwell a été accusée d’avoir agressé sexuellement deux enfants, tous deux de sexe féminin, lors d’un procès.)"

Les répercussions sur la sécurité nationale des États-Unis ici sont sans fin. Tout d’abord, nous avons une première dame à la Maison-Blanche, ou du moins présente à certaines occasions publiques, qui a une certaine affiliation avec Epstein et qui en a peut-être elle-même été victime.

Cela pourrait être utilisé pour influencer la politique américaine de tant de façons et pourtant rien n’est remis en question, ce qui indique un appui de haut niveau pour camoufler l’affaire.

Ensuite, il y a Acosta, l’ancien procureur américain déshonoré et secrétaire du travail peu qualifié, qui a peut-être été nommé à ce poste ministériel pour acheter son silence sur Epstein. Ce n’est que maintenant qu’il nous dit qu’il s’est senti menacé personnellement et qu’il a donné à Epstein une « petite sanction » parce qu’Epstein était un « espion ». Le problème, c’est qu’Epstein était probablement un espion contre les États-Unis, pas « pour » les États-Unis.

Lié à cette histoire, bien sûr, est l’endroit d’où vient l’argent, des plus grands noms des affaires américaines et directement aux plus hauts niveaux de l’AIPAC (American Israeli Public Affairs Council) et de l’ADL (Anti-Defamation League), organisations souvent citées et même soumises à enquête pour leurs actions nuisibles aux États-Unis, actions faites « en agence » pour le compte d’un gouvernement étranger.

Pendant ce temps, les mêmes noms, avec leurs milliards, leur influence, poussent les États-Unis vers une guerre contre l’Iran.

Malheureusement, alors que les médias cherchent un moyen d’embarrasser le président ou la première dame, le vrai problème pourrait bien être la corruption, le chantage et le réseau d’espionnage qui pousse le monde au bord de la destruction.


Les dessous de l’affaire Epstein

Jeffrey Epstein, milliardaire juif américain (qui a fait fortune dans la finance), a été inculpé à New York, le lundi 8 juillet 2019, d’exploitation sexuelle de dizaines de jeunes filles mineures.

Selon l’acte d’accusation rendu public par le procureur fédéral de Manhattan, Jeffrey Epstein est accusé d’avoir, entre 2002 et 2005 au moins, fait venir des mineures dans ses résidences de Manhattan (à New York) et de Palm Beach (Floride) « pour se livrer à des actes sexuels avec lui, après quoi il leur donnait des centaines de dollars en liquide ». Certaines d’entre elles n’avaient pas plus de 14 ans...

« Il en a aussi payé certaines pour qu’elles recrutent d’autres filles afin qu’elles soient elles aussi abusées par Epstein », ajoute l’acte d’accusation.

Le fait d’inciter des mineures à la prostitution est un crime selon la loi fédérale, avec ou sans consentement. Jeffrey Epstein encourt jusqu’ à quarante-cinq ans de prison.

Mais ce qui confère à cette affaire une dimension sans précédent, ce sont les liens étroits d’ Epstein avec les riches, puissants et célèbres d’Amérique. Parmi ces personnalités importantes se trouvent : Bill Clinton (qui aurait effectué 26 vols avec le jet privé d’Epstein – surnommé le « Lolita Express » par ses amis). Le magazine web Gawker a publié le carnet d’adresses de 92 pages d’ Epstein qui contient les noms du prince britannique Andrew, de l’ancien procureur spécial Kenneth Starr, de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, de l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak, des acteurs Alec Baldwin, Kevin Spacey et Ralph Fiennes, de feu Ted Kennedy, du milliardaire David Koch et de la chanteuse Courtney Love. Epstein était également un bon ami du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.

Epstein, un agent israélien ?

Epstein a déjà été condamné pour des faits similaires. En 2008, il a fait des aveux pour des accusations de prostitution. Il a ainsi pu éviter un procès fédéral et il n’a été condamné qu à 13 mois de prison (aménagés), grâce à un accord conclu avec le procureur de l’État de Floride, Alex Acosta, qui est aujourd’hui ministre du Travail dans le cabinet de Trump.

