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 ....sans y entrer par la foi ....

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Les Grecs nous ont appris, en effet, à conceptualiser, c'est-à-dire à passer du pluriel concret des choses à l'idée unitaire rassemblant (« subsumant ») ce divers dans l'intelligible : à s'élever ainsi des « belles choses » au beau en soi, autrement dit à l' idée du beau. C'est là la leçon de Socrate, dans Platon et d'après Aristote, ouvrant la voie à la connaissance théorique. L'évangéliste, quant à lui, apprend à spiritualiser, ce qui est tout autre chose. C'est-à-dire qu'il apprend à déployer une dimension spirituelle (est-ce seulement un sens ?) à partir du concret des choses, cette dimension spirituelle se confondant, chez Jean, avec celle qui rend vivant ou qui    
     
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« fait vivre » : de l'eau tirée du puits à « l'eau, la vivante ». l,« esprit » y devient le souffle-esprit insufflant et répandant la vie (pneuma ) et non plus l'esprit d'intellection et de représentation (noûs voûs) de la philosophie. C'est pourquoi spiritualiser ne se réduit pas à symboliser : à passer de l'image à ce dont ce serait l'image, comme si l'eau du puits était « symbolique » de l'autre. C'est-à-dire que spiritualiser n'est pas exploiter un rapport analogique pour s'élever dans l'idéel, car ce symbolique en reviendrait à l'opposition de l'intelligible et du sensible et, par là même, ferait rater le vivant de la vie. Spiritualiser, ce sera par conséquent, chez Jean, passer de l'être-en-vie des êtres (leur psuche) à ce qui les rend effectivement vivants (en tant que zôe). Ce pourquoi il n'y a pas là dédoublement symbolique de la signification, comme si l'eau du puits était à lire comme l'image concrète d'un sens abstrait à déchiffrer derrière elle, tel son double dans l'intelligible. Mais il y a là dégagement: de cette eau du puits étanchant la soif et préservant l'être-en-vie s'évase et s'évade, par écart d'avec sa détermination concrète et limitée, une portée ou dimension d'absolu faisant paraître, à partir d'elle, ce„ qu'est en elle-même la vie vivante, dans Jean, est à la fois la révélation et la médiation.


     De l'eau transformée en vin, c'est-à-dire commençant de se détacher de sa nature déterminée et limitée d'eau et devenant plus précieuse (en Jean 2, Cana, le premier «miracle" miracle ») ; puis de l'eau du puits étanchant la soif et préservant l'être-en-vie à l'eau étanchant à jamais toute soif et promouvant une vie éternellement vivante (zôé, en Jean 4) ; puis de la manne descendue du ciel dans le désert au « pain de vie » qu'est la chair de Jésus-Christ (Jean 6) —, il y a bien approfondissement spirituel en même temps que graduel, pour approcher ce qui fait le vivant de la vie. Jean distingue bien, à cet égard, ce qui est la « chair » et ce qui est l'« esprit » (cf l'entretien avec Nicodème en Jean 3) ; mais il n'en vient pas, comme le fait Paul, à opposer la « lettre » (la « chair ») à l'esprit en vue de condamner la chair — qui serait la mort — pour que puisse vivre l'esprit. Jean se retient de creuser ce dualisme ; je l'ai dit, il n'idéologise pas. Il
à s'en tient cette pensée essentielle, à l'issue de sa réflexion (et avant qu'il ne commence

   
     
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l'annonce de la Passion) : l'esprit est ce qui « fait vivre » et, à cet égard, « la chair ne sert pas », elle n'est pas ressource (Jean 6, 63). De là que le spirituel de l'esprit et le vivant de la vie sont la même chose : « Les paroles _que je dis, poursuit le Christ dans Jean, sont esprit et sont vie. » En quoi il y a bien là, cette fois, ressource : ne pas se contenter d'être en vie, mais chercher à rejoindre, au sein même de sa vie, avec toujours plus d'exigence, ce qui « fait vivre ». C'est-à-dire remonter de l'étalement de la vie à ce qui peut en être l'essor
let la rendre effectivement vivante, en tant que « source » jaillissante. Toute éthique n'en est plus, alors, que de conséquence (ce pourquoi Jean ne traite pas de bios. D'autant plus qu'une telle promotion de la vie ne sera pas celle d'une vie intensive, telle celle qu'a célébrée notre modernité dans l'héritage du romantisme par déploiement du vital Mais bien de ce qu'on pourrait nommer par écart la vie expansive, en tant qu'elle se donne et qu'elle se partage, ne se garde pas pour soi, mais se dévoue à l'Autre, ce qui devient à partir de là, dans Jean, la figure de Jésus vivant en mourant sur la Croix pour la vie des autres.
Mais que faire de la « vie éternelle » en quoi s'accomplit
cette vie vivante ? On comprend que, en tant qu'elle est vivante, la vie ne puisse pas mourir ; que, en tant qu'elle est de l'« esprit », cette vie de l'esprit ne soit pas soumise à la condition mortelle à laquelle est soumis l'être-en-vie — il existe effectivement une éternité de la pensée : on peut lire aujourd'hui une phrase d'il y a trois mille ans et la comprendre. On peut se souvenir aussi du lien qu'entretient originairement en grec cet aiônios disant l'éternel — avant qu'il ne se soit reconfiguré en l'« étant toujours » de la métaphysique — avec tout liquide ou fluide organique (larmes, liquide spinal, etc.) qui, déjà aux yeux des Grecs d'Homère, comme le rappelle Richard B. Onians, exprimait la vitalité, la mort étant par opposition dessèchement. Reste que Jean parle bien de l'« éveil » des morts au dernier jour et de leur résurrection, anastase. Or cette représentation est-elle encore tenable ? Est-elle encore utile ? Certes Jean a le mérite de n'en faire ni l'objet d'un troc (mieux vaudrait sacrifier la brièveté de cette vie à l'éternité de l'autre) ni non plus une
 
  • <<< remonter>>>>>s'ouvrir ..émergences ...

     
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consolation ; et même il ne traite que le plus allusivement du Jugement dernier. S'agit-il là seulement d'un effet de contexte culturel (la sotériologie ambiante) ou bien d'un dogme sur lequel devra reposer la croyance ? La pensée de la ressource, quant à elle, peut s'en détacher et même y renoncer. Car une ressource n'existe, je l'ai dit, qu'autant qu'on l'explore et qu'on l'exploite. On peut donc choisir aussi de s'en tenir là, dans l'en-deçà de la Résurrection.

 


V
LOGIQUE DE LA DÉ-COÏNCIDENCE

 


Une fois reconnue la séparation entre le minimal, mais stérile, être-en-vie et la vie absolument vivante, entre psuché et zôé, il faut relire de plus près la formule de Jean, formule majeure, qui la met en oeuvre. Il le faudra pour y percevoir quelle logique singulière est porteuse de vie ou, dit autrement, rend la vie vivante : « Qui aime sa vie (psuché)) la perd et qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie qui ne meurt pas (zôé
» (12, 25). Qu'y signifient ces deux verbes opposés « aimer » et « haïr », puisqu'ils ne peuvent s'entendre, à l'évidence, dans un sens purement psychologique et qu'il ne s'agit pas là, non plus, d'un plat précepte d'ascétisme ? S'y dit, dans la scission ouverte entre ces deux termes, psuché et zôé, la cohérence .....................

 

 

 

 

CORRELATs

 

 

 

 

 

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Dont only pratice your art,

but  force your way into its Secrets,

for it and knowledge can

raise men to the Divine.

“Ne te contente pas de pratiquer ton art, mais fraie-toi un chemin dans ses secrets

(... de l'entre-DEUX... )

et , il le mérite bien.

Car seuls l'art et le savoir peuvent élever l'homme ( le femme et l'homme ) jusqu'au Divin.”

 

 

  • ...Le Nouveau Diatessaron  .....

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 Ludwig van Beethoven / Lettre à Emilie, juillet 1812

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  • Publié le : samedi 23 décembre 2017
  • Auteur(s) : Youssef Hindi

La politique de Donald Trump demeure illisible pour l’écrasante majorité des commentateurs. Elle leur apparaît erratique, incohérente et semblable à une démarche d’ivrogne. La reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’État hébreu est certainement la décision la plus incompréhensible qu’ait prise Trump depuis son investiture… Je me propose ici de vous livrer un décryptage méthodique de la politique du président américain.

L’impérialisme de l’État profond en opposition à l’isolationnisme de Trump

Les stratèges de l’impérialisme américain comme Henry Kissinger, Samuel Huntington (1927-2008) ou Zbigniew Brzezinski (1928-2017), qui ne sont pas nécessairement des bellicistes névrotiques, perçoivent depuis plus de vingt ans que l’Amérique n’est plus l’hyperpuissance qu’elle fut, et ce, paradoxalement, après que l’Union soviétique a disparu.

Si l’on se penche sur les écrits du plus éminent de ces stratèges de l’impérialisme américain, Zbigniew Brzezinski, il apparaît clairement – dans son livre Le grand échiquier (1997) – qu’il était effectivement conscient de cet état de fait ; mais il avait conçu une nouvelle stratégie pour maintenir la prééminence mondiale des États-Unis malgré la relative faiblesse de son système impérial.
Brzezinski proposait, pour contrôler l’Eurasie et par suite le monde, à la fois de maintenir un certain nombre de pays dans un état de vassalité et d’empêcher l’émergence en Eurasie d’un rival potentiel de l’Amérique. Ainsi il explique que :

« Pour les États-Unis, la définition d’une orientation géostratégique pour l’Eurasie exige d’abord de la clarté dans la méthode : il est nécessaire de mettre sur pied des politiques résolues à l’égard des États dotés d’une position géostratégique dynamique et de traiter avec précaution les États catalyseurs. Sur le fond, cette approche n’a de sens qu’autant qu’elle sert les intérêts de l’Amérique, c’est-à-dire, à court terme, le maintien de son statut de superpuissance planétaire et, à long terme, l’évolution vers une coopération mondiale institutionnalisée. Dans la terminologie abrupte des empires du passé, les trois grands impératifs géostratégiques se résumeraient ainsi : éviter les collusions entre vassaux et les maintenir dans l’état de dépendance que justifie leur sécurité ; cultiver la docilité des sujets protégés ; empêcher les barbares de former des alliances offensives. »

On l’a vu ces dernières années, cette stratégie consistant à prévenir l’émergence d’une puissance eurasiatique – en l’occurrence la Russie – et à neutraliser les vassaux en empêchant leur alliance, a échoué (si l’on exclut l’Europe et les pays à l’ouest de la Russie, mais pas ceux de la Chine que l’Empire du milieu a rattachés à sa sphère d’influence).

