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Dans le très beau documentaire qu’ils ont consacré à l’épisode (toujours en cours, d’ailleurs) des Gilets jaunes, J’veux du soleil, Gilles Perret et François Ruffin donnent la parole à plusieurs des participants à ce mouvement. L’un d’eux dit quelque chose qui nous retiendra ici: il dit que les Gilets jaunes lui ont fait découvrir la dimension de l’entraide.

Dans la société actuelle, dit-il, les voisins non seulement ne se parlent plus entre eux mais ont tendance à se considérer mutuellement comme des ennemis. Les gens se retrouvent dès lors seuls dans la vie. Ils ne peuvent plus compter sur rien ni sur personne. Le seul interlocuteur qui leur reste est l’État. Mais l’État total ne les écoute guère. Les entend-il seulement?

Or, justement, avec le mouvement des Gilets jaunes, les gens recommencent à se parler, en particulier entre voisins. Traduisons cela en termes aristotéliciens: l’amitié renaît. Elle renaît, et donc l’entraide redevient possible. C’est ça la grande nouveauté: l’entraide à la place de la guerre de tous contre tous. Lorsque je parle de guerre de tous contre tous, c’est moi bien sûr qui interprète. Mais si l’on dit que les voisins se considèrent mutuellement comme des ennemis, l’idée est bien celle de la guerre de tous contre tous!

Le film se construit donc sur cette opposition: d’un côté, une société, la nôtre, où les gens se frôlent sans se parler, vivent les uns à côté des autres dans une solitude extrême, solitude souvent associée à de la peur (peur, il est vrai, parfois justifiée, on ne dira pas ici le contraire, mais parfois aussi non: pourquoi, par exemple, devrait-on avoir peur de son voisin?), et de l’autre une contre-société émergente, celle des Gilets jaunes, où les gens recommencent à se parler. À plusieurs reprises, il est question, dans le film, d’«harmonie», de «fraternité». Tous ces mots désignent en fait l’amitié. En ce sens, le mouvement des Gilets jaunes pourrait s’interpréter comme étant à lui-même sa propre fin. On ne dit pas cela pour évacuer le problème de la pauvreté, certes non. Mais ce que le film montre aussi, c’est que le malheur actuel des gens n’est pas seulement lié à la paupérisation, au fait qu’ils ne gagnent plus assez pour simplement manger, mais au manque d’amitié. Bien plus, une partie au moins de la solution au problème de la pauvreté, laisse entendre le film, résiderait dans la restauration du lien social.

(Au passage je signale que j’ai vu le film dans une salle quasi vide. Nous étions en tout et pour tout six spectateurs dans une salle pouvant en comporter, paraît-il, huit cent soixante-sept. On a là l’illustration même, «en abîme» en quelque sorte, de ce dont, justement, il est question dans le film: de l’actuelle dissolution sociale. Les gens ne trouvent même plus en eux l’énergie et la motivation d’aller au cinéma. Le film avait pourtant été annoncé dans la presse. Mais qui lit encore les journaux?).

Le retour de la société

On pourrait à partir de là reprendre notre réflexion sur l’effondrement qui vient. On connaît la phrase sinistre de Mme Thatcher: «There is no such a thing as society». La société n’existe pas, on ne sait même pas ce que c’est. Seuls existent les individus. Voilà ce que pensait Mme Thatcher. Le corollaire en est que ce qu’on appelle le bien commun, lui non plus, n’existe pas. C’est une expression vide de sens. Nous pouvons dès lors tranquillement le laisser de côté. Nous n’avons à nous soucier que de nous-mêmes et de nos propres intérêts individuels (ou de caste). C’est ce que pensait Mme Thatcher, mais elle n’était bien sûr pas la seule à le penser.

Entretemps, en effet, de telles idées ont fait leur chemin. Elles se sont routinisées, en même temps qu’officialisées. Le film de François Ruffin en témoigne, mais même si nous manquons de l’énergie et de la motivation nécessaires pour aller le voir, chacun peut le vérifier en interrogeant sa propre expérience personnelle. Laissons ici les voisins qui se regardent chiens de faïence pour ne considérer que le monde du travail. La guerre de tous contre tous prend ici un sens très concret. Qui aujourd’hui pourrait se vanter d’échapper à l’hyperconcurrence? A la mobilité forcée? Au risque permanent de délocalisation? Quand Mme Thatcher dit que la société n’existe pas, en un sens elle a raison: notre société, effectivement, n’existe pas. Elle est plus dissociété qu’à proprement parler société. On pourrait aussi dire: non-société.

Mme Thatcher dit donc la réalité. Sauf qu’elle voudrait aller plus loin encore dans cette direction: plus loin encore, alors même que cela se traduit pour l’être humain par de réelles souffrances (aussi bien morales que physiques). Mais elle n’en a cure. Mme Thatcher n’est bien sûr ici qu’une métonymie. D’une manière générale, les néolibéraux ne sont que peu ou pas impressionnés lorsqu’on leur dit que les mesures qu’ils préconisent (déréglementation, privatisation, robotisation, etc.) sont causes de souffrances pour les populations. Et alors? Faites comme nous, adaptez-vous. Bougez, déménagez. Changez de métier. Mangez des pesticides. Des OGM. Contractez des cancers (cancers d’ailleurs imaginaires). Numérisez-vous. La souffrance comme remède à la souffrance. En fait, mourez.

Bref, nous retrouvons le thème général de ces chroniques. Quand on évoque l’effondrement qui vient, on ne saurait se contenter de projeter son regard vers l’avenir (proche ou moins proche), il faut également le fixer sur le présent. Et quand on parle du présent, il faut y inclure également le passé proche. Le livre aujourd’hui classique de David Riesman, The lonely crowd, ne date pas d’hier. Il remonte au début des années 50. Certains agitent le spectre d’un possible retour à l’état de nature. Or, encore une fois, ce retour est aujourd’hui déjà une réalité. On dira que ce pourrait être pire encore. C’est certainement vrai comme remarque. On peut très bien imaginer que l’état de choses actuel empire encore. Quantité de livres paraissent régulièrement sur le sujet. Eric Zemmour nous dit que la guerre civile sera sanglante(1). Peut-être. Mais on n’en resterait pas moins dans la continuité. Il est très possible, en revanche, que l’empirement en question atteigne un degré tel qu’il entraîne un retournement de situation. Un peu comme ce qui vient de se passer avec le mouvement des Gilets jaunes, mais à une beaucoup plus vaste échelle.

Un nouveau Moyen Âge?

Ce n’est pas en vain, par exemple, que certains disent que la dissolution de l’ordre westphalien à laquelle nous assistons aujourd’hui au plan géopolitique nous promet l’avènement d’un nouveau Moyen Âge(2). Le retour au Moyen Âge n’est pas le retour à l’état de nature. On pourrait faire la confusion et effectivement croire que c’est le retour à l’état de nature. Mais il ne peut pas y avoir retour à l’état de nature, puisqu’on y est déjà! C’est l’inverse en réalité qui se produit. On est dans l’état de nature, et à un moment donné, comme cela devient intenable, l’instinct de survie se fait entendre en nous pour nous dire, justement, que si nous voulons survivre, nous n’échapperons pas à la nécessité de sortir de l’état de nature. Jusque là on relativisait. On disait: ne dramatisons pas. Ce n’est pas si grave. Mais à un moment donné on cesse de relativiser. On décide, comme on dit, de prendre son destin en main. Et donc on bascule dans autre chose: une éventuelle reféodalisation, par exemple.

Avec l’atomisation sociale, le lien social se défait. Ici, au contraire, il se refait. A très petite échelle, certes, mais il se refait. On retrouve en particulier l’amitié, qui assure l’existence du lien social, et au-delà même de l’amitié l’entraide, qui en est la raison d’être. C’est le contraire même d’une désintégration. Et donc également on n’est plus dans la continuité. Il y a bien rupture de continuité.

NOTES

  1. Interviewé par Elie Chouraqui (i24NEWS, 14 avril 2019). YouTube.
  2. C’est en particulier la thèse développée par l’historien et géopolitologue Bernard Wicht, en particulier dans son dernier livre (cité dans notre dernière chronique).

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Interview de Kernews

Kernews : Qu’est-ce que la pornographie ? Quelle est la frontière, selon vous, entre l’érotisme et la pornographie ?

François Billot de Lochner : Il y a aujourd’hui un véritable mélange des genres dans les esprits et les gens ne font pas le distinguo entre érotisme et pornographie. Jusqu’à il y a un demi-siècle, la pornographie était extrêmement limitée et il y avait plutôt de l’érotisme. Progressivement, il y a eu un mélange de plus en plus évident entre érotisme et pornographie. Les promoteurs de l’érotisme ont compris que l’on pouvait amener mécaniquement à la pornographie. Il y a deux siècles, vous regardiez un dessin d’une femme nue et c’était fini, alors qu’aujourd’hui nous sommes dans une société où quelqu’un qui regarde une femme nue à 14 heures peut ensuite trouver des vidéos pornographiques et y passer la soirée ! Aujourd’hui, il n’y a pratiquement plus de distinction entre l’érotisme et la pornographie. L’érotisme est une partie de la pièce pornographique, mais c’est complètement lié. Le but de la pornographie est d’exciter les pulsions les plus débridées et l’érotisme conduit à la pornographie de façon quasiment mécanique.