Lorsque Alex Acosta a été préparé par l’ équipe de transition de Trump pour les questions que le Congrès lui poserait au sujet de sa nomination comme ministre du Travail, on lui aurait posé la question suivante « L’affaire Epstein peut-elle être un problème ? » selon la journaliste Vicky Ward, qui travaille sur ce dossier depuis des années pour Vanity Fair. Acosta a alors expliqué qu’à l’époque, il n’avait eu qu’une seule réunion sur l’ affaire Epstein, et qu’il a mis un terme aux poursuites parce qu’on lui avait dit de se retirer et qu’Epstein était au-dessus de ses moyens. « On m’a dit qu’ Epstein était membre des services de renseignements et que je devais donc le laisser tranquille », a répondu Acosta aux enquêteurs.

Vicky Ward s’étonne que :

« Pendant près de deux décennies, pour une raison nébuleuse – qu’il s’agisse de ses liens avec les services de renseignements étrangers, de ses milliards, ou de ses relations hauts placées – Epstein, dont les déviances sexuelles horribles agressions contre des femmes sans moyens ou capacités de se protéger, sont bien connues dans son entourage, est resté intouchable. »

Vicky Ward parle de services de renseignements étrangers, et non pas américains. De quel pays s’agit-il ?

Le journaliste d’investigation Panamza écrivait, le 16 juillet 2019, à ce propos que « plusieurs éléments d’ informations – exhumés des archives de la presse en ligne – permettent de corroborer l’identification d’ un ancien réseau israélien haut-placé (qui transitait par le Canada et le Congrès juif mondial...) autour d’ Epstein, cet américain titulaire (en bon espion) de différents patronymes et d’une résidence saoudienne si l’on croit son passeport « étranger » (dont le pays est passé sous silence par la justice et les médias américains...). Premier exemple : la demeure dans laquelle des viols ou des abus sexuels ont été commis par Epstein (selon plusieurs accusatrices) appartenait à un oligarque juif-américain proche d’Ariel Sharon et co-fondateur (en 1991) d’ un club occulte pro-israélien (dénommé Mega et soupçonné d’avoir manipulé Bill Clinton en faveur de l’ affaire Monica Lewinsky) qui a notamment utilisé (via un think tank de propagande) la mystification (israélienne) du 11 Septembre pour lancer l’invasion (profitable à Israël) de l’Irak. »

Le procureur Alex Rossmiller a déclaré que le passeport en question découvert chez Epstein est un faux passeport saoudien. Ont été trouvés également des centaines de photos de femmes et de filles nues, des douzaines de diamants et des piles de billets.

Les liens entre Epstein et Israël ne manquent pas. Le site d’information britannique Dailymail publiait des photos (datant de janvier 2016) de l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak, le visage masqué, entrant dans le manoir de Jeffrey Epstein à New York. Quelques heures après l’arrivée d’Ehud Barak, de jeunes beautés ont été repérées entrant dans la résidence du milliardaire juif américain.

Par ailleurs, rapporte le journal israélien Haaretz, Jeffrey Epstein a investi en 2015 des millions de dollars dans l’entreprise d’Ehud Barak nommée Carbyne (anciennement connue sous le nom de Reporty Homeland Security qui développe des logiciels de géolocalisation pour des services d’urgence. De fait, Epstein et Barak sont des associés (de cette entreprise israélienne basée à Tel Aviv), qui est « une plateforme nationale de communication d’urgence qui utilise la technologie la plus avancée en matière d’ infrastructure d’urgence » et dont le capital s’ élève à 23,9 millions de dollars.

Une recherche plus poussée révèle que cette société est directement liée à l’appareil d’État israélien, car un des principaux investisseurs n’ est autre que le Bureau scientifique en chef du ministère de l’Économie de l’État hébreu, qui est en charge de l’exécution de la politique gouvernementale de soutien à la recherche et au développement industriel.

Nous avons là la preuve d’un lien direct entre Epstein et l’État d’Israël.

Où se situe Donald Trump dans tout cela ?