En effet, on a assisté, parallèlement à la réémergence de la Russie, à l’agrégation successive autour de celle-ci et de ses alliés, d’un certain nombre de pays (à des degrés divers) : les BRICS réunissant la Russie, le Brésil, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud et l’Indonésie, constituent, dans le cadre d’une coopération économique, une alternative à l’ordre économico-financier des États-Unis via notamment ses relais que sont les institutions internationales (FMI, Banque Mondiale, OMC, Union européenne…).

Et sur le plan purement géopolitique, depuis 2016, le Maroc (allié et vassal des États-Unis) s’est tourné vers la Russie (et la Chine), le gros pion otanesque turc a été habilement retourné et ramené (peut-être temporairement compte tenu de l’instabilité d’Erdoğan) dans le giron russe et le Président des Philippines, Rodrigo Duterte, a officialisé sa rupture avec les États-Unis tout en annonçant son rapprochement d’avec la Chine (et la Russie), auxquels s’ajoutent les alliés traditionnels de la Russie.

Par ailleurs, la stratégie proposée par Brzezinski en 1997 consistant à séparer la Russie de l’Ukraine a non seulement été un échec, mais la tentative s’est conclue par la récupération, par les Russes, de la Crimée.

Les stratégies subtiles, dont celle de Brezinski, ayant échoué, le parti de la guerre américain se montre de plus en plus agressif, à mesure que la Russie et la Chine montent en puissance et avancent leurs pions sur l’échiquier mondial.
Cette fébrilité palpable s’est ressentie tout particulièrement un mois avant l’élection de Donald Trump, dans le discours du chef d’état-major de l’Armée américaine, le Général Mark Milley, qui lors d’un discours public donné lors de la réunion annuelle de l’Association of the United States Army à Washington D.C., le 4 octobre 2016, a menacé directement la Russie, la Chine et leurs alliés :

« La volonté stratégique de notre nation, les États-Unis, est remise en cause et nos alliances testées comme elles ne l’ont pas été depuis de très nombreuses décennies. Mais je veux être clair ; je veux être sans ambiguïté. Je veux être clair avec ceux qui tentent de s’opposer aux États-Unis… nous allons vous stopper et nous allons vous battre plus durement que vous ne l’avez jamais été auparavant… nous détruirons n’importe quel ennemi, n’importe où, n’importe quand… Je mets en garde les ennemis de l’Amérique…
Nous sommes de plus en plus contestés par des adversaires potentiels très compétents qui agissent clairement en s’opposant à nos intérêts. Mais si la dissuasion échoue, nous, en tant qu’armée, nous, en tant que nation, devons être prêts à nous battre ! D’autres pays, Russie, Iran, Chine et Corée du Nord ont appris de nous… Ils ont étudié notre doctrine, nos tactiques, nos équipements, notre organisation, notre entraînement et nos dirigeants. Et en retour ils ont révisé leurs propres doctrines et ils modernisent rapidement leurs armées aujourd’hui pour déjouer nos forces, dans l’espoir d’arriver à nous vaincre un jour…
À ce stade nous pouvons développer quelques points que nous avons appris au cours de l’étude que nous avons menée intensément cette année sur la guerre future de haute intensité entre des États-nations de grande puissance. Et le premier est sans surprise qu’elle sera hautement mortelle, très hautement mortelle, contrairement à tout ce que notre armée a connu au moins depuis la Seconde Guerre mondiale… »

Désormais privé de son soft power, l’Empire américain n’a d’autre argument que la menace d’une guerre mondiale nucléaire pour dissuader les grandes puissances qui s’opposent à lui.

Prolongeant cette tendance, récemment, les Démocrates ont voté au Sénat avec les Républicains une loi pour augmenter en 2018 le budget du Pentagone à 700 milliards de dollars, 60 milliards de plus que ce qu’avait demandé Trump. Si on ajoute les 186 milliards annuels pour les militaires retraités et autres postes, la dépense militaire totale des États-Unis atteint environ 1 000 milliards de dollars, comme le rapporte le géopolitologue Manlio Dinucci.

Le vote à l’unanimité du Comité des services armés (formé de 14 sénateurs républicains et 13 démocrates) a été décisif. Le Comité affirme clairement que cette augmentation du budget militaire est dirigée contre la Russie :

« Les États-Unis doivent renforcer la dissuasion face à l’agression russe : la Russie continue à occuper la Crimée, à déstabiliser l’Ukraine, à menacer nos alliés de l’Otan, à violer le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire de 1987, et à soutenir le régime d’Assad en Syrie… La Russie mène une attaque sans précédent contre nos intérêts et valeurs fondamentales, à travers une campagne visant à miner la démocratie américaine ».

Au sommet de l’Administration, ce parti de l’impérialisme guerrier, mène une lutte à mort contre ceux qui veulent réduire les tensions internationales, notamment avec la Russie, comme tente de le faire le Président lui-même, et qui en fait les frais.

La politique de Trump et le sabotage de l’État profond

Cette politique impériale anti-russe se fait contre la volonté de Donald Trump ; d’où l’incohérence entre les discours du Président et les mesures prises par l’État profond (en semi-immersion).

Dès le début de son mandat, il a décidé, en accord avec la Russie, d’éradiquer les groupes terroristes au Proche-Orient, y compris Daech ; mais nous avons les preuves que l’État profond américain a continué à les soutenir, au moins jusqu’à la fin août 2017 – notamment par des approvisionnements.
Ce qui signifie clairement que le président américain ne tient pas toutes les manettes du pouvoir : ce que j’expliquais au lendemain de l’élection de Donald Trump (dans un article du 14 novembre 2016).

Dès le lendemain de son investiture, les manœuvres contre le Président et sa politique de détente avec la Russie ont commencé. Notamment avec l’évincement d’un de ses principaux piliers, Michael Flynn, soupçonné de collusion avec les Russes. D’ailleurs, une commission parlementaire a été montée dans la foulée en vue de destituer Donald Trump usant du même prétexte – si ce dernier continuait de rechigner à appliquer la politique néo-conservatrice.

La stratégie de Trump, dès le début de son mandat, fut alors de donner quelques gages, par un bombardement théâtral d’un hangar vide en Syrie, puis avec des vociférations tout aussi théâtrales en direction de la Corée du Nord et de son président Kim Jung-un. Parallèlement à cela, Trump a peut-être réussi à réduire le soutien aux terroristes par l’armée américaine en Syrie et en Irak ; soutien réduit de facto par la victoire russo-syrienne sur le terrain. Ce qui coupait l’herbe sous le pied des Américains et réduisait à néant leur marge de manœuvre.

Le 11 novembre 2017, en marge de la conférence des pays membre de l’APEC à Da Nang (Viêt Nam), le président russe Vladimir Poutine et le président américain Donald Trump ont réaffirmé leur volonté commune d’anéantir Daech, mais plus encore, Trump est d’accord sur le fait que le conflit en Syrie n’a pas de solution militaire et a soutenu la volonté du président syrien Bachar al-Assad de suivre le processus de Genève : mener une réforme constitutionnelle et organiser des élections conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies.

La guerre de l’État profond contre Trump

Mais le président américain exerce le pouvoir avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête.

Pas plus tard que ce mois-ci, et pour la troisième fois cette année, un élu démocrate de la Chambre des représentants des États-Unis, un certain Steve Cohen, a présenté une résolution de destitution du président Donald Trump, accusé notamment d’entrave à l’enquête sur l’ingérence russe dans la campagne de 2016. Mais la Chambre étant contrôlée par la majorité républicaine du président américain, la résolution n’est pour le moment pas adoptée. De plus, les chefs démocrates et la plupart des membres de l’opposition se tiennent à l’écart de ce mouvement, pour l’instant… Mais le couperet pourrait tomber.

Les ennemis de Trump sont d’ailleurs montés d’un cran, avec une attaque des plus sournoises, utilisant son ancien conseiller Michael Flynn.
Pour rappel, c’est Michael Flynn, le conseiller à la sécurité nationale du président, qui a fait le premier les frais de la campagne anti-Trump.
Il avait perdu son poste le 14 février 2017, après la parution d’informations sur sa rencontre avec l’ambassadeur russe Sergueï Kisliak qui a eu lieu avant l’investiture de Donald Trump. Michael Flynn aurait appelé Moscou à ne pas réagir trop vivement aux sanctions introduites par le Président Barack Obama. Les deux parties – américaine et russe – pouvant remédier à cette situation après l’investiture de Donald Trump, a déclaré M. Flynn lors de cette rencontre, selon le Washington Post.

Michael Flynn a, dans un premier temps, nié que les sanctions avaient été abordées durant l’entretien, puis a concédé ne plus se souvenir si le thème avait été abordé ou non.

Victime de pression et de menaces de l’État profond, M. Flynn a, le vendredi 1er décembre 2017, au palais fédéral de justice à Washington, avoué avoir menti aux agents du FBI sur ses contacts avec l’ambassadeur russe. Il a en outre admis coopérer avec le procureur spécial Robert Mueller, qui enquête sur la prétendue ingérence russe dans les élections aux États-Unis en 2016.

Ce revirement de Michael Flynn fait suite aux pressions exercées contre lui. On fait peser sur lui une accusation extrêmement grave : celle de complot pour kidnapper l’opposant turc, Fethullah Gulen, sur le sol américain pour le livrer à la Turquie d’Erdoğan en échange de 15 millions de dollars. Un acte de « federal felony » qui pourrait lui coûter 20 ans d’emprisonnement.

Le procureur Robert Mueller aurait suffisamment de « preuves » pour envoyer Flynn en prison pour 30 ans, affirme le Washington Post. Ce qui s’avère être une menace très utile pour faire de Flynn une arme contre le Président Trump. En échange de sa collaboration contre Donald Trump, Flynn se verrait accusé simplement pour une fausse déclaration, passible de 6 mois de prison, toujours selon le Washington Post.

M. Flynn ne peut s’en sortir qu’en déclarant, comme il l’a fait, qu’il avait mené les négociations avec les Russes sous les ordres de Donald Trump.

En conséquence, la Maison-Blanche a renié Michael Flynn ; Ty Cobb, l’avocat de la Maison-Blanche, a décrit Flynn comme un « ancien membre officiel de l’administration Obama qui n’a fait partie de l’administration Trump que pendant 25 jours ».

Nous assistons à une partie d’échec de longue haleine où les pions autour du roi, en l’occurrence Trump, tombent les uns après les autres. Autant dire que le président (précaire) des États-Unis est en sursis.

Jérusalem capitale d’Israël, pourquoi maintenant ?