Imaginons un fabricant de maillots de bain qui présente la photo d’une jolie femme en maillot au bord d’une piscine… Cela ne va quand même pas choquer ?

Ce n’est pas choquant, évidemment, mais en neurosciences on assimile cela automatiquement à des images qui mènent à la pornographie. Les concepteurs de la pornographie expliquent que le chemin commence exactement par ce que vous venez de décrire. C’est pour cette raison que l’on estime qu’aujourd’hui en France 90 % de la population est peu ou prou soumise à des matériaux pornographiques, volontairement ou involontairement.

Avec un tel raisonnement, on va vous qualifier d’ayatollah !

Non, parce que je ne qualifie pas une telle image de pornographique : je dis simplement que dans le mécanisme du cerveau, ce genre d’image à haute dose conduit assez mécaniquement à cela. On dit toujours que la pornographie se développe sur Internet, mais c’est faux. Il y a plusieurs millions de livres pornographiques qui se vendent chaque année et, tous les soirs, il y a deux radios pornographiques avec plusieurs millions d’auditeurs. Donc, il ne s’agit pas d’un point précis, mais d’un système qui mène tout au long de la journée sur le chemin pornographique et qui entraîne vers une pornographie pure et dure.

Si l’on pense à cette belle photo de Robert Doisneau qui a fait le tour du monde, avec ce couple d’amoureux qui s’embrassent, aujourd’hui, un photographe plus provocateur ferait sans doute un cliché où on les verrait s’embrasser goulûment, ce qui amènerait davantage de suggestions… Est-ce cette évolution que vous dénoncez ?

C’est exactement cela. Le but du créateur est que le regard de la personne se concentre sur une toute petite partie du corps : en clair, si vous voyez une très jolie femme en maillot de bain au bord d’une piscine, mécaniquement vous allez regarder vers ses parties intimes et le cerveau va immédiatement tenter de l’imaginer sans maillot de bain… C’est tout à fait humain et ce sont des mécanismes du cerveau. Un docteur en neurosciences, qui est un grand spécialiste du sujet, travaille de façon très scientifique et il explique que tout est fait pour conditionner le cerveau à la pulsion débridée. C’est ce qui pose un vrai problème puisque, ensuite, on ne maîtrise absolument plus ses pulsions. La pornographie entraîne des ravages inimaginables que personne ne veut pointer.

On savait que l’excès de pornographie entraîne de la violence, y compris au sein du couple, mais l’étude va plus loin puisqu’elle explique que cet abus a pour effet de rendre les gens plus violents d’une manière générale…

C’est un point qui se révèle. Nous avons dans le cerveau une substance chimique qui s’appelle la dopamine. Si vous vous mettez à table, vous avez de l’appétit parce que la dopamine excite le cerveau qui irrigue l’envie de déjeuner ou de dîner. Pour la sexualité, la dopamine a un rôle fondamental : c’est l’outil du cerveau qui permet que l’activité sexuelle soit classique et normale. Les neurosciences prouvent que l’excès de pornographie dégrade la dopamine, qui ne réagit plus. Donc, si une personne regarde de la pornographie sur Internet, au départ cela excite sa dopamine et cette personne aura un conditionnement sexuel à peu près normal. Puis, la dopamine s’abîme et la personne aura envie d’aller plus loin pour être excitée. Et, à la longue, la dopamine ne réagira plus. À ce moment-là, l’individu deviendra de plus en plus violent, notamment pour épanouir sa sexualité. Mais cela ne marchera même plus au bout d’un certain moment. Les cas d’impuissance liés à la pornographie sont de plus en plus nombreux et c’est quelque chose de méconnu. Je fais des conférences dans toute la France et certains viennent me dire que la sexualité peut s’épanouir par la pornographie… Or, en réalité, on tue purement et simplement sa sexualité par la pornographie. C’est une évidence : si un homme s’adonne à la pornographie à haute dose, la femme devient un objet de consommation courante, ce n’est plus une personne, c’est une espèce d’instrument de boucherie.

Revenons au rôle de la dopamine. Par exemple, enfant, lorsque j’étais amoureux d’une fille, je tremblais pendant des heures à l’idée de lui prendre simplement la main au cinéma. Et si sa main avait rencontré la mienne, je devais sécréter un taux de dopamine incroyable, simplement parce que nos mains s’étaient frôlées… Or, si j’avais été baigné de pornographie à cette époque, je n’aurais rien ressenti en lui prenant la main… Est-ce ce que vous voulez dire ?

Oui. En plus, cela aurait tué complètement votre belle relation car, dans l’histoire de l’humanité, une relation entre deux personnes n’a jamais été cantonnée à une relation sexuelle. Vous décrivez la belle relation en opposition à la relation extrêmement moche qui consiste à dire que l’on ne s’intéresse à une femme que s’il s’agit d’un étalage de boucherie que l’on peut consommer comme on veut… J’ai reçu très récemment une lettre d’un garçon de 21 ans qui m’a dit que mon action était fondamentale, car il est addict à la pornographie. C’est une catastrophe pour lui, il s’est dit être pratiquement mort. Une femme m’a raconté l’histoire de sa fille de 26 ans : elle a fait Polytechnique, elle est cadre supérieure dans une grande société française, et dès qu’elle rentre chez elle le soir, elle se précipite sur son écran pour regarder des films pornographiques pendant toute la nuit. Le week-end, elle reste enfermée chez elle pour regarder des films pornographiques. Et je ne parle pas des millions de couples qui sont sacrifiés chaque année par la pornographie !

Vous relayez une étude sur Tinder qui est un supermarché de la drague et qui a des conséquences terribles à travers la note de désirabilité : on constate que personne ne s’engage, les gens restent vraiment dans le couloir en permanence, parce qu’ils s’imaginent pouvoir trouver mieux en rayon…

Exactement. C’est un étalage de boucherie, on s’imagine que l’on va toujours trouver mieux en rayon… Les personnes sont des objets de consommation et on est dans un rêve, un délire hors-sol…

La presse féminine a influencé toute une génération qui ne s’engage jamais dans une relation et qui se dit toujours : « Je vais peut-être trouver mieux… »

Le système, depuis presque un demi-siècle, par une espèce de libertarisme, fait que l’on ne s’occupe plus que de soi : « C’est moi qui prime et je fais mes choix selon ma jouissance personnelle ». L’être humain n’est plus un être social, l’autre ne compte plus. Donc, on prend, on jette et on reprend…

Vous attaquez en justice le site Jacquie et Michel. Pour quelles raisons ?

C’est un site terriblement pervers, parce qu’il a l’air de sous-entendre que ce sont des amateurs qui font des vidéos, alors que c’est une incroyable machine à argent ! Ils paient des « actrices » dans des conditions absolument déplorables, on y accède simplement en cliquant pour dire que l’on a plus de 18 ans… On est vraiment dans le prototype du site mensonger de bout en bout, alors que c’est une affaire de gros sous. Nous les attaquons au pénal parce que je trouve insupportable de se laisser soumettre à des gens qui pervertissent objectivement la société.

Les gens de bon sens savent pourtant que les conséquences sont terribles et l’on entend souvent chez les hommes cette même réflexion à propos d’une fille légère : « On doit bien s’amuser avec elle, mais je n’en voudrais jamais comme épouse ! » Il y a de l’amusement, mais aussi une certaine forme de mépris et de dégoût…

C’est quelque chose que je dis assez régulièrement dans des conférences ou dans des émissions lorsque des gens me disent que c’est finalement la liberté de chacun. Alors, je leur réponds : « Accepteriez-vous que votre ravissante fille de 20 ans fasse une vidéo pornographique ? » À ce moment-là, la même personne qui me parle de liberté se met tout d’un coup à hurler… Aujourd’hui, 75 % des Français se disent inquiets par la pornographie. Or, il y a 10 ans, cela aurait été 20 %, voire moins. Aujourd’hui, la prise de conscience est tout à fait claire et les gens commencent à se poser des questions. Simplement, entre se poser des questions et agir, il y a un gouffre. L’Éducation nationale est une usine à pervertir la jeunesse, car, quand on voit les matériaux distribués par l’Éducation nationale aux jeunes, cela fait froid dans le dos. Toutefois, les parents protestent très peu… On a été saisi pour attaquer en justice un établissement de province qui se dit catholique et où le professeur de quatrième fait lire à ses élèves des livres hautement pornographiques. En plus, c’est un professeur de français qui arrive à choisir des auteurs qui n’alignent pas deux mots de français, c’est ignoble, et nos avocats ont pensé qu’il serait judicieux de faire témoigner des parents. Mais il n’y a plus personne et l’on entend toujours la même réflexion : « Mon enfant va être ostracisé et le professeur va lui mettre des mauvaises notes ».