Les médias américains tentent de mouiller Trump avec cette affaire, ressortant des photos datant de plus de 20 ans où on le voit en compagne d’Epstein, ou encore une interview de Donald Trump datant de 2002 (cinq ans avant la première inculpation) accordée au New York Magazine, où l’actuel président faisait l’éloge d’Epstein : « C’ est un type génial. On s’amuse bien avec lui. On dit même qu’il aime les belles femmes autant que moi. Et beaucoup d’entre elles sont jeunes. »

Mais le Washington Post rapporte (dans un article du 8 juillet 2019) que Donald Trump a coupé les ponts avec Epstein en 2007, lorsque la première affaire a éclaté, et le journal américain de préciser :

« La relation (entre Trump et Epstein), quelle qu’ elle soit, semble s’ être re- froidie en 2007. Alan Garten (un des avocats de la Trump Organization) a déclaré dans une interview que même si Epstein n’a jamais été un membre de Mar-a-Lago (le club de Trump à Palm Beach), Trump lui a interdit de visiter le club à cette époque, en réaction aux accusations criminelles qui avaient été déposées contre Epstein. "Il lui a interdit de mettre les pieds dans la propriété", dit Garten. Il a déclaré que les avocats privés de Trump n’ont pas été contactés au cours de l’ enquête plus récente sur Epstein, qui a abouti à un acte d’accusation fédéral de 14 pages non scellé. »

D’ ailleurs, à l’époque, quand Epstein a été pour la première fois confronté à la justice, Donald Trump s’est rapproché d’ un des avocats des victimes, Bradley Edwards. Une démarche qu’ il a été le seul à entreprendre, comme l’a révélé Bradley Edwards au cours d’une interview :

« Donald Trump est le seul qui, en 2009, lorsque j’envoyais des assignations à comparaître à beaucoup de personnes – ou au moins que j’ indiquais à des personnalités que je souhaitais leur parler – a pris son téléphone et m’a dit : ‘"Discutons, autant de temps que vous voulez. Je vais vous dire ce que vous devez savoir". Il a été très utile dans les informations qu’il a révélées, sans pour autant donner la moindre indication qu’ il était impliqué dans quoi que ce soit d’important. Il disposait de bonnes informations, cela nous a aidés. »

Risquant 45 ans de prison, Epstein pourrait bien, afin de parvenir à un accord, faire des révélations sur ces célébrités et personnalités politiques a qui il a fourni des filles mineures.

Pour l’avocat des victimes, David Boies, cité par le média américain Daily Beast, Epstein n’est qu’un des acteurs d’une affaire qui en compterait bien d’autres :

« Nous espérons que les procureurs ne s’ arrêteront pas à monsieur Epstein, parce que beaucoup d’autres personnes ont pris part à ces activités avec lui, et ont facilité cette exploitation sexuelle ».

D’ailleurs, en 2015 déjà, Donald Trump avait attaqué Bill Clinton et évoqué Epstein lors de la conférence annuelle des conservateurs :

« Bill Clinton a énormément de problèmes qui vont lui tomber dessus avec une fameuse île (Litte Saint James Island appartenant à Epstein et où se déroulaient ces orgies) et avec Jeffrey Epstein. Beaucoup de problèmes. »

Il n’est pas à exclure que Donald Trump soit à l’origine de l’explosion de cette affaire. Une façon pour lui de faire du « nettoyage », neutraliser le clan Clinton, et envoyer un message au lobby pro-israélien qui fait violemment pression sur l’administration Trump pour entraîner les États-Unis dans une guerre contre l’Iran.

Le 16 juin dernier, un mois seulement avant l’affaire Epstein, Trump avait envoyé un message d’ avertissement aux Israéliens, menaçant de révéler l’identité des véritables responsables des attentats du World Trade Center. Lors d’une interview accordée au média américain ABC depuis la Maison-Blanche, le président des États-Unis a fait allusion à sa connaissance du dossier des attentats du 11 septembre 2001 :

« Au fait, la destruction du World Trade Center, ce n’était pas les Irakiens... Ce n’ était pas l’Irak, c’ était d’ autres personnes. Et je pense savoir qui sont ces autres personnes. Et il se peut que vous le sachiez aussi. »

À suivre.

Jean Terrien
(Article paru dans Rivarol du 24 juillet 2019)
 

Le pédocriminel milliardaire juif Epstein, sur E&R :

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État libéral et liberté religieuse

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Bien loin d’être neutre, l’État libéral se coupe de la culture commune religieuse et se retrouve désemparé face aux religiosités contemporaines. Analyse par Damien Clerget-Gurnaud.