La décision prise par Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale de l’État d’Israël a de quoi surprendre ; d’autant plus que ses prédécesseurs les plus sionistes n’ont pas osé passer le pas, eu égard aux conséquences dramatiques qu’elle pourrait entraîner. En effet, si Georges W. Bush et Barack Obama, durant leur campagne présidentielle respective, ont déclaré (comme Donald Trump après eux) devant l’AIPAC (le lobby pro-israélien aux États-Unis) qu’ils reconnaîtraient Jérusalem dans son entièreté comme étant la capitale d’Israël, une fois en fonction ils n’ont pas pris le risque d’officialiser leur prise de position électorale.

D’ailleurs, nous voyons d’ores et déjà les remous que provoque dans le monde arabe l’annonce de Donald Trump. La réaction la plus virulente est sans étonnement celle du chef du Hamas, Ismail Haniyeh, qui a appelé à un nouvelle Intifada :

« Nous devons appeler et travailler à lancer une intifada à la face de l’ennemi sioniste », et d’ajouter « La seule voie à emprunter devant la politique sioniste, laquelle s’appuie sur les États-Unis, est de faire éclater une nouvelle intifada contre l’occupation et résister à cette occupation », a-t-il déclaré dans un discours prononcé à Gaza.

C’est exactement ce qu’espère Netanyahou et son gouvernement messianique, qui désespèrent depuis que les terroristes ont perdu la guerre contre la Syrie et le Hezbollah. Quoi de mieux qu’une bonne provocation comme celle de Trump – de toute évidence sous pilotage du lobby pro-israélien (mais j’y reviendrai plus bas) – pour relancer les hostilités avec le Hamas, et éventuellement le Hezbollah, en vue d’une nouvelle expansion territoriale ?

En réponse aux déclarations du chef du Hamas, l’armée israélienne a opportunément décidé de renforcer sa présence dans les Territoires palestiniens occupés.

La stratégie de la provocation est de longue date celle adoptée par l’entité sioniste… Souvenons-nous que la seconde Intifada a été délibérément provoquée par une « visite » aussi intempestive que provocatrice sur l’Esplanade des mosquées (le Mont du Temple) d’Ariel Sharon le 28 septembre 2000.

Rappelons aussi que Benjamin Netanyahou, le Premier ministre actuel de l’État hébreu, est un « messianiste actif » (le messianisme actif est l’idée qu’on peut hâter la venue du Messie par des actions politiques et guerrières), pour qui tous les moyens sont bons pour hâter la venue du Messie des juifs.

Preuve en est, un entretien filmé entre Benjamin Netanyahou et le grand rabbin Menahem Mendel Schneerson (1902-1994), un des maîtres spirituels du Judaïsme à l’échelle mondiale, le 18 novembre 1990. L’échange qu’ils ont eu témoigne de la nature messianique et religieuse du projet que le gouvernement israélien tente d’accomplir coûte que coûte :

Menahem Mendel Schneerson :

« Je ne t’ai pas vu depuis longtemps. Bénédiction et succès. Double portion de bénédiction. »

Netanyahou :

« Je suis venu demander votre bénédiction et votre aide. »

Menahem Mendel Schneerson :

« Dans tous les domaines ? »

Netanyahou :

« Dans tous les domaines – personnel et politique. »

Menahem Mendel Schneerson :

« Depuis notre dernière rencontre beaucoup de choses ont progressé. Ce qui n’a pas changé, toutefois, c’est que le Messie n’est pas encore venu ; alors faites quelque chose pour hâter sa venue ».

Netanyahou :

« Nous faisons, nous faisons... »

Menahem Mendel Schneerson :

« Apparemment ce n’est pas suffisant, alors que plusieurs heures sont déjà passées aujourd’hui et il n’est toujours pas là. Mais il reste encore quelques heures avant la fin de la journée (« journée » signifie « courte séquence historique », dans le sens où l’arrivée du Messie est imminente), alors essayez encore aujourd’hui. »

Netanyahou :

« Oui »...

Benjamin Netanyahou fut naturellement transporté de joie d’entendre la déclaration de reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël ; c’est un « jour historique » a-t-il dit. Dès le lendemain il affirma que d’autres pays s’apprêteraient à installer leurs ambassades dans la Ville sainte. Les États-Unis ont alors demandé aux officiels israéliens de tempérer leur réponse à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale par Trump, car Washington s’attend à des retours de flammes potentiels contre les sites étasuniens et ses ressortissants.

Autre élément de preuve que cette décision fut motivée, ou du moins encouragée par les lobbyistes pro-israéliens, les félicitations qu’a reçues Donald Trump d’Elliott Abrams.

Ce Monsieur Abrams fait partie du noyau dur des néoconservateurs juifs américains, occupant des postes importants dans les institutions les plus influentes aux États-Unis. Elliott Abrams est membre du Centre d’études moyen-orientale du puissant think tank CFR (Council on Foreign Relations), membre du Comité pour la Paix et la Sécurité dans le Golfe, mais aussi membre du Project for the New American Century (Projet pour un nouveau centenaire américain), sans oublier le U.S Holocaust Memorial Council.

Elliott Abrams, alors nommé aux Affaire proches-orientales au sein du National Security Council en 2000, écrivit dans un livre publié en 1997 :

« Il ne fait aucun doute que les juifs, fidèles à l’alliance qui unit Dieu à Abraham, doivent se tenir à l’écart de la nation dans laquelle ils vivent. C’est la nature même des Juifs que d’être à l’écart – à part en Israël – du reste de la population »

Les deux politologues américains Stephen Walt et John Maersheimer, se sont étonnés de tels propos, les commentant ainsi :

« Propos remarquables de la part d’un homme qui occupe un poste stratégique en relation avec la politique relative au Proche-Orient au sein de l’administration américaine. »

Elliott Abrams, ce « grand patriote américain », a réagi sans attendre à la déclaration officielle de Donald Trump ; il le félicita dans le journal israélien Haaretz, le 7 décembre 2017, écrivant ainsi :

« Trump n’est pas en train de détruire ses propres efforts de paix mais les fonde dans la réalité : Jérusalem est la capital d’Israël. Et il réagit aux menaces de violences venant de la part des Arabes et des Palestiniens avec le mépris qu’ils méritent. »

On a là encore, pour la énième fois, un exemple de l’activisme des juifs sionistes qui, chaque fois qu’ils le peuvent, font allumer par un dirigeant goy – là en l’occurrence un goy américain – un feu pour la guerre, à leur profit, et au détriment des deux autres parties.

Une histoire qui se répète

Le même schéma se redessine depuis un siècle… Depuis plus de cent ans, les présidents américains se sont fait élire en partie grâce à des promesses isolationnistes : ne pas se mêler des affaires européennes et en particulier ne pas prendre part aux guerres des nations d’Europe.

En 1916, Woodrow Wilson se fait réélire à la présidence des États-Unis avec la promesse qu’il n’entraînerait pas le pays dans la Première Guerre mondiale. Mais en 1917 la promesse est rompue ; sous l’influence du président de la Cour suprême (nommé en 1917), le juif frankiste Louis D. Brandeis, et du rabbin Stephen Wise, le président Wilson décide de l’entrée en guerre et du soutien à la Déclaration Balfour.

L’histoire s’est répétée durant la Seconde Guerre mondiale. Alors que Franklin Delano Roosevelt s’était fait réélire en promettant de se tenir à l’écart des questions européennes. Le 11 septembre 1941 les États-Unis commencent à frapper des navires de l’Axe Rome-Berlin-Tokyo, avant que le Japon ne réponde par l’attaque de Pearl Harbor (le 7 décembre 1941), donnant ainsi le prétexte attendu et provoqué par les États-Unis, pour entrer en guerre. Guerre mondiale qui a été suivie de la reconnaissance de l’État d’Israël (1948) et d’un flot continu de milliards de dollars versés par les États-Unis.

Georges W. Bush, lui aussi, s’est fait élire en 2000 avec un programme isolationniste. D’ailleurs, aucun élément ne prouve qu’avant le 11 septembre 2001 Bush et le vice-président Dick Cheney avaient l’intention formelle d’envahir l’Irak. Ils étaient, de même que la conseillère à la Sécurité nationale, Condolezza Rice, contre les projets de nations-building, consistant à intervenir au Proche-Orient pour le remodeler.

Dans l’année 2000, Condolezza Rice, qui était par ailleurs la principale conseillère du président Bush, écrivait un article dans Foreign Affairs où elle expliquait que les États-Unis pouvaient parfaitement vivre avec un Irak doté de l’arme nucléaire, elle s’explique en ajoutant que la puissance militaire conventionnelle de Saddam avait été sévèrement affaiblie et qu’il fallait éviter de se laisser aller à la panique au sujet du régime irakien.

Bush lui-même a affirmé au journaliste Bob Woodward qu’avant le 11 Septembre il n’avait pas l’intention d’attaquer l’Irak. De son côté, Dick Cheney a, durant toute la décennie 1990, répété qu’une conquête de l’Irak serait une erreur stratégique.

Suite à sa première élection, Barack Obama a laissé croire (et peut-être y croyait-il lui-même) dans son discours du Caire le 9 juin 2009 qu’il y aurait « un Nouveau départ » (A New Beginning) dans les rapports entre les États-Unis et le monde musulman, qu’il entendait améliorer. Il avait d’ailleurs tenu des propos en faveur de la Palestine sur lesquels il a dû revenir. On l’a constaté, sa politique vis-à-vis du monde musulman s’est située, sous la pression des lobbies et de l’État profond, dans la continuité de celle de l’administration Bush – à la différence près qu’il a usé plus de l’arme terroriste que des bombardements.

Donald Trump pris au piège ?

Le géopolitologue André Archimbaud propose une analyse qui complète la mienne à propos de cette guerre au sommet de l’État américain :

« Les républicains sont l’ennemi réel de Trump, pas les démocrates. Ceux sont eux qui, appuyés par les espions, la police et les médias, ont nourri les démocrates de la thèse de la trahison russe du candidat puis président Trump. Une thèse dont la culmination vise son impeachment (procédure juridique de destitution) ou sa révocation pour incapacité psychologique ou, mieux encore, une inculpation sur mesure.
Le plan de la tribu McCain/Bush/Romney/Kristol/Kagan est simple : une fois la (très importante) réforme fiscale passée, et son texte signé par le président, les républicains n’auront plus besoin de lui. La machine Mueller mettra le turbo, Trump sera forcé à la démission ou se fera encabaner, bref, le « coup d’État légal » lancé par l’ancien patron du FBI (James Comey) aura accompli son objectif : permettre la conquête définitive de tout l’hémisphère nord par l’État profond américain… »

Il est bien possible que Trump ait accepté de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël pour évacuer la pression et desserrer l’étau…

Le lobby chrétien sioniste derrière la décision de reconnaître Jérusalem capitale d’Israël ?

La décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’État hébreu ayant fait grand bruit dans le monde occidental et provoqué beaucoup d’émoi en Orient, il fallait, une fois de plus, trouver un bouc-émissaire pour porter, à la place des juifs sionistes, la responsabilité des conséquences à venir. Et ce sont les chrétiens sionistes qui ont endossé le rôle de fauteurs de troubles au Proche-Orient.

Les grands médias ont abreuvé les masses de la théorie selon laquelle le lobby chrétien sioniste serait derrière la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le président des États-Unis… Il est remarquable d’observer que lorsqu’il s’agit de mettre en accusation des organisations autres que juives, les théories du complot sont autorisées et trouvent leurs relais dans des médias et journaux centraux ; comme L’Express (propriété du milliardaire franco-israélien Patrick Drahi), où l’on peut lire, dans un article titré Jérusalem : qui sont les ‘‘chrétiens sionistes’’ derrière la décision de Trump :

« L’engouement de la droite religieuse américaine pour Israël remonte aux années Reagan et à l’émergence de prédicateurs influents tels Jerry Falwell, qui ont profondément modifié le parti républicain. C’est à leur initiative qu’a été voté en 1995 le Jerusalem Embassy Act, la loi qui prévoit le déplacement de l’ambassade américaine de Tel Aviv vers la ville sainte. ‘‘Le texte a été adopté à une large majorité sous la présidence de Bill Clinton, alors que le Congrès a été dominé par les républicains’’, rappelle à l’Express l’universitaire Lauric Henneton… Depuis lors, tous les présidents signaient une dérogation pour reporter son application, tous les six mois, afin d’éviter des troubles. Donald Trump lui-même l’a fait à deux reprises depuis le début de son mandat. »

Pour ses bons et loyaux services, l’influent prédicateur protestant susmentionné, Jerry Falwell, a reçu en cadeau de la part du gouvernement israélien – et non du lobby chrétien – un jet privé.

J’expliquais plus haut que Donald Trump cherchait surtout à complaire au lobby juif sioniste auquel il avait promis, durant sa campagne, de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël ; et qu’il fallait surtout mettre en relation cette décision soudaine, avec la précarité de sa situation et la menace de destitution qui pèse sur lui. Or, nous dit Lauric Henneton, le geste de Trump viserait sa base électorale chrétienne conservatrice, pour préparer sa prochaine élection.

Mais il paraît tout de même surprenant que Donald Trump cherche à conforter un électorat, quel qu’il soit, trois ans avant la future élection présidentielle. De plus, la base électorale de Donald Trump, qui lui a fait gagner la précédente élection, est la classe ouvrière blanche et la classe moyenne ; électorat qui a été sensible à son discours de protectionnisme économique. La majorité des électeurs de Trump, ceux-là qui lui ont permis d’entrer à la Maison-Blanche, se fichent éperdument de la capitale de l’État juif.

En dehors de cet électorat chrétien protestant sioniste dont je ne nie pas l’existence ni l’importance (en terme démographique), on ne voit pas où est leur « très actif lobby » qui fait pression sur Donald Trump… Il existe bien des lobbies évangélistes sionistes (depuis 1967) qui agissent essentiellement au sein du parti républicain, comme le National Christian Leadership Conference for Israel (fondée en 1967), l’Ambassade chrétienne internationale à Jérusalem (fondée en 1980), le Christian Zionist Congress (fondé en 1996), Voices United for Israel (organisation judéo-évangélique) ou encore le Christian’s Israel Public Action Campaign (CIPAC).

La motivation religieuse de ce mouvement chrétien sioniste est bien illustrée par la militante évangéliste pro-israélienne Laurie Cardoza-Moore, qui a salué la décision de Trump dans le journal israélien Haaretz :

« Le président Donald Trump est en train de mettre en place une des initiatives historiques à dimension biblique de sa présidence avec l’installation de l’Ambassade à Jérusalem. Comme beaucoup de juifs en Israël et à travers le monde, les chrétiens reconnaissent la connexion des juifs avec la Bible à travers l’établissement, par le Roi David, de Jérusalem comme capitale de l’ancien Israël et l’endroit des premier et second Temple. Conformément aux prophètes, Ezéchiel, Isaïe et l’apôtre Jean du Nouveau Testament, tous les Israéliens attendent la reconstruction du troisième Temple. »

Revenons-en aux lobbies qui font pression sur Trump… Aucune trace de l’action des évangélistes sionistes ; par contre il y a l’influence, celle-ci bien réelle, d’un des principaux donateurs du parti républicain et de la campagne de Donald Trump (en 2016, il a versé 80 millions de dollars au parti, et 25 millions pour la campagne de Trump), le roi des casinos Sheldon Adelson, qui est très proche de Benjamin Netanyahou. Sheldon Adelson avait manifesté son mécontentement au printemps dernier à l’annonce d’un report de la décision de Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

Mais ce que l’on ne nous dit pas, c’est que ce Monsieur Adelson – qui est un des hommes les plus riches des États-Unis – n’est pas un chrétien mais un juif d’origine ukrainienne.

Au-delà du nuage de fumée médiatique, lorsque l’on cherche sérieusement la cause première de cette décision de Trump, et que l’on suit la piste de l’argent, l’on découvre qu’elle remonte, non pas au lobby chrétien, mais à un milliardaire juif sioniste proche du messianiste d’extrême droite Benjamin Netanyahou.

Le messianisme judéo-protestant

Contrairement à ce que laisse entendre Lauric Henneton, la passion des protestants millénaristes pour le destin du peuple d’Israël ne remonte pas aux années 1980, mais au XVIIe siècle, comme le démontrent mes recherches rapportées dans mon livre Occident et Islam – Sources et genèse messianiques du sionisme (2015, éd. Sigest).

Au cours du XVIIe siècle, le rabbin kabbaliste et chef de la communauté juive d’Amsterdam, Menasseh ben Israël (1604-1657), créa la première presse juive (Emeth Meerets Titsma’h) à Amsterdam, en 1626. Avec son imprimerie, il édite des textes en latin, en hébreu, en portugais et en espagnol sur le judaïsme. Son but premier était de s’adresser aux chrétiens européens afin de les amener à adopter les vues messianiques juives ; une mission qu’il mena à bien, d’autant plus que la kabbale chrétienne qui s’implanta au nord de l’Europe (les centres étaient en Allemagne et en Angleterre) dès le début du XVIIe siècle, prépara le terrain.

Très vite, Menasseh ben Israël entretint de bons rapports avec les chrétiens protestants qui, pour une partie d’entre eux, à savoir les millénaristes, croyaient imminente la fin des temps et le retour du Christ. Parmi ces millénaristes mystiques chrétiens se trouvent Paul Felgenhauer et Johannes Mochinger de Dantzig, lequel écrivit à Menasseh :

« Sache que j’approuve et respecte vos doctrines religieuses et que je forme le souhait, avec certains de mes coreligionnaires, qu’Israël soit enfin éclairé de la vraie lumière et retrouve son ancienne gloire et son ancien salut ».

Un autre protestant mystique, Abraham de Frankengerg, lui écrit également :

« La vraie lumière émanera des Juifs ; leur temps est proche. Chaque jour on apprendra en différentes régions les miracles opérés en leur faveur. ».

Parallèlement, en 1641, débute la Première Révolution anglaise, menée par le protestant puritain Oliver Cromwell (1599-1658). Et c’est Cromwell qui autorisa les juifs, expulsés d’Angleterre en 1290, à revenir sur l’île, à la demande de Menasseh ben Israël (les deux hommes se sont rencontrés en 1655 à Londres), dans une lettre qu’il lui a envoyée, usant d’arguments religieux mais également d’ordre économique.

Le millénarisme protestant et le messianisme ont, depuis cette époque, avancé de pair, notamment en faveur du projet sioniste, les protestants étant les outils du judaïsme sioniste. Par exemple, en 1980, pour préparer l’avènement du Christ-Roi, d’influents intérêts protestants américains ont fondé une ambassade, des Évangélistes ont fondé l’ambassade chrétienne internationale à Jérusalem. Cette « ambassade » s’attache, depuis, à exercer une action de lobbying en direction du Département d’État en faveur des intérêts d’Israël… Il s’agit là d’un christianisme fallacieux au service du judaïsme, occultant totalement l’opposition violente et radicale de Jésus envers les tenants du judaïsme, les Pharisiens et tous leurs suiveurs jusqu’à nos jours…

Les protestants peuvent bien continuer à prier pour la conversion des juifs au christianisme, la réalité historique et politique est que ces idiots utiles sont des instruments entre les mains du judaïsme et du sionisme qu’ils servent au détriment des intérêts des États-Unis.

Aujourd’hui, les héritiers respectifs des protestants millénaristes et des juifs messianistes, aux Etats-Unis comme en Israël, convergent, en ce qu’ils sont pris simultanément d’une poussée de fièvre messianique…

Charles Enderlin, qui a été durant 30 ans journaliste correspondant à Jérusalem, expliquait lors d’une interview du 16 mai 2013 que :

« Le messianisme s’est infiltré à tous les niveaux de la société israélienne. Le discours de la droite au pouvoir est le discours des messianistes. Près de 40% des officiers d’infanterie appartiennent au mouvement nationaliste religieux. Des officiers supérieurs habitent des colonies religieuses “sauvages” qui ne sont même pas autorisées par le gouvernement. Certaines unités de l’armée comprennent une telle proportion de religieux que l’état-major doit s’efforcer d’y attirer des laïques pour maintenir une composition équilibrée. Un chercheur comme Menahem Klein, bon connaisseur du sionisme religieux, estime que le gouvernement ne pourrait – à supposer qu’il le veuille – faire évacuer les colonies de Cisjordanie sans provoquer une révolte armée. Le nouveau gouvernement que vient de constituer Netanyahou est de loin le plus messianique de l’histoire d’Israël. Uri Ariel, l’un des fondateurs de Goush Emounim, est ministre du Logement. Le président de la commission des finances de la Knesset est un ancien président du Conseil des colonies. Aujourd’hui, plus de 50% des israéliens juifs croient à la venue du Messie… »

Aux États-Unis, en 2010, 58 % des Évangéliques blancs (et 41 % de l’ensemble des Américains) estimaient que Jésus allait revenir certainement (23 %) ou probablement (18 %) sur terre avant 2050. Si les catholiques et les musulmans croient aussi au retour du Christ sur Terre, ce qui distingue les juifs et les protestants messianiques est leur volonté de faire advenir l’ultime guerre de l’Histoire, l’Armageddon, au profit du « peuple élu » d’Israël qui doit régner sur le monde, d’après les promesses de la Bible hébraïque.

Le bellicisme eschatologique judéo-protestant met ainsi en danger l’Humanité tout entière.