Les ravages de la pornographie sur le cerveau.

L’étude indique que la pornographie exerce un impact sur notre cerveau, nos cellules cérébrales se modifient et la sécrétion de dopamine disparaît progressivement : « Lorsque le cerveau devient accro à regarder les scènes sexuelles, la sécrétion de la dopamine augmente, mais après un moment les cellules qui sécrètent la dopamine se fatiguent, leur sécrétion diminue et elles s’atrophient progressivement. La personne ne se sent plus heureuse comme auparavant, cherchant d’autres moyens plus excitants (comme un toxicomane) et donc le dommage des cellules augment… C’est un véritable processus de destruction ! Les dommages s’étendent à la zone frontale du cerveau qui se heurte avec le temps, se dégradant progressivement, et perdant ainsi l’aptitude à prendre la bonne décision ». Ainsi, quelqu’un qui abuse de la pornographie n’est plus en mesure de prendre des décisions normales.

Pour les enfants, « lorsque la personne voit le film, ce qui s’exprime d’abord c’est son empathie. Un peu comme avec un film d’horreur, elle se cache les yeux parce que ce qu’elle voit est perçu comme horrible, et elle le perçoit comme horrible parce qu’elle a identifié la victime et qu’elle s’est mise à sa place. Le temps passant, l’habitude venant, le spectateur se coupe de son empathie, il ne souffre plus à la place de sa victime, il jouit à la place de l’agresseur. » Conséquence : « La sexualité n’est plus perçue comme une aventure à deux, mais comme une performance personnelle pour assouvir un besoin personnel. La pornographie ou cyberporno entraîne aussi une dépendance avec un besoin d’en voir toujours de plus en plus souvent, avec des scénarios toujours différents et de plus en plus violents également. Bon nombre de jeunes visualisent ces sites dans l’optique d’obtenir des renseignements sur la sexualité et sur le comment faire. Les garçons reproduisent ce qu’ils ont vu et les filles se conforment à ce qu’elles voient à et à ce qui est attendu d’elles. »

 

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au 13.05.2019

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Le phallus était un motif d’art commun en Europe occidentale à la fin du Moyen-Âge et au début de la Renaissance. La signification concrète de l’arbre aux phallus reste floue, mais il apparaît à plusieurs reprises sur des manuscrits enluminés, en sculpture et en peinture.

Certains y ont vu une illustration de pratiques de sorcellerie. La lecture du Malleus maleficarum nous renseigne sur certaines sorcières qui conservaient des pénis désincarnés comme animaux de compagnie dans des nids et les nourrissaient d’avoine.

https://krapooarboricole.files.wordpress.com/2018/01/1-detail-roman-de-la-rose.jpg?w=284&h=192 284w, https://krapooarboricole.files.wordpress.com/2018/01/1-detail-roman-de-la-rose.jpg?w=270&h=183 270w" sizes="(max-width: 142px) 100vw, 142px" width="142" height="96">« Et ce, alors, faut-il penser de ces sorcières qui de cette manière parfois recueillent des organes mâles en grand nombre, pas moins de vingt ou trente membres ensemble, et les mettent dans un nid d’oiseau, ou les enferment dans une boîte, où ils se déplacent comme des membres vivants, et mangent de l’avoine et du maïs, comme il a été vu par beaucoup […] C’est à dire que tout cela se fait par le travail du diable et de l’illusion, car les sens de ceux qui les voient se trompent dans la façon dont nous l’avons dit. Un homme raconte que, quand il avait perdu son membre, il s’approcha d’une sorcière appelée pour lui demander de la lui rendre. Elle a dit à l’homme affligé de grimper à un arbre donné, et qu’il pourrait prendre celui qui lui plaisait hors du nid dans lequel il y avait plusieurs membres. Et quand il a essayé de prendre un gros, la sorcière a dit: Vous ne devez pas prendre celui-là, ajoutant parce qu’il appartient à un prêtre de la paroisse. »

https://krapooarboricole.files.wordpress.com/2018/01/3-detail-roman-de-la-rose.jpg?w=654&h=436 654w, https://krapooarboricole.files.wordpress.com/2018/01/3-detail-roman-de-la-rose.jpg?w=144&h=96 144w, https://krapooarboricole.files.wordpress.com/2018/01/3-detail-roman-de-la-rose.jpg?w=270&h=180 270w" sizes="(max-width: 327px) 100vw, 327px" width="327" height="218">–https://krapooarboricole.files.wordpress.com/2018/01/2-detail-roman-de-la-rose.jpg?w=474&h=436 474w, https://krapooarboricole.files.wordpress.com/2018/01/2-detail-roman-de-la-rose.jpg?w=105&h=96 105w, https://krapooarboricole.files.wordpress.com/2018/01/2-detail-roman-de-la-rose.jpg?w=270&h=248 270w" sizes="(max-width: 237px) 100vw, 237px" width="237" height="218">

En regardant attentivement les marges du Roman de la Rose conservé à la Bnf, on decouvre une sorcière menaçant un pénis avec son bâton [1], et on voit clairement à deux reprises des nonnes récolter des pénis sur un arbre [2][3]. Il s’agit ici d’un humour grivois, d’une parodie religieuse.

Ces représentations ne sont pas marginales, d’autres arbres à phallus ont été retrouvés.

https://krapooarboricole.files.wordpress.com/2018/01/villingen-schwenningen-museum-phallus-tree.jpg?w=540&h=354 540w, https://krapooarboricole.files.wordpress.com/2018/01/villingen-schwenningen-museum-phallus-tree.jpg?w=147&h=96 147w" sizes="(max-width: 270px) 100vw, 270px" width="270" height="177">En allemagne, un coffret en bois datant du 15ème siècle est décoré avec la représentation d’une dame élégante cueillant les fruits du phallus. Était-ce un arbre de la fertilité, des représentations du péché ou même de sorcellerie ? En fait il est très probable que ce ne soient que des plaisanteries visuelles coquines, faisant peut-être référence aux problèmes d’impuissance. D’après les sources du musée Nordlingen en Allemagne, l’arbre phallique faisait partie d’une

procession de carnaval en 1510.

En 1999, en Toscane dans la ville de Massa Marittima, lors de travaux de restauration d’une source communale médiévale nommée Fontaine d’abondance, les ouvriers ont découvert une curieuse peinture murale cachée derrière une couche de chaux. Il représente un arbre lourdement chargé de phallus, sous lesquel huit ou neuf femmes se tiennent dans diverses poses. L’expert pense que la fresque date de 1265, la même année inscrite sur la fontaine elle-même.

Fertility fresco (Massa Marittima) Wikipediahttps://krapooarboricole.files.wordpress.com/2018/01/fertility-fresco-massa-marittima-wikipedia.jpg?w=560&h=374 560w, https://krapooarboricole.files.wordpress.com/2018/01/fertility-fresco-massa-marittima-wikipedia.jpg?w=144&h=96 144w, https://krapooarboricole.files.wordpress.com/2018/01/fertility-fresco-massa-marittima-wikipedia.jpg?w=270&h=180 270w" sizes="(max-width: 280px) 100vw, 280px" width="280" height="187">–Detail Fertility fresco Massa Marittima Wikipediahttps://krapooarboricole.files.wordpress.com/2018/01/detail-fertility-fresco-massa-marittima-wikipedia.jpg?w=560&h=374 560w, https://krapooarboricole.files.wordpress.com/2018/01/detail-fertility-fresco-massa-marittima-wikipedia.jpg?w=144&h=96 144w, https://krapooarboricole.files.wordpress.com/2018/01/detail-fertility-fresco-massa-marittima-wikipedia.jpg?w=270&h=180 270w" sizes="(max-width: 280px) 100vw, 280px" width="280" height="187">

Selon George Ferzoco, directeur du Centre d’études toscanes de l’Université de Leicester, la réaction initiale des habitants à la découverte de l’arbre était mitigée.

« Ils l’ont considéré comme dégradant ou érotique. Ceux qui le voyaient comme érotique le considéraient comme un symbole reflétant la réalité de l’eau et du lieu. L’eau donne la vie ; les phallus donnent la vie : n’est-ce pas une façon unique et intéressante de décrire les propriétés vitales de l’eau ? Le camp du porno, si nous pouvons l’appeler ainsi, le considérait comme étant délibérément obscène et ne souhaitait pas que l’on attire l’attention sur lui. »

Plus d’une décennie plus tard, cette ambivalence a totalement disparu et les habitants sont furieusement attachés à leur arbre de la fertilité. En 2008, un programme de restauration a été entrepris pour nettoyer complètement la peinture murale qui avait souffert non seulement de son blanchiment mais aussi des dégâts d’eau et des concrétions [4].