Initialement, la reconnaissance par l’Église de la liberté religieuse était une façon de rompre avec sa conduite passée, en prenant solennellement ses distances avec toute forme de violence exercée au nom de la religion. Fondé sur le principe de la dignité de la personne et sur la nature volontaire de tout acte de foi, le respect de la liberté religieuse n’était pas le moins du monde – du moins dans l’intention de la déclaration Dignitatis Humanae – un renoncement à la vérité universelle du christianisme. Bien au contraire voulait-il en être l’expression la plus fidèle. C’est au nom même de la foi en Jésus Christ qu’il était requis de ne pas contraindre ceux qui refuseraient d’y croire.

La séparation radicale du politique et du religieux

Si ce principe est difficilement contestable, son application en revanche l’est bien davantage. Car de ce même principe on pouvait tirer deux mesures radicalement opposées. D’une part promouvoir l’instauration d’une politique authentiquement chrétienne, et même plus chrétienne que jamais puisque plus que jamais attentive à la dignité des personnes. De fait, il n’est pas déraisonnable d’imaginer que les progrès de la liberté religieuse seront d’autant mieux assurés que l’État sera plus ouvertement chrétien. Si le principe de la liberté religieuse est théoriquement fondé sur une anthropologie chrétienne, seule la commune acceptation de cette dernière rendrait vraiment et pratiquement possible la réalisation pleine et entière de la première. Autrement dit : la liberté religieuse ne rend nullement obsolète l’ambition de baptiser des États et des nations, puisqu’il y a apparence que dans les nations chrétiennes la liberté de conscience serait sinon respectée du moins défendue.

La religion catholique s’est retrouvée piégée dans cette machine de l’État neutre

D’autre part ôter au christianisme toute velléité politique, en séparant radicalement deux domaines tenus pour intrinsèquement distincts : le domaine politique, où l’usage de la force demeure un moyen ordinaire et parfois légitime ; et le domaine religieux, où aucune contrainte ne saurait jamais être exercée. C’est cette possibilité qui a malheureusement prévalu historiquement. Cette séparation des domaines, cette rupture du vieil édifice théologico-politique sous les coups de boutoir du libéralisme lockien est au cœur de notre modernité politique. Les circonstances historiques qui ont concouru à l’avènement de cette modernité ont en effet utilisé le thème de « la liberté religieuse » d’abord comme un instrument d’émancipation face aux religions politiques.

Contre la théologie politique

Au lieu d’incarner un principe de théologie politique, le respect de la liberté religieuse est d’abord apparu comme une déclaration de guerre contre toute forme de théologie politique. Au lieu d’apparaître comme la confirmation des droits politiques d’une religion soucieuse avant tout d’améliorer la conduite collective des hommes, il passa pour un renoncement à valoir encore, à se faire valoir politiquement en tant que foyer normatif et phare des sociétés humaines. Il arriva donc que la liberté religieuse fut moins la liberté garantie par le christianisme que la liberté en partie conquise contre lui. Et l’espace politique, au lieu d’être encore chrétien, au lieu même d’être encore voulu chrétien par les chrétiens eux-mêmes, s’émancipa solennellement, au nom de la liberté religieuse, de toute appartenance confessionnelle.

Pour son malheur, la religion catholique s’est depuis assez longtemps retrouvée piégée dans cette machine de l’État neutre qu’elle a fini par admettre comme une évidence indiscutable et une incarnation théologiquement acceptable de son propre respect pour la liberté religieuse. Pourtant, s’il y a bien dans le christianisme le fondement d’une distinction ferme entre ce qui appartient à César et ce qui appartient à Dieu, donc d’une distinction entre l’État et l’Église, on n’y trouverait pas la moindre trace d’une pareille distinction entre le domaine politique et le domaine religieux. Que le roi n’ait pas à se laisser dicter sa conduite par le pape n’implique aucunement qu’il n’ait pas à se laisser dicter sa conduite par Dieu, dans le pieux respect de Ses préceptes.