Youssef Hindi

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  • Trump sera assassiné quand il sera sur le point de "désobéir" , comme Kennedy . Quelle liesse ce sera pour nos m... de médias sionistes ! Quelles belles caricatures dans Charlie Hebdo !

     
    • Tu es dans la vision fantasmée du pouvoir où il suffit que le chef parle pour que les subalternes s’exécutent. En réalité Trump n’aura même pas l’occasion d’être "sur le point de désobéir", puisque tous les leviers du pouvoir sont verrouillés. Pour qu’un président puisse désobéir il faut qu’il donne des ordres, or si les gens n’appliquent pas ces ordres rien ne se passera ! De plus lui même et ses fidèles soutiens ont un point faible qu’ils sont incapables de surmonter : la peur de voir leurs proches assassinés. Tout ces gens sont père de famille et ne sont pas près au sacrifice suprême qui consiste pas seulement d’accepter sa propre mort mais celle de sa descendance.
      La situation aux USA est verrouillée, la seule issue est une guerre civile...

  • La politique de Trump est évidement illisible pour les gens de l’extérieur du système.

    Ceux qui pensaient que Trump allait travailler pour bien de l’humanité sont les mêmes qui croient au père noël (ou plus si affinités)

    Depuis quand les familles qui propagent le mensonge depuis des millénaires diraient-elle la vérité et annonceraient elles ce qu’elles veulent faire ?

    Trump fait ce qu’on lui dit de faire. C’est quelqu’un de pragmatique, il a donc fait ce qu’il pouvait faire de mieux pour se protéger : marier sa fille à un représentant des grandes familles qui dirigent le monde.

    Il va donc travailler pour sa fille, comme un bon père de famille..

  • Je pense maintenant que Trump est l’ami sincère de Netanyahou et que le système joue à fond cette carte pour arriver à ses fins.

    Je pense aussi que la décision de l’ONU de s’opposer à celle de Trump concernant Jérusalem (capitale d’Israël et du futur Nouvel Ordre Mondial) n’est qu’une mascarade visant à légitimer les décision de l’ONU.

    Il est certain que l’oligarchie nous prépare un sale coup dans peu de temps.

    Trump est-il le jouet de Netanyahou et de l’Empire américano-sioniste ? C’est fort probable vu le niveau d’ingénierie sociale qu’ "ils" ont atteint.

    Cela devient de plus en plus complexe, on dirait que le système fait tout pour que nous perdions le fil, il va falloir redoubler de lucidité et de vigilance.

     

    • Cela devient de plus en plus complexe, on dirait que le système fait tout pour que nous perdions le fil, il va falloir redoubler de lucidité et de vigilance.


      Le "système" est malin. Vicieux ? Certes !
      Il joue dans les 2 camps pour arriver à ses fins et il ne recule devant rien, pouvant tout autant prêcher ceci que cela, selon, donner ici aujourd’hui pour obtenir cela ailleurs, plus tard - hors de toute morale, de toute valeur...
      Un animal à sang froid, oui.

  • Il y a tout autant de chrétiens sionistes ou souhaitant le retour précoce du Christ dans les communautés noires évangéliques. Seulement ils sont divisés les uns des autres par leur simple couleur de peau. Pas très chrétien tout ça.
    En étant séparé du corps de l’Église, les Évangéliques cherchent ce qu’ils ont perdu, à savoir une structure hiérarchique unie et universelle, un ordre terrestre directement attaché au Divin. Étant divisés et désordonnés en d’innombrables églises, ils retrouvent, à défaut, cet ordre dans la politique, et le projet supérieur (messianisme) qui y est rattaché dans certains courants. C’est le moyen de jonction entre différentes communautés. Ces pourquoi ce sont les communautés chrétiennes les plus politisés (avec toutes les tares qui vont avec) et les moins universelles. Une quête sans fin tant qu’elle cherchera ses espoirs dans l’Homme. Trump est quasiment déifié par certains.

    Ceci dit je ne généraliserais pas, il y a de très bonnes personnes parmi ces communautés, et nous aussi parmi les catholiques, il y en a (les progressistes de plus en plus nombreux) qui se politisent et qui cherchent à diviser les catholiques.
    Tout ceci au détriment du spirituel, en oubliant Dieu, en ce concentrant sur l’homme.
    Plus on se politise, plus on laisse Dieu (et donc son essence) de côté. Et donc on fait sombrer nos âmes dans les abysses de l’instinct et de l’animalité. C’est quasiment mécanique.
    La phrase de Jésus "Mon royaume n’est pas de ce monde" de Jean 18-36 prend tout son sens en cette période.

     
  • On peut retenir ceci entre autres choses : Les grands médias ont abreuvé les masses de la théorie selon laquelle le lobby chrétien sioniste serait derrière la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le Président des États-Unis… Il est remarquable d’observer que lorsqu’il s’agit de mettre en accusation des organisations autres que juives, les théories du complot sont autorisées et trouvent leurs relais dans des médias et journaux centraux ; comme L’Express (propriété du milliardaire franco-israélien Patrick Drahi), où l’on peut lire, dans un article titré Jérusalem : qui sont les ‘‘chrétiens sionistes’’ derrière la décision de Trump :

     
    • Chrétiens sionistes est un oxymore.

      Tous ces gens sont manipulés par leur hiérarchie religieuse qui elle même est sous contrôle des grandes familles qui dirigent le monde.

      Malheureusement l’homme a tendance à croire au père noël.

      C’est la faute des parents qui racontent aux enfants des histoires extraordinaires où le héros tout seul bat les innombrables méchants. Au lieu de leurs raconter la vérité qui est beaucoup plus intéressante. Par exemple comment Drahi a pris le contrôle de SFR, comment Tapie est devenu riche, comment les banquiers ont pris le contrôle de la monnaie .....

      La seule raison pour cela c’est que toutes ces histoires vraies se terminent en général mal pour le petit peuple, et les parents ne veulent pas assombrir la vie de leurs enfants. Dommage.

      Ne comptez pas sur la Télé pour leur raconter des histoires vraies. Ni sur Galimard, encore moins chez Fernand Nathan.

    • Et que cela dure depuis au moins le XVII siècle...... Non ce n’est pas une théorie du complot....

  • Et son discours de soumission devant l’AIPAC en Mars 2016 c’est le deep state aussi ? Faudrait peut-être un jour arrêter de tout pardonné à ce guignol sous prétexte qu’il dérangeait le système (et encore, s’il était si dérangeant que ça nul doute qu’il n’aurai jamais été élu connaissant le système des démocraties modernes qui plus est avec le suffrage universel indirect aux USA). Moi j’ai toujours pensé que ce type était un laquais d’Israël et s’il y a un deep state qui l’entrave, fort bien, qu’il sorte ses cojones pour montrer que c’est un véritable boss comme l’a fait Poutine avec les oligarques russes mais bon n’est pas Poutine qui veut hein ? Il y a ceux qui sont dans le sérieux et ceux qui font les zouaves sur Twitter.

     
    • Tu crois qu’aux USA on peut concourir à la présidence sans aller se prosterner devant l’AIPAC ?Aux USA, que l’on aime ou pas, le petit discours à l’AIPAC est un passage obligatoire pour être adoubé. On ne peut pas être président élu sans passer par là, sinon il faut faire un coup d’état et une révolution...ce qui est une au paire de manche...

  • Merci M.Hindi, toujours aussi précis. Ils peuvent mettre les plans et stratégies qu’ils veulent, ça fait des siècles que ce Faux messie est annoncé, des conflits pour sa venue sont organisés, mais à chaque fois, ça s’est aussi retourné contre les maléfiques, à croire que la miséricorde de Dieu leur est étrangère.

  • Je commence à me demander si vous n’êtes pas le "Jean Terrien" de Rivarol, car les arguments sont presque les mêmes. Il y a aussi les mêmes défauts d’écriture : un argumentaire sinueux avec des passages naïfs (BRICS ou Duterte). Mais globalement ça vaut parution.

     
  • Je me souviens de ceux qui rigolaient encore de la fameuse enquête sur l’ingérence russe dans la campagne électorale et qui ne me croyait pas quand je disait que cette enquête a terme va pouvoir faire destituer Trump.
    Cette enquête est réelle et est plus que jamais une menace pour Trump.

  • Pour être président il faut être supporté par la communauté qu’on a marre de nommer.
    En plus on sait qu’il est Franc-Maçon.

    Donc le decryptage est plutôt simple. C’est aussi encrypté qu’un mot de passe tappé dans le champ "nom d’utilisateur".

    Faut arrêter d’avoir 200 millions niveaux de nuances de gauches et de droites.

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Fragments de la bibliographie de l'homocoques ...

LIVRE ...le pari bénédictin ...par Rod DREHER 2018-11-18
 LIVRE ..... René GIRARD par Christien Orsini ..Que sais-je? 2018-11-18
 LIVRE : ....Ressorces du christianisme ..par François JULLIEN  2018-11-18
...LIVRE ..."L'art de désobéir"...par Paul-Eric Blanrue  2018-11-16
..LIVRE ....Destin français" .... par Eric Zemmour (38) 2018-11-03

 

 

N'en déplaise aux conformistes de tous poils, Xavier Martin nous livre une démonstration magistrale. Les Lumières françaises se construisent dans une opposition frontale aux valeurs chrétiennes de l'ancien monde. Nos philosophes, Voltaire en tête, ne croient pas à l'unité du genre humain. Ils forment une élite pensante, pleinement humaine, entourée d'une multitude (femmes, peuplades exotiques, juifs, hottentots, paysans, gens de métier) qu'ils positionnent à leur gré sur l'échelle de l'animalité. Ainsi, au nom de la Raison, Diderot décrète que « l'homme d'esprit diffère aussi essentiellement de l'homme, que l'homme de la bête » ; D'Hollbach perçoit dans l'espèce humaine « des hommes aussi différents les uns des autres, que l'homme l'est, d'un cheval ou d'un chien » ; et Voltaire refuse d'admettre « que l'homme grossier est au dessus du plus ingénieux animal ».