George Ferzoco suppose que la fresque de Massa Marittima, avec ses phallus surdimensionnés, certains érigés, complets avec des testicules, était une propagande de Guelph mettant en garde face à une prise de pouvoir par les Gibelins (ils apporteraient avec eux la perversion sexuelle et la sorcellerie). [5]
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Johan J. Mattelaer a publié un article de référence en 2010 « The Phallus Tree : A Medieval and Renaissance Phenomenon » dans la revue scientifique The Journal of Sexual Medicine. (uniquement disponible à l’achat, au prix prohibitif de 35$)

 

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Par Guillaume Berlat

Ex: https://www.les-crises.fr

« Les temps changent. On ne sait pas quand, mais c’est toujours avant qu’on s’en aperçoive » (Catherine Breillat, cinéaste, romancière). Les temps changent, le ton change. Hier bénie, aujourd’hui (presque) honnie. Tel est le traitement que subit désormais la Chine. Au moment où le président chinois, Xi Jinping effectue une brève visite en Europe (Italie, Monaco1, France) en cette dernière décennie du mois de mars 2019, les critiques pleuvent comme à Gravelotte sur l’Empire Céleste2. Violations répétées des droits de l’Homme (Cf. contre les Ouigours ou contre l’ex-président d’Interpol, Meng Hongwei …), visées hégémoniques en Asie, en Afrique, voire en Europe à travers l’initiative des « Nouvelles routes de la soie »; violations graves des règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC basée à Genève) en pratiquant une concurrence déloyale, espionnage à grande échelle (Cf. critiques portées contre le géant des télécommunications Huaweï au moment où il concourt au marché de la 5G)…

Telles sont les philippiques qui reviennent le plus souvent, de manière inattendue, dans la bouche des dirigeants occidentaux, européens avec une certaine insistance depuis quelques dernières semaines. Les mêmes qui ne tarissaient pas d’éloge sur l’Empire Céleste, il y a peu encore. Comme si la guerre commerciale contre la Chine dans laquelle s’est lancée Donald Trump avait enfin décillé les yeux de la Belle au Bois Dormant qui a pour nom Europe sur les visées de Pékin. Le temps n’est plus au libéralisme échevelé, à la candeur rafraichissante. Le temps serait plutôt au patriotisme économique, à la Realpolitik, à la défense des intérêts bien compris. Mais, l’Europe (l’Union européenne) divisée et sans cap est-elle bien armée pour mener à bien ce combat contre la puissance montante du XXIe siècle ?3 Puissance normative incontestée, l’Europe est et restera encore longtemps une impuissance stratégique.

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L’EUROPE : UNE PUISSANCE NORMATIVE

Pour tenter de comprendre l’impasse structurelle dans laquelle se trouve l’Union européenne, il est indispensable de se pencher sur la philosophie générale qui a présidé à sa création (la paix par le droit) pour être en mesure d’apprécier la conséquence de cette démarche (la construction par le vide).

La paix par le droit : une nouvelle utopie.

normeforcelaidi.jpgFaut-il le rappeler, comme le Conseil de l’Europe en 1949, l’Union européenne s’est construite sur le mantra de la paix par le droit (celui qui avait si bien fonctionné à l’époque de la SDN…) ! Par sa force intrinsèque et quasi-divine, la norme est censée résoudre tous les problèmes de l’Europe de l’après Seconde Guerre mondiale, de la Guerre froide, de l’après-Guerre froide et de la nouvelle Guerre froide. Ni plus, ni moins La construction européenne – du traité de Rome au traité de Lisbonne – s’est reposée sur d’énormes conventions internationales que seuls quelques initiés – dont ni vous, ni moi ne sommes – parviennent à comprendre et à interpréter. À Bruxelles, les hommes forts (les fortes femmes) de la Commission et du Conseil sont les juristes. Ils pondent en permanence de nouvelles normes et traquent l’État délinquant soit celui qui ne respecte pas les valeurs du machin (Hongrie, Pologne, Roumanie), soit celui qui viole les sacro-saintes règles budgétaires (Grèce, Italie, voire France)4. L’Europe à 28/27 n’a toujours ni cap, ni affectio societatis alors même qu’elle est secouée par des vents mauvais tant à l’intérieur (feuilleton sans fin du « Brexit », montée du sentiment national, croissance atone, phénomènes migratoires non contrôlés, terrorisme…) qu’à l’extérieur (Diktats américains, arrogance chinoise, cavalier seul russe, déclin de l’Occident…). « Cette non-personne pèse de l’extérieur, sans habiter notre intérieur »5.

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La construction par le vide : une puissance Potemkine

Nous avons aujourd’hui un exemple particulièrement éclairant de la vacuité européenne sur la scène internationale en analysant la relation de Pékin avec la France mais aussi avec l’Union européenne. Mais, un léger retour en arrière s’impose. Au cours des dernières années, sous l’influence de la pensée libérale à l’anglo-saxonne (le tout dérégulation), la Commission européenne (agissant dans l’un de ses domaines de compétence exclusif qu’est le commerce) s’est targuée de négocier et de conclure des dizaines de traités de commerce, de libre-échange avec la planète entière. Nos petits marquis drogués aux lobbies, particulièrement actifs à Bruxelles (« un aéropage technocratique, apatride et irresponsable »), nous expliquent fort doctement que tous ces torchons de papier constituent le nec plus ultra de la mondialisation heureuse6, la meilleure garantie pour les citoyens européens en termes de prospérité et de bonheur (« L’Europe des réponses » chère à Nathalie Loiseau), le signe de L’Europe indispensable7. Or, la réalité est tout autre comme ces mêmes citoyens peuvent s’en rendre compte concrètement.

L’Union n’est qu’un tigre de papier ouvert aux quatre vents. Elle ignore un principe cardinal de la diplomatie classique qui a pour nom réciprocité. Elle ouvre grandes ses portes aux entreprises chinoises alors que leurs homologues européennes sont soumises à des règles drastiques et des pratiques déloyales8. Souvenons-nous que Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du développement international (MAEDI), porteur de la diplomatie économique, ne jurait que par la Chine. Sans la Chine, point de salut. Or, aujourd’hui, les langues commencent à se délier sur les étranges pratiques commerciales chinoises. Du côté de la Commission européenne, c’était le silence radio. Du côté de nos partenaires, européens, c’était le chacun pour soit et les vaches seront bien gardées. Comme cela est tout à fait normal de la part d’une authentique grande puissance comme l’est la Chine9, Pékin pratique un vieux classique qui a fait ses preuves depuis la nuit des temps, le diviser pour mieux régner, la diplomatie des gros contrats pour mieux faire taire les rabat-joie10. Nous en avons un exemple frappant avec l’Italie qui est le premier pays du G7 à emprunter les « nouvelles routes de la soie »11. Une sorte d’embarquement pour Cythère du XXIe siècle.

L’angélisme est une plaie en ces temps conflictuels. Les États membres de l’union européenne ne comprendront jamais que « les puissants n’accordent leur amitié protectrice qu’en échange de la servitude »12. Ils commencent à peine à percevoir que la Chine entend transformer sa puissance économique en puissance diplomatique et stratégique aux quatre coins de la planète.

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L’EUROPE : UNE IMPUISSANCE STRATÉGIQUE

Il est important d’en revenir aux fondamentaux des relations internationales. Dans un monde frappé au coin de la prégnance du rapport de forces, la désunion structurelle de l’Europe fait sa faiblesse sur la scène internationale. Par ailleurs, au moment où l’on nous annonce que l’Union se réveille face à la Chine, le moins que l’on puisse dire est que cette nouvelle posture relève encore de la cacophonie.

La désunion fait la faiblesse : l’Europe s’agite

L’opération de charme du nouvel empereur. C’est que le président Xi Jinping n’est pas né de la dernière pluie. Il sait parfaitement caresser ses hôtes français dans le sens du poil. Il le fait avec un sens aigu de l’emphase diplomatique. Pour s’en convaincre, il n’est qu’à se reporter à la tribune qu’il publie dans un grand quotidien français à la veille de sa visite en France. Il la conclut ainsi :

« La responsabilité. Ensemble, la Chine et la France pourront apporter de grandes transformations. L’histoire n’a cessé de le prouver au cours des 55 ans écoulés. À l’heure actuelle où l’humanité se trouve à la croisée des chemins, les grands pays du monde ont à assumer les responsabilités qui leur incombent. Membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, la Chine et la France sont invitées à renforcer leur concertation pour défendre le multilatéralisme, préserver les normes fondamentales régissant les relations internationales basées sur les buts et principes énoncés dans la Charte des Nations unies, relever conjointement les défis, contribuer à la prospérité et à la stabilité dans le monde et promouvoir la construction d’une communauté de destin pour l’humanité.