La prétendue neutralité idéologique de l’État

Le 14 mai 2019, la très officielle commission théologique internationale a rendu public un rapport de quarante pages consacré justement à cette question de la liberté religieuse dans le monde contemporain. Sous ses allures modestes, ce petit texte s’attaque frontalement à ce dogme libéral de l’État neutre. Enfin ! Et il le fait avec une hardiesse combative qu’on désespérait de jamais revoir :

«La prétendue neutralité idéologique d’une culture politique qui déclare vouloir se construire sur la formation de règles purement procédurales de justice, en écartant toute justification éthique et toute inspiration religieuse, manifeste la tendance à élaborer une idéologie de neutralité qui, de fait, impose la marginalisation sinon l’exclusion de l’expression religieuse de la sphère publique. Et donc de la pleine liberté de participer à la formation de la citoyenneté démocratique. Ici se découvre l’ambivalence d’une neutralité de la sphère publique qui n’est qu’apparente et d’une liberté civique objectivement discriminante.»

Ce propos revient à dénoncer, avec une fermeté peu commune, le pacte explicite qui renvoyait la croyance religieuse à une sphère privée éloignée d’une sphère publique où prévalait au contraire la neutralité confessionnelle. Ce partage, quoi qu’il prétende, est un jeu de dupes qui ne respecte aucunement la liberté religieuse puisqu’il contraint pratiquement tous les croyants à se résoudre à une forme d’existence mensongère : «Lorsque les chrétiens acceptent passivement cette dichotomie de leur être entre une extériorité gouvernée par l’État et une intériorité gouvernée par l’Église, ils ont, de fait, déjà renoncé à leur liberté de conscience et d’expression religieuse».

Mais le pire n’est peut-être pas cette hypocrisie institutionnelle. L’indifférence religieuse de l’État, observent les auteurs, a eu cet effet paradoxal d’encourager le développement d’une religiosité politiquement immature, qui échappe à tout réel effort d’institutionnalisation. Telles ces inquiétantes déviations religieuses que constituent «les formes nouvelles de religiosité cultivées dans la ligne de contaminations arbitraires entre recherche du bien-être psycho-physique et constructions pseudo-scientifiques de la vision du monde». Cette religiosité sur mesure, taillée aux proportions exclusives de la vie privée, avec les clôtures et la culture du secret que cette vie requiert d’habitude, qu’est-elle d’autre sinon une forme de sécession politique qui n’en finit pas d’alimenter les sectes en nouveaux convertis ?

Mondialisme et fondamentalisme

De même, et contrairement aux apparences, la nouvelle poussée du fondamentalisme n’est pas forcément la survivance d’une religiosité traditionnelle que l’on croyait dépassée. Ce phénomène pourrait être en réalité indissociable de la mondialisation contemporaine au point de ne pouvoir se comprendre sans référence à la manière dont les sociétés libérales ont nié à la croyance religieuse tout droit à exister dans le domaine public. C’est par une forme de symétrie conflictuelle, la radicalité d’une option répondant à la radicalité de l’autre, que le fondamentalisme a vu le jour. Il est littéralement l’hyper-politisation de la religion qui fait face à sa massive dépolitisation au sein des sociétés occidentales. Comme tout ce qui ne vit que par opposition à autre chose, le fondamentalisme ne peut donc se concevoir sans les sociétés libérales, dont il inverse méthodiquement tous les signes.

L’ennui est que, confrontés à ces nouvelles formes de religiosité parasite, les États libéraux se retrouvent désarmés, faute d’une culture religieuse suffisante. Face à une religiosité politiquement immature, ils n’ont à opposer que leur propre immaturité religieuse, produite par des siècles d’oubli volontaire et de rejet de l’héritage religieux (en l’occurrence chrétien) qui habite encore leurs pratiques politiques. Face à des religions qui ne savent plus rien du fait politique, ils offrent les réponses maladroites d’un monde politique amnésique qui manque si radicalement de mémoire religieuse qu’il est devenu incapable du moindre discernement : «Les théories de l’État libéral qui le pensent comme radicalement indépendant de ce qu’apportent l’argumentation et le témoignage de la culture religieuse, le doivent concevoir comme plus vulnérable aux pressions des formes de religiosité – ou de pseudo-religiosité – qui cherchent à s’affirmer dans l’espace publique en dehors des règles d’un dialogue culturel respectueux».