Cinq chapitres magistraux dans un style élégant, clair et agréable :
-Un premier chapitre en guise d'introduction sur cette rupture anthropologique essentielle, qui rejette le dogme chrétien d'une unité du genre humain issu d'une source unique.
-Un deuxième chapitre nous dévoile l'incontestable racialisme des hommes des Lumières (hiérarchisation des races jusqu'à l'animalisation).
Léon Poliakov : «La superstition craniologique ou physiologique est un legs de la philosophie matérialiste française ».
-Un troisième chapitre nous décrit la dégringolade ontologique de la condition féminine au temps des Lumières. Celle-ci s'achève avec la Révolution française, acte fondant selon Françoise Thébaud « l'exclusion des femmes de la cité ». Le 1er Prairial (20 mai 1795) les femmes sont chassées à coup de fouet des tribunes de la Convention après avoir été déchues de leur droit de vote, et rendues mineures, dès le 22 décembre 1789.
Etonnamment (?), c'est Burke, l'anti-révolutionnaire emblématique qui s'émeut en 1790, de la propension des « cervelles brouillées » révolutionnaires à réduire la femme à « un animal, et encore pas de l'ordre le plus évolué ».
-Un quatrième chapitre illustre le mépris des esprits éclairés concernant « l' abjection du peuple abruti » (Mme Roland), cette « populace abrutie et stupide » (JJ Rousseau), cette « multitude qui sera toujours composée de brutes » (Voltaire), "cette vile populace dont on mêle les noms aux noms les plus distingués" (Diderot)…
Nous apprenons que nos bons philosophes s'entendent pour juger l'instruction de la populace, inutile voire nuisible. « Le vulgaire ne mérite pas que l'on pense à l'éclairer / Il me paraît essentiel qu'il y ait des gueux ignorants » Voltaire.
Après avoir précédemment salué le « principe de l'égalité d'éducation propre à la doctrine et à l'usage chrétiens » Jules Ferry lui même, recommandera pour le peuple en plein Sénat, une instruction basée sur le concret et surtout pas sur des abstractions.
-Un cinquième et dernier chapitre concernant le très fuligineux concept d' « anti-Lumières ». Xavier Martin nous montre que par leur formation, leurs goûts, leur positionnement scientifique et idéologique, les scientifiques racialistes du XIXème, Vacher de la Pouge ou Jules Soury, ne s'inscrivent absolument pas dans une lignée réactionnaire, anti-révolutionnaire, traditionaliste et catholique, mais incontestablement dans un camp laïcard et progressiste, issu en droite ligne du courant des Lumières françaises.

Ainsi le « sous-homme », étude de l'ouvrage de Xavier Martin est bel et bien une création des Lumières. Celles-ci, ne défendent absolument pas l'unité du genre humain, l'égalité des hommes, l'égalité des sexes ou l'instruction des humbles.
Voltaire (« il n'y a qu'un fou comme Rousseau pour penser que les hommes sont égaux ») n'est pas l'antithèse d'Hitler. Il est moins faux de dire qu'il en est la genèse.
Avec beaucoup de tact, d'intelligence, d'érudition, de nuance, Xavier Martin développe une thèse, qui mérite largement d'être prise en considération.  ...>>>>>>>>>>>>>>>>>

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Les éditions Fiat Lux viennent de publier un essai de Paul-Eric Blanrue intitulé Sécession - L'art de désobéir. Essayiste, historien de formation et ancien professeur, tenant d'un scepticisme rigoureux, Paul-Eric Blanrue a publié plusieurs ouvrages qui ont suscité la polémique, comme Le monde contre soi (Blanche, 2007), Sarkozy, Israël et les juifs (Oser dire, 2009) ou le Livre noir des manipulations historiques (Fiat Lux, 2017).

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" Comme rarement dans l'histoire, on tente d'asservir l'homme, de le tenir en laisse, de le mater. On aspire à faire de lui un « bon citoyen », un contribuable respectable et « éco-responsable », un métrosexuel bon teint, et, pour couronner le tout, un « citoyen du monde » déraciné. Toute opinion contraire à celles que l'État et ses satellites imposent est déclarée suspecte, perverse, dangereuse, immorale. Il n'y a que lorsque l'individu a cédé à l'État qu'il est considéré comme estimable. La société moderne n'aime l'homme qu'apprivoisé, inféodé, captif, discipliné, uniformisé, enchaîné aux valeurs distillées par le Législateur, dont on doit supposer qu'il sait tout mieux que tout le monde sur tous les sujets. Vu la dégradation générale, il est temps de nous réapproprier notre puissance d'homme confisquée par les forces d'anéantissement. Nul n'a le droit de nous imposer une façon de voir le monde. Nul ne peut exiger que nous fassions le contraire de ce que nous voulons. Face à tout groupe, et plus particulièrement face à l'État-Léviathan qui se pare des atours de l'État-papa-maman pour mieux nous séduire, il faut développer notre singularité. Nous devons nous appliquer à devenir les souverains de notre royaume intérieur, afin de subsister à travers les vicissitudes de l'existence, les propagandes, la publicité idéologique, la morale civique et les « valeurs républicaines ». Nous devons affronter avec vigueur les entreprises de ceux qui veulent faire intrusion dans nos têtes. Dans ce livre, Paul-Éric Blanrue nous initie à « l'art de désobéir ». La désobéissance est l'une des prémices de la liberté. À travers ses expériences personnelles (d'énormes révélations à la clé) et en poursuivant au triple galop une réflexion originale, Blanrue nous propose une solution percutante pour nous affranchir des diktats de la milice de la pensée, des lignes de parti en tout genre et de l'infernale emprise de l'État sur nos vies. Il ne s'agit plus de « s'indigner »..."

 

CORRELATs

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CHRONIQUE - Au fil d'un livre stimulant mais discutable, Jérôme Besnard nous emmène pour une balade littéraire dans l'imaginaire de la droite, de Chateaubriand à Fillon. Une quête sans issue ?

«On va vous jouer un coup terrible, on va vous priver d'ennemi.» On connaît ce mot célèbre d'un diplomate russe à son homologue américain, à la veille de l'effondrement de l'Union soviétique. Le coup a atteint par ricochet la gauche européenne, cette social-démocratie qui s'est retrouvée sans utilité à partir du moment où le patronat n'avait plus peur des rouges. Et la mort de cette gauche européenne a à son tour privé d'air sa vieille ennemie de droite, longtemps soudée par le rejet des «socialo-communistes».

On le voit partout sur le continent, la démocratie-chrétienne est en train de mourir ; et en France, le même phénomène se joue, même si les mots ne sont pas les mêmes: la mort du PCF a été suivie par celle du PS, qui semble entraîner, inexorablement, la désagrégation de la droite française, qu'elle soit libérale ou gaulliste, ou chrétienne-sociale. Ces quilles qui tombent les unes sur les autres emportent le jeu entier avec elle, dans un «strike» sans pitié, ainsi que le fameux clivage droite-gauche pourtant deux fois séculaire dans la patrie de la Révolution française.

C'est ce moment historique que choisit un jeune essayiste audacieux, Jérôme Besnard, pour se pencher sur le fantôme de la droite et tenter d'en définir les contours. Il est vrai que René Rémond, lui-même, lorsqu'il découpa la droite entre ses trois familles, légitimiste, bonapartiste et orléaniste, croyait alors lui aussi qu'il faisait seulement œuvre rétrospective, persuadé que la droite ne se remettrait jamais de sa compromission avec Vichy.

La droite conservatrice, qu'elle soit incarnée par Louis-Philippe, Chambord, Poincaré, de Gaulle, voire Fillon, est chaque fois victime de son alliance avec le centre libéral

Besnard n'a pas la rigueur ternaire de Rémond. Son étude sur la droite se passe de typologie. On sent qu'il hésite entre une histoire classique, de la droite politique, et une analyse plus iconoclaste, de la droite littéraire. Il oscille entre René Rémond et Alain-Gérard Slama. Mais il ne choisit jamais et écrit deux livres à la fois, qui se croisent, et parfois se recoupent, lorsque la droite littéraire affronte la droite politique ; il s'embrouille avant de nous embrouiller. Il remonte le temps avec Louis-Philippe, Napoléon III, Thiers, Chambord, Poincaré, de Gaulle, Giscard - mais il snobe Pétain et Pompidou, couple maudit qui aurait ravi les gaullistes anti-pompidoliens! - qu'il entrecoupe d'écrivains, de Chateaubriand aux Hussards en passant par Saint-Exupery.

«La droite est un songe», écrit-il en ouverture. C'est son livre qui reste un songe. On le suit de chapitre en chapitre, mais on ne sait toujours pas à la fin où il va. On pioche pourtant ici ou là des analyses fines, des réflexions fort bien tournées, des citations opportunes, mais c'est l'ensemble qui pèche. Il nous dit avec raison que «la droite incarne une vision de l'histoire nationale» et ne réduit pas la France à «un plébiscite de tous les jours ou la patrie des droits de l'homme», mais ne creuse guère cette piste prometteuse. Il considère que la droite est «insaisissable sur le plan politique» et beaucoup plus facile à appréhender «sur le plan intellectuel et esthétique» ; or la suite de son ouvrage atteste qu'il aurait pu renverser cette opposition. Il a saisi que «soumise dès la Restauration aux vents contraires du catholicisme le plus réactionnaire et du rationalisme économique, la droite française n'a pas su réconcilier ces antagonismes en un conservatisme que d'aucuns qualifient d'impossible» ; mais, considérant sans doute cette dialectique trop banale, il n'en fait pas le fil rouge de son livre. Dommage.

La droite littéraire tire les conservateurs vers la réaction ; le centre libéral les tire vers les progressistes de gauche

Son fil rouge s'impose pourtant à lui; il retrouve partout ce conflit fondateur et ne peut que constater que la droite conservatrice, qu'elle soit incarnée par Louis-Philippe, Chambord, Poincaré, de Gaulle, voire Fillon, est chaque fois victime de son alliance avec le centre libéral. Il y a une loi que Besnard ne dégage pas et qui pourtant ressort de ses démonstrations: la droite littéraire tire les conservateurs vers la réaction ; le centre libéral les tire vers les progressistes de gauche. Les conservateurs n'ont pas de mal à écraser la réaction littéraire ; mais ils sont vaincus par le centre libéral qui les noie sous les eaux du progressisme.

Cette règle a une version philosophique, celle qu'égrène un Jean-Claude Michéa de livre en livre, à savoir que ce marché que la droite révère, s'avère le plus redoutable destructeur des valeurs traditionnelles, au nom de l'hédonisme consumériste. Mais elle a aussi une part tactique, lorsqu'on voit les centristes libéraux et orléanistes trahir à chaque génération les leaders conservateurs, qu'ils s'appellent Chambord, Poincaré, de Gaulle ou Fillon, qui ont pourtant tous porté un projet de réconciliation des droites, autour de l'union des valeurs conservatrices et les aspirations économiques libérales. Besnard insiste à juste titre sur l'ultime trahison de Fillon, lors de la dernière élection présidentielle, par l'entourage d'Alain Juppé, Édouard Philippe et Gilles Boyer en tête, qui ont obtenu un copieux plat de lentilles à Matignon.