Comme dit un proverbe chinois : « Un voyage de mille lieues commence toujours par le premier pas ». L’illustre écrivain français Victor Hugo disait : « Que peu de temps suffit pour changer toutes choses ! » Aujourd’hui sur un nouveau point de départ historique, la Chine souhaite aller de l’avant avec la France, concrètement et solidement, pour réaliser des accomplissements encore plus éclatants »13.

Et ses officines de propagande (« Échos de Chine ») d’inonder d’encarts publicitaires à l’eau de rose les principaux médias français à la veille de la visite en France du grand timonier sur les thèmes du développement d’un « partenariat stratégique global plus étroit et durable », de « Paris et Wuhan : le Conte de deux cités », de « Beijing et Paris : partenaires majeurs dans la lutte contre le changement climatique » (on en tombe à la renverse en se reportant aux facéties environnementales chinoises), de « Faire progresser plus avant les relations franco-chinoises », des « Perspectives de la coopération pragmatique entre la France et la Chine »… En prime, nous avons même droit aux dernières raffarinades : « Cette année sera une année fertile pour les relations franco-chinoises » (on se croirait revenu au temps d’Alice au pays des merveilles). Dans le rôle de l’idiot utile, Quasimodo n’a pas son pareil. Il est tout simplement parfait et impayable. Une fonction étrange pour un ancien Premier ministre de Jacques Chirac, mais qui ne gêne pas du tout l’intéressé. Ce dernier n’aime d’ailleurs pas qu’on vienne le chercher sur ces ambiguïtés : à l’en croire, il ne joue qu’un seul rôle, celui de poisson-pilote en Chine pour les entreprises françaises. Fermez le ban !

Jupiter tombe sous le charme du carnet de chèques chinois. Comment ne pas succomber aux charmes d’une telle sirène qui arrive avec de nombreuses promesses de contrats pour des entreprises françaises (on met à l’eau bouche avec des quantités extravagantes d’achats d’avions [commande de 300 Airbus pour 30 milliards d’euros par la compagnie d’État CASC]14, de navires et d’autres gadgets dont les Gaulois sont particulièrement friands) ? En bon français, cela s’appelle acheter son ou ses interlocuteurs. Comment évoquer le concept grossier de « violations des droits de l’Homme » dans cette ambiance du genre Embrassons-nous Folleville ?15 Fidèle à son habitude, Emmanuel Macron explique lors de sa conférence de presse commune à l’Élysée que la discussion sur la question des droits de l’Homme avec son homologue a été « franche » mais nous n’en saurons pas plus. Diplomatie de la discrétion oblige !

Oubliées les promesses européennes visant à faire front commun contre le tigre chinois (qui n’est pas de papier, les investissements chinois en Europe sont passés de 1,4 milliard de dollars en 2006 à 42,1 en 2018 après avoir connu un pic de 96,8 milliards en 2017) et vive le cavalier seul, le chacun pour soi dont sont coutumiers les 27/28 ! Il y a fort à parier que les moulinets de Jean-Yves Le Drian (qui accueille le président chinois sur l’aéroport de Nice) sur le thème du double sens des nouvelles routes de la soie feront rapidement pschitt. Il y a fort à parier que les déclarations viriles d’Emmanuel Macron avant la visite officielle chinoise aient autant d’effets positifs sur Xi Jinping que sur Donald Trump en son temps (il devait revenir sur son refus de l’accord sur le climat et sur celui sur le nucléaire iranien, Jupiter nous avait promis). À l’Élysée, Pinocchio (Bijou dans une robe longue rouge immaculée) fait assaut d’amabilités à l’égard de son hôte de marque. Pour nous rassurer sur les bonnes et pures intentions chinoises, quelques experts viennent nous faire la leçon : « La Chine s’essouffle, le monde s’inquiète »16, « La position de Xi Jinping n’est pas si confortable qu’elle en a l’air »17 au regard de la crise commerciale américano-chinoise18. Il est vrai que quelques nuages assombrissent le ciel bleu chinois après une longue période faste. Est-ce une tendance conjoncturelle ou structurelle ? Il est encore trop tôt pour le dire avec certitude. Mais, heureusement, l’Europe a décidé de sortir de sa torpeur pour prendre la mesure du problème. Faut-il avoir peur de la Chine ?19 Vaste programme, aurait dit le général de Gaulle qui a noué des relations diplomatiques avec la Chine communiste au nez et à la barbe des Américains.

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La cacophonie fait la foire : l’Europe se réveille20

Un réveil tardif et mou. Lors de ses entretiens à la villa Kérylos (Beaulieu), Emmanuel Macron prône « un partenariat équilibré » avec Pékin (déficit commercial de la France de 30 milliards d’euros)21. [Il enfonce le clou lors des entretiens à l’Élysée au cours desquels il déroule le tapis rouge et tous les leviers de la diplomatie gastronomique]. Des limites, du piège de la démagogie surtout lorsque nous apprenons qu’Emmanuel Macron, trop faible pour faire le poids, appelle de ses vœux la constitution d’un front européen (uni, nous imaginons !) destiné à déjouer la stratégie et les ambitions planétaires de Pékin. Trop peu, trop tard, pourrait-on dire. Des mots, toujours des mots… Où est la stratégie suivie d’actes forts d’une Europe unie ? On peine toujours à la découvrir. Ce qui fait le plus défaut à l’Union européenne est sa capacité d’anticipation sans parler de son absence de volonté de prendre à bras le corps les grands problèmes stratégiques du monde. Elle préfère se quereller sur des taux de TVA, de pourcentages de croissance et autres vétilles qui ne contribuent pas à faire d’elle un acteur du monde. En réalité, elle est de plus en plus spectatrice d’un spectacle dans lequel elle joue les seconds rôles. Comme le souligne si justement, Thierry de Montbrial : « Quand on reprend les conversations entre chefs d’État au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, on s’aperçoit qu’ils ne parlaient pas de tactique, quand ils se rencontraient mais de visions »22. C’est là toute la différence entre celui qui fait l’avenir et celui qui le subit. « La construction européenne vise à surmonter les conflits et les guerres du passé. Elle a pour but la paix, la prospérité, la stabilité, la sécurité. Elle a construit un édifice institutionnel qui est bien huilé et tourne remarquablement bien. Pour renverser la formule d’Emile de Girardin, elle donne l’impression de tourner le dos à l’imprévu pour mieux diriger le cours des choses » comme le souligne un diplomate brillant, Maxime Lefebvre.

Une grande interrogation pour l’avenir.

Que peut-on mettre concrètement à l’actif de l’Union européenne au cours des dernières semaines ?

Une réponse visible, qui n’est pas pour autant efficace, est donnée au bon peuple. Xi Jinping est convié, le 26 mars 2019, à rencontrer à l’Élysée, outre le président Macron, la chancelière allemande, Angela Merkel et le président de la commission européenne, Jean-Claude Juncker23. Drôle de Sainte-Trinité (le terme de Pieds Nickelés serait plus approprié) pour sermonner le Grand Timonier et répondre d’une seule voix aux ambitieuses « routes de la soie » ! Mais, ce trio parle-t-il et a-t-il reçu mandat expresse des autres partenaires pour parler et s’engager en leur nom ? Emmanuel Macron a fait chou blanc avec son sermon aux citoyens européens. Angela Merkel est sur le départ et voit ses prérogatives rogner par son successeur, AKK24. Jean-Claude Juncker, qui ne sera pas reconduit dans ses fonctions après les élections européennes du 26 mai 2019, peine à marcher à trop lever le coude. Mais, Emmanuel Macron nous indique avoir plaidé pour un « multilatéralisme rénové » (que signifie ce nouveau concept ?) et « plus équilibré » auprès de Xi Jinping tout en confessant l’ampleur des désaccords entre la Chine et le trio choc25. Comme le démontre amplement la guerre commerciale américano-chinoise26, Pékin ne comprend que la force dans son état brut. Un grand classique des relations internationales ! Mais, nous sommes pleinement rassurés en apprenant l’existence de « convergences » euro-chinoises à l’Élysée27. Sur quels sujets, c’est un autre problème ! Nous les sommes encore plus en prenant connaissance des déclarations de de Bruno Le Maire selon lesquelles : « Face à la Chine et aux États-Unis, l’Europe doit s’affirmer comme une puissance souveraine ». Un superbe exemple de diplomatie déclaratoire.

Une réponse moins visible mais plus concrète. Le Parlement européen vient d’adopter (février 2019) et demande la mise en œuvre rapide de « l’instrument de filtrage des investissements directs étrangers pour des motifs de sécurité » 28. Il s’agit à l’évidence d’une initiative heureuse qu’il faut saluer. Encore, faut-il qu’elle trouve sa concrétisation dans les meilleurs délais et qu’elle soit ensuite appliquée avec la plus grande rigueur en cas de violation avérée de ses dispositions. L’Union européenne serait bien inspirée de voir ce qui se passe Outre-Atlantique en la matière29. En dernière analyse, il ne faut pas avoir la main qui tremble.