Cette séparation entre la religion et la politique s’avère donc aussi injuste pour la religion qu’elle est dangereuse pour la politique. Car il ne fait aucun doute qu’en cantonnant la religion à la sphère privée, les États libéraux se sont en même temps privés d’un aspect essentiel de tout édifice politique. En effet, la religion est constitutive d’une culture dans laquelle elle assume sinon un rôle matriciel, du moins un rôle majeur. Par culture, il faut entendre un système global de symboles qui informent la vie sociale et permettent de lui donner du sens. Plus encore, la culture commune nourrit de « récits fondateurs » une identité collective qui n’est rien sans elle. C’est donc tout à la fois de cette culture commune et de cet enracinement dans une communauté d’appartenance que les politiques libérales se sont coupées en reléguant le christianisme à l’obscurité des pratiques individuelles : «L’indifférence de l’État le rend progressivement étranger aux fonctions symboliques dont se nourrit l’appartenance sociale et il devient de plus en plus incapable de les comprendre, et donc de les respecter, comme il déclare vouloir le faire».

Plus profondément, la croyance religieuse est par sa nature même une façon d’assumer la condition humaine dans sa dimension la plus existentielle et la moins anecdotique : «L’expérience religieuse est gardienne du niveau de réalité où la convivance sociale vit et affronte les thèmes et les contradictions qui sont propres à la condition humaine (l’amour et la mort, le vrai et le juste, ce qu’on ne peut comprendre et ce qu’on ne peut espérer )». N’est-ce pas à la marginalisation systématique de cette dimension religieuse de l’existence que la vie publique de nos sociétés occidentales doit son apparente frivolité et son incapacité manifeste à élever le débat politique au-delà des querelles picrocholines ?

La politique moderne est une idolâtrie

Pour toutes ces raisons, le dogme libéral de l’État neutre paraît aujourd’hui de moins en moins tenable. Cette impasse pourrait logiquement nous conduire à tenter à nouveau d’inscrire la sphère publique sous un horizon explicitement religieux, autrement dit redonner toute sa chance à l’idée complaisamment abandonnée d’un « État chrétien ». Un tel projet est d’autant moins absurde que, tout compte fait, l’État moderne a laissé le christianisme derrière lui mais en conservant intactes, depuis deux cents ans, l’affirmation d’un dogme commun et la pratique d’un culte public. Que ce dogme ne renvoie plus à la religion chrétienne et que ce culte ne s’adresse plus explicitement à Dieu n’autorise aucunement à dire que la politique moderne serait sortie de la religion. Fondamentalement, l’idéologie d’État est une forme d’idolâtrie et, à ce titre, elle demeure encore pleinement justiciable de catégories religieuses : «Lorsque la place de Dieu, dans la conscience collective d’un peuple, est occupée abusivement par les idoles fabriquées par l’homme, le résultat n’est pas un climat de liberté plus avantageux pour chacun, mais bien plutôt une servitude plus insidieuse pour tous».

De la convivance à la Justice, il y a tout l’écart entre la simple dimension sociale et la dimension proprement politique

Malheureusement, les membres de la commission théologique n’ont pas poussé l’audace du raisonnement jusque-là. Convaincus que la religion avait un rôle politique à jouer, ils se sont contentés de vouloir lui faire jouer un rôle social infra-politique. Ils ont parfaitement compris les limites d’une approche de la religion exclusivement fondée sur la liberté des individus et ignorante de la dimension intrinsèquement communautaire et relationnelle de toute vie personnelle : «Elle [la liberté] n’a aucune possibilité de grandir en force et sagesse sans la médiation de relations humanisantes qui aident cette liberté à s’engager, à s’éduquer, à s’affermir et aussi à se transmettre, au-delà des aliénations où l’individualité pure, ravalée à l’individualisme, ne peut que végéter. […] Le jugement de la conscience sur la rectitude de l’agir est élaboré sur la base de l’expérience personnelle, à travers la réflexion morale ; et ce jugement se définit par rapport à l’ethos communautaire qui instruit et qui rend manifeste la valeur des comportements vertueux conformes à la vérité de l’humain». Mais cet élargissement de la vie religieuse au domaine social la tient encore éloignée de la sphère politique.