» LIRE AUSSI - François Fillon: comment l'élection imperdable est devenue ingagnable

Besnard ne donne pas le moyen d'échapper à cette malédiction. Pourtant, l'époque la lui sert sur un plateau. La fin du communisme a renvoyé le libéralisme dans son camp d'origine, la gauche. Un libéralisme mondialiste, multiculturaliste et libre-échangiste, par haine des frontières et des limites, porté par les démocrates américains, et leurs imitateurs européens, dont Emmanuel Macron est le porte-drapeau en France, et qui n'est pas le libéralisme à la Raymond Aron ou Tocqueville, mélange très français d'économie de marché, de rigueur budgétaire et de colbertisme.

- Crédits photo : Crédit : Editions du Cerf

La mondialisation sape les bases économiques des classes moyennes ; et sape donc les bases sociologiques du combat entre démocratie-chrétienne et social-démocratie. Le président Macron n'a pas tort de voir dans la bataille entre «populistes» et «progressistes», le clivage d'aujourd'hui ; c'est d'ailleurs le vieux droite-gauche revisité. Et c'est le seul qui permette à la droite transfigurée de retrouver à la fois ses valeurs historiques - enracinement et traditions - et un électorat populaire qui ne demande, pour la première fois depuis le général de Gaulle, qu'à lui revenir. Si, à la manière désinvolte et littéraire de notre auteur, la droite ignorait ou méprisait cette dernière chance, elle n'y survivrait pas.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 15/11/2018. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

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Pierre de Villiers - On n'est pas couché 17 novembre 2018

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>t video très riche >>>>>>>>>>

 

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Les Rites de Passage : devenir un homme

/ La minute nécessaire de Passé Sauvage ....

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Ajoutée le 24 avr. 2017
 
On ne naît pas homme on le devient. Tipeee : https://www.tipeee.com/passe-sauvage S’abonner à la chaîne : https://www.youtube.com/channel/UCLhO...
Conférence en ligne :
« Les initiations : une seconde naissance, pourquoi et pour qui ? Maurice Godelier » : https://www.youtube.com/watch?v=mwxyD... Rites de passage (2004) de Jean-Pierre Mirouze. http://videotheque.cnrs.fr/doc=1193 SOURCES : https://docs.google.com/document/d/1i... MUSIQUES : Elijah who : https://soundcloud.com/elijahwho/tracks Hello / New Start / This girl / I'm not as lonely anymore Papua New Guinea: Sounds of Nature and Songs of Stone-Age Men by Various Artists (2007-07-06)
RÉSEAUX SOCIAUX
: *** FACEBOOK : https://www.facebook.com/Passesauvage... *** TWITTER : https://twitter.com/PasseSauvage *** INSTAGRAM : https://www.instagram.com/ *** BLOG : http://passe-sauvage.com/ Cette vidéo "Les Rites de Passage : devenir un homme / La minute nécessaire de Passé Sauvage" est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution 4.0 International : https://creativecommons.org/licenses/...
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PORTRAIT - Cette jeune femme de 36 ans, membre d'une brigade anti-criminalité (BAC) de nuit dans les Yvelines, était devenue l'une des figures emblématiques du ras-le-bol des policiers en France. Le Figaro l'avait rencontrée en janvier dernier.

Maggy Biskupski, une fonctionnaire de police de 36 ans - qui avait créé l'association Mobilisation des policiers en colère après l'attaque au cocktail Molotov de deux voitures de police entre Viry-Châtillon et Grigny en octobre 2016 - a été retrouvée morte lundi soir avec son arme de service à son domicile de Carrières-sous-Poissy, dans les Yvelines. La piste du suicide est privilégiée, selon une source proche de l'enquête.

Employée à la brigade anticriminalité (BAC) des Yvelines, elle était visée par une procédure menée par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour être sortie de son devoir de réserve au lendemain de l'attaque de Viry-Châtillon. «Après l'épouvantable attaque de Viry-Châtillon, Maggy Biskupski s'était engagée pour porter la voix des policiers en colère», a réagi le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner sur Twitter. «L'enquête judiciaire nous éclairera. Ce soir notre tristesse est profonde», a-t-il ajouté.

 

Le Figaro avait longuement rencontré Maggy Biskupski à son domicile en janvier 2018. Voici le portrait que nous lui avions consacré dans nos colonnes:

En 2006, alors âgée de 23 ans, Maggy Biskupski était encore assistante de direction dans ses Ardennes natales. Une existence paisible qui va connaître un virage à 180 degrés. Un soir, après avoir visionné le reportage Cinq femmes à l'école de police, son vieux rêve de gosse la rattrape: elle veut intégrer la police nationale. «Ça m'avait toujours trotté dans la tête, j'avais un côté garçon manqué», explique en souriant la jeune femme, dont le père est d'origine polonaise. «Cette fille de la campagne» - comme elle aime se décrire - travaille aujourd'hui pour une brigade anti-criminalité (BAC) de nuit dans les Yvelines. Elle est la seule femme d'une équipe de dix policiers, sur le pont de 20h50 à 5 heures du matin. Ils touchent une indemnité de 98 centimes d'euro par heure de travail la nuit. «Une misère» pour la jeune femme, qui vit en colocation dans un petit pavillon du département.

Maggy Biskupski cite les pièges à souris dans son commissariat, les locaux à moitié inondés quand il pleut, l'odeur d'égouts «infâme» dans le vestiaire et surtout le manque d'effectifs et de véhicules

Au cours des derniers mois, Maggy Biskupski est devenue l'un des porte-voix d'une profession en pleine souffrance, où 1133 suicides ont eu lieu depuis vingt-cinq ans. «Je dis ce que j'ai sur le cœur. Mon malaise, c'est celui de tous les policiers de France», confie-t-elle. À ses yeux, l'agression de Viry-Châtillon, le 7 octobre 2016, a été «la goutte d'eau». À l'époque, deux véhicules de police sont pris d'assaut par un groupe d'individus cagoulés et munis de cocktails Molotov. Deux policiers en ressortent gravement brûlés. Suite à cette agression, Maggy Biskupski crée l'association «Mobilisation des policiers en colère», qui va la faire connaître. «Quand on ne sait plus vers qui se tourner, on va dans la rue», détaille celle qui ne croit plus en l'action des syndicats de policiers. La récente agression de Champigny l'a fait revenir sur le devant de la scène médiatique.

Mais la trentenaire, qui n'est pas une adepte de la langue de bois, en dérange certains. En novembre 2017, elle a été convoquée par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), qui lui a reproché de ne pas avoir demandé l'autorisation de parler dans les médias. Avec son langage direct et imagé. «L'épée de Damoclès que j'ai au-dessus de la tête, ce n'est rien comparé à la souffrance des policiers», minimise la jeune femme qui peut compter sur un soutien massif de ses collègues. «Je reçois une trentaine de messages chaque jour de toute la France», souffle-t-elle entre deux cigarettes. «On te soutient, merci pour tout ce que tu fais», indique un message s'affichant sur son smartphone, qu'elle ne lâche presque jamais.

Les maux de la police nationale, Maggy Biskupski pourrait en parler pendant des heures. Elle cite pêle-mêle les pièges à souris dans son commissariat, les locaux à moitié inondés quand il pleut, l'odeur d'égouts «infâme» dans le vestiaire, mais surtout le manque d'effectifs et de véhicules. «On a parfois aucune voiture entre 20h50 et 23 heures, on ne peut intervenir nulle part», déplore-t-elle. Avant de poursuivre: «La police, c'est le système D, on fait au mieux avec ce qu'on a.» Les nuits de Maggy Biskupski et de ses collègues masculins - qu'elle décrit comme «adorables» - sont ponctuées d'interpellations, de bagarres et parfois de guet-apens. Le dernier date d'il y a un mois. Un chariot est posté à l'entrée d'un virage dans une cité des Yvelines. La voiture de la BAC ralentit pour le contourner. C'est alors qu'une pluie de pierres, des tirs de mortier et même une boule de pétanque s'abattent sur le véhicule. «Tu finis par t'habituer à ce qu'une partie de la population te déteste», explique la policière, fataliste.

«On interpelle toujours les mêmes délinquants. Parfois on les recroise dès le lendemain !»

Maggy Biskupski

Outre les conditions de travail difficiles, la jeune femme déplore surtout une «réponse pénale insuffisante». «On interpelle toujours les mêmes délinquants. Parfois on les recroise dès le lendemain!», s'exclame-t-elle, en évoquant le «sentiment d'impunité» d'individus souvent mineurs. Elle pointe également du doigt «la politique du chiffre», qui contraint les policiers à atteindre un quota mensuel d'interpellations. «On a l'impression d'emmerder le citoyen lambda qui s'est mal garé plutôt que les vrais délinquants», s'agace-t-elle. Quant aux accusations auxquelles la police fait parfois face, Maggy Biskupski y répond du tac au tac, à coup de formules qui font mouche. Les contrôles au faciès? «Moi, je contrôle ceux qui sont dans la rue la nuit dans les Yvelines», rétorque-t-elle. Les violences policières? «Une partie de la population est violente, on ne va quand même pas interpeller les gens avec une tulipe à la main», répond la jeune femme, qui explique en avoir assez d'entendre tous les jours: «Tu es flic donc tu es raciste.» Maggy Biskupski a réponse à tout et semble imperturbable. Mais lorsqu'on évoque le 13 juin 2016, elle marque un temps d'arrêt. Le ton se fait soudain plus grave, comme si l'armure de la policière se fissurait le temps d'un instant.

Ce soir-là, à Magnanville (Yvelines), deux policiers - Jean-Baptiste Salvaing et sa compagne Jessica Schneider - sont assassinés à leur domicile par le terroriste islamiste Larossi Abballa. Le tout sous les yeux de leur petit garçon de 3 ans. Le soir même, Maggy Biskupski se porte volontaire pour garder la maison, qu'il faut surveiller. «J'étais avec un stagiaire. On est resté dans le noir pendant huit heures car l'électricité du quartier avait été coupée», se souvient-elle. Les deux policiers éclairent alors la maison avec les phares de leur voiture de fonction. La scène comporte encore tous les stigmates de l'attaque. «Au petit matin, une voisine nous a apporté du café pour nous soutenir, ça m'a marquée», explique-t-elle, encore émue. Mais Maggy Biskupski est une battante. «Se sentir utile, faire son travail, ça n'a pas de prix», conclut-elle, prête à affronter une énième nuit agitée.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 10/01/2018. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

RÉCIT - Adeeb Joudeh, dont la famille garde la lourde clé du Saint-Sépulcre depuis près de huit siècles, est accusé d'avoir vendu sa maison située dans la Vieille Ville de Jérusalem à une organisation de colons israéliens.