Une réponse encore hypothétique. Manifestement, du côté de la Commission européenne et sous l’amicale pression des États, on commence à mettre au point une sorte de feuille de route dans les relations UE/Chine30. Voici la relation qui nous en est faite par l’hebdomadaire Le Point.

« Nous avons avec la Chine des relations – comment dire ? – bonnes, mais qui ne sont pas excellentes. La Chine aujourd’hui pour nous est un concurrent, un partenaire, un rival. » C’est ainsi que Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, concluait le Conseil européen le 22 mars, en amont de la visite de Xi Jinping en Europe, qui sera suivi, le 9 avril, d’un sommet UE-Chine. Emmanuel Macron a invité le président de la Commission et la chancelière Merkel à se joindre à la visite du leader chinois à Paris, en guise de hors-d’œuvre au futur sommet.

La semaine dernière, les chefs d’État et de gouvernement ont débattu des dix mesures que la Commission a mises sur la table vis-à-vis de l’empire du Milieu, qualifié de « rival systémique ». Un changement de ton qui traduit l’impatience des Européens à voir la Chine s’ouvrir à leurs entreprises – notamment les marchés publics –, cesser le dumping déloyal par ses prix, mettre fin au transfert de technologies forcé. En somme, rejoindre le concert des nations dans le cadre de l’OMC et accepter les règles du marché. Or, ce n’est pas le chemin emprunté par Pékin après son adhésion à l’OMC en 2001. Les Occidentaux ont eu la naïveté de croire que la Chine deviendrait une économie sociale de marché. Elle est demeurée étroitement entre les mains du Parti communiste chinois et a inventé une forme de « capitalisme d’État » qui l’a rendue quatre fois plus riche qu’en 2001…

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Zhang Ming, l’ambassadeur de Chine auprès de l’Union européenne, a prévenu les Européens que les avancées en termes d’ouverture économique s’effectueront à un « rythme raisonnable » et que « les demandes européennes seront « progressivement prises en compte ». Donc, il n’y a pas de « grand soir » à attendre ni de la visite de Xi Jinping à Paris ni du prochain sommet UE-Chine.

Parmi les dix mesures préconisées par la Commission, appuyée par Federica Mogherini, la haute représentante pour les relations extérieures, certaines relèvent encore, disons, des bons sentiments. Quand on pense pouvoir coopérer avec Pékin sur l’ensemble des trois piliers des Nations unies, à savoir les droits de l’homme, la paix et la sécurité et le développement, l’Union européenne demeure dans le formalisme diplomatique. Mais il est peu probable que la situation s’améliore, à court terme, au Tibet ou pour la minorité musulmane ouïghour. En revanche, l’Union européenne et la Chine sont davantage en phase sur le climat. Jean-Claude Juncker appellera Pékin à plafonner ses émissions de CO2 avant 2030, conformément aux objectifs de l’accord de Paris. Il existe également une bonne coopération sino-européenne sur le dossier iranien.

La mesure 5 est un peu plus « punchie » puisque l’UE « invite » la Chine à tenir ses engagements, dont la réforme de l’OMC, « en particulier pour ce qui est des subventions et des transferts de technologies forcés », de même que la protection des indications géographiques. Dans la mesure 6, la Commission appelle le Parlement européen et le Conseil européen à adopter l’instrument international de réciprocité sur les marchés publics avant la fin 2019. Cet appel a été entendu par le Conseil européen qui, dans ses conclusions du 22 mars, appelle à son tour « à la reprise des discussions sur l’instrument international de passation des marchés de l’UE ». On n’en est donc pas à décider. On discute… depuis 2012. L’Allemagne bloquait la discussion. Elle vient de changer d’avis à la faveur de la fusion avortée entre Alstom et Siemens. Ce travail sera donc parachevé lors de la prochaine législature, après les élections européennes. La mesure 7 est également musclée, puisque la Commission se propose de publier des « orientations » afin que les prix proposés dans les marchés publics de l’UE prennent en compte réellement les normes en matière de travail et d’environnement. C’est par ce biais que les concurrents chinois ne pourraient soutenir la concurrence avec les entreprises européennes. Emmanuel Macron, lui, voulait aller plus loin et établir une préférence communautaire dans les marchés publics. Il n’a pas été suivi par une majorité d’États membres. La Commission proposera également de compléter la législation européenne pour contrecarrer les distorsions de concurrence des pays tiers sur les biens et les services échangés dans le marché intérieur. S’agissant de la 5G, la Commission a pris en compte les problèmes de sécurité posés par le leader mondial Huawei et fera des propositions très prochainement, a annoncé Juncker31. On ne peut que se féliciter que Bruxelles ait décidé de ne pas exclure l’équipementier chinois du marché de la 5G32.

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Enfin, la Commission invite les États membres à mettre en œuvre le plus rapidement possible, de manière « complète et effective », la récente législation sur le filtrage des investissements étrangers dans les domaines sensibles. Cette législation n’est pas contraignante pour les États, qui sont seulement tenus de s’informer les uns les autres. Cela n’empêcherait nullement, par exemple, l’Italie de poursuivre le partenariat qu’elle vient de signer avec Xi Jinping qui prévoit, dans le cadre du projet pharaonique des « nouvelles routes de la soie », des investissements chinois dans les ports stratégiques de Gênes et de Trieste. Un protocole d’accord « non contraignant », s’est empressé de dire Giuseppe Conte, le président du Conseil italien, devant les froncements de sourcils suscités par cet accord à Washington, Bruxelles et Paris. « La partie chinoise souhaite des échanges commerciaux dans les deux sens et un flux d’investissements dans les deux sens », a assuré, de son côté, Xi Jinping. « La relation entre l’Union européenne et la Chine ne doit pas être avant tout une relation commerciale, elle doit être une relation politique et géostratégique », a souligné Emmanuel Macron, au sortir du Conseil européen. Le commerce est un des aspects, mais si nous construisons de proche en proche une dépendance géopolitique ou stratégique, nous comprendrons rapidement les conséquences que cela peut avoir. Et nous serons perdants sur les deux points. »33

On l’aura compris, nous ne sommes qu’au début d’un très long processus diplomatique avant que toutes ces mesures deviennent contraignantes34. L’unanimité n’est pas garantie tant la Chine dispose de sérieux leviers d’influence sur les États les plus faibles de l’Union (Grèce, Italie…) et que les 27/28 pratiquent la défense de leurs intérêts nationaux avec celle de l’intérêt européen.

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« L’Europe n’aura pas eu la politique de sa pensée ». Ce jugement porté par Paul Valéry avant la Seconde Guerre mondiale n’a pas pris la moindre ride en cette fin de deuxième décennie du XXIe siècle. Comme le rappelle fort justement Jean-Pierre Chevènement : « Les Européens se sont accommodés de la vassalisation ». Vassalisation surtout vis-à-vis du grand frère américain depuis la fin de la Première Guerre mondial et soumission vis-à-vis de l’Empire Céleste depuis la fin de la Guerre froide. Comme l’écrit avec le sens aigu de la formule qui est le sien, Régis Debray : « L’Européen a des velléités mais, à la fin, il fait où Washington lui dit de faire, et s’interdit là ou et quand il n’a pas la permission »35. Que veut-il faire avec et/ou contre la Chine qui tisse lentement mais sûrement sa toile des « nouvelles routes de la soie » (« Pour l’Europe, c’est la déroute de la soie »36), y compris jusqu’au cœur de l’Union (Grèce et maintenant Italie avec l’accord signé par Xi Jinping avec les nouveaux dirigeants37). La réponse est aussi peu claire qu’évidente à ce stade de la réflexion des 27/28. Nous sommes au cœur de la problématique institutionnelle et fonctionnelle de la construction européenne38.

Pourquoi l’Union européenne a-t-elle tant de mal à être unie face à la Chine (« Unité de façade Merkel, Macron-Juncker. Face à l’impérialisme économique de Xi Jinping, l’Europe chinoise ! »39) ? Même si les défis ne manquent pas pour Xi Jinping40, il faudra apprendre à compter avec la Chine et à anticiper des réponses réalistes pour faire jeu égal avec elle41. Aujourd’hui, force est de constater que l’expansionnisme chinois bouscule et divise sérieusement l’Europe qui est restée longtemps inerte42. Longtemps, trop longtemps, le mot « réciprocité » a été considéré comme un mot tabou, grossier du côté européen. Il semble qu’aujourd’hui il soit devenu cardinal dans la langue de certains de nos dirigeants toujours en retard d’une guerre43. Révolution copernicienne pour certains, tournant pour d’autres44. Le temps est venu de trancher le nœud gordien. D’ici là, quand l’Europe s’éveillera vraiment (nous ne savons toujours pas quand compte tenu de son inertie habituelle), le risque est grand qu’elle soit depuis longtemps empêtrée dans la nasse pékinoise et que la Chine s’esclaffera.