Dimension sociale sans dimension politique

Prisonniers de la perspective “personnaliste” de Dignitatis Humanae, les auteurs du rapport parviennent à étendre le domaine spécifiquement religieux au-delà de la seule personne, en direction de sa communauté d’appartenance. Ainsi la religion revêt-elle, au-delà de la relation de chacun avec Dieu, une réelle dimension sociale : «Ainsi, l’existence chrétienne unit-elle la liberté individuelle de l’acte de foi et l’insertion dans une tradition communautaire comme les deux faces d’un même dynamisme personnel». Mais la vie sociale ou communautaire ne constitue pas en elle-même un ordre politique, elle n’est encore que la coexistence de personnes dans un espace relationnel élargi dont la norme est de «convivance». Pour qu’il y ait un ordre politique, il faut davantage que cette convivance des personnes ; il faut une personnalité morale collective qui se nomme cité, nation ou empire et qui apparaît comme le « bien commun » de chacun à la condition qu’il soit effectivement bon pour chacun, c’est-à-dire « juste ». De la convivance à la Justice, il y a tout l’écart entre la simple dimension sociale et la dimension proprement politique.

Or, les auteurs de la commission théologique se sont bien gardés de pousser leur prétention au-delà de cette seule dimension sociale. Ce qu’ils attendent n’est finalement rien de plus que la reconnaissance publique du droit des communautés religieuses au sein de cet espace social. Comme dans le modèle libéral, l’État demeure garant de la paix publique, mais il ne doit plus empêcher l’expression sociale de cette foi. Tel est le modèle de « laïcité positive » qu’ils appellent de leur vœu, dans une perspective proche de celle du pape François. On peut se demander si une telle ambition ne restaure pas in fine les conditions d’une exclusion politique qui avait été si vaillamment critiquée dans les passages consacrés à l’État neutre. Car on voit mal en effet comment cette liberté religieuse élargie serait autre chose qu’un encouragement au « repli » communautaire.

À supposer même que ces libertés communautaires ne représentent pas, au sein d’une société multiculturelle, une réelle menace pour la convivance mutuelle (comme si la pratique du dialogue et le respect réciproque étaient une façon d’user correctement de toute croyance religieuse plutôt qu’une norme de comportement prescrite par l’une d’entre elles), le « bien commun » ne s’en trouverait pas pour autant restauré. Dans le cadre du libéralisme, c’est un fait, l’État est seulement le garant de la convivance sociale tandis que le « bien commun », lui, est proprement abandonné au nom du relativisme éthique. L’Église seule, en tant qu’elle affirme à contretemps l’existence de normes transcendantes, demeure en mesure de conserver quelque validité au principe du bien commun. La commission théologique ne se fait pourtant pas faute de rappeler cette immense responsabilité politique, qui empêche de concevoir la foi catholique comme un simple marqueur sociologique. Seulement voilà : effrayée par sa propre audace, elle s’est soigneusement gardée d’aller au bout de sa logique.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

 

 

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TRIBUNE - Le jeune historien voit dans la suppression des épreuves écrites pour l’admission à Sciences Po un indice parmi d’autres d’une baisse d’exigence s’agissant de la formation des futurs cadres du pays.


Loris Chavanette est l’auteur de Quatre-vingt-quinze. La Terreur en procès, préfacé par Patrice Gueniffey (CNRS Éditions, 2017), prix de thèse de l’Assemblée nationale et prix d’histoire de la Fondation Stéphane Bern-Institut de France.


La France va-t-elle vers un déclassement intellectuel? Le baccalauréat ne veut presque plus rien dire, les diplômes universitaires sont souvent délivrés au prix d’un abaissement des exigences de notation, et, bientôt, sortir des grandes écoles risque d’être chose quelconque. Sciences Po montre l’exemple. Après avoir diminué l’importance des disciplines traditionnelles comme l’histoire dans l’enseignement dispensé, l’IEP a annoncé la suppression des épreuves écrites pour être admis en première année. La pente est trop forte. Toutes les grandes écoles seront tentées de suivre, comme le confirme une déclaration de Frédérique Vidal, ministre de la Recherche, préconisant la suppression de l’épreuve de culture générale pour intégrer ces établissements à la réputation trop élitiste.

Sur fond de discrimination positive, nous nous américanisons au détriment de notre modèle méritocratique

On parle de «démocratisation» et de «lutte contre les inégalités» pour légitimer ces mesures, en oubliant qu’à force de tout justifier ainsi, on vide ces concepts de tout sens précis. Sur fond de discrimination positive, nous nous américanisons au détriment de notre modèle méritocratique, alors même que les États-Unis préservent l’excellence de leur enseignement supérieur pour gagner la bataille de la concurrence mondiale des universités.