De notre correspondant à Jérusalem

Sa clé date de l'époque des croisés. Elle fut confiée à sa famille par le sultan égyptien al-Salih Ayyub en 1244. Aussi longue que lourde, la pièce de bronze a la forme d'une flèche avec à sa pointe un anneau. Le sésame ouvre chaque matin dès 4 heures et ferme chaque soir sur les coups de 19 heures, le saint des saints du christianisme. Adeeb Joudeh est le gardien des clés du Saint-Sépulcre qui abrite le lieu de la crucifixion et la tombe présumée de Jésus-Christ. Un honneur qu'il partage avec Wajeeh Nuseibeh, l'homme chargé de verrouiller les vastes battants en bois de l'édifice. Dans cet univers codifié où chaque détail a son importance, Adeeb Joudeh ne manque pas de faire remarquer que le rituel régissant depuis des siècles les relations entre les deux familles musulmanes en charge des clés et de la porte du Saint-Sépulcre a été modifié en 1967. «Avant, un membre de la famille Nuseibeh venait chercher la clé au domicile de mon grand-père. Désormais, elle est mise à l'abri, sous ma responsabilité, durant la fermeture nocturne dans la cour de l'Église», dit le préposé.

Adeeb Joudeh tient aussi à préciser qu'il est le titulaire du Sceau du Saint-Sépulcre, en vertu d'un décret du sultan Soliman le Magnifique. Le samedi de la Pâque orthodoxe, les ecclésiastiques pénètrent dans la chambre du tombeau de Jésus pour s'assurer qu'aucun matériau inflammable ne s'y trouve. La porte du tombeau est scellée avec de la cire puis Adeeb Joudeh y appose son sceau. À sa réouverture aux pèlerins, un faisceau lumineux inonde l'édicule. C'est le rite du feu sacré.

Cheval de Troie

Adeeb Joudeh a coutume de dire que le Saint-Sépulcre est sa «seconde maison». Issu d'une ancienne et grande famille de Jérusalem descendant, selon lui, en droite ligne du Prophète, il avait également une autre demeure qui, celle-ci, lui appartenait réellement. La vente de cette vaste propriété située entre la porte d'Hérode et le dôme du Rocher dans une ruelle empruntée par les fidèles allant prier le vendredi sur l'esplanade des Mosquées lui vaut aujourd'hui d'être cloué au pilori. Le gardien des clés du Saint-Sépulcre est accusé d'avoir indirectement vendu la maison à une organisation de colons israéliens. Certains Palestiniens réclament qu'il rende les clés, ou du moins qu'il les remette à un de ses proches.

«Lorsque le banquier Khaled Atari s'est présenté, j'ai consulté les autorités palestiniennes et des notables de la ville qui m'ont donné leur feu vert. On m'a dit que je pouvais lui faire confiance»

Adeeb Joudeh

Adeeb Joudeh ne nie pas les faits mais plaide la bonne foi. Il dit avoir été «trahi» par son acheteur, un courtier palestinien qui a ensuite revendu le bien à des Israéliens. «Je cherchais à me séparer de cette propriété depuis des années mais je ne trouvais pas d'acheteur. Lorsque le banquier Khaled Atari s'est présenté, j'ai consulté les autorités palestiniennes et des notables de la ville qui m'ont donné leur feu vert. On m'a dit que je pouvais lui faire confiance», explique-t-il pour sa défense.

L'affaire est révélatrice des tensions, des pressions mais surtout des tentations qui courent le dédale de la Vieille Ville revendiquée par les Palestiniens et les Israéliens. Les Palestiniens et avec eux la communauté internationale ne reconnaissent pas la légalité de l'occupation de Jérusalem-Est depuis la guerre des Six-Jours en 1967. La position officielle israélienne est de présenter Jérusalem comme une ville unifiée où juifs comme musulmans sont libres de s'installer où bon leur semble. Le camp des colons juifs ne cache pas sa volonté de s'implanter coûte que coûte à proximité de l'ancien Temple pour rendre une partition impossible. Il s'ensuit des parties de Monopoly dont les colons sortent souvent vainqueurs grâce à l'appât du gain. Les transactions sans commune mesure avec la valeur des biens s'opèrent via des hommes de paille, des sociétés écrans et des comptes off-shore. Dans cette affaire, le courtier palestinien aurait servi de cheval de Troie.

Une réputation ternie

Haute de trois étages avec une surface au sol de 500 mètres carrés, l'ancienne maison du gardien des clés est occupée par des Israéliens depuis un mois. À son entrée, un cerbère de nationalité américaine refoule les visiteurs. Selon le quotidien Haaretz, qui a consulté le registre foncier, Khaled Atari a acheté la maison en avril dernier et transféré le même jour la propriété à une société enregistrée dans les Caraïbes, nommée Daho Holdings, avant que celle-ci finisse dans le giron de l'organisation Ateret Cohanim, dont les projets sont soutenus par la droite nationaliste actuellement au pouvoir en Israël.

Décrit comme un proche de Majid Faraj, le chef des services de renseignements de l'Autorité Palestinienne (AP) et d'Adnan Husseini, le gouverneur palestinien de Jérusalem-Est, Khaled Atari, qui avait ses entrées à Ramallah, la «capitale» de l'AP, est pour sa part devenu invisible. Il s'est fendu d'un communiqué pour se décharger de toutes responsabilités dans le scandale. Quant au gardien des clés, sa réputation est ternie. «C'est un mauvais coup pour ma famille et pour les Palestiniens», se navre-t-il. Quelques jours plus tôt, l'imam de la mosquée al-Aqsa du mont du Temple venait de renouveler sa fatwa interdisant la vente de biens aux Israéliens et menaçant d'excommunier «quiconque transfère furtivement un bien aux juifs».

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 10/11/2018. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

 

>>>>>>>>>>>>>>dictionnaire des monuments aux morts >>>>>>>>>>>>>>

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

>>>>>>>>>>>>>genèse du soldat inconnu>>>>>>>>>>>>

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...de l'entre-soi à l'au-dessus...

 

" Nos Nous ... nos Metaxu ..."

.....sans lesquels une santé de vie humaine n'est pas possible....

 

 

 

 

 

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FIGAROVOX/ANALYSE - Pour les commémorations du centenaire de la fin de la grande guerre, le président de la République veut mettre l'accent sur la réconciliation franco-allemande plutôt que sur la victoire de 1918.

À l'approche du centenaire de la fin de la Grande Guerre, l'Élysée annonce que les commémorations se feront sans «expression trop militaire». «Le sens de cette commémoration, ce n'est pas de célébrer la victoire de 1918», estime-t-on à la présidence de la République selon L'Opinion. Aux côtés de 60 chefs d'État dont Donald Trump, Vladimir Poutine et Angela Merkel, Emmanuel Macron mettra plutôt l'accent sur la réconciliation franco-allemande et la paix retrouvée entre Européens.

Le 11 Novembre aura donc lieu sans cérémonie aux Invalides ni hommage aux huit maréchaux, contrairement à ce qui était initialement envisagé sous l'impulsion de l'état-major. Il est vrai que l'hommage aux maréchaux posait un problème épineux. On compte parmi eux Philippe Pétain, vainqueur de Verdun mais aussi, plus tard, chef du gouvernement de Vichy. De Gaulle, en 1966, lui avait rendu un demi-hommage à l'occasion du cinquantenaire de Verdun, mais c'était une autre époque.

Reste que commémorer la fin de la Première Guerre mondiale sans célébrer la victoire militaire française relève d'un étrange paradoxe, symptomatique de l'idée contemporaine que l'on se fait de la Grande Guerre: une immense hécatombe, un gâchis matériel et humain absurde. Les poilus ne sont plus perçus comme des soldats victorieux mais comme des «civils que l'on aurait armés», selon l'expression de l'Élysée.

Double erreur

Une telle vision relève d'une double erreur. Réduire les soldats de 14-18 à des «civils que l'on aurait armés», c'est méconnaître leur lien de filiation avec l'armée d'aujourd'hui. Certes, les poilus de Foch étaient dans leur immense majorité des conscrits, tandis que l'armée d'aujourd'hui est composée de militaires de carrière. Mais les opposer n'aurait aucun sens ; ils sont indéfectiblement unis par l'expérience du front.

«Ôter au poilu le bénéfice de la victoire, c'est méconnaîtrela nature profonde de son sacrifice»

La seconde erreur est plus pernicieuse. Ôter au poilu le bénéfice de la victoire, c'est méconnaître la nature profonde de son sacrifice. Lui qui a enduré la boue, le froid et les privations, lui qui a éprouvé les blessures et la mort, jamais il n'aurait pu supporter ces épreuves terribles sans la conscience d'accomplir quelque chose de plus grand que lui.

Il faut relire à cet égard La Nostalgie du front, un texte lumineux signé en 1917 par le père Teilhard de Chardin, grand penseur du XXe siècle. Engagé en 1915, ce père jésuite a fait dans les combats l'expérience d'un affranchissement. «Pour une fois, la tâche humaine se découvre plus grande que nos désirs» explique-t-il.

Donner sa vie pour que vive la France peut paraître étranger à beaucoup de nos contemporains. C'est pourtant ce qui a pu animer beaucoup de ceux qui quittaient l'arrière pour rejoindre le front. Nier cela, c'est amputerleur sacrifice de toute transcendance.

«Itinérance mémorielle»

Cette polémique est une nouvelle illustration de la difficulté des gouvernements successifs à saisir l'enjeu de la commémoration de la Grande Guerre. Déjà en 2016, le centenaire de la bataille de Verdun avait été terni par un projet de concert - finalement annulé - du rappeur Black M, qui désigne dans une de ses chansons la France comme un pays de «kouffar». L'hommage avait finalement pris la forme d'une course de plusieurs milliers de jeunes Français et Allemands au milieu des tombes, qui s'était terminée par un simulacre de combat devant l'ossuaire…

Reste que, aujourd'hui, par l'ampleur du dispositif déployé à l'approche du 11 Novembre, Emmanuel Macron a montré qu'il prenait la mesure de l'importance de l'événement. Pendant toute la semaine qui précédera, le président sera en «itinérance mémorielle» (sic) dans les départements français meurtris par le conflit.

De Morhange (Moselle) à Verdun, en passant par la nécropole de Notre-Dame-de-Lorette (Pas-de-Calais), il rendra hommage au sacrifice des soldats français. Il passera aussi par La Flamengrie (Aisne), là où le premier coup de clairon du cessez-le-feu a retenti. Car il s'agira de célébrer la paix retrouvée, même si le traité de Versailles qui suivra en 1919 a compté parmi les causes de la Seconde Guerre mondiale. L'itinérance se terminera à Paris avec l'ouverture d'un sommet international pour la paix à La Villette, censé donner un écho actuel à la paix arrachée en 1918. Mais tirer les leçons de l'Armistice ne sera possible que si l'on se souvient d'abord que ce fut une victoire militaire pour la France et les alliés. Il est étonnant qu'on répugne à le rappeler.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 23/10/2018. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

 

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jeudi 08 nov 2018