Guillaume Berlat
1 avril 2019

1 Alice George, Albert et Charlène de Monaco reçoivent le président chinois et son épouse. Dans les coulisses d’une visite d’État, Point de vue, 27 mars-2 avril 2019, pp. 34 à 37.
2 Gabriel Grésillon/Frédéric Schaeffer, Le président chinois Xi Jinping amorce une tournée Pékin dans une Europe vigilante mais divisée face à Pékin, Les Échos, 21 mars 2019, pp. 6-7.
3 François d’Orcival, Les routes de la puissance et de l’intimidation, Valeurs actuelles, 28 mars 2019, p. 4.
4 Guillaume Berlat, De l’Europe de la sanction à la sanction de l’Europe, www.prochetmoyen-orient.ch , 24 décembre 2018.
5 Régis Debray, L’Europe fantôme, collection « Tracts », Gallimard, 2019, p. 34.
6 Guillaume Berlat, Mondialisation heureuse, balkanisation furieuse, www.prochetmoyen-orient.ch , 11 mars 2019.
7 Nicole Gnesotto, L’Europe indispensable, CNRS éditions, mars 2019.
8 Pierre Tiessen/Régis Soubrouillard, La France made in China, Michel Lafon, 2019.
9 Guillaume Berlat, Quand la Chine s’éveillera vraiment…, www.prochetmoyen-orient.ch , 14 janvier 2019.
10 Jean-Michel Bezat, Pékin emploie la diplomatie des gros contrats avec les Occidentaux, Le Monde, 27 mars 2019, p. 2.
11 Jérôme Gautheret, L’Italie, premier pays du G7 à prendre les « nouvelles routes de la soie », Le Monde, 26 mars 2019, p. 5.
12 Bernard Simiot, Moi Zénobie reine de Palmyre, Albin Michel, 1978, p. 208.
13 Xi Jinping, « La Chine et la France, ensemble vers un développement commun », Le Figaro, 23-24 mars 2019, p. 16.
14 Il convient de rappeler que cette commande avait déjà annoncée, il y a un an déjà, lors de la visite officielle d’Emmanuel Macron en Chine. Tous ces Airbus seront assemblés en Chine par des ouvriers chinois. Pour remporter ce contrat géant, Airbus aura dû consentir à d’importants transferts de technologies. Pékin n’aura pas dû se livrer à quelques activités d’espionnage pour obtenir des secrets de fabrication. Les clés de la Maison lui auront été confiées. Et, tout cela intervient en toute légalité…
15 François Bougon, La Chine cherche à imposer un nouvel ordre mondial de l’information, s’inquiète RSF, Le Monde, 26 mars 2019, p. 17.
16 Frédéric Lemaître/Marie de Vergès, La Chine s’essouffle, le monde s’inquiète, Le Monde, Économie & Entreprise, 22 mars 2019, p. 14.
17 Jean-Philippe Béja, La position de Xi Jinping n’est pas si i confortable qu’elle en a l’air, Le Monde, 26 mars 2019, p. 29.
18 Cyrille Pluyette, L’autorité de Xi Jinping écornée, Le Figaro, 6 mars 2019, p. 7.
19 Renaud Girard, Faut-il avoir peur de la Chine ?, www.lefigaro.fr , 25 mars 2019.
20 Isabelle Lasserre, Le réveil des Européens face à la Chine, Le Figaro, 25 mars 2019, p. 6.
21 Cyrille Pluyette, Macron prône un partenariat équilibré avec Pékin, Le Figaro, 25 mars 2019, p. 6.
22 Thierry de Montbrial (propos recueillis par Isabelle Lasserre), « La principale rupture du système international remonte fut 1989 et non 2001 », Le Figaro, 18 mars 2019, p. 20.
23 Brice Pedroletti/Marc Semo, L’Europe affiche son unité face à Pékin. Front européen face à la Chine de Xi Jinping, Le Monde, 27 mars 2019, pp. 1-2.
24 Thomas Wieder, « AKK », la dauphine de Merkel marque sa différence, Le Monde, 27 mars 2019, p. 4.
25 Michel de Grandi, Les Européens invitent la Chine à respecter « l’unité de l’Union », Les Échos, 27 mars 2019, p. 6.
26 Sylvie Kauffmann, L’Europe, champ de bataille sino-américain, Le Monde, 28 mars 2019, p. 32.
27 Alain Barluet, « Convergences » euro-chinoises à l’Élysée, Le Figaro, 27 mars 2019, p. 8.
28 Éric Martin, L’Union européenne va-t-elle se laisser acheter ? Le filtrage des investissements étrangers en Europe, https://www.ifri.org/fr/publications/etudes-de-lifri/lunion-europeenne-va-t-se-laisser-acheter-filtrage-investissements , mars 2019.
29 Marie de Vergès, Trump : un an d’escalade protectionniste, Le Monde, Économie & Entreprise, 28 mars 2019, p. 17.
30 Frédéric Lemaître/Jean-Pierre Stroobants/Brice Pedroletti, L’UE durcit le ton face à la Chine, Le Monde, 21 mars 2019, p. 2.
31 Sebastien Dumoulin, L’Union européenne se coordonne face à Huawei, Les Échos, 27 mars 2019, p. 6.
32 Jean-Pierre Stroobants, Huawei : face aux pressions américaines, l’Europe résiste, Le Monde, Économie & Entreprise, 28 mars 2019, p. 18.
33 Emmanuel Berretta, Les 10 préconisations de Bruxelles face à la Chine, www.lepoint.fr , 26 mars 2019.
34 Éditorial, UE-Chine : le bon virage de Paris, Le Monde, 28 mars 2019, p. 32.
35 Régis Debray, précité, p. 24.
36 Frédéric Pagès (propos presque recueillis par), Les interviews (presque) imaginaires du « Canard ». Xi Jinping : « Pour l’Europe, c’est la déroute de la soie », Le Canard enchaîné, 27 mars 2019, p. 1.
37 Olivier Tosseri, L’Italie sera bientôt la porte d’entrée des nouvelles routes de la soie en Europe, Les Échos, 21 mars 2019, p. 6.
38 Louis Vogel, Les 7 péchés capitaux de l’Europe, Ramsay, 2019.
39 Le Canard enchaîné, 27 mars 2019, p. 1.
40 Éric de la Maisonneuve, Les défis chinois : la révolution Xi Jinping, éditions du Rocher, mars 2019.
41 Hervé Martin, Les Chinois attrapent les États par la dette, Le Canard enchaîné, 27 mars 2019, p. 3.
42 Fabrice Nodé-Langlois/Valérie Segond, Les ambitions de Xi Jinping prospèrent dans une Europe divisée, Le Figaro économie, 20 mars 2019, pp. 19-20-21.
43 Anne Rovan, Face à la Chine, Bruxelles tente de trouver la parade, Le Figaro économie, 20 mars 2019, p. 21.
44 Sylvie Kauffmann, Chine-Europe : le tournant, Le Monde, 21 mars 2019, p. 31.

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Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 01-04-2019

 

 

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Des parures et des armes datant du VIe siècle avant Jésus-Christ, découvertes en février dans le champ d’un agriculteur à Tavers (Loiret) ont finalement été acquis directement par l’Etat pour la somme de 50.000 euros samedi, a-t-on appris auprès des organisateurs de la vente. La mise aux enchères du trésor de Tavers qui faisait polémique et suscitait l’appétit des plus grands musées étrangers, n’a finalement pas eu lieu.

« Face aux pressions inédites et à l’émoi soulevé par sa vente aux enchères« , la maison Rouillac a « favorisé son acquisition de gré-à-gré, directement, au profit du Musée d’archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye« , a-t-elle annoncé dans un communiqué.

Le trésor de Tavers comprend 65 éléments composés de 58 pièces en alliage cuivre et sept en fer et plomb. […]

« Ce trésor a été vendu 50.000 euros. Il aurait pu se vendre beaucoup plus cher aux enchères. C’est ce que craignait la communauté archéologique : que ce trésor se vende à un prix qui ne pourrait pas être suivi par les musées. Ce n’était pas une question d’argent, c’était une question de principe« , a déclaré à l’AFP Philippe Rouillac, copropriétaire de la maison de ventes. […]

Le Point

 

 

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Inauguré ce jeudi à Marseille, ce multiplexe du groupe Pathé révolutionne la façon de regarder des films.

De notre envoyée spéciale à Marseille

Ce jeudi à 18 heures, Luc Besson, Jérôme Seydoux, Jean-Claude Gaudin et leurs 400 invités se retrouveront à la Joliette, sur le front de mer de Marseille, pour inaugurer le cinéma le plus futuriste de France. À deux pas de la tour bleu blanc rouge de Jean Nouvel, sa coque scintille délicatement. Ouvert discrètement depuis un mois, ce lieu suscite beaucoup de curiosité car il révolutionne la façon d’aller au cinéma. La sortie simultanée d’Avengers: Endgame , la superproduction que de nombreux Français veulent voir, est tombée à pic. «Nous avons de bons retours avec un taux de remplissage satisfaisant», commente Aurélien Bosc, le nouveau directeur des cinémas Pathé Gaumont France, qui a passé plus de quinze ans dans la grande distribution.