Qui est responsable de cette débâcle collective? Est-ce l’État ou la société? Désamour pour les livres, déclin des humanités et de la culture générale, culte d’Internet et de l’information en continu et primat de l’oralité contribuent à ces renoncements. Et les gouvernements successifs, depuis près de vingt-cinq ans, précipitent ce saut dans le vide.

On ne souscrit pas ici à l’hypothèse d’un suicide français, voulu, prémédité et acté, mais plutôt à un long et irrémédiable naufrage, devant lequel nous restons impuissants. En médecine, on appelle cela se laisser mourir par glissement, sans avoir plus goût à la vie. Il y a continuité entre nos présidents depuis Chirac à cet égard. On pense qu’un léger coup de barre à droite puis à gauche suffira pour empêcher le navire de sombrer. Or l’histoire est sans pitié pour ceux qui n’ont pas de cap. En 1789, cela faisait plus d’un demi-siècle que la déliquescence des institutions et des mœurs avait commencé. Raymond Aron mettait en garde contre «l’excès de compromis», y décelant la véritable corruption des démocraties.

Pédagogisme à connotation politique

On ne peut réformer l’école sans toucher au lycée et à l’enseignement supérieur. Si l’on promeut l’écrit au primaire, il faut compléter ce choix dans le supérieur, car tout se tient. L’instruction publique est le reflet de notre société et comme un avant-goût de l’avenir.

Les Jacobins avaient, sous la Terreur, créé l’École de Mars où l’on formait dès l’enfance au métier de soldat. Afin de gommer les inégalités, les élèves étaient vêtus d’une blouse blanche de tissu épais, quelle que soit la saison. Aux premiers frimas de l’hiver, les jeunes eurent froid et voulurent rentrer chez eux. L’école ferma. L’éducation ne saurait être le laboratoire d’un pédagogisme à connotation politique. Le maître doit dispenser bonnes et mauvaises notes au gré du savoir. L’instruction est formation des cœurs et des esprits pour donner un bagage dans la vie. Jules Vallès ne s’y est pas trompé dans Le Bachelier : «Je n’ai qu’une petite malle, mais j’ai mon éducation.»

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 31/07/2019. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

 

Par Delphine de Mallevoüe

C’est une peur estivale, et un fléau à l’année. À Paris, en province et jusque dans les replis des territoires les plus isolés, où l’atteinte aux biens et aux personnes ne décroît pas malgré la désertification, les cambriolages sont en hausse. Marqueurs d’une délinquance en constante augmentation, ils violentent les foyers au cœur de leur intimité. Et peu leur chaut, à ces crocheteurs du dimanche, détrousseurs en bande organisée ou malandrins d’opportunité, de vider les maisons alors que les occupants y sont: nombre de faits récents montrent une augmentation de ces effractions, «saucissonnage» à l’appui. Un jargon policier qui signifie ligotage, coups, menace par arme, comme l’ont tout récemment vécu l’ex-ministre de l’Économie Thierry Breton et son épouse dans leur domicile parisien.

Face à ce fléau - 645 cambriolages par jour -, le désœuvrement et la fatalité semblent intégrer la norme. Le taux d’élucidation de ces infractions est dérisoire: guère plus d’une affaire sur dix. La complexité croissante des procédures, la baisse des effectifs opérationnels, la diversification des missions des policiers et la «mansuétude» des parquets débordés par les «petites affaires» ont considérablement affaibli la traque et laissé la voie libre aux malfaiteurs. Pourtant, la protection des biens et des personnes est au cœur du droit. Et la sécurité la première des libertés: la Déclaration des droits de l’homme, consacrée par notre Constitution, dispose qu’elle «fait partie des droits inaliénables et imprescriptibles de l’homme» et que ceux-ci doivent être garantis par la force publique. Une prérogative régalienne dont l’État semble s’être désengagé, se déchargeant sur le dos de bons baudets: les municipalités. Les citoyens eux-mêmes en viennent à prendre la sécurité de leur quartier en main. Les «Voisins vigilants» patrouillent, au risque parfois de jouer les shérifs.

De sa fenêtre, le ministre de l’Intérieur revendique un engagement ferme. «Moi, je choisis de privilégier la sécurité des Français», a-t-il récemment affirmé. Mais, sur le pas de leur porte, les Français, eux, attendent moins d’incantations politiques qu’une action, des mesures, des moyens.