Les amateurs de sensations fortes iront dans la salle 4DX où les fauteuils vibrent avec vent et eau

Pour ceux qui vont rarement au cinéma, Avengers est l’occasion de pousser la porte vitrée et d’entrer dans l’immense hall épuré. Première surprise: sur le mur, la billetterie est 100 % digitale. À cause de la mer et de la passerelle routière, les salles sont en hauteur. Elles sont numérotées jusqu’à quinze mais la treize, superstition oblige, n’existe pas. L’accès aux salles est caché à gauche de l’entrée, au pied d’un escalier en bois clair signé Oraïto. Le designer marseillais a également dessiné les coques jaunes au-dessus des portes des salles. Une déclinaison de son Pathé Beaugrenelle à Paris mais a minima. Il manque le somptueux plafond en bois ondulé qui fait de Beaugrenelle l’un des plus beaux multiplexes d’Europe.

» LIRE AUSSI - Les cinémas du futur sont déjà là

Pour inciter le plus large public possible à se déplacer, une salle sur deux est spéciale. Comme aucune visite «portes ouvertes» n’a été prévue, le spectateur doit les tester une par une en achetant le billet correspondant. Le virage culturel est conséquent. La question n’est plus quel film on va voir, mais où. On choisit sa salle en fonction du niveau de confort et de la technologie. Les amateurs de sensations fortes iront dans la 4DX où les fauteuils vibrent avec vent et eau. Dans la Screen X, l’action se poursuit sur des écrans latéraux. Avec ses larges fauteuils et le son enveloppant du Dolby Atmos, la Dolby Cinema s’adresse aux cinéphiles. Les enfants ont leur salle réservée avec poufs colorés.

«Dans la salle premium Tediber, vous regardez le film allongé sur l’un de nos lits inclinés à 25 degrés avec oreillers en plumes»

Julien Sylvain, cofondateur de la marque Tediber

Tout en haut, un salon avec bar et Dalida en fond sonore attend les spectateurs des trois salles premium. D’abord, la Tediber, du nom de la start-up à succès spécialisée dans la vente en ligne de produits pour le sommeil. «Ici, vous regardez le film allongé sur l’un de nos lits inclinés à 25 degrés avec oreillers en plumes, explique Julien Sylvain, cofondateur de la marque. «Nous avons imaginé des capsules en bois ouvertes avec un espace où ranger ses manteaux et les draps changés après chaque séance», ajoute son associé, le designer Juan Franco Naranjo. Selon les spectateurs qui sortent du film d’horreur La Malédiction de la dame blanche, «cette salle est géniale. On avait peur de s’endormir et pas du tout». Selon les salariés, aucune galipette n’a encore été signalée.

À côté se trouvent la Cocoon, avec ses 58 fauteuils inclinables, et la Lounge, avec ses 77 sofas et repose-pieds. Là, devant Avengers, nos voisins font comme chez eux. Ils enlèvent leurs chaussures et papotent un peu. Pour ces trois concepts avec une boisson et une collation, le billet coûte 35 euros, ce qui en fait la sortie cinéma la plus chère de France. Comme on se rapproche d’une sortie au théâtre, personne ne s’en plaint. Pour autant, tout n’est pas encore maîtrisé de A à Z. Le «plateau gourmet» se contente de trois pièces de pain polaire suédois et de focaccia. À Marseille, où les jeunes chefs et les bons produits sont légion, c’est dommage. Gérer un cinéma avec une culture d’hypermarché a ses limites. Enfin, on vient surtout en voiture. Or, le parking Urbis Park avec qui Pathé a négocié un prix (4,50 euros) est particulièrement mal conçu et suscite une agressivité déconcertante entre automobilistes. À cela s’ajoute l’insécurité du quartier, particulièrement la nuit. Le contraste est violent.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 09/05/2019. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

 

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et pour plus de photos  >>>>>>>>>>>>>>>>>>>

 

Ces dernires jours, découvrant Amsterdam qu'il ne connaissait pas votre chroniquer préféré s'est retrouvé quelques instants dans sa chambre d'hôtel trop petite presque contraint de subir la télévision francophone.

Après avoir visité deux expositions splendides l'une au musée Van Gogh, l'autre au Rijksmuseum consacrée à Rembrandt, place quand même à un peu de mauvaise humeur personnelle…

Car voici que TV5-Monde, chaîne monopoliste déversant les insanités parisiennes, mais aussi, en collaboration, leurs homologues bruxelloises, québécoises, genevoises, laissa quelques trissotins de service évoquer l'opéra.

On entendit donc parler en terme laudateurs de l'entreprise de déconstruction culturelle. Et les intervenants de s'en revendiquer, explicitement, comme d'une nécessité. Comme si Verdi ou Wagner, mais aussi Molière, Shakespeare ou Eschyle ne pouvaient se passer d'une révision soumise à la censure du politiquement correct.

De tout cela nous sommes hélas habitués. Presque trop tolérants.

Difficile, peut-être même coupable, de supporter les mises en scène attentatoires insupportables de Lohengrin ou de la Tétralogie à l'Opéra Bastille. On y dénature trop librement des chefs-d’œuvre, mais aussi tous ces spectacles subventionnaires qui s'emploient à tétaniser, finalement, une bourgeoisie capitularde, de gauche certes, mais aussi soi-disant de droite.

On gagnerait à se souvenir du jugement bien connu de saint Augustin : "À force de tout voir on finit par tout supporter… À force de tout supporter on finit par tout tolérer… À force de tout tolérer on finit par tout accepter… À force de tout accepter on finit par tout approuver !"

Mais il semblerait que Paris, pourtant bien atteint ait encore des leçons de décadence à recevoir de New York.

Voici en effet ce que nous apprend tout simplement l'AFP à propos du gala du Metropolitan Opera en date du 6 mai :

"Lieu traditionnel de toutes les extravagances, le gala du Met, événement mondain de l'année aux États-Unis, s'est surpassé lundi, des quatre tenues successives de Lady Gaga à la robe chandelier de Katy Perry."

On nous assure que tous les intervenants se référaient au "Camp". Il s'agit là en effet du thème de la nouvelle exposition du Metropolitan Museum, qui doit inspirer, chaque année, les invités de ce dîner hors normes.

Le "Camp", nous explique-t-on, "c'est l'outrance, l'humour, la défiance, une culture qui s'est structurée sous l'influence de la communauté homosexuelle des XIXe et XXe siècles.

Toujours d'après l'AFP : "Il n'en fallait pas plus pour pousser les curseurs bien au-delà de ce qui s'était jamais vu au gala du Met, pourtant théâtre de plus d'un coup d'éclat ces dernières années."

Arrivée la première après la grande prêtresse du gala, Lady Gaga a réalisé un numéro, avec danseurs, multiples montées et descentes des marches, mais surtout quatre tenues différentes, toutes signées Brandon Maxwell. En mode effeuillage, elle est passée d'une immense robe rose dont les danseurs ont fait claquer la traîne gigantesque dans le vent, à une autre robe, de bal noire asymétrique, puis une robe fourreau rose, pour finir en sous-vêtements noirs et dentelle. Les quatre tenues étaient portées les unes au-dessus des autres, chaque transformation étant saluée par les cris de la foule amassée de l'autre côté de la Cinquième avenue. L'opération a pris, au total, environ 15 minutes, du jamais vu pour une montée des marches.

"Fidèles à l'esprit "camp", les hommes sont peut-être même allés plus loin que les femmes sur le plan vestimentaire, lors de ce gala du Met qui fera date" souligne encore l'AFP.

Accompagné d'Alessandro Michele, directeur de la création de Gucci qui avait dessiné sa tenue, le chanteur Harry Styles, coprésident du gala 2019 avait choisi une combinaison très féminine au haut en tulle noire et jabot. Couturier partenaire de la nouvelle exposition du Met avec Gucci, Alessandro Michele était lui-même en pantalon et chemise bouffante rose moiré. Le designer italien avec également habillé, comme l'an dernier, le chanteur américain Jared Leto, qui portait une robe rouge rebrodée de pierreries avec, en accessoire, une réplique de sa propre tête, comme décapitée. C'était là un clin d’œil à la collection Gucci automne/hiver 2018, lors de laquelle Alessandro Michele avait fait porter à chaque mannequin une imitation de sa propre tête.

Ne nous sentons pas dépassés en tant que Français. La France macronienne est bien représentée par Bilal Hassani à l’Eurovision. Que les bobos se rassurent : la patrie de saint Louis, de D'Artagnan et de quelques autres, ne restera pas en retard dans la déconstruction culturelle.

Je prie mes lecteurs et amis de ne pas m'obliger à censurer leurs commentaires éventuellement prohibés par les lois de la république.

Signature

JG Malliarakis